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Europe (22)

page 1886 -

L’axe franco-allemand

Pour Sami Naïr, cette Europe doit être fortement appuyée sur le renforcement de l’axe franco-allemand, qui permettra de :

a)clarifier la contradiction insidieuse qui hypothèque toute relation franco-allemande : le choix entre modèle républicain français ou fédéral allemand ;

b) renforcer l’unité européenne au moment ou elle est fragilisée par les nouveaux entrants ;

c) renforcer également les forces de progrès en Europe en associant à la tradition sociale républicaine française la tradition du compromis négocié à l’allemande. Les salariés des deux pays en profiteraient avantageusement car, par le seul effet d’échelle que cela créerait, une véritable économie sociale de marché compétitive deviendrait possible ;

d) approfondir encore les domaines de coopération : défense, armement, rapprochement des législations, formation et éducation, culture, coopération scientifique, etc. ;

e) enfin des liens plus étroits entre la France et l’Allemagne inciteraient les autres pays européens, surtout ceux du sud et de l’est, à rejoindre cette Europe confédérale se faisant dans le respect de l’indépendance nationale. Elle donnerait à l’axe Paris, Berlin, Moscou qui s’est constitué récemment, une véritable capacité de peser pour la paix.

3) Une Europe ouverte à l’Est et au Sud

D’un rapprochement entre la France, l’Allemagne et la Russie, une Europe nouvelle peut surgir .

– Cette Europe pourrait, au-delà de liens stratégiques avec la Russie, la Chine, nouer également des relations avec l’Inde et l’Amérique latine ;

– Elle devrait créer des zones de solidarité renforcées avec ses voisins en Méditerranée du sud. La France a une responsabilité particulière à l’égard du monde arabe : elle doit entraîner l’Europe dans une grande politique d’aide à ce monde. Elle doit mobiliser l’Europe pour une association renforcée avec lui : c’est la seule manière de lutter sérieusement contre les dérives confessionnelles.

Non au projet de constitution

Pour Sami Naïr et le MRC (mouvement républicain et citoyen), il n’est pas possible d’accepter le projet de Constitution proposé par la Convention Européenne.

« Nous voulons une dynamique citoyenne pour une autre Europe, dans le respect du modèle républicain français : le projet de Constitution proposé par la convention européenne prolonge et accentue les dynamiques dangereuses de la construction actuelle fondée sur une logique exclusivement libérale.

Il inscrit dans le marbre le concept d’une Europe vouée à la défense du principe de concurrence.

Il ne remet pas en cause le principe d’indépendance de la banque centrale.

Il maintient le déséquilibre favorable à la Commission vis-à-vis du reste des institutions européennes. »

La France diluée

De plus le projet de Constitution n’assure pas à la France des compensations suffisantes puisque :

– a) la France n’aura plus que 78 députés, l’Allemagne 99 ;
– b) le système d’établissement de la majorité qualifiée au Conseil adopté à Nice diluera l’influence de la France : celle-ci représente 12.25 % de la population de l’Union Européenne mais n’aura que 8.4 % des voix.

Après 2009, si le projet de Constitution était adopté, le Conseil prendrait ses décisions à partir d’une double majorité : celle des Etats et la majorité démographique fixée aux 3/5 de la population de l’Union. De nombreuses décisions pourront être adoptées en dépit des positions françaises.

Il faut que les Parlements nationaux soient associés au processus législatif beaucoup plus étroitement que ne le propose le projet de Constitution : droit d’initiative   des lois, droit d’amendement des projets de la Commission par exemple .

Il faut que les statuts de la banque centrale soient modifiés et que, s’agissant de la Cour de justice, la hiérarchie des normes soit rétablie : la Constitution nationale doit primer. L’Allemagne et le Danemark ont décidé, à juste titre, que leurs tribunaux devraient écarter les normes européennes qui seraient contraires à leurs Constitutions : pourquoi pas la France ?

Le projet de Constitution européenne a une signification claire : dissoudre le modèle républicain français dans un magma institutionnel confus et paralysant.

Religions

« Le projet de constitution veut faire de la laïcité à la française une spécificité plus ou moins aberrante, alors que nous avons raison d’y voir une valeur éminemment démocratique.

Les batailles autour de la référence à la religion dans la Constitution ne sont qu’un premier aperçu des offensives que nous préparent ceux qui n’ont jamais accepté en fait la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Cette Europe libérale veut faire de la tradition égalitaire française une vieillerie de partageux, alors que la lutte pour un monde plus juste et égalitaire émerge partout. » explique Sami Naïr.

Pour une Europe confédérale

Face à ce projet de Constitution, la France doit au contraire proposer un Traité international clairement confédéral, car nous voulons une Europe où les citoyens aient leur mot à dire sur l’avenir du monde.

