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Journaux (02) : Aspic, Fakir, Presse-Océan et autres

Pas la Mée !
Aspic
Dis-moi donc
Dire et dire encore
L’oeil électrique s’est fermé
Jaurès
La presse et les industriels
Presse-Océan
Con...quoi ?
Fakir a gagné
Le nez qui bouge
Tarifs prohibitifs
La ville achète l’Eclaireur ?
Plus de 12 000 visiteurs par mois et même 21 000 !

(écrit le 27 novembre 2002)

Surtout pas !

Dans la semaine va venir chez Focast un important personnage de Valfond, sans doute le PDG Ron Hobbs, peut-être pour annoncer le redéploiement du site (ce qui ne veut pas dire le déplacement).

Dans des cas comme ça, c’est une grosse boite de communication qui informe les journaux locaux. Et qui se renseigne, non pas auprès du directeur local (qui ne lit pas la presse locale), mais auprès du secrétaire du Comité d’Entreprise Pascal Bioret. Celui-ci donne les adresses de Ouest-France, Presse-Océan, l’Eclaireur CLA 9, Radio-Château... et La Mée .

« Ah surtout pas ! » dit le directeur local. « Un journal comme ça, comment voulez-vous que j’explique ça à Paris ? » -

« C’est pourtant bien simple, dit le secrétaire du Comité d’Entreprise, dites-leur de taper FOCAST sur leur ordinateur. Ils vont tomber directement sur « La Mée » avant même le site propre de l’entreprise. Alors, vos clients, quand ils se renseignent sur Focast, ils tombent aussi directement sur La Mée. Si vous voulez les informer positivement, invitez ce journal ! ».

Vérification faite, c’est vrai. A ce jour, 22 novembre, on tombe, sur internet, à l’appel du nom FOCAST, sur les larmes de la pauvre Caroline épouse de Michel Coëncas (relire La Mée du 16 octobre 2002). Et on a connu au moins un cadre de Focast, venant sur son lieu d’embauche, avec des feuilles de renseignements sur Châteaubriant, prises sur le site internet :

http://www.journal-la.mee.fr.st

Remarquez bien que lorsqu’on tape Novembal, ou ABRF, on tombe aussi sur La Mée (en 1re position), et même pour Biche de Béré, on tombe aussi sur La Mée (en 8e position cette fois) !

(note : Finalement, La Mée s’est présentée à la conférence de presse du 4 décembre 2002 et n’a pas été refoulée !)


ASPIC

Chaque semaine, sur Moisdon la Rivière, le petit journal d’ASPIC propose ses commentaires sur la vie à Moisdon (municipalité, spectacles, etc). Il recense les dictons du mois, propose des énigmes pour petits et grands, des bizarreries et des photos inéditeshttp://www.aspic.asso.fr/journal


Dis-moi donc

Après le Petit Journal d’Aspic, qui paraît toutes les semaines à Moisdon-la-Rivière pour « Aider ceux qui Souhaitent Participer à des Initiatives dans la Commune » (on peut le demander au 06 76 67 13 40), voici qu’est né un autre journal « Dis Moi donc » qui a pour but d’informer les Moisdonnais sur la vie municipale et locale « avec un regard différent mais pertinent » (on peut le demander au 02 40 07 22 76). Riche commune qui peut se permettre d’avoir ainsi deux journaux militants. Longue vie à tous les deux !

Coordonnées d’ASPIC : http://www.aspic.asso.fr/journal


(écrit le 8 janvier 2003)

Dire et dire encore

Le journalisme ne consiste pas à mettre en question les idées reçues , mais à les mettre en pratique

« Le journalisme ne consiste pas à mettre en question les idées reçues mais à les mettre en pratique » : la revue PLPL (Pour Lire Pas Lu), dont le numéro 12 est sorti en décembre 2002, pourfend le PPA, c’est-à-dire le Parti de la Presse et de l’Argent, en publiant quelques bonnes feuilles d’un livre à paraître intitulé « Les petits soldats du journalisme » (de François Rufin, à paraître en février 2003 aux éditions Les Arènes).

Il s’agit d’un reportage croustillant sur les dessous du Centre de Formation des Journalistes à Paris. On y apprend, dit l’auteur, « à écrire sur n’importe quel sujet, même si vous n’y connaissez rien ». à satisfaire les lecteurs dans le but de faire vendre du papier. « la première qualité de ce métier, c’est de réfléchir à ce qui sera le sujet de conversation à table ».

