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2001-02 - Pourquoi ?

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  On cherche à comprendre

Les dernières élections municipales (mars 2001) nous ont valu de nombreuses réactions, tant en ce qui concerne Châteaubriant que d’autres communes.

Pour le résultat de Châteaubriant, c’est l’incompréhension totale devant ce mauvais film : « le retour triomphal du Vengeur, le soulagement du Père outragé ». Lundi 12 mars 2001, la ville de Châteaubriant s’est réveillée avec la gueule de bois (pas mal de gens ont d’ailleurs mal dormi, et pas seulement dans l’entourage proche de Martine Buron). On cherche à comprendre.

On le savait bien

L’avis qui remonte le plus est celui-ci : l’équipe de Martine Buron a été victime de rumeurs racistes. « Elle protège les Turcs, elle est favorable aux bougnoules » des propos que l’on espérait dépassés, tellement irraisonnables et irraisonnés que tous les démentis du monde ne peuvent rien y faire. Ces rumeurs remontent à très loin : dès les premières candidatures de Martine Buron, l’adversaire faisait bomber « Fatma » en lettres noires sur ses affiches.

Ces rumeurs étaient totalement infondées, rappelons-le : Jean Seroux, conseiller général de Droite, candidat sur la liste d’Alain Hunault l’a d’ailleurs reconnu : « nous le savions parfaitement, mais ce n’était pas à nous de démentir ». Il a d’ailleurs tenu le même genre de propos au Conseil Municipal du 5 mars 2001. Mais le mal était fait. Malheureusement, l’argument raciste « marche » encore bien sur le plan électoral. (lire plus loin : comment construire une rumeur).

Leçon

Autre notion : un certain nombre d’électeurs, persuadés de la victoire facile de l’équipe Buron, ont reconnu avoir voulu lui donner une leçon » en réduisant le score. Alain Hunault lui-même, au départ, n’imaginait probablement pas la victoire, vu la constitution de sa liste.

Souvent électeur varie ...

On parle beaucoup de « prime au sortant » lors des élections locales. Force est de constater que, la plupart du temps, les maires en place n’attirent pas la majorité des suffrages des électeurs. Voyons un peu les communes de notre région, là où il y avait des possibilités de panachage :

Casson : le maire sortant Albert Frémont, élu en 12e position sur 15

Fercé : le maire sortant Yannick Massard élu en 13e position sur 15

Le Grand Auverné : le maire sortant André Cruaut élu en 8e position sur 15

Jans : le maire sortant Michel Bourdeau élu en 6e position sur 15

Mouais : le maire sortant Yves Daniel élu en 7e position sur 11

Noyal sur Brutz : le maire sortant Françis Martin élu en 9e position sur 11

Rougé : le maire sortant Jacques Lemaître, élu en 8e position sur 19

Treffieux : le maire sortant René Philippot élu en 11e position sur 15

Vay : le maire sortant Jean Blandin élu en 10e position sur 15

Explication : dans une commune, le maire est le personnage le plus connu, le plus en vue. Et comme disent les chasseurs : « En vue, feu ! », c’est celui sur lequel on tire d’abord, à qui l’on reproche tout ce qui va mal pour soi individuellement, sans prendre en compte l’intérêt collectif.

Comme dit un de nos lecteurs, Paul Chazé : « De toutes façons, on ne peut jamais plaire à tout le monde, il y aura toujours des mécontents. Le pouvoir est usant et les administrés éprouvent un besoin de changement. Les erreurs diverses et certaines décisions malheureuses se paient cher. Les rumeurs, les calomnies, les « on dit », les « paraît-il », les coups bas, les règlements de compte font le reste. L’électeur ne jubile-t-il pas, ne ressent-il pas une certaine jouissance s’il participe et arrive à déboulonner, lui l’insignifiant anonyme, un plus puissant que lui ? C’est là le charme parfois cruel des élections »

Des exceptions cependant :

Erbray : le maire sortant Jean Poulain, élu 1er de la liste, avec 96,93 % des exprimés.

Ruffigné : le maire sortant Joseph Jardin élu en 1e position sur 11 avec 86 % .

