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Journaux (01) : La Mée et autres

série d’articles écrite le 25 avril 2001

La Mée interdite de Bibliothèque

La Mée, qui est envoyée régulièrement en deux exemplaires à la mairie de Châteaubriant, à destination de la bibliothèque municipale, ne parvient plus jusqu’à celle-ci : bloquée à la mairie (par qui ? pour quoi ?) par ordre oral. Dans cette mairie, on n’écrit rien. On cause !

La Bibliothèque de Châteaubriant est un service municipal, dont l’activité ne devrait pas relever d’une volonté politique. D’ailleurs, du temps du maire Xavier Hunault, La Mée était au moins mise en archives, pour servir, un jour, à l’histoire locale. Le fils serait-il pire que le père ?

La liberté de communication a été rappelée par la loi du 30 septembre 1986. Le premier exemple de censure préalable fut l’office central d’acquisition pour toutes les bibliothèques allemandes, créé dès 1933 par les nazis. Puis la Bibliothèque d’Orange, tenue par le Front National.

Rappelons que, d’après le Code des Communes, les bibliothèques municipales sont organisées et financées par les communes (CGCT art L.1422-1) mais que leur activité est soumise au contrôle de l’Etat « ce contrôle est destiné à assurer la sécurité des fonds, la qualité des collections, leur renouvellement, leur caractère pluraliste et diversifié »

Vous avez bien lu : « leur caractère pluraliste » : il semble que ce ne soit plus le cas à la mairie de Châteaubriant puisque LA MEE reste bloquée au service du courrier en mairie !


Lettre ouverte

Alertés par un ami non socialiste nous disant : « La Mée n’est plus à la Bibliothèque » nous avons voulu croire à un simple problème de livraison du dit journal et non à un dérapage idéologique.

Or, confirmation sur place : « La Mée n’est plus, ne sera plus à la Bibliothèque ».

Sans doute, Monsieur le Responsable de la Culture, n’avez-vous jamais eu l’occasion de feuilleter cet hebdomadaire où les passionnés d’histoire locale retrouvent régulièrement d’intéressants articles sur le passé (en ce moment Châteaubriant pendant la période révolutionnaire). Nous osons espérer que la disparition de La Mée ne l’est pas en tant que journal d’opposition - ce qu’il ne se cache pas d’être -. Cela pourrait rappeler l’attitude de certain courant.

« Cadenasser » ou « verrouiller » la pensée ne nous semble pas être une attitude digne d’élus du peuple.

Une lectrice, J. Naudin


De la connaissance

Découvrir, c’est connaître, ou faire connaître ce qui, jusque là, était ignoré.
Mais comment apprendre ou faire apprendre ce que l’on ignore ?

Formulée de façon systématique pour la première fois dans « Le Ménon », un écrit du philosophe grec Platon (vers 400 avant JC), cette question touche à la fois à l’acquisition de la connaissance et à sa transmission.

Comment acquérir la connaissance, si vous limitez l’accès aux archives, l’accès aux sources, si vous n’en permettez pas la transmission ? Seriez-vous détenteurs du savoir et de la pensée universelle ?

Ch. Labrousse


La vérité Vraie

« Prouvez-moi que ce que vous dîtes est vrai », demanda le doge de Venise - « Il vous suffit de regarder dans cette lunette » répondit GALILEE. « Mais comment être sûr de ce que je vois, si je ne peux le voir que dans cet instrument ? »

Ce dialogue, Galilée en a sûrement fait le cauchemar plus d’une fois. Transposé à la presse locale : comment croire ce que je lirai dans les seuls journaux autorisés ?

