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2008-11 . Hôpital de Châteaubriant, ça se soigne, docteur ?

Ecrit le 2 mars 2008

 Hôpital ... ça se soigne, docteur ?

Le docteur Azzouz, adjoint à l’actuel maire de Châteaubriant, et qu’on n’a jamais tant vu qu’en cette période électorale, défend bec et ongles le « bilan » de son maire et affirme que le pôle unique de Santé (Hôpital + Clinique) a été lancé à partir de juillet 2001.

Oh mon pauv’ monsieur, comme vous avez la mémoire courte ! Pierre Urvoy, qui était syndicaliste à l’époque, se souvient et raconte.

 1982 : lancement des travaux

C’est dans les années 70 que le projet de construction d’un hôpital neuf se fait sentir avec acuité à Châteaubriant. Les terrains de Choisel sont achetés en mars 1971. Mais, ne voyant rien venir, la section FNMIP lance 7000 tracts sur la ville. L’intersyndicale de l’hôpital est très active. La mobilisation des associations se poursuit jusqu’en 1981-1982 avec constitution d’un Comité Local de Promotion de la Santé (CLPS). Mobilisation du personnel hospitalier, rencontres   avec le Préfet, les administrations, le ministère. Le déblocage des crédits d’études a lieu en 1982 et le début des travaux de la première tranche (gynécologie) est faite en février 1986. Le nouvel hôpital ouvre en 1989. Et la troisième tranche en 1993 ainsi que la maison de retraite MAPA et le Foyer occupationnel.

Début juillet 1997 l’agence régionale de l’hospitalisation (ARH) fait trois propositions pour une rationalisation de l’offre de soins à Châteaubriant avec, notamment, le projet de rapprochement hôpital-clinique. Un comité de pilotage est mis en place et des négociations difficiles sont engagées. [Difficiles car la Clinique voulait faire la razzia sur un maximum d’activités hospitalières]. Le 4 décembre 1997 les agents hospitaliers envahissent la salle où se tient le comité de pilotage pour faire pression, pour dire qu’ils sont favorables au rapprochement avec la clinique et à la création d’un plateau hospitalier unique … à condition qu’il soit performant. Ce jour-là, apparemment, les praticiens libéraux semblent revoir à la baisse leurs prétentions de départ.

En mars 1998 se précise le schéma actuellement appliqué avec répartition des activités entre Hôpital et Clinique.

 1998 : le pôle unique de santé est lancé

Le 6 mai 1998 a lieu, salle Omnisports, un débat public et contradictoire pour présenter à la population le projet de rapprochement hôpital-clinique pour maintenir l’offre de soins sur le territoire, en présence de François Chérèque secrétaire général de la CFDT, M. Buron directeur de la clinique, M. Bourvéau directeur de l’hôpital, M. Grall président de la Commission Médicale d’Etablissement, M. Pericard directeur de l’Agence Régionale de l’Hospitalisation et les représentants syndicaux. (lire le compte-rendu détaillé dans La Mée du 13 mai 1998).

Le projet médical est présenté aux médecins de la ville de Châteaubriant lors des journées médico-chirurgicales le 20 juin 1998.

Le 30 juillet 1998 voit la signature de l’accord-cadre entre le centre hospitalier, la clinique, la société de radiologie et l’ARH (agence régionale de l’hospitalisation).

Cet accord cadre
– entérine le partage des activités suivant le projet médical commun,
– garantit l’optimisation des moyens grâce au site unique, et
– assure l’organisation de la période de transition du 1er janvier 99 à la date d’installation de la clinique sur le site.

A cette période de l’histoire, Martine Buron maire de Châteaubriant (1989-2001) présidait le conseil d’administration de l’hôpital et était présente à toutes les réunions.

Le 17 décembre 1998 est signé un accord cadre entre l’hôpital de Châteaubriant et le Centre René Gauducheau, tout premier élément d’un réseau de soins, notamment en cancérologie.