Cela exige d’éviter certains sujets « Les logements des immigrés, tu vois, c’est un peu éloigné des préoccupations des lecteurs », de même que les taudis ou la condition ouvrière. « Pour les étudiants de la promotion du Centre de Formation des Journalistes, les classes populaires appartiennent à un autre univers »

Sélection

« Pour les 54 élèves de la promotion 2002, aucun enfant d’ouvrier, de cheminot, de caissière : 54 élèves qui se ressemblent, dont les parents sont professeurs, médecins, magistrats, ingénieurs, commerciaux » dit le journal PLPL qui explique que la sélection sociale au Centre de Formation des Journalistes ressemble à celle de « Sciences Po » (Sciences Politiques).

Dans cette dernière école, de 1987-88 à 1997-98, note le sociologue Alain Garrigou :
– « la part des enfants d’ouvriers est passée de 1,5 % à 1 % (contre 27 % dans la population active française),
– celle des employés de 2,5 % à 2 % (30 % de la population active française),
– tandis que le sous-total des enfants de classes supérieures passait de 77 à 81,5 % ».

Avec de nombreuses citations et exemples à l’appui, la revue PLPL explique que « la liberté de la presse c’est la liberté des capitalistes qui possèdent la presse ».

PLPL, n° 12, décembre 2002, Prix 2 euros-
adresse : PLPL, BP   2326
F-13213 Marseille Cedex 02
Site internet : www.plpl.org

Bonnes résolutions

Après cette information, revigorante, La Mée prend la bonne résolution de continuer ce qu’elle a toujours fait jusqu’à maintenant : « dire », raconter, informer ses lecteurs sur les sujets d’actualité, même si cette actualité n’est pas « porteuse » (en termes de vente).

Un numéro sur les Prud’hommes, sur les vicissitudes de la Communauté de Communes du Castelbriantais, La Mée sait qu’il se vendra moins que d’autres (rassurons cependant nos lecteurs : la moyenne des ventes en librairie continue à être excellente).

Mais si certains numéros se vendent moins, La Mée continuera à prendre ses lecteurs pour des gens intelligents, qui cherchent une information différente même si elle est quelquefois austère. Ce sont là ses « bonnes résolutions » pour 2003. Les nombreux lecteurs qui se sont réabonnés prouvent qu’ils ont compris le sens de cette action. Merci à eux de soutenir La Mée et surtout de faire passer l’information autour d’eux.


Ecrit le 31 mars 2004 :

L’Œil électrique s’est fermé

FIN : trois grandes lettres capitales barrent la une du 32e et dernier numéro, paru le 25 mars 2004, de L’Oeil électrique, un « magazine auquel vous pouviez participer ».

Après plus de six années d’une existence modeste (150.000 euros de budget annuel), l’équipe, lassée de devoir jongler en permanence avec les finances, a décidé de clore l’aventure.

Le bimestriel « société, voyages, culture » est l’un des très rares magazines édités en province à avoir acquis une audience nationale, avec une diffusion revendiquée de 10.000 à 15.000 exemplaires en kiosque, sans compter quelque 2.000 abonnés. L’Oeil électrique a vu le jour en fin 1997 à l’initiative   d’un jeune couple franco-anglais fraîchement débarqué en Bretagne et soucieux de voir naître un magazine « éclectique », inventif sur le fond et dans la forme (maquette très travaillée, photos et dessins soignés), « participatif » dans son fonctionnement. « J’étais très frustré par ce que la presse offrait le plus souvent : une relation hiérarchique entre celui qui parle - le journaliste - et celui qui reçoit - le lecteur -, tout cela étant inscrit dans un rapport de consommation », explique à l’AFP Stéphane Corcoral, codirecteur de la publication Piloté par une association à but non lucratif, Les Editions électriques, le magazine était entièrement réalisé par des bénévoles, hormis trois emplois-jeunes chargés des tâches administratives.

Malgré l’arrêt de la revue, l’Oeil électrique continue, sous forme de « projets à plus long terme ». Un « collectif d’édition et d’action » a notamment vu le jour à Rennes pour préparer expositions, festivals et publications d’ouvrages en lien notamment avec des détenus, des scolaires et les populations de quartiers défavorisés.