Le Pin : le maire sortant André Hamon élu en 2e position sur 15

Louisfert : le maire sortant Michel ledevin élu en 2e position, sur 15

Marsac sur Don : le maire sortant Michel Houillier élu en 2e position sur 15

St Aubin des Châteaux : le maire sortant Michel Rétif en 2e position sur 15

St Vincent des Landes : le maire sortant élu en 2e position sur 15

Soulvache : le maire sortant Daniel Cury élu en 2e position sur 11

Moisdon :le maire sortant Emile Marion élu en 5e position sur 19


  Rumeurs

Comment on crée une rumeur

Imaginez un assureur, dont nous tairons le nom.

Imaginez un Turc qui, en difficultés financières, fait appel à un fonds spécial de la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) pour obtenir une aide pour payer son assurance-voiture (les Français ont les mêmes droits, évidemment)

L’aide est accordée, et la CAF paie directement l’assureur castelbriantais. Celui-ci-ci, qui a fait la dernière guerre mondiale, qui était pourtant, théoriquement, du côté des adversaires du nazisme et du racisme, se scandalise et fait photocopie de la notification envoyée par la CAF.

Et il la montre. A une première personne, à une deuxième, à une troisième, à quinze, à vingt ... Et chacune de ces personnes oublie... ou plutôt se souvient bien qu’il s’agit d’un Turc, mais oublie que la dite assurance a été payée par la Caisse d’Allocations Familiales, et raconte n’importe quoi, que c’est la municipalité de Châteaubriant, et le Centre Communal d’Action Sociale qui paient. Et voilà comment on crée et multiplie une rumeur ...

Secret

La rumeur s’accommode du secret : c’est d’ailleurs le ressort de l’infect papier publié par un journaliste occasionnel (supporter du clan Hunault depuis 20 ans) dans Presse-Océan à l’avant-veille des municipales : voilà ce qu’on vous cache, tremblez, castelbriantais, l’insécurité est partout, les bons citoyens ont la peur au ventre tous le matins, les femmes n’osent plus sortir le soir. Et tant pis si ce n’est pas l’avis des gendarmes du coin : ceux-ci ont un devoir de réserve surtout en période électorale, ils ne démentiront pas plus les bruits les plus fous, qu’ils n’interviennent quand on les sollicite ! Et voilà comment on crée et amplifie une rumeur ...

Chariot

Un étranger, gitan d’origine roumaine, dont personne ne voulait, a été assigné à résidence par le Préfet et logeait avec sa nombreuse famille, sur le Champ de Foire de Châteaubriant. Dans la mesure où il lui était interdit de travailler, les pouvoirs publics avaient l’obligation d’assurer sa subsistance, en attendant de pouvoir l’expulser. Avec sa tête de « pas de chez nous », il passe un jour, avec un bon alimentaire, dans une grande surface de Châteaubriant. Le chariot dépasse le montant du bon. La vendeuse, sans doute au courant, téléphone « à un organisme quelconque » et laisse alors passer le chariot sans payer. La rumeur dira alors que la ville payait les chariots des Turcs ... Et voilà comment on crée une rumeur. D’aucuns se chargeront de la véhiculer.

Hommes de main

Un homme, ces derniers temps, croise deux SDF dans le centre-ville de Châteaubriant. Ceux-ci l’interrogent : « Vous avez-vu tous ces magasins fermés ? Que se passe-t-il dans votre ville ? » . Et voilà comment on crée le sentiment d’un déclin de Châteaubriant .

La ville se meurt

Des commerçants, un jour, ont eu le projet de s’installer à Châteaubriant : ils se renseignent, vont voir d’autres commerçants, rencontrent un notaire : « Vous installer ici ? Vous n’y pensez pas ! La ville se meurt ! » . Ils se sont installés quand même et leur commerce marche bien. Mais pour un peu ...

Un commerçant, un jour, a voulu reprendre une boutique d’une certaine importance laissée libre en centre-ville. Une banque n’a pas voulu accorder un crédit : « En revanche, si vous vous installez en zone industrielle, nous vous soutiendrons » . Et voilà comment on contribue à désertifier le centre ville.

