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Logement social

Ecrit le 14 janvier 2004

 Belles paroles et réalités

Jacques Chirac, qui a fait de la lutte contre le chômage la priorité de 2004, a annoncé mardi 6 janvier un ensemble de mesures visant à rendre les entreprises plus compétitives, à mieux protéger les salariés (sic !) et à développer la recherche.

Jacques Chirac a notamment annoncé l’exonération de la taxe professionnelle sur les investissements des entreprises.

Parlant de lutte contre la désindustrialisation, le gouvernement élaborera « un plan d’action volontaire » comportant notamment « un dispositif d’alerte » pour anticiper les difficultés des entreprises ainsi que l’adoption d’une « loi de sauvegarde des entreprises » pour éviter les risques de liquidation en cas de difficultés. Comme si le politique avait un réel pouvoir en matière économique !

En matière de logement, Jacques Chirac a défini un objectif en écho aux préoccupations des associations : 80 000 logements sociaux chaque année à partir de 2004, au lieu de 55 000 en 2003.

Après ce discours, les responsables syndicaux ont fait part de leurs doutes quant à l’efficacité d’une loi sur l’emploi tandis que les leaders patronaux se félicitaient de l’annonce sur la taxe professionnelle.

Cinq fois moins

On peut en effet avoir des doutes sur l’efficacité réelle des promesses de J. Chirac. Par exemple sur le logement. Au printemps 2003, le ministre de la ville, Jean-Louis Borloo, annonçait un ambitieux plan de restructuration des 700 quartiers déshérités, avec l’engagement de démolir 200 000 logements et d’en réhabiliter 200 000 autres, d’ici à 2008.

Pour démolir 200 000 logements en cinq ans, il faut atteindre une moyenne de 40 000 par an, or, le rythme actuel est cinq fois moindre. En 2001 et 2002, on a démoli environ 6 000 logements par an, et on devrait atteindre 8 000 en 2003.

Les opérations de restructuration sont, en effet, des chantiers lourds, qui exigent au moins trois ans de préparation et, surtout, impliquent, avant de dynamiter les immeubles, d’en reloger les habitants. Il faut, parallèlement, construire de nouveaux logements sociaux, si possible ailleurs puisqu’il s’agit de rééquilibrer leur répartition sur le territoire. Pour faire face à un tel besoin, il convient, (selon le rapport du Conseil économique et social), d’en construire trois fois plus que l’on en détruit, soit, pour 40 000 destructions, un objectif de 120 000 constructions par an.

Quand Jacques Chirac évoque 55 000 logements sociaux « financés » en 2003 : cela représente moins de la moitié des 120 000 logements nécessaires, et encore ne s’agit-il que de logements financés, loin d’être achevés et livrés. Ce chiffre englobe, en outre, les 12 000 logements existants, achetés occupés par les bailleurs sociaux et qui ne peuvent donc servir à accueillir immédiatement de nouveaux locataires, et 16 000 logements aux loyers intermédiaires, pas vraiment sociaux, et pour lesquels le ministère n’accorde que des avantages fiscaux .

Logements en poudre

Au total, on devrait atteindre, fin 2003, une production nette de logements sociaux de 27 000 unités, dont 15 000 neufs, un des scores les plus bas depuis l’appel de l’abbé Pierre, en 1954. Les 80 000 logements chaque année à partir de 2004 sont donc construits en poudre aux yeux et n’aboutiront, si tout va bien, qu’à un solde net de 30 000 logements effectifs. Le budget pour 2004 a d’ailleurs prévu une baisse de la subvention par logement construit ; De plus, en trois ans, de 2002 à 2004, l’Agence nationale d’amélioration de l’habitat, qui aide directement les propriétaires et les locataires à rénover leurs logements, aura perdu 30 % de sa capacité d’action.

Il en est de même pour les prêts à taux zéro, accordés à 102 000 ménages modestes en 2002. Le budget 2004 prévoit une baisse de 30 % des crédits consacrés à ces prêts. Ce sont donc 30 000 logements nouveaux qui ne verront pas le jour.

Les 6,2 millions de bénéficiaires des aides au logement n’ont pas vu le barème de ces aides réactualisé comme il devait l’être au 1er juillet 2003. L’enveloppe prévue pour les aides aux logements, en 2004, est, elle, en baisse de 3,8 %.

Chaque crédit prévu puis annulé, chaque délai reporté, chaque mesure annoncée et restée inappliquée grossissent le doute sur la volonté gouvernementale de mener une politique cohérente en matière de logements sociaux.

Ce que l’on constate, sur le logement, s’applique évidemment en matière sociale et en matière d’emploi. Il suffit de voir les fermetures (on dit : réorganisation) de services publics en zone rurale (bureaux de poste ou perceptions). En ce début d’année 2004 des centaines de milliers de personnes ont été poussées plus loin dans l’exclusion et la misère par un gouvernement et un patronat qui n’hésitent pas à désigner les chômeurs, les précaires, les pauvres comme seuls responsables de leur situation et comme des profiteurs de la générosité de la collectivité !

« Difficile d’imaginer que les projets du gouvernement pour 2004 dérogeront aux préceptes libéraux et patronaux qui guident l’ensemble de l’action gouvernementale. » dit le syndicat Sud-Ptt.

Logements sociaux : la loi modifiée


Ecrit le 21 janvier 2004 :

 Pétition logement

Relayant l’initiative   du comité « Solidarité et vigilance » du diocèse de Nantes, le CCFD organise une campagne de pétitions en faveur des sans-logement et mal-logés de Loire-Atlantique : familles et jeunes à la rue (surtout à Nantes, mais aussi à Châteaubriant en ce qui concerne les jeunes), logements vétustes et sans commodités. Les particuliers et associations peuvent se procurer des feuilles de pétition au presbytère de l’église St Nicolas où il est impératif de les déposer avant le 28 janvier. Ces pétitions seront envoyées aux élus du département. Tél 02 40 81 27 79


NOTES:

(1) Bilan de la loi SRU, publié en février 2008 :
http://www.lesechos.fr/medias/2008/0214//300241697.pdf