La Mée continue

Le journal La Mée, fort de ses adhérents et de ses lecteurs toujours plus nombreux, fort de ses bénévoles, continue. C’est aussi un journal « auquel vous pouvez participer ». Que nul n’hésite à téléphoner au 02 40 28 29 91.


Ecrit le 21 avril 2004 :

L’Huma a 100 ans
Jaurès vous parle

Ce dimanche 18 avril 2004, l’Humanité souffle ses cent bougies. De la fondation en 1904 à nos jours, une histoire magnifique marquée par des drames. Mais un grand bout de l’histoire de France.

" C’est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde. La grande cause socialiste et prolétarienne n’a besoin ni du mensonge, ni du demi-mensonge, ni des informations tendancieuses, ni des nouvelles forcées ou tronquées, ni des procédés obliques ou calomnieux. Elle n’a besoin ni qu’on diminue ou rabaisse injustement les adversaires ni qu’on mutile les faits ».

( Jean Jaurès)

Les mots de notre fondateur ont ceci d’audacieux qu’ils ne laissent aucune place au manque d’ambition. Et lorsqu’il écrit d’une plume affirmée, le titre même de ce journal, en son ampleur... ", non seulement la phrase, préambule au premier éditorial du 18 avril 1904, donne le ton, mais elle affiche par sa rondeur visionnaire autant l’étendue des possibilités que la noblesse universelle d’une volonté politique tournée vers l’avenir. Pourtant Jaurès et les siens hésitent. Quel nom donner à ce quotidien né pour ne ressembler à aucun autre ? Les Lumières ? XXe siècle ? L’Avenir social ? Les Lumières tiennent la corde, mais ce sera l’Humanité.

Il faut imaginer l’époque : la France s’ébroue encore dans l’affaire Dreyfus Jaurès joue un grand rôle dans la réhabilitation du capitaine _et le choix de ce titre, « en son ampleur », précisément, rappelle à tous que les socialistes de ce siècle naissant aspirent à la défense et la promotion des êtres humains. À l’heure du choc brutal des civilisations provoqué par le colonialisme, tandis que s’exacerbent les nationalismes et les menaces de conflits en Europe, Jaurès a compris : ce journal sera à la mesure des enjeux nationaux et internationaux, politiques mais aussi économiques. Avec deux piliers : la paix et le progrès social. Dans sa quarante-quatrième année, Jaurès, si l’on peut dire, devient pleinement Jaurès. L’homme aux « idées plein les poings », député, orateur hors normes et penseur intarissable de « la parole et des actes », aide à la fondation d’un parti socialiste unifié, la SFIO.

Pour l’historienne Madeleine Rebérioux « le démarrage du journal est l’une des clés, la principale peut- être, du redémarrage de Jaurès ». Il avait quitté fin décembre 1903 la Petite République, quotidien socialiste auquel il collaborait depuis son entrée en fanfare à la Chambre en 1893. Onze ans plus tard, fort de cet « apprentissage » éblouissant, il s’entoure d’une équipe de choc. " L’Humanité répondait admirablement aux vœux de Jaurès, raconte Madeleine Rebérioux. Cette humanité qui n’existe pas et que détruisent en permanence le capitalisme, les menaces de guerre et la colonisation.

On rappellera aussi que les grands traits de ce nouveau venu dans le monde parisien des journaux se dessinèrent très vite, en trois mois. Une orientation socialiste certes, mais non partidaire. Une équipe rédactionnelle brillante, essentiellement composée d’intellectuels _ (les 117 agrégés !) _ sous l’aile tutélaire d’Anatole France. La propriété appartenait à une société anonyme reposant pour moitié _- près de 500 000 francs - _ sur des actions réellement souscrites et, pour moitié, sur des actions dites d’apport censées représenter l’apport de travail des collaborateurs et confiées symboliquement à Jaurès. Un montage assez subtil, accompagné de clauses rédactionnelles fort intéressantes et, semble-t-il, assez neuves : elles mériteraient aujourd’hui une lecture attentive. Même si le pouvoir de Jaurès, directeur et fondateur du journal, peut paraître exorbitant, à la hauteur de l’homme il est vrai : il se voyait formellement reconnu le droit d’examiner par avance les articles et de les refuser.

