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Municipales 2008 : réflexions sur les votes

Ecrit le 15 mars 2008

Une citoyenne a posé cette question dans un forum :

 Les élections au suffrage universel suffisent-elles à garantir un bon gouvernement ?

Voici des éléments de réponse (empruntés à Augustin) :
http://www.masquilier.org/res_publica/meilleure_methode_de_vote_meilleure_representation

 Le reflet de la société

Le suffrage universel direct est un des principes fondamentaux de notre constitution : c’est le moyen que notre République offre à la population de s’exprimer et donner ses préférences. C’est le peuple qui choisit le président, les maires et conseillers généraux et régionaux lors d’élections libres : en ce sens les élus ne sont en théorie qu’un reflet du peuple lui-même et de sa volonté.

Voilà bien la faiblesse essentielle : dans une démocratie, c’est le peuple qui est au pouvoir. Ainsi, à un niveau moral, les membres du gouvernement [ou les élus à différents niveaux] auront donc en moyenne les mêmes qualités et les mêmes défauts que la moyenne du peuple : des voteurs mesquins et racistes auront tendance à voter pour des candidats aussi mesquins et racistes, les avares voteront pour les avares, les généreux et sincères voteront pour les candidats qui leur ressemblent, et les imbéciles se laisseront berner par les discours de certains. On peut donc dire que les citoyens ont les élus qu’ils méritent.

Dans une république, la qualité des élus à tendance à être
le reflet moral des citoyennes et des citoyens.

Certains seraient alors tentés de dire que la politique est un sujet trop sérieux pour être confié à la population tout entière. Le problème est alors de décider qui pourra voter : Les riches ? Les diplômés ? Les nobles ? Les nantis ? Les plus forts ? Non : il n’y a décidément pas d’alternative crédible au suffrage universel.

 Impuissance

Qu’en est-il du sentiment d’impuissance que nous avons face à ceux qui nous gouvernent ? Si les élus sont à l’image des électeurs, nous comprenons que le pouvoir d’améliorer notre sort nous appartient et nous a toujours appartenu : si nous avons le courage de nous changer nous-même, les élus changeront de même (soit parce qu’ils sentiront l’air du temps, soit parce que les candidats élus ne seront plus les mêmes).

Franchement, qu’attendons-nous de nos élus ?

– Qu’ils soient honnêtes ? Sommes-nous si sûrs d’être toujours honnêtes, nous-mêmes, en toutes circonstances ?

– Qu’ils travaillent à notre service ? Que faisons-nous pour servir les gens qui nous sont proches, pour notre communauté locale ?

– Qu’ils arrêtent de se chamailler et de se critiquer les uns les autres ? Ne faisons-nous pas de même, entre nous, en famille, entre voisins ou collègues ?

– Qu’ils aient la solution à tous nos problèmes ? Sommes-nous si sûrs de bien comprendre nous-mêmes la cause réelle de ceux-ci ?
etc...

Finalement le suffrage universel a pour vocation de légitimer un scrutin, pas de garantir qu’un bon gouvernement en sera issu.

 Région de Châteaubriant : Au premier tour

Les petites communes (moins de 3500 habitants) connaissent les « joies » du panachage. Chacun peut rayer des noms, ou en ajouter, tant que le total ne dépasse pas le nombre fixé. Cela peut faire des dépouillements très longs. Par exemple, à Martigné-Ferchaud, le résultat n’a été connu qu’à 3 h du matin !

Comment se fait le choix ? Difficile de le savoir. C’est totalement incertain. Certains électeurs votent en fonction des capacités réelles ou supposées des candidats. D’autres expriment une cote d’amour (j’aime ou j’aime pas ce candidat parce qu’il me dit toujours bonjour, parce qu’il m’ignore …) d’autant plus facile à attribuer que le candidat est connu (en bien ou en mal. Un candidat peu connu a souvent plus de chances qu’un candidat mal connu. Et le fait de se présenter aux élections est un moyen de se faire connaître pour … cinq ou six ans plus tard. En campagne les oppositions syndicales agricoles jouent un rôle très important, la FNSEA usant de son influence pour tenter d’éliminer les candidats qu’elle estime à gauche. Cela fut sensible notamment à Guémené Penfao, Moisdon, Treffieux, Marsac-sur-Don, Sion-les-Mines…..