Ch. Labrousse


Courrier des lecteurs

« La Mée est plus qu’un simple hebdomadaire d’informations locales. Ses lecteurs apprécient son esprit indépendant, frondeur, pamphlétaire. Nous sommes bien loin de la langue de bois des habituelles et lénifiantes gazettes communales ou régionales. Continuez ... Vos lecteurs sont avec vous »

De nombreux messages nous disent aussi en substance : « On a plus que jamais besoin de La Mée ». Merci, ces encouragements font du bien.


article écrit le 22 mai 2002)

« Caméras d’amateurs » :

C’est étrange de voir la nouvelle municipalité, et ses supporters, tenter de récrire l’histoire. On l’a encore vu la semaine dernière : alors que le film « Caméras d’amateurs » montrait, il y a un an, des images de la commémoration de la Révolution Française à Châteaubriant, sur lesquelles figurait le maire de l’époque, Martine BURON, ce passage a été coupé dans la projection publique du 16 mai 2002. Cet « effacement » de 12 ans d’histoire de Châteaubriant, qui rappelle des pratiques d’un autre temps, est révélateur de quoi ? d’un malaise ? d’une crainte ? de la chape de plomb tombée sur la ville ? Petit « détail » révélateur ... BP  


écrit le 25 avril 2001 :

Reporters sans frontières

Le rapport annuel de Reporters sans frontières vient de paraître. il montre à quel point les vieux démons de l’intolérance et de l’autoritarisme sont vivaces.

Près du tiers de la population mondiale vit dans un pays où il n’existe aucune liberté de la presse. En l’an 2000, 32 journalistes ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions ou pour leurs opinions. Les pays les plus touchés sont la Russie avec quatre journalistes tués, autant qu’en Ukraine. Par ailleurs, 500 rédacteurs ont été agressés ou menacés dans le monde. Près de 300 médias ont été victimes de censure.

Confiscation

Selon Claude Moisy, vice-président de RSF, « les deux grands ressorts de la répression continuent à fonctionner. Ce sont toujours la confiscation de l’information par le pouvoir et la légitimation de la répression par des lois liberticides ».

A Cuba par exemple, la loi garantit la liberté d’expression et la liberté d’information, mais précise que « leur usage doit être conforme aux objectifs de la société socialiste ». En vertu de quoi les agences de presse indépendantes sont pourchassées.

En Chine, la situation est assez semblable : pour les dirigeants, les journalistes sont « au service du peuple », tout comme l’est le Parti communiste. Le seul rôle de la presse est d’informer le public sur les décisions et les réalisations du parti.

M.Moisy relève que beaucoup de gouvernements font un usage abusif de la législation sur la diffamation ou l’atteinte à la dignité des personnes : « Rapporter qu’un ministre a touché un pot-de-vin, c’est évidemment le diffamer. Exposer les liens d’un chef de police avec des trafiquants de drogue, c’est évidemment porter atteinte à son honneur. Enquêter sur le détournement de fonds publics par le chef de l’Etat, c’est évidemment attenter à la dignité de sa fonction. »

Certaines lois sur la presse n’ont manifestement pas d’autre objet que d’éviter de déranger le pouvoir.

En Macédoine, un « délit de manque de professionnalisme » menace les journalistes.

D’autres pays répriment, parfois durement, la « dissémination de fausses nouvelles ». Dix-sept pays d’Amérique latine comptent des textes législatifs qui protègent l’honneur des fonctionnaires. La Birmanie poursuit ceux qui collaborent à des publications contenant des « idées incorrectes ». Au Laos, les rédacteurs risquent des peines d’emprisonnement s’ils utilisent Internet « de mauvaise manière », notamment « pour critiquer le gouvernement ».

Interdit

La palme de la censure revient au Népal où les stations de radio doivent envoyer aux autorités, une semaine avant leur diffusion, les informations qui sont déjà de source officielle. En Tunisie, des journaux sont carrément interdits.

En France, il y a des communes comme Orange, où le maire Front National, a « fait le ménage » dans les publications de la Bibliothèque municipale.

Et à Châteaubriant ........ ! ! ! ... ???


(écrit le 2 mai 2001)

A la porte !

Le mardi 24 avril 2001 à 11 h 30, il y avait une conférence de presse en mairie. La Mée n’était pas invitée. Mais finalement, se trouvant en mairie à la dite heure, un journaliste de La Mée s’est présenté à la conférence de presse. On vous passe les détails, notamment la stupéfaction du maire de trouver dans son bureau un(e) indésirable. De ce fait, le maire a renvoyé tout le monde ! Le sujet n’était pourtant pas très politique : il s’agissait de la mise en place d’un radar de contrôle des vitesses ..., décision prise par l’ancienne municipalité à la demande des réunions de quartier.

