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Les affaires (02)

Dans la peau de Jacques Chirac

Ecrit en 2001 ?

 Les Irlandais de Vincennes

Dix-huit ans après, l’affaire des « Irlandais » de Vincennes (qui ont été relaxés depuis longtemps), n’a toujours pas été jugée. Clairement mis en cause dans le montage qui avait justifié l’interpellation de trois nationalistes irlandais, le 28 août 1982, les anciens dirigeants de la cellule antiterroriste de l’Elysée, toujours visés par une information judiciaire en cours au tribunal de Versailles, n’ont jamais été interrogés. Si le préfet Christian Prouteau, alors chargé de mission auprès de François Mitterrand, a comparu devant un tribunal, en 1991, ce ne fut que sous l’accusation de « subornation de témoins » : les gendarmes qui avaient participé à l’opération avaient reçu pour consigne de taire les circonstances dans lesquelles des prétendues « preuves » avaient été apportées dans l’appartement des Irlandais par le capitaine Paul Barril, adjoint de C. Prouteau. Ce dernier fut relaxé par la cour d’appel, en 1992. Soumise, dès l’origine, à des vicissitudes politiques et judiciaires, l’enquête sur ce mensonge d’Etat est enlisée depuis lors.

Les interrogatoires des gendarmes ont confirmé la manipulation mise en œuvre contre les Irlandais par la « cellule anti-terroriste de l’Elysée ». Ils ont aussi fait naître d’autres mystères. Par exemple le registre des communications téléphoniques de la caserne de Vincennes, où les Irlandais avaient été regroupés après leur interpellation, a disparu. Même les copies faites par le Commandant de Compagnie, ont disparu : « j’ai fait l’objet d’un cambriolage à mon domicile. Après une fouille en règle de mon bureau, seul ce dossier a disparu » a dit celui-ci.

De nombreux gendarmes entendus dans le cadre de l’enquête ont évoqué la disparition d’une pellicule photo utilisée pour prendre des clichés dans l’appartement des Irlandais. Selon des témoins, cette pellicule prouverait que les numéros de certaines des armes déposées sur place avaient été limés avant que les armes soient placées sous scellés pour empêcher que leur origine puisse être déterminée. Le gendarme qui avait pris ces photographies est décédé sans jamais avoir été interrogé par le juge de Versailles.

« L’affaire des Irlandais de Vincennes constitue un cas d’école de machination judiciaire, dit l’avocat des Irlandais.

Avec l’inertie de la justice, elle va devenir un exemple de l’impunité des crimes d’Etat. » dit-il encore.

 Trafic d’armes : J.C. Mitterrand écroué

Le fils aîné de l’ancien président de la République, Jean-Christophe Mitterrand, a été mis en examen et emprisonné pour « complicité de commerce d’armes illicite, trafic d’influence par une personne investie d’une mission de service public, recel d’abus de biens sociaux, recel d’abus de confiance et trafic d’influence aggravé ». Les juges ont notamment découvert qu’il aurait perçu 1,8 million de dollars (13 millions de francs) du marchand d’armes Pierre Falcone, versés sur un compte numéroté en Suisse.

Placé en garde à vue, la veille, l’écrivain Paul-Loup Sulitzer, mis en examen pour « recel d’abus de biens sociaux, recel d’abus de confiance et trafic d’influence », a été laissé en liberté, sous contrôle judiciaire, Il aurait perçu entre 1,6 et 2 millions de francs, en espèces, dans cette affaire.

Les magistrats parisiens enquêtent sur des soupçons de trafic d’armes entre la France et l’Afrique, auquel plusieurs personnalités pourraient être mêlées, à des titres divers. Le nom de J.C.Mitterrand était apparu dans ce dossier au mois de septembre, lors d’une perquisition menée au domicile de la secrétaire de Pierre Falcone - mis en examen et incarcéré depuis le 1er décembre -, dirigeant d’une société suspectée d’avoir vendu des armes sans autorisation. Au cours de la perquisition, avaient été saisies des disquettes informatiques recensant les personnes, associations ou entreprises ayant été en relation financière avec sa société, dont Jean-Charles Marchiani, et Jacques Attali

Les enquêteurs s’intéressent au rôle qu’aurait pu jouer Jean-Christophe Mitterrand, « conseiller pour les affaires africaines et malgaches » à l’Elysée de 1986 à 1992, dans la signature de faramineux contrats d’armement

Des perquisitions ont été menées dans cette affaire au bureau de M. Pasqua au Conseil Général des Hauts-de-Seine, et au domicile de M. Marchiani.