A quoi sert l’Europe si elle ne nous permet pas de nous défendre contre les effets dévastateurs de la mondialisation libérale

L’invasion américano-anglaise en Irak l’a clairement montré : il n’y a pas de communauté de vision entre les élites européennes sur l’avenir de l’Europe.

Il y a des partisans de l’Europe américaine et des citoyens qui veulent l’Europe européenne.

Ce sont les voix de la France, de l’Allemagne, de la Belgique qui se sont faites entendre contre la guerre pendant que d’autres, avec les nouveaux venus, masquaient sous leurs déclamations hypocrites la conquête du pétrole irakien. Cela ne doit pas être oublié.

L’Europe ne se relèvera, n’existera
qu’à travers ses nations.

« Nous nous battrons pour une Europe européenne, sociale, démocratique et respectueuse de la souveraineté populaire. C’est la seule Europe que nous pouvons accepter. » conclut Sami Naïr, député européen, secrétaire national du Mouvement Républicain et citoyen.


Ecrit le 31 mars 2004 :

Europe à 25, et circulation des travailleurs
Méfiance record

« Honte à toi, Hollande ! », titrait le quotidien polonais Gazeta Wyborcza le 16 février 2004 lorsque les Pays-Bas ont décidé d’imposer un permis de travail aux citoyens des nouveaux membres de l’Union Européenne. « Au lieu de nous réjouir de l’adhésion, nous garderons le sentiment d’avoir été rejetés. [..] Le vent souffle toujours du mauvais côté pour les pauvres » dit le même journal.

Les réticences des Occidentaux à ouvrir leur marché du travail créent une immense déception dans les pays de l’Est où, après quarante-cinq ans de régime soviétique, l’accès à l’Ouest et la liberté de circuler étaient perçus comme l’un des grands symboles de la réunification du continent. La frilosité des Quinze à l’approche du jour J et les mesures protectionnistes prises par les uns et les autres confortent l’idée que l’égoïsme règne en Europe et qu’il y a deux classes de citoyens.

Pourtant dans les huit pays ex-communistes attendus dans l’Union Européenne, des sondages ont conclu que les travailleurs n’ont nulle intention d’émigrer massivement, y compris dans les pays les plus touchés par le chômage comme la Pologne ou la Slovaquie. La population est attachée à sa terre et à sa région et elle n’est guère plus encline qu’en France à la mobilité. Un afflux de travailleurs paraît donc largement illusoire.

Cerveaux

Les nouveaux membres ont d’autres soucis en tête. Ils craignent une fuite des cerveaux, particulièrement dans des secteurs sinistrés comme la santé, où les pays occidentaux offrent des salaires bien plus attractifs. En Pologne, un tiers des jeunes médecins (soit 10 000 personnes) seraient prêts à quitter le pays. Les infirmières aussi, qui dépendent des « enveloppes » données par les patients pour vivre, sont tentées. En Slovaquie déjà, beaucoup vont travailler en République tchèque voisine pour de meilleurs salaires. Leurs homologues tchèques poussent, elles, vers l’Allemagne.
Le 3 mars, la Hongrie a annoncé des mesures de réciprocité contre les Etats qui instaurent des mesures restrictives à l’encontre de ses citoyens. On imagine mal comment des cadres de multinationales pourraient se voir imposer des permis de travail. Mais les « nouveaux » auront du mal à oublier l’humiliation.


Ecrit le 4 mai 2004 :

1er mai 2004 : l’Europe à 25

Le 1er mai 2004, L’Union européenne a accueilli dix nouveaux membres. Elle compte désormais 25 Etats 188 régions, 455 millions de citoyens et 20 langues officielles.

Par ordre de population :

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Europe

– Allemagne
– France
– Angleterre
– Italie
– Espagne
– Pologne
– Pays-Bas
– Grèce
– République Tchèque
– Belgique
– Portugal
– Hongrie
– Suède
– Autriche
– Slovaquie
– Danemark
– Finlande
– Irlande
– Lituanie
– Lettonie
– Slovénie
– Estonie
– Chypre
– Luxembourg
– Malte

Les 10 nouveaux

– 1-Estonie
– 2-Lettonie
– 3-Lituanie
– 4-Pologne
– 5-République Tchèque
– 6-Slovaquie
– 7-Hongrie
– 8-Slovénie
– 9-Malte
– 10-Chypre

Par rapport à l’Europe des 25,
les dix nouveaux membres représentent :
-17 % de la population
-19 % de la superficie
-4,5 % de la richesse (produit intérieur brut)


Ecrit le 11 mai 2004 :

Le passage à l’Europe de 25, vu de la Hongrie,
voir page 359

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