Bref, rien à voir avec un journal de parti, un quotidien, dreyfusard dans sa rédaction et son financement, construit autour de son directeur, socialiste à la mesure du socialisme de Jaurès, où les professionnels étaient peu nombreux, un journal dépourvu de prise sur le monde du travail, au moment même où la CGT atteignait le sommet de son influence. Rien d’étonnant si, dès le début de 1905, une crise financière violente secoua la jeune Humanité. Mais elle a tenu le coup... «  » II faut deux rivages à la vérité : l’un pour notre aller, l’autre pour notre retour. Des chemins qui boivent leurs brouillards. Qui gardent intacts nos rives heureux. Qui, brisés, soient encore salvateurs pour nos cadets nageant en eaux glacées. " (René Char).

Secouée, l’Humanité ? Jaurès assassiné à l’aube de la Première Guerre mondiale dont il vit, bien avant d’autres, les dévastations potentielles, l’histoire du journal socialiste, puis communiste, s’imbrique profondément dans l’histoire entière des mouvements et des évolutions politiques du XXe siècle.

Mais quelles furent donc les modalités de passation de l’Humanité, de la SFIO au Parti communiste en 1920 après le congrès de Tours ? Et que signifie vraiment devenir, puis être « organe central » d’un parti ? Roland Leroy, ancien directeur, l’écrit ainsi : « La fulgurante histoire du siècle qui a plusieurs fois bouleversé le monde, les malheurs, les drames, les épopées aussi, ont secoué l’Humanité peut-être plus que n’importe quel autre journal, l’amenant à prendre des positions toujours singulières, souvent courageuses, même si elles ont connu des égarements dus à un aveuglement dogmatique. (...) Mais le journal a vécu grâce à la créativité féconde de grands talents extrêmement divers. »

Les espérances, les combats, les erreurs, les tragédies... À lui seul, un « simple » retour sur la matière première du journal (ses articles), s’il est indispensable, ne permet pas de saisir la place unique de l’Humanité dans le paysage français. Comme l’ancrage du PCF ne se comprend pas dans sa seule dimension idéologique, celui du journal, aussi incroyable que cela puisse paraître, ne se réduit pas à son unique contenu. Devenant journal communiste, il fut aussi ce que l’on appelle un vecteur de l’action politique. « L’Huma était utile au sens premier du terme : c’est là que l’on trouvait le lieu et l’heure de la manif ; les unes du journal étaient souvent conçues comme des affiches pour appeler à la manifestation », souligne l’historienne Danielle Tartakowsky. L’antifascisme, l’anticapitalisme, le Front populaire, les luttes sociales, la Résistance, la clandestinité pendant l’occupation, l’anticolonialisme, l’anti impérialisme, la censure subie durant la guerre d’Algérie : autant de références nobles et de points de repère incontournables pour des générations de lecteurs, communistes ou non.

« Le titre sera aussi la raison et le moyen de développer des pratiques populaires », ajoute Danielle Tartakowsky. Fête de l’Huma, manifestations culturelles et sportives, réseau de correspondants locaux, comités de défense de l’Humanité (qui deviendront plus tard comités de diffusion de l’Humanité), ventes dites de masse, souscriptions... autant de moments forts de l’histoire du journal qui croisent la vie politique et sociale du pays. « Le militant prend la figure du vendeur de l’Huma, précise Mme Tartakowsky. Il est significatif qu’en janvier 1936, dans le film de Renoir La vie est à nous, produit par le PCF, le personnage politique principal à l’écran est Marcel Cachin, directeur de l’Huma, où, sur son bureau, arrive le courrier de la France entière. » Des dizaines de milliers de militants, en effet, alimentent l’Humanité d’informations sur les conflits sociaux, grèves, manifestations. Là et nulle part ailleurs.