Solidarité

Le plus réconfortant c’est que la presse castelbriantaise est solidaire. Non pas contre la municipalité en place, (ce ne serait pas son rôle), mais POUR la liberté d’expression, liberté essentielle dans un pays démocratique.

Aujourd’hui c’est La Mée qui est visée. Pourquoi pas, demain, un autre journaliste qui a eu le malheur de déplaire ? Faut-il rappeler que la municipalité précédente n’a jamais joué ce jeu-là et a toujours invité toute la presse, y compris l’Eclaireur dont on connaît les liens familiaux avec la municipalité actuelle. Comme disait « Témoignage Chrétien » : la liberté ne s’use que si on ne s’en sert pas »


(écrit le 23 mai 2001)

La Mée est revenue

Depuis mardi 15 mai 2001, après deux mois de suspension, La Mée est revenue dans le rayon « périodiques » de la Bibliothèque municipale : la mairie ne fait plus blocage. Que s’est-il passé ?

Un certain nombre de lecteurs de la Mée, sur une initiative   personnelle (dont La Mée a seulement été informée) ont envoyé une lettre au maire disant ceci :

Monsieur le Maire,

« Depuis le 21 mars, les usagers de la Bibliothèque municipale de Châteaubriant ne trouvent plus en salle de lecture l’hebdomadaire La Mée, qui a toujours été présent à la bibliothèque avant votre élection à la tête de la ville. Vous savez certainement que ce périodique, témoin parmi d’autres de la diversité d’opinions indissociable de la démocratie, intéresse aussi tous ceux qui recherchent une information sur l’actualité culturelle de la région. Quant à la réputation de ses pages consacrées à l’histoire locale de notre ville, elle n’est plus à faire ».

« J’ai pris acte de vos toutes premières déclarations publiques dans lesquelles vous vous êtes engagé à faire régner dans la cité de Châteaubriant un esprit de tolérance. Par ailleurs, je ne peux mettre en doute votre attachement aux textes fondant l’obligation qui est faite aux bibliothèques publiques de représenter la pluralité des opinions. Je vous les rappelle pour mémoire » :

– « le Manifeste de l’Unesco sur la Bibliothèque publique déclare au chapitre intitulé « La bibliothèque publique » : « les collections et les services doivent être exemptés de toute forme de censure idéologique, politique ou religieuse ».

– « l’article 7 de la Charte des bibliothèques, adoptée par le Conseil supérieur des bibliothèques le 7 novembre 1991, affirme à son tour : « Les collections des bibliothèques des collectivités publiques doivent être représentatives, chacune à son niveau ou dans sa spécialité, de l’ensemble des connaissances, des courants d’opinion et des productions éditoriales. Elles doivent répondre aux intérêts de tous les membres de la collectivité à desservir et de tous les courants d’opinion, dans le respect de la Constitution et des lois »

« Je souhaiterais donc connaître les raisons de la disparition de La Mée de la salle de lecture de la Bibliothèque municipale de Châteaubriant. Et je vous demande instamment d’intervenir pour que ses usagers puissent à nouveau avoir accès à cet hebdomadaire. Dans cette attente, je vous prie de recevoir, Monsieur le Maire, mes salutations respectueuses »


Cette lettre, envoyée par de nombreuses personnes, a sûrement eu de l’influence.

Par ailleurs, des lecteurs ont interpellé directement des candidats figurant sur la liste Hunault qui ont dit n’être pas au courant de la censure s’exerçant sur La Mée et ont promis de demander des explications au maire. D’autres personnes ayant soutenu la liste Hunault se sont déclarées choquées aussi. C’est ainsi qu’elles ont obtenu, en fin de compte, que La Mée ne serait plus interdite de bibliothèque .

