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Relancer l’aide alimentaire

Ecrit le 8 avril 2009

Des dizaines de millions de personnes fragilisées dans les vingt-sept pays de l’Union européenne sont mal nourries et leur alimentation dépend plus que jamais des dons que recueillent les associations caritatives.

Alors que les pertes d’emplois se multiplient au rythme des plans de licenciements et que le chômage partiel frappe des millions de salariés, l’accès à l’alimentation devient de plus en plus problématique pour tous les ménages. Et ce n’est qu’un début.

Nous assistons déjà à une réduction de la consommation alimentaire des ménages, ce qui provoque l’érosion régulière des prix agricoles à la production dans les secteurs des céréales, de la viande en général, du lait. Seuls augmentent les légumes frais car la rigueur hivernale a provoqué la perte de nombreuses récoltes.

 5 milliards économisés !

Dans l’Union européenne, le Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD) permet normalement de venir en aide aux populations nécessiteuses depuis vingt-deux ans. Il fut lancé en 1987. Les nombreuses manifestations menées à l’époque par les organisations du Parti communiste français devant les frigos de l’Europe basés sur le territoire national contribuèrent beaucoup à ce déblocage tandis que les queues s’allongeaient devant les Restaurants du cœur et les permanences des autres associations caritatives. L’aide européenne provenait alors des surplus en stock. Désormais, une partie des achats des associations caritatives reconnues comme les Restaurants du cœur, la Croix-Rouge ou le Secours populaire   français sont vendus par des entreprises agroalimentaires et financés par le PEAD, soit environ 300 millions d’euros en 2008.

Cette somme est dérisoire au regard des besoins. Elle l’est encore plus au regard des 5 milliards d’euros économisés en 2008 sur le budget européen destiné à l’agriculture. Cet argent n’a pas encore été réaffecté. Le 23 février dernier, les ministres européens des Affaires étrangères n’ont pas trouvé d’accord tandis que la Commission leur proposait d’affecter 3,75 milliards d’euros au secteur de l’énergie, 1,25 milliard au développement rural, mais rien pour l’aide alimentaire.

Il se dit même que l’Allemagne souhaite en finir avec l’aide aux associations caritatives. D’autres pays, dont la France, ne demanderaient qu’à la suivre.

 Deux fautes

Car ce scandale se nourrit des deux fautes de la Commission européenne dans la gestion des dossiers agricoles.

1) En autorisant les importations de céréales des pays tiers sans droits de douanes avec un euro fort par rapport au dollar, elle a contribué à la flambée des cours mondiaux de 2007-2008, augmenté durablement les stocks de report en Europe, d’où l’actuelle déprime des cours céréaliers.

2) La seconde faute est imputable à l’augmentation des quotas laitiers dans le seul but de faire baisser le prix du lait à la ferme. Comme les débouchés ne sont pas au rendez-vous, la Commission doit désormais verser des restitutions aux entreprises laitières pour exporter leurs surplus de beurre, de poudre et de fromages sur les marchés mondiaux.

Nous avons donc en Europe trop de céréales et de produits laitiers pendant que des millions de gens n’ont pas assez d’argent
pour manger correctement.
Les cours des bovins sont déprimés pour les mêmes raisons.

Il est donc temps d’alimenter le PEAD d’une bonne partie des crédits non utilisés l’an dernier pour l’agriculture. Cette opération d’envergure doit être ciblée sur quelques produits issus des matières premières agricoles en mal de débouchés. Cela va des pâtes à la viande bovine congelée en passant par les produits basiques comme le lait UHT, le beurre, la poudre et les fromages qui bénéficient de restitutions sur les marchés internationaux.

Bien ciblée, une telle initiative   permettrait d’assainir des marchés agricoles actuellement encombrés sans vraiment perturber le commerce alimentaire. Elle permettrait surtout à des millions de ménages européens de manger à leur faim.

Le moment est donc propice pour bousculer la Commission et les États membres sur ce dossier.

Larges extraits de l’article de Gérard Le Puill,
Source : l’Humanité http://www.humanite.fr/2009-03-17_Tribune-libre_Relancer-l-aide-alimentaire-en-Europe

(*) Auteur du livre Planète alimentaire : l’agriculture française face au chaos mondial. Pascal Galodé Éditeurs. http://pascalgalodeediteurs.com/produit.php?ref=9782355930355&id_rubrique=21

Voir aussi : http://www.humanite.fr/Gerard-Le-Puill-Planete-alimentaire-l-agriculture-francaise-face-au-chaos-mondial

En somme il faudrait une régulation de la production et des marchés, indispensable pour limiter les évolutions des prix, préjudiciables autant aux producteurs qu’aux consommateurs.

100 milliards pour les banques, rien pour les pauvres