Les maires sortants sont particulièrement sujets aux variations de la cote d’amour. Ils ont pris des décisions qui ont plu   aux uns et déplu aux autres, et même s’ils l’ont fait, comme souvent, dans l’intérêt général, ils risquent les coups de crayon des électeurs.

Dans la région de Châteaubriant, certains maires ont été très bien élus.
Par exemple :

– Bernard Douaud, Soudan
1er avec 842 voix sur 1124 exprimés
– Michel Neveu, Soulvache
2e avec 185 voix sur 246 exprimés
– Michelle Cochet, Petit Auverné
1re avec 166 voix sur 265 exprimés
– Thierry Legrais, Juigné
1er avec 186 voix sur 211 exprimés

D’autres maires sortants ont été élus dans les derniers de leur liste. Par exemple :

– Michel Moreau, La Meilleraye,
Avant dernier, 352 voix sur 612 exprimés
– Jacques Lemaître, Rougé
Avant dernier, 764 voix sur 1027 exprimés
– Francis Martin, Noyal sur Brutz
Avant dernier, 216 voix sur 325 exprimés
– Jean Louër, Derval
790 voix sur 1485 exprimés

Un maire a été carrément éliminé.

Luc Crossouard, St Julien de Vouvantes. 238 voix sur 532 exprimés, il jette l’éponge

D’autres maires ont été réélus sans problème (plus de 65 % des suffrages exprimés)

– Michel Rétif, St Aubin des Châteaux,
712 voix sur 827 exprimés
– Yves Daniel, Mouais,
137 voix sur 218 exprimés
– Jean Blandin, Vay,
615 voix sur 797 exprimés
– François Favry, La Grigonnais,
438 voix sur 659 exprimés

Des candidats affichés au poste de maire ont obtenu des résultats décevants :

– Joël Pouessel, Ruffigné
133 voix sur 374 suffrages exprimés, il jette l’éponge
André Lemaitre, Moisdon, -
557 voix sur 1057 exprimés, élu
– Claude Gavaland, Issé
401 voix sur 1057, il se retire
– Jean Gavaland, Lusanger,
dernier, 336 voix sur 557 exprimés, élu
– Noël Jouan, Fercé
Avant dernier, 161 voix sur 263, élu

 D’autres candidats, têtes de liste, se sont imposés :

– Alain Rabu, St Vincent des Landes
1er avec 605 voix sur 809 exprimés
– Michel Boisseau, Issé,
2e avec 886 voix sur 1057 exprimés
Michel Poupart, La Chapelle Glain,
3e avec 362 voix sur 430 exprimés
– Alain Primault, Louisfert
6e avec 284 voix sur 523 exprimés
– Jean Pierre Juhel, Erbray
7e avec 1176 voix sur 1459 exprimés
– Serge Héas, St Julien de Vouvantes
7e avec 286 voix sur 532 exprimés

Enfin, au moins à Sion-les-Mines, des cachotteries ont faussé les résultats. Dans la liste de candidats, trois personnes souhaitaient être maire, mais une seule l’avait déclaré …Finalement c’est Joseph David qui a été élu à la tâche de maire.

 Incertitudes

Un deuxième tour a eu lieu le 16 mars. Au moment d’imprimer nous n’en avons pas les résultats. Ils seront intéressants à suivre dans les communes :

– Louisfert, où la liste d’Alain Primault a fait une belle percée (ballotage pour 3 sièges)
– Ruffigné, où la liste d’opposition a fait passer 6 élus au premier tour (ballotage pour 9 sièges). Possibilité d’alternance !
– Grand Auverné où seuls 3 élus sont passés. Il reste 12 sièges en ballottage avec 3 listes en lice !
– St Julien de Vouvantes où il reste 3 sièges en ballotage. Le scrutin renforce-t-il la liste de Serge Héas ? En tout cas l’ancien maire, Luc Crossouard, a jeté l’éponge non sans amertume.