De fait, le mardi 15 mai 2001, les deux exemplaires qui sont envoyés à la mairie n’ont pas été mis au pilon et des lecteurs ont vu La Mée à la Bibliothèque Municipale de Châteaubriant.


Difficulté d’informer

La conférence de presse de Michel Courbet, faite le 4 mai 2001, n’est parue dans Ouest-France que le 12 mai et dans l’Eclaireur le 18 mai.

Le communiqué du Comité de liaison de la Gauche, à propos du personnel communal, déposé le 7 mai 2001, n’est paru dans l’Eclaireur que le 18 mai.

Le communiqué des unions locales CGT-CFDT, concernant le personnel communal, déposé le 16 mai à Ouest-France et Presse-Océan, n’était toujours pas paru à la date du 19 mai.

Finalement le communiqué est paru le 23 mai dans Ouest-France, en page départementale avec annonce à la Une (Bravo !) mais toujours pas dans Presse Océan ni l’Eclaireur (à la date du 25 mai 2001)


Ecrit le 17 octobre 2001 :

Censure

Parmi les livres « rigolos » présentés à l’exposition sur les bibliothèques, au château de Châteaubriant, en octobre 2001, il y en a un qui s’intitule « Censure et bibliothèques au XXe siècle » par Marie Kuhlmann, Nelly Kuntzmann et Hélène Bellour. « Nous nommerons « censure » toute intervention consistant à empêcher ou à limiter volontairement la diffusion de livres, de périodiques ou de journaux, pour des raisons d’ordre moral, religieux, philosophique, politique, idéologique ou culturel »

La Mée s’enorgueillit (si on peut dire ! ), d’avoir ouvert le chapitre « censure » du XXIe siècle !

Durant la Seconde Guerre mondiale, la censure a atteint un degré d’excès inégalé en ce siècle, qu’il s’agisse des mesures prises par le gouvernement français instituant un contrôle préalable sur l’impression et la réédition des écrits de toute nature, ou qu’il s’agisse des listes d’interdiction, (en particulier la liste Otto) diffusées par l’Occupant allemand qui conduisirent à la saisie des livres destinés au pilon. Furent interdits par exemple les livres de Max Jacob, Joseph Kessel, André Maurois, Paul Claudel, Pierre Loti, André Malraux, Romain Rolland, Georges Simenon et bien sûr ceux du Général de Gaulle. A la Libération furent interdits les ouvrages d’écrivains considérés comme collaborateurs : Marcel Aymé, Pierre Benoît, Jean Giono, Montherlant, etc.

Pendant la Guerre d’Algérie, un certain nombre de livres furent saisis ou interdits, notamment lorsqu’ils évoquaient la torture.

Les femmes

Les livres jugés « immoraux », qu’il ne fallait pas donner « aux moins de 21 ans, aux femmes et aux lecteurs des milieux populaires » ont toujours fait l’objet de censure, notamment sous la pression des ligues d’obédience catholique (L’index, catalogue des livres dont le Saint Siège interdisait la lecture, n’a été supprimé qu’en 1966. Mais il faut signaler que la morale proclamée par le Parti Communiste, notamment en matière sexuelle, ne différait guère de celle des ligues de moralité catholique). C’était le temps de bibliothèques « pudiques ».

A partir de la fin des années 60, la plupart des municipalités, avec l’aide de l’Etat, modernisèrent ou créerent des bibliothèques (c’est en 1967 que celle de Châteaubriant s’installe au château) .... mais en souhaitant en contrôler plus étroitement le fonctionnement. C’était le temps des « books » émissaires, quelle que soit la couleur de la municipalité en place.

« Pour les municipalités de droite ou de gauche, le mauvais livre, est d’abord celui qui reflète les idées politiques de la tendance adverse » écrivent les auteurs.