" Le mot courage et le mot découvrir /
Et le mot frère et le mot camarade /
Et certains noms de pays de villages /
Et certains de femmes et d’amis /
Ajoutons-y Péri /
Péri est mort pour ce qui nous fait vivre /
Tutoyons-le, sa poitrine est trouée /
Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux /
Tutoyons-nous son espoir est vivant. "
(Paul Eluard)

Ah, les grands de l’Humanité ! On ne saurait tous les citer, ces disparus aimés, tant ils sont nombreux, foisonnants, rayonnants. De Jules Renard à Anatole France, de Paul Vaillant-Couturier au fusillé Gabriel Péri en passant par Louis Aragon, de Pierre Courtade à Roger Vailland, de Madeleine Riffaud à René Andrieu, de Laurent Salini à André Wurmser, d’Abel Michea à Michel Boue... Des caractères trempés, des fortes têtes, des fidèles, des fâchés. Et bien d’autres, notamment dans cette rédaction 2004 rajeunie, différente, mais pas moins révoltée face au monde tel qu’il est. Bref une histoire, et des histoires, d’hommes confrontés à l’histoire globale.

Où comment réagit unjournal d’opinion politique dans les contextes de guerres _ mondiales, froide, d’Indochine, d’Algérie, du Golfe, du Kosovo, d’Irak, etc. _ qui furent celles de ce siècle-là. L’Humanité au centre des orages ou dans un retour critique comme le fut, au sujet de la torture pendant la guerre d’Algérie, l’Appel des douze en octobre 2000. Et puis ces guerres sociales, aussi, toujours recommencées, bien que, à l’image du capitalisme, mutantes.

La profondeur des rapports affectifs entre le quotidien et l’hebdomadaire l’Humanité Dimanche (devenu « hebdo »), et les lecteurs, reste, à sa manière, la source de l’attachement et des tensions qui épouseront les hauts et les bas du PCF, ses joies, ses drames. De même que ses errances. Comme l’explique l’écrivain Bernard Chambaz, qui publie l’Humanité, 1904-2004 «  : » On peut dire, je crois, que depuis sa naissance jusqu’à 1991, il y a dans l’Humanité une vraie passion russe et soviétique. Dans les années soixante-dix, au moins jusqu’en leur milieu, on relève des signes tangibles de ce qu’on pourrait appeler _- je ne le dis pas en mauvaise part -_ un pro-soviétisme. « Et forcément tout ce qui va avec, à des degrés divers : par exemple le soutien à l’intervention armée de l’URSS, à Budapest, en 1956. Mais Chambaz, dans sa lecture de quelque 35 500 numéros, voit aussi autre chose dans les entrailles et l’âme de notre trajectoire : » II y a trois caractères essentiels qui ressortent à mes yeux. D’abord, le regard de l’Humanité sur la politique internationale. Le génie du journal, c’est de porter un regard original sur le mouvement en général et les situations du monde en particulier, notamment par beaucoup de grands reportages. Deuxième caractéristique, la politique intérieure, c’est-à-dire le soutien constant aux luttes, grandes ou petites. La troisième constante, c’est l’ouverture culturelle. « Alors ? Alors cent ans ! Un peu fou, cette histoire, non ? Mais tellement prégnante et si fusionnelle, si amoureusement tourmentée que surgissent de nos mémoires des souvenirs communs et personnels. Où l’on pense à » Lire le pays « , à Jean Genêt, à Roland Barthes et tous ces signataires illustres. Où l’on chante encore et encore, pour ses parents, pour ce grand-père enterré avec un exemplaire clandestin collé près du cœur, ce » journal que l’on vend le matin d’un dimanche « (Jean Ferrât). Où l’on repense aux odeurs d’imprimerie du Faubourg-Poissonnière, celles aigres-douces des rotatives, celles de l’encre à peine séchée qui tachait les doigts et la langue, celles du papier frais qu’on feuilletait tard les soirs de bouclage. Où l’on envie, déjà, ceux qui viendront, lecteurs, vendeurs, salariés. Et où l’on n’oublie pas, surtout, ces quelques mots de Nelson Mandela, après sa libération, envoyés à notre rédaction : »

« L’Humanité a toujours été active dans toutes les grandes luttes de notre siècle . L’Humanité est une voix pour l’humanité. "

Mandela et Jaurès réunis par-delà le temps : des mots qui ne laissent aucune place au manque d’ambition...

