Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Pays (international) > Algérie > Algérie (21)

Algérie (21)

Ecrit le 24 mars 2004

Partenaires, avez vous dit ?

Dans la séance du 2 juillet 2003 décidant d’une subvention de 1500 € pour les sinistrés du tremblement de terre de Tigzirt en Algérie, le conseil municipal avait évoqué un partenariat pour désigner « cette commune algérienne avec laquelle la Ville de Châteaubriant entretient des liens de coopération. » Texte précis de la délibération.

Parler ainsi de Tigzirt, c’était bien reconnaître les liens noués précédemment entre les deux villes, depuis 1998 exactement. On ne pouvait que s’en réjouir et cette délibération allait bien de soi : quand un partenaire est dans le pétrin, on ne le laisse pas tomber. Tigzirt, victime du tremblement de terre du 21 mai se voyait attribuer une subvention que son maire sollicitait auprès de son collègue de Châteaubriant et que nous avions soutenue auprès de M. Hunault. Les choses étaient en ordre.

Le problème, évidemment, a été que le CCFD, association bénéficiaire de la subvention destinée à Tigzirt, a utilisé cette subvention pour un autre but que celui qui était précisé dans la délibération. (...). Les fonds ne sont jamais arrivés à Tigzirt. Marie Billon, responsable locale du CCFD, m’a indiqué que, lors d’une rencontre en mairie, la municipalité lui avait donné son accord à ce sujet. Cela soulève, à mon sens, un problème de droit et un problème de morale.

En terme de droit, le texte d’une délibération municipale ne peut être modifié que par une autre délibération municipale. La mairie ne peut l’ignorer et il est surprenant que les responsables locaux et départementaux du CCFD ignorent cela. Que penserait le sous-préfet de cette affaire en terme de légalité ?

Ethique ?

Mais il n’est pas besoin d’être juriste pour apprécier le volet moral, éthique, de cette affaire et en mesurer la gravité. Si vous consultez un dictionnaire au mot partenaire, vous verrez que ce vocable désigne des alliés, des associés, des gens avec qui on a des relations. En l’occurrence, la ville de Châteaubriant s’est moquée de ses associés, de ses alliés algériens sinistrés.

Le 2 juillet dernier, Monsieur Garnier, adjoint au maire est présent lors de la réunion que nous avons organisée avec le Père Jean Gaignard, témoin du tremblement de terre, témoin du travail remarquable d’organisation de la solidarité effectuée par nos amis de l’ACABM de Tigzirt et que Caritas Algérie a reconnu également. Le CCFD est présent, invité comme d’autres associations. Monsieur Garnier y annonce le vote d’une subvention pour Tigzirt (la presse s’en fait l’écho), il reçoit le Père Gaignard en Mairie avant le vote. Vous connaissez la suite.

Pour en rester sur le terrain associatif qui est notre terrain, on est obligé de constater que le CCFD s’est compromis totalement dans ce déni des engagements municipaux. En acceptant l’ « arrangement » avec la mairie il savait que les engagements municipaux concernant Tigzirt ne seraient pas tenus. Y a-t-il des projets associatifs, si beaux et nobles fussent-ils, qui justifient qu’on fasse l’impasse sur un minimum de sens moral ?

L’accord inter-associatif qui avait permis la collecte au bénéfice de Tigzirt prévoyait qu’une partie de cette collecte serait donnée au CCFD pour son partenaire algérien (Femmes Des Deux Rives, à l’époque) qui avait fait appel à lui. A l’issue de cette collecte le vote de la municipalité a fait changer le CCFD de position : « Gardez toute la collecte pour Tigzirt et nous, nous gardons la subvention municipale ». Notre désaccord fut complet. Peut-on en effet confondre (au sens de fusionner) les responsabilités associatives et les responsabilités politiques ? Cela changeait-il quelque chose à l’immoralité d’une manœuvre qui conjuguait donc le mépris du partenaire au détournement de fonds publics votés pour un usage précis et utilisés pour un autre usage ?
P. Urvoy


Ecrit le 16 juin 2004 :

Le Sous-Préfet botte en touche
La Mée a déjà évoqué cette délibération municipale votée le 2 juillet 2003 qui accordait 1500 €, à Tigzirt (Algérie) après le tremblement de terre du 21 mai 2003, somme qui n’est jamais parvenue à Tigzirt.