 Et Charles Pasqua ?

Philippe de Villiers doit déposer, mercredi 10 janvier, comme « témoin à charge », (il le dit lui-même) dans cette affaire des ventes d’armes illicites en Afrique. Ancien vice-président du RPF, Philippe de Villiers a démissionné du RPF en juillet en dénonçant « l’opacité financière » du parti qu’il avait fondé un an plus tôt avec M. Pasqua, au lendemain du succès de leur liste aux élections européennes de juin 1999. Il n’exclut pas désormais de se « constituer partie civile si l’information judiciaire révélait que des sommes apportées à la campagne des européennes par des proches de Charles Pasqua étaient en réalité d’origine douteuse. « Aucune menace physique ne me fera reculer » », précise le député de Vendée. Ah bon ? Parce que ça peut aller jusque là ?


Ecrit le 4 février 2004 :

 Procès du financement du RPR : les juges espionnés ?

En sa qualité de secrétaire général du RPR (1988-1995, quand Chirac était président) et d’adjoint aux finances à la mairie de Paris (1983-1995, quand Chirac était maire), M. Juppé s’est vu reprocher d’avoir couvert la rémunération par la ville de Paris de sept personnes qui travaillaient en réalité pour le RPR. Le tribunal correctionnel de Nanterre l’a condamné, le 30 janvier 2004, à 18 mois de prison avec sursis. D’autres co-prévenus ont été condamnés aussi.

Catherine Pierce, la présidente du tribunal correctionnel de Nanterre a affirmé au journal « Aujourd’hui en France/Le Parisien » que son bureau et celui de ses assesseurs ont été régulièrement « visités » avant et pendant le procès.

« Nous avons donc décidé de prendre des mesures de confidentialité », ajoute-t-elle parmi lesquelles la décision de taper le jugement (124 pages) sur « des ordinateurs portables, en dehors des ordinateurs du bureau ». Lors de la lecture du jugement, elle a d’ailleurs déjà fait savoir que « l’outil informatique du tribunal ne garantit pas la confidentialité ». Un climat de confiance règne .... Mais que sont devenues nos libertés ?


Ecrit le 11 février 2004 :

 Remous du côté de la Chiraquie

Bouc émissaire : c’est Alain Juppé qui a été condamné le 30 janvier 2004, mais chacun sait bien que c’est le système Chirac qui est en cause. Au point que l’Agence France-Presse, traditionnellement digne et réservée, n’hésite pas à écrire, en faisant écho au matraque médiatique qui a suivi la condamnation : « Pour certains, la ritournelle « Il faut sauver le soldat Juppé » est encore plus vraie si on l’inverse : en réalité, c’est le soldat Juppé qui sauve la Chiraquie ». La France est devenue la Chiraquie ? France, ta grandeur fout le camp !

Contribuables : les faits sont simples : de septembre 1990 à mai 1995, sept personnes « qu’il savait être en réalité mises à la disposition du RPR », ont été payées par les contribuables parisiens, pour environ 1,2 million d’euros (8 millions de francs). C’était contraire à la loi et les responsables mis en accusation et condamnés le savaient. L’examen des faits a montré que les sept personnes au cœur des poursuites ne disposaient pour la plupart d’aucun bureau à la Ville de Paris et que leurs noms ne figuraient pas dans l’annuaire des services.

Insignifiance : Jacques Myard, député des Yvelines, a dit que ce qui était reproché à M. Juppé était « d’une totale insignifiance ». Un vieux proverbe, appris à l’école primaire, disait autrefois : « Qui vole un œuf vole un bœuf ». Dérober un œuf, c’est du vol. Détourner l’argent des contribuables, c’est insignifiant.

Honnêteté : cette histoire n’a pas empêché Jacques Chirac, d’une part (le 2 février à Marseille), et Nicolas Sarkozy, d’autre part, de parler de l’honnêteté de M. Juppé. Il est vrai qu’il n’y a pas eu enrichissement personnel de celui-ci, mais il y a cependant eu atteinte, répétée, à la loi.

Disproportion : 1 200 000 euros détournés, 18 mois de prison avec sursis, pas d’obligation de rembourser, une carrière politique suspendue. Des larmes dans les chaumières (enfin peut-être ...).

Mais voici une autre histoire : 100 000 € détournés par un comptable, 18 mois de prison dont 6 mois ferme, obligation de rembourser, interdiction d’exercer à nouveau la profession de comptable (cas cité dans le livre « Justice en France » de Dominique Simonnot). Pas de pitié pour celui-là. Pas de pitié non plus pour les personnalités condamnées en même temps que M. Juppé. On les a déjà oubliées ?