D’après le n° du Centenaire de l’Humanité


Ecrit le 23 juin 2004 :

La presse aux mains des industriels

Décervelage

Le Monde Diplomatique de juin 2004 publie une étude de Marie BENILDE, intitulée : « Une agence publicitaire et ses réseaux ; PUBLICIS, UN POUVOIR, dont voici le ‘’chapeau’’ : « EDITIS, qui possède BORDAS, NATHAN, LE ROBERT, LA DECOUVERTE, PLON, Robert LAFFONT ..., doit passer dans l’escarcelle de WENDEL Investissement de M. Ernest-Antoine SEILLIERE au nom de la concurrence ! ! ! Dans l’édition et dans la presse, les Groupes industriels ou publicitaires jouent un rôle crucial : une agence comme PUBLICIS entretient des rapports très étroits avec les médias, tout en servant de conseil aux grands patrons ». Autrement dit le patron des patrons, SEILLIERE, s’est offert la propriété exclusive de la machine à décerveler : Enfoncez-vous bien ça dans la tête : les pilules MEDEF sont les meilleures. (voir aussi Dassault, ci-dessous)


Ecrit le 23 juin 2004 :

Dassault rachète Presse-Océan

Dassault, l’industriel de l’armement va passer de 30 % à 82 % dans le capital de la SocPresse, société éditrice du « Figaro », de l’Express, de Presse Océan, etc.

L’industriel de l’aéronautique, déjà propriétaire de l’hebdomadaire Valeurs actuelles, met la main sur les quelque 70 titres de l’ancien empire Hersant. Avec près de 6 millions d’exemplaires, le nouvel ensemble est l’un des leaders de la presse en France.

Serge Dassault rejoint ainsi, au sommet de la presse française, son ancien rival de l’aéronautique, le groupe Lagardère, qui possède, lui, Hachette Filipacchi Médias (premier éditeur français de magazines, avec notamment Paris-Match et Elle). Il confirme le poids pris pas les industriels dans le monde des médias en France (Bernard Arnault, Martin Bouygues, François Pinault ont également investi ce secteur).

« Ce rachat est un coup de cœur », confiait M. Dassault dans Gala du 16 juin, qui lui consacre quatre pages. Un coup de cœur à 1,2 milliard d’euros. Ce n’est pas un souci pour celui qui serait, selon le magazine Forbes, la troisième fortune de France (avec 5,2 milliards d’euros de patrimoine).

Agé de 79 ans, Serge Dassault, PDG de GIMD (Groupe industriel Marcel Dassault), et par ailleurs maire UMP de Corbeil-Essonnes (Essonne), réalise là un vieux rêve. « Je souhaite posséder un journal ou un hebdomadaire pour exprimer mon opinion », déclarait-il en 1997.

Exprimer « son » opinion, qui n’est sans doute pas celle de la France d’en-bas. Plus que jamais la presse, qui fait l’opinion, est dans les mains des puissances d’argent. Moins que jamais la presse sera libre d’enquêter et de critiquer

voir plus loin

BP  


Ecrit le 14 juillet 2004 :

Con... quoi ?

Nicolas Sarkozy a une haute opinion des journalistes. Dans les « lettres de mon château » qu’il a publiées en 1995 dans les Echos, il a écrit : « privilégiez [les journalistes] les plus jeunes et les moins titrés. Ils seront flattés, vous les formerez à votre main (...) Ne perdez pas votre temps avec les éditorialistes. Ne leur donnez aucune information. Au besoin humiliez-les. Tout le monde s’en réjouira, surtout leurs confrères ». Vous avez dit con... quoi ?

Ours

Selon Le Monde du 27 juin : le groupe Dassault a fait disparaître le nom du fondateur Robert Hersant de « l’ours » (organigramme d’un titre publié dans ses colonnes) du Figaro et y a ajouté sept noms : Olivier Dassault son fils, député UMP de l’Oise et président de Dassault Communication — Rudi Roussillon, son conseiller personnel — Philippe Hustache, l’un des directeurs généraux du groupe Dassault — Me Bernard Monassier son notaire — Jean-Pierre Bechter directeur délégué du groupe Dassault — et Me David de Pariente, avocat d’Aude Jacques-Guettard, seul membre extérieur à la « garde rapprochée » de l’avionneur. Les journalistes auront ainsi toute liberté d’écrire, d’autant plus que Serge Dassault a précisé la ligne éditoriale affirmant qu’il souhaite « diffuser des idées saines » et parler « des choses qui vont bien » dans son « journal préféré ». Bref, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, sauf ceux qui ont l’esprit critique.


