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2008-16. Yannick Massard : dire...autre chose

Ecrit le 6 février 2008

 Fercé : dire ... autre chose

Neuf pages manuscrites, à l’époque où la plupart des maires font taper leur discours, voire le font écrire par d’autres :Yannick Massard est encore un maire de la « vieille école » . C’est peut-être pour cela qu’il quitte, prématurément, la fonction, après 25 ans de vie publique, « satisfactions et désillusions mélangées ».

 Le cri

« Chacun de vous, dit-il, en s’adressant aux habitants de la commune de Fercé, a pu apprécier, j’espère, cette parenthèse que constituent les fêtes de Noël et du Nouvel An. A sa mesure, selon ses moyens, chacun essaie de se constituer un havre de paix et d’accueil de l’autre, un moment partagé pour comprendre que tout n’est pas compétition, consommation, lutte de pouvoir. Le monde ne s’arrête pas de tourner pour autant et il faudrait être bien aveugle et sourd pour ne pas voir la souffrance autour de soi et ne pas entendre le cri des mal-logés, des mal-nourris, à nos portes et sur la planète entière » (…)

« Bien des excès pourraient être corrigés et des améliorations apportées si le profit n’était pas l’étalon ultime de nos systèmes de valeur. Si la période des vœux ne nous permettait pas de penser à cela et de le dire, et de l’espérer, elle ne servirait pas à grand chose ».

 L’intérêt de qui ?

Yannick Massard analyse alors les 25 ans qu’il a passés au Conseil Municipal de Fercé, 25 ans où « on s’efforce de comprendre et d’analyser, de prendre en compte les personnes, et puis de faire des choix, dans le sens de l’intérêt commun »

« Par sens de l’intérêt commun, il ne faut pas nécessairement comprendre intérêt du plus grand nombre, mais intérêt supérieur, celui qui se réfère à une morale, à des principes (…) ». Le refus du clientélisme !

« C’est un chemin étroit et difficile. Se fixer un objectif de justice et de droiture morale, c’est tout de même mieux que de n’avoir pas de repère de cette nature et se laisser flotter au gré des compromissions et des arrangements, comme on le voit souvent. En tant qu’observateur attentif, tel que je le serai bientôt, ce seront là mes critères d’appréciation ».

Sans tenter de récupérer, pour lui-même, ce qui a été fait par le Conseil Municipal et le personnel de mairie, Yannick Massard a voulu mettre le doigt sur quelques probématiques, sur ce qu’il appelle « le blues des maires ruraux ».

 L’impôt et la féodalité

« L’impôt communal, ou les subventions, pour moi, c’est la même chose. Se targuer de subventions obtenues sur un projet, et en particulier par les fonds parlementaires, c’est vouloir berner les citoyens sur la nature réelle des contributions ainsi décrochées. Sur le fond ces aides ne sont là que pour ramener un peu d’équité entre les collectivités, les territoires, et non pour perpétuer ou rétablir un système quasi féodal où les communes (les petites en particulier) seraient dépendantes, pour leur développement, des grosses structures (la Région, le Département) ou de leurs propres regroupements (les intercommunalités) ».

« La vraie parade à cette dérive c’est l’établissement de règles réfléchies avec honnêteté et rendues ainsi acceptables. On en est loin et puisque l’Etat n’est plus là pour corriger les excès, l’arbitraire peut revenir à grands pas. ».

Naguère les petites communes étaient dépendantes de la ville-centre (par exemple : aide pour monter des dossiers). Avec la décentralisation on a espéré autre chose. L’intercommunalité était, croyait-on, le moyen de remédier à l’isolement et au manque de ressources des petites communes. Rêve d’équité … Mais l’Etat s’est désengagé. Ne voulant plus faire d’arbitrage, il a conforté les potentats locaux …

On le voit bien à la Com’Com’   du Castelbriantais où les maires « amis » du Président n’osent même plus intervenir publiquement de peur de s’attirer un courroux présidentiel. En privé pourtant, ils ont des mots assez durs et savent relever les inégalités de traitement entre les communes.

 Le cas de Fercé

A Fercé la commune s’est engagée, parfois avant bien d’autres, pour soutenir les commerces, favoriser l’école publique et ses services annexes, pour répondre à des objectifs environnementaux.
Mais le recensement de février 2007 montre que la population de Fercé n’est pas en hausse, « les étudiants logés à l’extérieur n’étant plus rattachés à la commune ». Pourtant le nombre de logements est en hausse mais « leur occupation suit l’évolution sociologique actuelle et n’engendre pas des augmentations de population importantes ».

Fercé a aussi des motifs d’espérer : la baisse de l’endettement, l’importante vie associative. Et le futur Conseil Municipal aura du travail avec la réalisation d’un PLU   (pour remplacer le Plan d’Occupation des sols) et l’aménagement du bourg. Et la création de lotissements (si les propriétaires privés veulent bien laisser le terrain à des prix abordables).

 Notre commerce

La commune de Fercé s’est engagée « dans une offensive contre le délaissement des territoires ruraux », notamment par le soutien au café-restaurant et à l’alimentation générale. Cette dernière est installée depuis 1982 dans des murs appartenant au CCAS  . En décembre 2007, au moment où les derniers exploitants ont exprimé le désir de cesser leur activité, la municipalité a racheté le droit au bail et les biens matériels et immatériels, pour la somme de 11 300 € de façon à favoriser une nouvelle location-gérance et maintenir une activité qui a une fonction économique mais aussi sociale en milieu rural. Et, de fait, l’épicerie a réouvert le 1er février 2007 avec Marie Elisabeth Gledel, épicerie, pain, journaux.

Mais attention … il ne suffit pas de dire « il faut un commerce à Fercé », « Il faut que chacun s’interroge sur ses pratiques et que la zone de chalandise soit bien l’ensemble de la commune » dit Yannick Massard. On estime en effet qu’une boulangerie n’est vivable que dans des communes de 1000 à 1500 habitants minimum. Or Fercé compte 500 habitants ….

Le futur maire aura bien des défis à relever. Yannick Massard, lui, après 13 ans de mandat, se retire. « J’ai la chance de pouvoir le faire au moment et dans les conditions que j’ai choisies sans y être contraint par des impératifs de santé ou d’incapacité, ni poussé par les aléas du système électif ». Sans amertume, ni regrets, il va pouvoir passer à autre chose en compagnie de son épouse dont l’attention et la sensibilité l’ont soutenu ….

 Terrains à bâtir

La commune de Fercé, située à 10 km de Châteaubriant peut attirer des familles souhaitant construire dans un petit bourg rural. Le POS (plan d’occupation des sols) a déterminé des zones constructibles. Encore faut-il trouver des terrains disponibles.

Là où une terre agricole coûte au maximum 0,25 € du m2, des propriétaires songent à demander 30 € pour des terrains non viabilisés, en profitant des investissements publics qui ont installé des réseaux à proximité.

Sachant que le coût de viabilisation est environ de 28 à 30 € du m2, un terrain vendu 30 € reviendrait à 58 € ou 60 € du m2, plus cher qu’à Châteaubriant !

Est-ce bien raisonnable ?