Carrière : les élus de Droite protestent : la carrière de M. Juppé est prématurément interrompue. Qu’on compare cependant avec le cas de ce salarié, licencié pour faute lourde en janvier 1989, du Centre Leclerc de St Herblain, pour avoir volé deux fèves de galette des rois (valeur 2,50 F de l’époque). Carrière de l’un, carrière de l’autre ......

Victime  : l’affaire Juppé a ceci d’extraordinaire qu’elle transforme un condamné en une victime. Victime d’une justice « politique » ? Victime de Jacques Chirac surtout qui se sert d’Alain Juppé comme d’un bouclier humain ! Pour se protéger de la justice .... et de la probable candidature de Nicolas Sarkozy.

Comment cinq = dix. La Droite s’insurge contre deux choses. L’une : l’automaticité de la peine d’inéligibilité imposée à M. Juppé. L’autre : le fait que cette inéligibilité soit de 10 ans.

L’automaticité de la peine  : c’est justement ce que veut faire M. Perben dans la loi actuellement en discussion. Elle serait donc acceptable pour les voleurs d’auto-radio, mais pas pour les hommes politiques ?

Les 10 ans résultent d’une loi votée en 1995, au temps où M. Balladur était Premier Ministre, M. Pasqua Ministre de l’intérieur et M. Juppé Ministre des affaires étrangères. Le 13 décembre 1994, Philippe Séguin, président de l’Assemblée nationale, conduit les débats sur le financement de la vie politique. Il annonce un amendement n° 76 du gouvernement, qui rétablit l’article 7 du code électoral, anciennement abrogé, stipulant : « Ne doivent pas être inscrites sur la liste électorale, pendant un délai de cinq ans à compter de la date à laquelle la condamnation est définitive, les personnes condamnées pour l’une des infractions prévues par les articles... ». Suit une longue liste de délits. L’assemblée accepte cet amendement sans un mot de protestation. Les députés critiquent maintenant « sa brutalité excessive » (comme dit M. Toubon). Il est vrai qu’un article du Code électoral prévoit que la durée d’inéligibilité est le double de la période de radiation des listes électorales. Et voilà comment 5 = 10.

Provisoire  : on nous a dit et répété qu’on n’a pas le droit de commenter une décision de justice. Cette fois-ci les plus hautes autorités de l’Etat ne s’en sont pas privées. Le premier ministre a même parlé de « jugement provisoire » et ses proches ont rapporté que, devant les sénateurs UMP, M. Raffarin a souhaité que le jugement de la Cour d’Appel soit plus clément. Si les juges n’ont pas compris le message ....

Colère : Les juges de Nanterre ont signifié, entre les lignes, que l’actuel locataire de l’Elysée risquait d’être rattrapé par les affaires du RPR au terme de son bail en 2007. L’intéressé, depuis, ne décolère pas, il entend faire plier ces audacieux. Il fait donner sa troupe. Pour critiquer la « sévérité » d’une condamnation qui est pourtant celle prévue par la loi Balladur de 1995. Pour mettre en doute les pressions dont les juges disent avoir été l’objet. Il s’est lui-même chargé du coup de pied de l’âne au Conseil supérieur de la magistrature.

La droite, qui prétend incarner l’ordre, la sécurité, la fermeté à l’endroit de la délinquance, se retrouve ainsi à accréditer sciemment l’idée du bien-fondé d’une justice à plusieurs vitesses : l’une sévère avec le commun des délinquants, l’autre indulgente à l’endroit des coupables du RPR !

Agacement  : Un certain nombre de membres du Conseil Supérieur de la Magistrature, ont été très étonnés de voir le Président de la République maintenir publiquement sa confiance à un homme condamné par une décision de justice, alors qu’il est, de par sa fonction, garant de l’indépendance judiciaire. « Tout cela ne ressemble plus vraiment à une démocratie, où la séparation des pouvoirs serait respectée. » On a le sentiment que l’hôte de l’Elysée, conscient des risques, s’agite de façon désordonnée comme mouche dans un bocal.

Inquiétude  : « Cette affaire montre que la France est un pays en voie de développement démocratique dont les élus n’ont pas encore intégré psychologiquement l’idée d’indépendance de la justice. » Le propos n’est pas d’un gauchiste, mais de Dominique Barella, président de l’Union syndicale des magistrats, syndicat majoritaire et modéré.