Ecrit le 14 juillet 2004 :

Il est interdit de penser par soi-même
L’avionneur et le bétonneur

Après l’achat de la Socpresse par le groupe Marcel Dassault (aviation), TF1 et sa maison mère le groupe Bouygues sont en passe de signer un accord capitalistique avec le groupe Dassault. Cette alliance est très inquiétante

1.- d’une part pour le pluralisme de l’expression, l’indépendance des médias par rapport aux puissances d’argent. La presse française, entre les mains de groupes industriels (qui vivent de commandes publiques ! c’est un comble !), ne peut que vouloir contrer tous les pouvoirs de Droite. Que pourront faire les Conseils Généraux et Conseils Régionaux de Gauche s’ils ont systématiquement contre eux la télévision locale et la presse locale ?

2. d’autre part, cette main mise risque de mettre en péril les journaux qui ont gardé un zeste d’indépendance : Le Monde, Libération ou Ouest France, en les privant de la quasi totalité des recettes publicitaires.

Chacun sait que, sans argent, une presse ne peut pas vivre et diffuser sur une grande échelle.

La liberté d’expression est une des conditions nécessaire et indispensable à l’exercice serein des métiers d’auteur, scénariste, réalisateur mais aussi de critique, bibliothécaire et même... lecteur... (le plus beau métier du monde, hum...? )

Or la concentration accrue des organes de presse et de l’audiovisuel au sein de groupes financiers de marchands d’armes tels que Marcel Dassault ou Lagardère, et leurs liens directs avec le MEDEF ne font aucun doute sur leurs véritables objectifs. Ce sont ces mêmes lobbies qui agissent aux Etats-Unis et ont été les premiers instigateurs de la seconde guerre du Golfe avec les conséquences qui y sont liées.

Si nous ne voulons pas suivre le même chemin que les Etats-Unis, il est urgent de se mobiliser contre cet état de fait .

Manipuler les esprits

Ce mois de juin 2004, le holding financier Wendel, dont le président, Ernest-Antoine Seillière, est aussi celui du MEDEF, vient de s’emparer d’Editis, deuxième groupe français et éditeur d’une très grande part des dictionnaires et manuels scolaires.

Ainsi la main-mise des puissants de l’argent sur la presse et les manuels scolaires, se fait plus complète. La plus formidable manipulation des esprits, de tous les temps, est en marche. Or, il est évident qu’ils sont prêts à tous les mensonges, manipulations et crimes contre les personnes voire contre l’humanité pour défendre leurs intérêts. Le pouvoir politique actuel, ne s’y oppose pas parce que cela sert aussi ses intérêts électoraux.

La liberté d’expression, composante essentielle des libertés publiques, est sérieusement en danger. Mais c’est l’été. Le temps de tous les mauvais coups. Demain il sera trop tard. L’Observatoire des médias appelle pourtant à l’action de tous et à l’engagement des forces politiques pour défendre le droit à une information libre et pluraliste. Rêvons ... tant qu’il est encore permis de rêver.

BP  

(ndlr : note du 19 juillet : pour l’instant aucun accord n’a été signé entre Bouyghes et Dassault, le premier souhaitant obtenir, en quelques années, et automatiquement, une minorité de blocage dans la SocPresse (35 %) et s’étonnant par ailleurs de ce que la SocPresse ne gagne pas assez d’argent. Bouyghes et TF1 draiment à eux seuls 55 % des recettes publicitaires de la presse)


Ecrit le 12 octobre 2004 :

  Fakir a gagné

Fakir, « journal de bénévoles, sans publicité, sans appui officiel, David égaré offensant un Goliath municipal, médiatique et patronal » a été attaqué en justice dans la région d‘Amiens. Et a gagné en première instance et en appel.

