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2001-01- Echec

Ecrit en mars 2001

Echec de la liste de Martine Buron : l’injustice

Municipales

C’est avec beaucoup de cran que Martine BURON, maire de Châteaubriant a annoncé que la liste « Tous pour Châteaubriant », (Alain Hunault), a emporté les élections municipales par 58,84 % des voix.

La liste « Avec vous, une volonté pour Châteaubriant », emmenée par Martine Buron, a subi une évidente défaite en perdant près de 15 % de ses voix :
– 55,98 % en 1995
– 41,16 % en 2001

Les chiffres

Cela peut s’expliquer partiellement par une diminution du nombre des inscrits
– 9567 en 1995
– 8839 en 2001

et par une baisse des votants (- 2,63 %)
– 74,10 % de votants en 1995
– 71,47 % de votants en 2001

et en même temps une augmentation des bulletins blancs ou nuls
– 3,92 % de blancs ou nuls en 1995
– 5,73 % de blancs ou nuls en 2001

et donc une baisse des suffrages exprimés :
– 96,08 % exprimés en 1995
– 94,27 % exprimés en 2001

Si l’on considère les chiffres bruts :

années : 1995 ---- 2001
Droite : 2998 ----3504
Gauche : 3813 ----2451

on remarque que la Droite a gagné 506 voix, tandis que la Gauche en a perdu 1362.

Il est donc évident qu’on enregistre une désaffection (= perte d’affection) de la gauche par rapport à la liste conduite par Martine Buron. Cette désaffection est particulièrement sensible dans les bureaux dits « populaires »

René Guy Cadou :
-61,8 % pour Martine Buron en 1995
-43,8 % pour Martine Buron en 2001
soit une perte de 18 %

Claude Monet (Ville aux Roses) :
-63,1 % pour Martine Buron en 1995
-45,9 % pour Martine Buron en 2001
soit une perte de 17,2 %

Quartier de Béré :
-54,9 % pour Martine Buron en 1995
-41,8 % pour Martine Buron en 2001
soit une perte de 13,1 %

Les bureaux de Marcel Viaud et des Terrasses, traditionnellement à droite ont accentué leur positionnement à droite, spécialement dans le quartier des Terrasses. Enfin, le bureau de la Mairie qui vote habituellement à droite pour les élections nationales, est resté à droite.

  Incompréhensible

Cette défaite de la liste « Avec vous, une volonté pour Châteaubriant », est d’autant plus regrettable et incompréhensible que l’équipe de Martine Buron a un excellent bilan :

– Elle a résorbé le gouffre financier laissé par la municipalité de Xavier Hunault en mars 1989
– sans augmenter la pression fiscale
– tout en faisant des travaux considérables : le Théâtre de Verre  , la Halle de Béré  , le Nouveau Foirail, le Village des Enfants, le début de la rénovation du centre ville, le Foyer du jeune travailleur, la nouvelle station d’épuration, et toutes les aides apportées aux entreprises, etc, etc.

Dans deux ans, la municipalité de Martine Buron aurait pu avoir enfin les coudées franches (budgétairement) pour compléter ces réalisations considérables, et pour terminer une politique de « Pays » très largement lancée. La « vox populi » en a décidé autrement.

Cet échec va avoir de lourdes conséquences sur la politique de pays : Communauté de Communes et Syndicat Mixte du Pays de Châteaubriant  .

 

Causes ?

On peut conjecturer sur les causes de cet échec injuste en s’appuyant sur un certain nombre d’éléments :

– un manque de lisibilité de la politique municipale, par son électorat de gauche et par l’électorat populaire, sans doute plus sensible à des réalisations concrètes et immédiates, qu’à un futur radieux garanti par la baisse de l’endettement de la ville

– plusieurs catastrophes économiques totalement indépendantes de la volonté municipale, mais qui ont touché durement l’électorat populaire

– une baisse démographique ralentie mais pas encore inversée

– une trop grande assurance, peut-être, dans certains domaines, qui a pu faire croire à une partie des électeurs qu’ils n’étaient pas écoutés (et cela malgré des réunions de quartiers bien suivies)

– une démobilisation voire une démission complète des formations de gauche qui avaient amené cette équipe au pouvoir et qui se sont trop investies dans la gestion et pas assez dans l’écoute quotidienne des citoyens au travers notamment des associations

– et enfin peut-être une renouvellement de la liste dont la logique et la rigueur politiques n’ont pas paru évidentes.