Persiflage : il faut que la situation soit grave pour qu’un journal comme Le Monde se livre à répétition au jeu du persiflage. Un exemple : « On souhaite bon courage aux magistrats qui devront trancher en appel le cas Juppé, maintenant que la Cour, la Cour des grands, celle de l’Elysée et de Matignon réunis, a royalement statué pour un repêchage du condamné »

Pressions  : Après l’audition des trois juges de Nanterre, les soupçons d’effraction se confirment. Le bureau du substitut a aussi été fracturé.

Téléphone. La déposition de Catherine Pierce, présidente du Tribunal de Nanterre, révélée par le quotidien l’Est républicain, évoque de nombreuses perturbations sur ses lignes téléphoniques : « Nos téléphones marchaient beaucoup moins bien, des baisses de son très importantes, des personnes que nous appelions n’entendaient plus rien, des clics de manière régulière (...). Ces manifestations durent depuis le mois de septembre, mes deux assesseurs ont été confrontés au même phénomène«  » dit-elle


Ecrit le 11 février 2004 :

(après la condamnation de M. Juppé, connue le 30 janvier 20004)

 Le vrai-faux départ de M. Juppé : Tragédiant, comédiant, mafiosant...

Le scénario a été vite réglé.
La seule bavure, c’est sans doute M. Sarkozy pris à partie, le 31 janvier, par des jeunes, au forum des Halles qui dit à l’un d’entre eux, devant les caméras de France 3 : « si tu as pris 18 mois, c’est que tu les méritais ... ». Un jeune qui fait une bêtise, oui, 18 mois, c’est normal, mais un « homme d’Etat » pensez-vous...

La méthode Chirac, c’est « ne lâche jamais, ne cède jamais ». « y’a pas de raison de s’emmerder » comme dit Chirac, Ils ne vont tout de même pas se faire arrêter par trois malheureux juges à Nanterre.

Alors A. Juppé a mis en scène avec son parrain Jacques Chirac, un scénario basé sur une dose de théâtre, une dose de menace et une dose de contrition.

Une dose de théâtre :

L’homme joue le « sincère blessé, mais soutenu par ses amis », et qui a « finalement a décidé de se battre contre une condamnation trop forte » : si les juges ont affirmé qu’il avait abusé de la confiance du peuple souverain, c’est excessif (imaginez que d’autres en tirent la conclusion contre Chirac, le chef incontesté du système !). Il ne peut laisser passer, donc « il reste ». La menace de 18 mois de prison et de 10 ans d’inéligibilité, c’est bon pour les gogos.

Nous n’avons pas de compassion, pour ceux qui ont cyniquement mis Paris et la France en coupe réglée, pour le compte du Medef, avec des moeurs qui doivent être bannies d’où qu’elles viennent.

Une dose de menace :

Les juges ont-ils pris une décision dans des conditions troubles ? Mais, si pardi ! Et au lieu de saisir le Conseil supérieur de la magistrature qu’il préside, Jacques Chirac crée d’étranges commissions d’enquête, plombe le climat, nourrit l’incertitude, et menace ces juges qui osent prendre des décisions « provisoires » bien hardies dans des conditions perturbées !

Une dose de contrition :

Car il faut conditionner la future décision des juges de la Cour d’appel qui va être choisie, il faut montrer que le coupable Juppé est profil bas, prêt à reconnaître des fautes légères, mais pas à être sanctionné abusivement : comme cela, la justice aura sanctionné librement, en première instance mais nuancé son jugement définitif. Les apparences seront sauves, mais le verdict définitif sera décisif.

Passé cette « épreuve » de chef d’état, le Juppé nouveau « pas tout seul » (les applaudissements populaires vont venir de partout) pourra affronter le « peuple souverain » qui lui donnera électoralement sa revanche sur les juges et blanchira du même coup son parrain... Un vrai ... compte ... de fées.

Voilà le scénario transparent mis en place par Chirac, pour, en sauvant Juppé, se sauver lui-même et son système...C’est ce système qu’il faut dénoncer et battre, en mars, en juin, le plus vite et le plus fort possible, avant qu’il ne s’en prenne à notre Sécu, à notre droit du travail, comme il s’en est pris à nos retraites...

_ Gérard Filoche
Démocratie et socialisme

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Ecrit le 11 février 2004 :

 Contre-feu ... raté

Protestation du Conseil supérieur de la magistrature, enquête administrative boudée, recours pour excès de pouvoir : l’hostilité des magistrats compromet l’efficacité du contre-feu allumé par l’Elysée concernant les pressions qu’auraient subies les juges qui ont condamné Alain Juppé.