Le 18 décembre 1998 a lieu à Châteaubriant un colloque sur les hôpitaux de proximité, en présence notamment de Bernard Kouchner.

 1999 : le pôle unique de santé fonctionne

Depuis le 1er janvier 1999 tout patient est accueilli aux urgences publiques ; toute la chirurgie, sauf la gynéco, est assurée par la clinique dans le cadre de la répartition des activités. (revoir dans La Mée du 30 décembre 1998 le partage des activités). Dès cette époque M. Péricard estimait que le partage était exemplaire.

Le partage des activités est officialisé le 28 janvier 1999. Le pôle unique de santé entre dans les faits, mais avec des bâtiments séparés. Il restait à prévoir la construction de bâtiments pour la Clinique, sur le site de l’hôpital.

En février 2000 est annoncée l’arrivée du scanner (dont on parle depuis des années). Il sera acheté par les radiologues privés, à installer dans des locaux privés à construire sur le site de l’hôpital. La permanence d’accès aux soins de santé devait ouvrir le 1er mars 2000.

Juillet 2000 : ça coince. Le local privé pour le scanner a pris du retard. Un communiqué commun des radiologues privés et de l’hôpital annonce que le scanner sera installé « dans 6 à 8 mois ». En fait il ne sera en service qu’en février 2002.

En ce mois de juillet 2000, les actionnaires de la clinique disent ne pas avoir les moyens de construire des locaux neufs et exigent que l’hôpital achète les vieux locaux de la clinique quand ils seront désaffectés (c’est ce qui se fera d’ailleurs plus tard !).

Tout ce qui est relaté ci-dessus peut être vérifié dans les archives officielles du Centre Hospitalier.

Et voilà, on arrive à mars 2001, le maire est désormais Alain Hunault. Il préside, à ce titre, le Conseil d’Administration de l’hôpital. Il promet « la création d’un pôle unique de santé sur le site de Choisel ».

Facile de promettre ce qui est déjà lancé depuis des années ! Facile de cueillir un fruit mûr quand d’autres ont accompagné sa maturation. Facile de s’enorgueillir du travail des autres.

L’histoire de l’hôpital, sur presque 40 ans, est le résultat d’une longue mobilisation du personnel du centre hospitalier et de ses représentants syndicaux, mais aussi de la population, mais aussi des maires successifs Xavier Hunault, Martine Buron, Alain Hunault. Pourquoi donc le dernier veut-il s’accaparer tout le travail des autres ?

 Fragile

Le pôle unique de santé de Châteaubriant est une réalité positive, mais fragile.

La partie la plus rentable (la Chirurgie) est attribuée à la Clinique, mais on nous dit que la charge de travail de celle-ci ne serait pas à la hauteur espérée. Il y a même des rumeurs de vente des bâtiments

L’hôpital est soumis, désormais, à la TAA (tarification à l’activité). C’est une bonne chose quand l’activité augmente (par exemple aux urgences). C’est plus inquiétant quand elle diminue (par exemple : une centaine de naissances de moins à la maternité, et une baisse de près de 10 % dans l’ensemble des services (hors urgences).

La démographie médicale est aussi un souci : les médecins ne restent pas longtemps à Châteaubriant, les chirurgiens non plus ! Car il y a un problème d’attractivité globale de la ville. Heureusement que la collaboration avec le CHU de Nantes fonctionne bien.

Alors, oui, réjouissons-nous du Pôle Unique de Santé. Mais ne restons pas au niveau des incantations et de la méthode Coué. Gardons les yeux ouverts car il faudra encore nous battre.

Mais la santé n’est pas seulement une histoire d’hôpital. Un maire se doit de faire un travail de prise en charge globale des personnes à travers leur bien être au quotidien. Nous touchons là au réel sens du mot soin qui prend en compte l’environnement de la personne : le bruit, la salubrité du logement, l’hygiène, la qualité alimentaire, l’activité physique et le bien être psychologique. Voilà un beau programme qui ne nécessite pas forcément un adjoint à la santé mais plutôt un CCAS   à la hauteur de sa tâche .