Le fric est à droite

Il ne faut pas vous faire d’illusion : l’équipe de Martine Buron était à gauche et, depuis 12 ans, elle s’est heurtée aux puissances de l’argent qui, elles, font partout le choix de la Droite. Il y a donc eu de nombreux coups en-dessous. Un gros commerçant castelbriantais, qui est élu sur la liste Hunault, l’a dit ouvertement il y a quelques années : « la gauche ne peut pas avoir les mêmes subventions que les autres ». On a appris par exemple, après la victoire d’Armand Bouchet comme Conseiller Général Divers Gauche en 1994, que l’élue en charge des services sociaux du Département, avait dit : « Si j’avais su qu’il était de gauche, il n’aurait pas eu sa maison de retraite ». Au nom de la démocratie ?

Il faut reconnaître pourtant, que la gauche a pu avoir de nombreuses subventions pour Châteaubriant, parce que les dossiers qu’elle présentait entraient dans les critères d’attribution. Les propos tenus ci-dessus avaient donc simplement pour but d’influencer les électeurs. C’est fait. B.Poiraud

On « les » laisse tout faire

Autre rumeur, les jeunes (Turcs ou pas Turcs, d’ailleurs), on « les » laisse tout faire à Châteaubriant. La mairie n’intervient pas, les gendarmes non plus. Haro sur l’insécurité ! C’est vrai qu’il y a une petite poignée de jeunes horripilants et provocateurs !

Mais que chacun balaie devant sa porte : c’est tel père de famille qui n’ose pas réprimander son fils (ou sa fille), et qui voudrait bien que les profs s’en chargent, ou pire, qui vole au secours de son enfant même quand tout l’accuse ! Vous voulez des noms ?

C’est tel chef d’établissement, public et/ou privé, qui se garde bien d’intervenir en face d’un élève qui se drogue, ou d’un élève difficile. Vous voulez des noms ?

C’est tel chef d’entreprise castelbriantais qui laisse faire alors qu’il sait que ses chefs d’équipe sont saouls le soir sur les chantiers et conduisent cependant les camions pour rentrer. Vous voulez des noms ?

Chacun fait le dos rond, se tait, ou se terre, pour ne pas avoir, lui-même, à intervenir (des fois que cela créerait des ennuis), mais montre les autres du doigt. Il faut bien qu’il y en ait qui paient personnellement la démission collective

Cette fois, c’est Martine Buron et son équipe qui a payé. Injuste.

B.Poiraud


Les étrangers
Moins on en voit , plus on s’effraie.

Il est bien connu qu’il y a le plus d’étrangers dans le quartier de la Ville aux Roses à Châteaubriant, et dans les quartiers où il y a un certain nombre de HLM : René Guy Cadou et Béré. En revanche, il n’y en a pas ou peu dans les petites communes voisines.

Pourcentages d’extrême droite

– Ville aux Roses 7,5 %
– René Guy Cadou 8,2 %
– Béré 6,8 %
– Mairie 5,2 %
– Terrasses 5,3 %
– Marcel Viaud 8,2 %

– Moyenne Châteaubriant 6,9 %
– Ruffigné 7,9 %
– St Aubin des Châteaux 8,3 %
– Soudan 12,8 %

Les communes extérieures craignent davantage les étrangers que le Quartier de la Ville aux Roses ! Comme quoi on a toujours peur de ce qu’on ne connaît pas .


Ecrit fin mars 2001

Le Presse partisane :
Mentez, mentez

Avec le changement de municipalité, une partie de la presse locale, qui n’a jamais fait preuve de complaisance vis-à-vis de l’équipe de Martine Buron, a carrément viré de bord. C’est le cas en particulier de Presse-Océan, pendant la campagne électorale, et depuis.