Pour terminer, laissons la parole à quelques candidats

Le panachage

« Le panachage est un petit jeu pénible. En portant des voix sur des personnes isolées, qui ne sont pas candidates, les électeurs sanctionnent indirectement ceux qui se présentent et qui peuvent trouver là un désaveu démobilisateur ». A Jans, 1192 vois perdues sur 228 non-candidats.

Isolé et en opposition

« Il est difficile d’être candidat isolé, même avec de bonnes idées, et, en cas d’élection, il est malaisé de constituer une équipe capable des’imposer et de gérer les affaires communales ».

« Sauf exception, une liste d’opposition a peu de chances. Les électeurs sont légitimistes et donnent la prime aux sortants, dont ils connaissent les réalisations, plutôt que de tenter, avec une autre équipe, ce qui leur paraît être l’aventure ».

Une épreuve

« Une élection municipale est une épreuve pour un maire qui y trouve le jugement de son équipe, de lui-même et du travail réalisé »

[NDLR : mais quand un maire a travaillé en fonction de ses intérêts personnels avec une suite de potiches muettes et qu’il a réalisé avec l’argent des conseils général et régional, c’est dur pour l’opposition de voir que cela va continuer. Et que les citoyens n’y verront que du feu ! ]


Ecrit le 19 mars 2008

 Comment est-on élu maire ?

les 33 communes du Pays de Châteaubr

Comment est-on élu maire ? Dans une commune de plus de 3500 habitants, c’est automatiquement la tête de liste. Dans une petite commune où règne le panachage, cela relève d’une alchimie plus compliquée. Celui (celle) qui a eu le plus de voix aux élections est le candidat le plus populaire. Cela ne signifie pas qu’il soit le plus apte à diriger la commune. Celui (celle) qui a le plus d’idées n’est pas forcément le plus apprécié de ses colistiers.

Alain Rabu nouveau maire de St Vincent des La

La fonction de maire demande beaucoup de disponibilité car les réunions sont très nombreuses. Réunions de conseil municipal, de commissions municipales, de commissions de sécurité, de carte scolaire, de cantine, de chantiers, sans compter le Conseil de Développement, les associations diverses et variées, les permanences à assurer pour écouter les administrés…, l’intercommunalité, etc etc.

Municipalité de Sion-les-M

Claude Bouron, ancien maire de Sion les Mines, explique : « Il faut aussi accepter de se lever la nuit parce qu’il y a eu un accident, de se déranger le dimanche parce qu’il y a un conflit de voisinage (ou un simple chien qui ne cesse de hurler). Il faut être capable de faire les démarches nécessaires pour défendre le projet d’une classe supplémentaire. Une de mes satisfactions c’est d’avoir ramené le calme dans la commune ».

Il faut comprendre un budget, impulser les projets et animer l’équipe municipale, guider le personnel communal. Et surtout faire le lien, dans la commune, entre les associations, entre les générations, pour que tout fonctionne au mieux.

Sauf bouleversement important dans la commune, on ne s’improvise pas maire du jour au lendemain. Il est nécessaire de bénéficier d’un temps d’apprentissage, comme conseiller municipal ou adjoint dans un précédent mandat.

Tout cela joue au moment du choix final. Sans compter que s’y ajoutent les pressions extérieures d’ordre politique pour tenter de donner une coloration particulière à la majorité intercommunale ….

 Châteaubriant

A Châteaubriant, le 15 mars, ont été élus sans surprise :
– Alain Hunault, maire
– Georges Garnier, Marie-Jo Havard, Maurice Deniaud, Jacqueline Bombray, Michel Machard, Monique Bigot, Rudy Boisseau, Catherine Ciron et Yvon Gicquel, adjoints.

 Danièle Catala a déclaré :

Je tiens à affirmer – au nom de l’ensemble de mes colistiers – le plus profond respect que nous avons pour le vote de nos concitoyens et pour ceux qui s’engagent dans un mandat d’élu.

Nous sommes heureux et fiers d’avoir pu rencontrer les Castelbriantais au cours d’une campagne que nous avons voulu loyale, constructive et dynamique. Avec eux, nous avons construit le socle de pensée d’une autre voie pour Châteaubriant qui a convaincu un grand nombre d’habitants. Pour l’instant, nous avons fait connaissance. Maintenant, nous continuerons à partager notre idée d’un autre avenir.