Rendez-vous compte, Fakir a osé, en réponse à une attaque, traiter le rédacteur en chef du journal local, de « porte-plume de la CCI », de « chien de garde de la mairie (sans les dents mais avec la langue) », d’« historiographe du prince Gilles [de Robien] 1er » . Le tribunal a jugé qu’il n’y avait pas là diffamation : « le texte et le dessin en cause relèvent de la liberté d’expression et du droit de critique, autorisés dans un organe de presse satirique et humoristique »

Comme dit Fakir : « La critique des quotidiens régionaux est-elle permise ? D’autres voix sont-elles autorisées en province ? Comment, si cette presse différente était muselée, la démocratie locale pourrait-elle exister ? »

« Avec leurs imperfections, les journaux comme Fakir sont rares en province, et fragiles. Ils contribuent, modestement, à vivifier une démocratie locale souvent endormie. Nous savons, en effet, combien la presse régionale en France (à l’inverse de l’Espagne ou de l’Allemagne, par exemple) est conformiste et soumise aux pouvoirs en place. Pour ces raisons, il nous semble nécessaire de préserver Fakir (et ses cousins) »

Le site de Fakir

La Mée, toutes les semaines, s’obstine elle aussi à donner une information exacte mais différente.


Ecrit le 9 février 2005 :

Le nez qui bouge :

La Mée n’a pas été invitée à la cérémonie d’accueil des nouveaux arrivants à Châteaubriant. Elle y est allée quand même, na ! La Mée est souvent « oubliée » lors des communiqués édités par la Communauté de Communes du Castelbriantais. La bouche en cœur, et l’air innocent, le secrétaire général, M. Adnot jure ses grands dieux que, non, non, ce n’est pas possible. Hélas pour lui, son nez bouge, émettant une lumière rouge intermittente. Tûût, tûûûût. C’est M. Fenwick. Laissez-lui ses illusions : il croit que ça ne se voit pas !


Ecrit le 23 mars 2005 :

 Tarifs prohibitifs

Les nouveaux tarifs des PTT sont parus. Naguère, le coût d’une lettre envoyée en France était identique à celui d’une lettre envoyée dans un autre pays européen. Mais, au temps de l’intégration européenne à marche forcée, ... tout change. Cela devient si compliqué qu’il faudra que les citoyens se rendent au bureau de poste pour savoir exactement à combien affranchir leur courrier. En tout cas, pour envoi de La Mée à l’étranger, il en coûtera désormais 0,63 € au lieu de 0,4424 !!!!! soit une hausse de 42 %.


Ecrit le 20 avril 2005

 La ville achète l’Eclaireur
Vu du ciel

L’Eclaireur a publié, le 8 avril 2005, des photos de Châteaubriant , vue du ciel. Quelques jours plus tard, chaque famille castelbriantaise a reçu un numéro gratuit « offert par la municipalité ». L’Eclaireur publie d’autres photos le 15 avril. Y aura-t-il encore un numéro gratuit pour tout le monde ? Qui paie ce numéro gratuit ? Nos impôts locaux ?

Soucieuse de la bonne utilisation des finances publiques,
ENERGIE CITOYENNE suggère aux Castelbriantais
de rapporter ces journaux gratuits.
L’association tiendra une permanence spéciale,
vendredi 22 avril de 18 h à 20 h dans son local, au 37 rue Marcel Viaud

Une petite question : si La Mée publie, elle aussi, des photos, croyez-vous que la mairie achètera 4000 exemplaires du journal pour les offrir aux castelbriantais ? Chiche !


Ecrit le 3 novembre 2005 :

 Plus de 12 000

Le site internet de La Mée « marche » de mieux en mieux. Après une baisse au cours de l’été le nombre de visiteurs est remonté pour dépasser largement 400 visiteurs uniques par jour, soit 12 000 personnes par mois. Une personne qui vient deux fois la même journée n’est comptée qu’une fois. Une personne qui lit plusieurs pages n’est comptée qu’une fois.

 12 000 visiteurs par mois, c’est donc un joli score.

48,2 % s’intéressent à Châteaubriant, soit 5780 visiteurs par mois (dont 1200 qui s’intéressent aux articles concernant les entreprises !)

30,7 % suivent les questions générales (santé, emploi, etc) soit 3680 personnes

10,8 % suivent les information intercommunales (soit 1300 personnes).

10,3 % s’intéressent au reste du site (l’international, les résultats électoraux, etc).

http://www.journal-la-mee.fr

Note du 4 mai 2008 : actuellement c’est plutôt 21 000 par mois en moyenne !

voir : presse partisane, le plumitif a encore frappé

Oui-non : les médias très partisans
oui ou non : les média... tiquent

voir : atteintes à la liberté de la presse