Pierre Urvoy, qui n’oublie pas les liens étroits tissés avec Tigzirt, et qui perdurent, s’est adressé aux responsables castelbriantais et départementaux du CCFD. Pas de réponse. Il a alors écrit, à Paris, au secrétaire général du CCFD, Jean-Michel FARDEAU qui, en réponse, couvre les responsables locaux et s’abrite derrière un courrier du maire de Châteaubriant en date du 3 septembre 2003 qui précise que « le CCFD présente tous les critères de sérieux et de suivi de cette action humanitaire, quelle que soit la ville en particulier d’Algérie qui en bénéficiera ». Autrement dit M. Hunault a délibérément bafoué les habitants de Tigzirt (avec lesquels la ville a un partenariat) comme il a berné les onseillers municipaux qui ont cru soutenir Tigzirt en votant la délibération en question.

Pierre Urvoy explique : « La loi ne me semblant pas respectée dans cette affaire je me suis adressé, par écrit, au Sous-Préfet le 17 mars dernier en écrivant : Le 2 juillet 2003 le conseil municipal de Châteaubriant votait l’attribution d’une subvention de 1500 € au C.C.F.D. L’exposé de la délibération indiquait : « Le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement - Secteur de Châteaubriant - sollicite une aide pour la Ville de Tigzirt en Algérie, commune avec laquelle la Ville de Châteaubriant entretient des liens de coopération et qui vient d’être victime des récents tremblements de terre ». Or il s’avère que les fonds en question n’ont jamais été versés à Tigzirt (...). Le C.C.F.D. indique qu’il a utilisé ces fonds pour d’autres projets algériens. »

En mai, n’ayant pas obtenu de réponse Pierre Urvoy sollicite un entretien avec le Sous-Préfet qui le 25 mai, laisse entendre qu’il ne se sent pas concerné par ce problème. Insistant pour avoir une réponse écrite, Pierre Urvoy reçoit un courrier du Sous-Préfet dans lequel celui-ci explique que la délibération municipale est tout-à-fait légale, du moins en ce qui concerne le principe de l’attribution d’une subvention internationale.

« De cette légalité, je n’en ai jamais douté,
Mais rien quant à ma question relative au non respect de la délibération par le CCFD ! » précise Pierre Urvoy qui ajoute :

« Autrement dit, M. le Sous-Préfet connaît bien l’art de l’esquive !

Ma question l’embarrasserait-il tant puisqu’il n’y répond pas ? Il ne veut pas gêner le maire de Châteaubriant qui a donné un accord écrit au CCFD pour cette utilisation quelque peu déviée de la subvention ?

Si le Sous-Préfet ne répond pas à ma question, peut-être conviendrait-il que je m’adresse au Préfet de Loire Atlantique... »

Ndlr : en réalité cette question relève d’une manœuvre de la municipalité de Châteaubriant qui n’a pas répété, dans le texte de la décision, les termes exacts de l’exposé des motifs

Ecrit le 7 avril 2004 :

L’Algérie et ses femmes

En Algérie, avec les années qui passent et qui se ressemblent presque toutes, la journée du 8 mars est devenue, pour les non-concernés, une espèce de « Saint-Valentin » bis, où l’on offre aux femmes de belles fleurs, souvent en plastique, où on leur lance des « On vous aime », sur un ton compatissant et où l’on accorde une demi-journée de répit, rien que pour Elles, histoire d’avoir un repas amélioré au soir de ce jour anniversaire. Pour les concernées, c’est l’apogée annuelle du combat séculaire des femmes, pour des lois civiles égalitaires. Le jour où on leur permet de lancer des youyous plus forts, plus stridents, en attendant le 9 mars.

Code de la famille

Que se passe-t-il, en fait pour les Algériennes, en plus d’être l’angoisse permanente des religieux, l’objet de manipulation des politiques les jours de scrutin, et le souffre-douleur des misogynes de tous bords enfin ?

Involution oblige, c’est au lendemain du 27 juin 1984, à la faveur d’une révolution iranienne encore fraîche, d’un Etat déliquescent, se laissant imbiber de valeurs éloignées de la tradition et de l’Islam maghrébins, qu’une certaine Assemblée Nationale vote la loi portant Code de la Famille.

De quoi s’agit-il exactement ? Ce sont 228 articles, rien que cela, portant sur le mariage et sa dissolution, la représentation légale, les successions et dispositions testamentaires, un régime juridique propre aux femmes célibataires, encore plus contraignant que celui réservé aux épouses, et autres dispositions légales codifiant la sphère privée des Algériennes surtout, soumettant le moindre geste significatif de la vie de famille de ces dernières, à mille et une autorisations.