Nous exercerons notre mandat dans un esprit de dialogue et - sur la base de notre programme électoral - nous souhaitons être une force de proposition au cours des processus de décision pour l’avenir de notre ville et l’amélioration du quotidien des habitants.

Nous voulons que le travail des prochaines années se déroule dans un esprit non partisan. En effet, en politique, les arguments contradictoires relèvent bien du seul débat d’idées et ne visent pas les personnes qui les portent.

Pour conclure, je souhaite que vous fassiez vôtre cette phrase d’Albert Camus : « La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité ».


Ecrit le 26 mars 2008

 Au sujet du deuxième tour

Le deuxième tour des municipales a eu lieu dimanche 16 mars 2008 (comme cela semble loin déjà …)

Ruffigné : Sylvie Saffray, Louis Simonneau, Bruno L

A Ruffigné ce fut un vrai bouleversement : suite à des problèmes liés notamment au remembrement, l’improbable s’est produit : la constitution d’une liste d’opposition. Celle-ci a emporté 10 élus sur 15. Ce n’est pourtant pas « la révolution » : dans sa séance du 21 mars Louis Simonneau a obtenu 14 voix sur 15. Le nouveau Conseil (un coup de jeune pour la commune, disaient des citoyens dans la salle) va maintenant se mettre au travail, notamment en reprenant la réflexion sur le PLU   (plan local d’urbanisme) pour lequel, quelques jours avant les élections, le commissaire-enquêteur a donné un avis défavorable, notamment pour non-respect des zones humides.
Sylvie Saffray - Louis Simonneau - Bruno Leroy

A noter qu’il y avait une forte affluence pour l’élection du maire dans la petite salle de la mairie. Certains des participants n’étaient jamais venus à une séance de Conseil. Mais qui donc a dit que les citoyens se désintéressent de la politique ?

A Louisfert, les électeurs ont rattrapé la tête de liste Alain Guillois (liste qui totalise 9 élus) et donné deux nouveaux sièges à la liste d’Alain Primault. Mais il sera difficil pour celle-ci, avec 6 élus sur 15, de peser sur les choix communaux, du moins dans un premier temps car les élus de l’autre liste, majoritaires, ont du mal à digérer cette « incorrection » : oser se présenter contre eux. Il y a encore des chasses gardées ?

 A St Julien de Vouvantes,

le coup de force du maire sortant, limogeant son premier adjoint malgré le travail considérable qu’il effectuait, a provoqué un sursaut. Du coup le maire sortant a été sorti et la liste de Serge Héas a remporté 13 sièges sur 15. Score sans appel ! Serge Héas est donc le nouveau maire.

A Derval, en 2001, il y avait 3 conseillers d’opposition au maire Jean Louër. Lors du premier tour, aucun conseiller d’opposition n’a été élu. Mais au 2e tour il y en a 5. Sur 15. L’opposition est donc renforcée.

A Jans, après l’intense panachage du premier tour, où 1182 voix se sont perdues sur 228 non-candidats (dans une commune de 841 électeurs !), la liste « pour l’espoir de Jans » emporte finalement 13 sièges sur 15.
Au Grand Auverné, l’une des listes n’a eu aucun élu (est-ce parce qu’elle a eu le courage de dire qu’elle était favorable à une école publique, un jour ?). La liste des « favorables aux carrières de sable » a emporté 6 sièges (mais sans sa tête de liste) et la liste des « réticents aux carrières » compte 9 sièges.

A Treffieux, en revanche, deux artisans de la liste « Ensemble nous pouvons beaucoup » ont été injustement balayés à la suite d’une campagne d’opinion. Il faut peu de choses des fois ! Le nouveau maire est François Morice.

A Issé, fait assez rare, un candidat isolé a pu se faire élire. Le maire nouvellement élu est Michel Boisseau.

A Moisdon la liste d’opposition n’a emporté aucun siège. Le nouveau maire est André Lemaître.


NOTES:

Ne pas se méprendre !
Dans la plupart des petites communes,
les listes majoritaires sont souvent
de droite, mais les listes d’opposition