Le manifeste de l’UNESCO de 1972 souligne que la bibliothèque doit faire place à tous les courants de pensée à l’exclusion des idéologies incitant à la haine raciale, à la violence et au fascisme. Et Michel Albaric, de l’Ordre des Dominicains, directeur de la bibliothèque privée du Saulchoir, définit ainsi le principe qui doit guider le bibliothécaire : « nos lecteurs sont responsables de leurs désirs. Nous n’avons pas la charge de faire respecter l’Ordre Social. Chacun son métier »

Journaux

En ce qui concerne les journaux, une circulaire du ministère de l’Intérieur, en mars 1951, signale qu’il existe « des journaux d’information pouvant contenir (...) des appréciations sur la gestion communale, que les municipalités ont intérêt à connaître ». (NDLR : ce paragraphe nous plaît bien)

Le livre « Censures et bibliothèques au XXe siècle » cite un auteur qui dit que « la censure agit « comme quelqu’un qui fermerait à double tour la cage aux lions sans s’apercevoir que ces derniers, sortis par une autre porte, sont déjà lâchés » et explique que « la censure, dès lors qu’elle est rendue publique, fait le succès du livre ou du journal qu’elle croit frapper ». C’est d’ailleurs exactement ce qui s’est passé pour La Mée dont le nombre d’acheteurs en librairie et d’abonnés a fait un bond considérable (+ 22 %) qui ne se démentit pas .

Concluons donc avec les auteurs : « Voulant s’assurer un pouvoir sur le monde, celui des dieux ou celui des hommes, la censure des livres (et des journaux) révèle en fait les hantises, les faiblesses et les fragilités humaines, qu’il s’agisse de peurs collectives parfois très anciennes ou de la crainte de voir se répandre ou triompher les idées de ses adversaires politiques ».


Ecrit le 2 juillet 2003 :

Les journalistes protestent

Il n’est pas dans les usages habituels que les conflits internes à Ouest-France, premier quotidien français, sortent à l’extérieur de l’entreprise. Il est donc d’autant plus étonnant de prendre connaissance du communiqué de l’intersyndicale des journalistes et personnels de Ouest-France, protestant contre la ligne éditoriale du journal, engagée contre les grévistes de ce printemps. Aux dernières nouvelles, ce communiqué intersyndical aurait provoqué le courroux indigné des petits chefs de la direction générale à Rennes. Raison de plus pour le faire parvenir aux premiers intéressés : les lecteurs et habitants du Grand Ouest français.

Voici ce communiqué lu sur internet :

NI EXTREMISTES, NI COLLABOS !

Le conflit sur les retraites et l’Education Nationale a, une nouvelle fois, mis en évidence le fossé entre les positions de la direction du journal et les convictions de ses salariés. Comme de nombreux lecteurs, comme de nombreux manifestants, l’ensemble des syndicats de l’entreprise a été choqué par l’hostilité systématique et parfois le mépris à l’égard du mouvement social, affichés à la une du journal. Le commentaire du 10 juin en donne le plus triste exemple.

Les conséquences ont été immédiates : journalistes pris à partie, manifestations devant les rédactions Ouest-France, désabonnement de lecteurs indignés.

A plus long terme, on ne peut que redouter une perte de confiance de lecteurs qui, non seulement, ne se sont pas reconnus dans la position prise par le journal, mais, en plus, se sont sentis trahis et insultés.
Comment réagir autrement lorsqu’on est qualifié d’extrémiste, d’imbécile, dès lors qu’on sort de la pensée unique ? Comment ne pas se sentir humilié par l’allusion à la « France de 1940 » ?

Ouest-France se veut pluraliste ; prétend « dire sans nuire » ; a l’ambition de créer du lien social. Instruite par l’enquête qu’elle vient de réaliser, la direction a conscience qu’il faut se rapprocher des lecteurs. En réalité, elle s’en éloigne et refuse d’entendre les débats qui agitent la société. Les salariés, qui constituent la majorité du lectorat, sont fréquemment déconsidérés dans les positions éditoriales.

Les syndicats d’Ouest-France (...) désapprouvent le point de vue exprimé par la direction sur l’actuel conflit social. Ils lui demandent de montrer plus de respect envers le monde du travail.

Syndicats CFDT - CGC - CGT - SNJ
Rennes, le jeudi 19 juin 2003.

(ndlr : oui, même la CFDT !)