Quelques exemples, pour être plus explicite :

– La femme doit obéissance à son mari (article 39) .
– La conclusion du mariage incombe à son tuteur (père, oncle paternel, ou autre pro- che parent de même niveau) (art. 11)
– La polygamie est autorisée (article 8).
– La répudiation unilatérale du fait du mari est autorisée (art. 51).
– En cas de divorce, le père a la tutelle des enfants et la mère le droit de garde.
– La femme ne peut travailler sans l’autorisation du mari.

Code de l’infamie
Code de la Famille : Abrogation,
Amendement ou Pérennisation ?

Ce « Code de l’Infamie », comme aiment à le qualifier certaines féministes de chez nous, est en contradiction avec la loi fondamentale du pays qu’est la Constitution algérienne. Cette dernière qui a aboli bon nombre de discriminations, garantissant ainsi le droit au travail, au logement, au vote, et j’en passe, est désavouée par ce texte de loi, qui fait de la femme un citoyen de second rang, juste bonne à la fonction de procréation, et ce n’est pas sa massive et large participation à la libération de son pays, qui lui permettra de se libérer elle-même, d’un joug plus vieux que le colonialisme.

Comme le disent si bien les représentantes des Associations Féminines, engagées dans le combat pour l’abrogation de ce code de la famille : « Les seuls cas où la femme algérienne est majeure, c’est à l’heure des élections, et quand elle commet une infraction ».

En vingt années d’existence, ce code a rendu le divorce monnaie courante, sans aucune réelle protection de la femme répudiée, quand elle ne se sauve pas de son plein gré, et de la progéniture issue du mariage. Cette dislocation, facile mais légale de la famille, a poussé les plus jeunes à la prostitution. Les injustices insoutenables, en matière de droits successoraux, sont couvertes par la lettre et l’esprit de ce texte de loi.

Aujourd’hui, au niveau maghrébin, il reste le texte le plus rétrograde. Il est devenu de ce fait, le cheval de bataille de beaucoup d’Associations, telles que « 20 ans Barakat ! »(20 ans ça suffit !), Tharwa N’Fadhma N’Soumer (Les enfants de Fadhma Soumer), R.A.F.D.(Rassemblement Algérien des Femmes Démocrates), A.F.E.P.E.C (Association Féminine pour l’Epanouissement de la Personne et l’Exercice de la Citoyenneté) et bien d’autres encore, qui se battent pour la suppression de ce régime spécial ou à défaut de son amendement, pour des raisons d’équité, pour le plein exercice d’une citoyenneté asexuée.

Femmes Alg

(Ci-contre, photo de couverture, du C.D. produit par l’Association « 20 ans Barakat », grâce à la générosité d’organismes internationaux versés dans les Droits de l’Homme. « Ouech dek yal qadi » , titre du single, signifie littéralement , en arabe dialectal : « Législateur, qu’est ce qui t’a pris ? »)

Tarik Yacine, Tigzirt, 20 mars 2004.


Ecrit le 17 novembre 2004 :

Communiqué du Comité Palestine Israël Méditerranée

_ Tigzirt : des dons bien utilisés

Le Père Jean Gaignard a écrit, fin octobre 2004, au Comité Palestine Israël Méditerranée pour « rendre des comptes » à propos de la somme de 1178,83 € envoyée à l’association ACABM de Tigzirt, après le tremblement de terre du 21 mai 2003. Il parle de « la reconnaissance des femmes et des hommes d’Algérie »,

il fournit la répartition des sommes engagées (toutes justifiées par des factures) : literie, habillement, chaussures, trousseaux scolaires, produits alimentaires, transports, aide à la formation, aides personnalisées au cours de l’hiver 2003-2004. « Encore maintenant nous assurons un certain suivi pour quelques familles. Les conséquences du séisme ne sont pas toutes résorbées. Les camps de toile ont disparu, remplacés par des « chalets » qui ressemblent à des containers améliorés. Mais c’est mieux qu’une tente »

« Nous avons cherché à privilégier ceux qui étaient éloignés des centres. J’ai pu me rendre compte des besoins énormes des sinistrés et des difficultés qu’ils rencontraient, mais, également, de leur dignité et de la solidarité qui existe entre tous. C’est dans de telles circonstances que l’on se prend à avoir confiance dans la capacité de l’homme à faire le bien ... et pas seulement la guerre » dit-il encore.


Ecrit le 22 décembre 2004 :

L’accueil taxé 15 euros

Une personne française ou étrangère souhaitant héberger en France un ou plusieurs ressortissants étrangers pour une durée inférieure à trois mois doit désormais verser une taxe de 15 euros pour chaque demande de validation d’attestation d’accueil (Journal officiel du dimanche 28 nov. et du mardi 30 nov. 2004).