Que dit Presse-Océan, par exemple le 20 mars 2001, sous la signature d’un journaliste nantais qui n’a jamais mis les pieds chez nous ? que « Châteaubriant a décliné économiquement » et que « la ville a perdu plus de 10 % de sa population soit 2000 âmes en 10 ans, perdu aussi deux entreprises importantes représentant 500 emplois ainsi qu’un grand magasin »

Rappelons seulement la vérité des chiffres :

Démographie :

Châteaubriant a perdu 718 habitants entre 1990 et 1999 (sous la municipalité Buron), on est loin des 2000 annoncés en 10 ans

Emplois :

S’il est vrai que deux entreprises importantes ont fermé (Provost et Tendriade), ainsi qu’un grand magasin (Monoprix, 9 salariés), il y a eu un dynamisme économique des autres entreprises :
– Huard a construit une usine neuve
– Chaillous s’est implanté (48 salariés)
– 52 entreprises industrielles artisana-les et commerciales se sont créées ou transférées
– 40 se sont agrandies

C’est tellement vrai que les bases de la taxe professionnelle concernant Châteaubriant ont progressé encore pour l’an 2001, montrant que le départ de Tendriade a été « amorti » en un an.

Et puisque l’on parle de grand magasin qui ferment, pourquoi ne pas parler de grands magasins qui se créent, comme Monsieur Bricolage avec 18 salariés et Décathlon qui est attendu ?

Enfin, selon l’INSEE et l’Observatoire économique du Pays de Châteaubriant  , les effectifs salariés sont passés de 13 728 en 1990 à 15 691 en 1999, soit une hausse de + 14,3 % (+ 1963 emplois).

Une insécurité
...surréaliste

Jeudi 22 mars 2001, avait lieu à la gendarmerie de Châteaubriant la séance annuelle d’inspection, qui concerne la compagnie et ses neuf brigades.

Le major Duval, de la Brigade de Châteaubriant a présenté l’activité de l’année écoulée :

– Une baisse des faits délictueux
– Baisse surtout des cambriolages de magasins et d’entreprises
– Mais augmentation de vols dans les domiciles privés et les véhicules

– Une augmentation du taux d’élucidation des affaires

Bref, une année plutôt positive.

Le capitaine Royer, commandant de la Compagnie, a conclu en disant que l’insécurité devait être relativisée dans la région de Châteaubriant, que le thème de l’insécurité avait été à la mode pour ces dernières élections, mais qu’il ne méritait pas l’importance qui lui avait été donnée.

Rigide

Le maire de Châteaubriant, Alain Hunault, rigide sur son discours de campagne électorale, a déclaré, lui, que la sécurité à Châteaubriant était son cheval de bataille et que dans une huitaine de jours on allait voir ce qu’on allait voir.

Les gendarmes qui disent, preuves à l’appui, que l’insécurité n’est pas importante à Châteaubriant - en face du maire qui voudrait faire croire le contraire .

Surrréaliste !


Ecrit le 17 mars 2004 :

Le plumitif a encore frappé

Quelques jours avant une élection, un petit coup de plume à relents racistes, ça fait voter les gens « comme il faut ». Un certain plumitif presse-océaniais, dont le sport est la grande spécialité, réussit, on ne sait comment, à faire passer directement en départementale quelque « scoop » destructeur et raciste. Il a fait le coup à l’avant-veille des municipales en 2001 (rappelez-vous cet article « Faits divers » où le pseudo-journaliste n’a pas hésité à manier les mots qui font peur, parlant, en gros caractères : « des commerçants qui ont la peur au ventre chaque matin » et de « un particulier retrouvant son minibus en flamme ». Pour un peu il aurait qualifié Châteaubriant de Chicago-sur-Chère)

Le même homme a rejoué le même rôle ces temps derniers. Voici l’histoire :

Au départ, dimanche 7 mars, une querelle de femmes (la première fait une remarque acide à la deuxième qui gifle alors la première !). Un homme est allé chercher une arme, apparemment un pistolet à cartouches de gaz lacrymogène et le bruit a mis en émoi les voisins qui ont prévenu la gendarmerie. Deux personnes ont été arrêtées, elles sont d’origine française, l’une de la Meilleraye, l’autre de Nantes : Ouest-France et l’Eclaireur l’ont signalé expressément.

Mais le plumitif, mal intentionné, a commis un « papier », passé en pages départementales, disant qu’il s’agissait d’une querelle entre deux communautés étrangères de Châteaubriant. Hélas pour le journal c’était faux ! Et il a dû passer un rectificatif, en pages départementales.

Les inconscients ne sont pas seulement ceux qui ont une arme à feu
entre les mains.

B.Poiraud

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