– sans oublier les manœuvres à répétition et « par en-dessous » de la liste adverse

Vive la Gauche

On peut dire tout ce qu’on voudra. Une chose est certaine : l’équipe de Martine Buron a bien travaillé pendant 12 ans et transformé la ville et son pays de façon considérable. Merci donc à ces élus.

Mais aujourd’hui, ce n’est pas parce que la cognée n’a pas atteint son objectif qu’il faut jeter le manche.

  La Gauche est à reconstruire. Vive la Gauche.

Il va rester à la Gauche, à être très présente pendant les années 2001-2007 et notamment à venir au Conseil Municipal pour suivre de très près ce que va faire la nouvelle municipalité. Celle-ci a promis la lune ...


Les mauvaises manières

Avec les élections est revenu le temps des mauvaises manières qu’on espérait pourtant révolues.

Nous avons parlé des « rumeurs » imbéciles et racistes qui se sont développées formidablement en un rien de temps, et que certains se sont ingéniés à lancer (et je ne mets pas en cause les conseillers municipaux d’opposition). Cela s’est fait en sous-main ce qui a permis à ces « certains » de dire : « c’est pas nous ».

De façon plus ouverte, les derniers jours de campagne, on a vu les tentatives (réussies) de manipulation de l’opinion par le biais de la presse locale, en passant par dessus la tête du journaliste en charge de la rédaction locale.

Vendredi 9 mars, c’est Presse Océan qui sous le titre « Faits divers » revenait sur le thème de l’insécurité cher à la Droite. Article signé d’un pseudo-journaliste n’hésitant pas à manier les mots qui font peur, en gros caractères : « les commerçants qui ont la peur au ventre chaque matin » et « un particulier retrouvant son minibus en flamme ». Pour un peu nous serions ici à Chicago-sur-Chère (c’est pas l’avis des gendarmes). Mais d’un crime à l’arme blanche on n’en parle guère, parce que cela ne concerne pas Châteaubriant mais Blain et Fercé.

Samedi 10 mars, Ouest-France, changement de ton pour, cette fois, un publi-reportage (qui n’a pas osé se nommer)(était-il payant ?), à la gloire de la Société des Courses de Châteaubriant , « une activité qui ne coûte rien aux contribuables » et dont « la collectivité sera la première bénéficiaire avec plus de 30 millions de recettes prélevées sur les paris ».

Sauf que ... l’hippodrome de Châteaubriant a coûté cher à la ville de Châteaubriant dans le passé, notamment en mise à disposition de personnel, et même d’une somme de 182 777, 58 F que la Société des Courses n’a pas payée depuis 1996. Interrogés à ce sujet, des colistiers d’Alain Hunault ont dit que « ce n’était pas grand chose ». Si c’est pas grand chose, pourquoi c’est pas payé ?

Restent les « 30 millions de recettes » dont parle le publi-reportage et qui vont « à la collectivité ». Le paragraphe, tel qu’il est rédigé, placé entre deux paragraphes concernant Châteaubriant, tend à faire croire que c’est Châteaubriant qui bénéficie de cette rentrée financière. Or c’est faux, totalement faux : c’est l’Etat qui en bénéficie, et il y a zéro franc pour Châteaubriant.

Ce publi-reportage était tout à la gloire du Comité des Courses de Châteaubriant, libre à chacun de penser à son Président qui était tête d’une liste d’opposition aux Municipales ! Mais ce n’était sans doute qu’un hasard.

B.Poiraud