Ecrit le 10 septembre 2003 :

Comment la Sainte Vierge a-t-elle fait vendre l’Eclaireur ?

Réponse :

Dans l’Eclaireur, comme dans Presse-Océan, est paru, à la mi-août, un article expliquant que l’Assomption de la Vierge Marie, que célèbrent les catholiques le 15 août, était à l’origine une fête païenne qui, comme bien d’autres, fut christianisée par l’Eglise. Gros scandale. Articles de réponse dans les deux journaux. Prêche à l’église. Du coup, les « fidèles » se sont précipités sur l’Eclaireur pour juger, par eux-mêmes, du contenu du dit article. Ils ne font donc pas confiance à ce qu’on leur dit en « sermon » ? Catholiques, votre sens critique vous fera perdre la félicité éternelle.


Ecrit le 29 octobre 2003 :

Indésirable !

Un forum des associations doit avoir lieu les 8-9 novembre 2003 à Châteaubriant. L’association « La Mée » s’est inscrite depuis longtemps pour y participer. Mais, le 10 octobre 2003, elle a reçu une lettre de la mairie, prétextant un trop grand nombre d’inscriptions, et disant réserver le forum aux associations « sportives, culturelles, caritatives et de loisirs ». Il est vrai que l’association « la Mée socialiste » est politique. Mais elle est aussi culturelle, si l’on en juge par ses nombreuses contributions à l’histoire de Châteaubriant.

Indésirable La Mée ?

Parce qu’elle révèle des choses
qui auraient dû rester secrètes

Reviendrons-nous au temps des procès ? (rappelons que la Mée a été victime, naguère, d’une attaque en diffamation de la part de l’ancien maire Xavier Hunault)


Ecrit le 1er septembre 2004

La Mée dans le Monde Diplomatique
339 000 exemplaires

339 000 exemplaires

« Le Monde Diplomatique », numéro de septembre 2004, consacre ses pages 4 et 5, avec titre à la Une, aux « Voix de la dissidence », à ces « petits journaux indépendants [qui] défendent l’ambition de toujours préférer la satire à la révérence ».

« Ils sont des dizaines de journalistes amateurs ou professionnels à tenter l’aventure de l’indépendance » dit l’auteur Philippe Descamps. Parmi 24 journaux signalés : La Mée, de Châteaubriant qui « réussit l’exploit de sortir un hebdomadaire de 12 ou 16 pages bien renseigné » .

Le Monde Diplomatique étant tiré à 339 000 exemplaires, c’est donc autant de fois que des lecteurs entendront parler de La Mée et de Châteaubriant. (Tiens, Monsieur not’Maire n’avait pas pensé à ce moyen-là). En ces temps de reprise d’activité, rappelons que La Mée ne repose que sur des bénévoles et que si elle est « socialiste » c’est au sens des idées (de gauche) mais sans aucun lien de subordination ou de financement avec un quelconque parti politique.


La Mée - Président : Jean Gilois - Directeur de Publication : B.Poiraud-
Imprimerie La Mée - CPPAP 0907G82138 -ISSN 0244-9196 -

Les articles signés n’engagent que la responsabilité de leur auteur


Ecrit le 5 août 2009

Une belle aventure qui se termine

...

La Mée a quitté son local de la rue Basse, car la vie est trop chère : l’assurance à payer, et le téléphone et le chauffage, et les impôts locaux …. s’ajoutant aux frais de papier, de machines et de PTT. Tout augmente ! Et La Mée tourne seulement avec ses lecteurs. Pas de publicité ! Pas de subventions officielles ou occultes.

Economies … économies ...

mais on continue !

Mais La Mée continue, de plus belle ! Encore 10 ans ? Encore 12 ans ? Plus ?

Nouvelle adresse :

La Mée, 3 rue de la Fraternité
44110 Châteaubriant
Tél 09 77 81 55 98
Fax 02 40 81 19 55
journal.la.mee@wanadoo.fr

voir : presse partisane, le plumitif a encore frappé

voir : atteintes à la liberté de la presse

Comment les journalistes de France-Inter présentent un jour de grève dans les Services Publics