Ecrit le 11 février 2004 :

  Condamnés par nécessité

Janvier 1989 : magasinier au Centre Leclerc de St Herblain, l’homme a volé deux fèves de galettes des rois, pour un montant total de 2,50 F. Il est licencié sur le champ, pour faute lourde, sans préavis ni indemnité.

Noël 1996 : une femme, voleuse par « nécessité », qui avait volé de la viande pour nourrir ses enfants, a été relaxée le 5 février 1997, par le tribunal de Niort mais condamnée en mars après appel du Parquet de Poitiers. Elle avait tenté de justifier son geste : « Je leur faisais tous les soirs des pâtes ou du riz, les enfants en avaient assez. » La direction du grand magasin où elle avait commis son larcin, imperturbable, a maintenu sa plainte : « Nous n’aurions pas appelé les gendarmes, si vous aviez volé des pâtes ou du riz. ».

21 décembre 2000, Agnès B faisait ses courses avec ses trois enfants. Elle a vu les autres mères de famille faire ce qu’elle ne pouvait faire : acheter des jouets, des friandises. Bref, offrir un vrai réveillon à ses enfants. Alors, face à leur demande, elle a cédé, elle qui disposait de moins de six euros par jour et par personne ". Montant du vol : 3892 F. La Cour d’Appel de Lyon a décidé de punir, pour le principe, pour l’exemple : Agnès a écopé de six mois avec sursis. Pour des jouets et du mauvais chocolat.

La loi est dure pour les petits voleurs, mais compréhensive pour les « politiques » de haut vol.


Ecrit le 25 février 2004 :

Les voies de la sagesse

A propos de la condamnation d’Alain Juppé, l’ancien Premier Ministre Raymond Barre a déclaré, « Je pense que lorsqu’on est dans une situation qui est douteuse, il vaut mieux partir ». C’était le 16 février 2004 dans l’émission « 100 minutes pour convaincre »

De son côté, Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, s’est dit « inquiet » pour l’indépendance de la justice. « Nous vivrions dans un monde insupportable si le principe de l’indépendance de la justice était remis en cause ».

Pour MM Barre et Delors, avec l’instauration du quinquennat, la vie politique est désormais trop rythmée par l’échéance présidentielle.

« Avec cinq ans, on ne parle déjà que de la prochaine élection (...) Dès 2003, on voyait poindre les candidats et on sent bien à l’intérieur des partis, l’UMP comme le Parti Socialiste, qu’on est uniquement préoccupé par cela », a estimé M. Delors.

Selon lui, « les partis politiques vont devenir des machines pour l’élection présidentielle uniquement ». Comme son interlocuteur, M. Barre s’est inquiété du manque de militants et de la mutation des partis en « collections d’apparatchiks ».

P.S. : pour ceux qui s’intéressent à la politique-fiction, nous ne saurions que trop recommander le dernier livre de Jean-Christophe Ruffin intitulé « Globalia ».


Ecrit le 25 février 2004 :

 Gomme dans les lycées d’Ile de France

Le dossier concernant l’affaire des Lycées d’Ile de France a fait une longue halte au Ministère de la Justice. Ne le voyant pas revenir le juge d’instruction Armand Riberolles finit par mettre en garde le procureur et, merveille, le 10 février 2004, le dossier lui parvient. Surprise : le nom de M. Chirac a disparu sur une dizaine des 243 pages. Colère : le juge fait rétablir, selon les cas : Jacques Chirac, maire de Paris, ou Jacques Chirac, Premier Ministre.

Un coup de gomme, sciemment effectué, n’est-il pas une manœuvre condamnable ? On veut protéger qui ?

Mépris

Le tribunal de Paris a condamné lundi 16 février 2004, François Léotard, ex-ministre de la défense et ancien président du Parti républicain (PR), à dix mois de prison avec sursis pour blanchiment d’argent et financement illégal de parti politique.

L’homme se rebiffe et déclare (voir le Monde du 17 février 2002) :

... s’insurger de ce que « la justice (...) exclut de la communauté nationale ceux qui ont été choisis par le peuple »

et enfonce le clou : « Le petit voleur de mobylette, la maman qui prend une pomme dans un supermarché en oubliant de la payer, le SDF qui vole des cartons parce qu’il fait froid dans la rue, méritent beaucoup plus d’attention, de respect, d’affection que ceux qui éventuellement les condamnent ».

Frère Léo (comme l’appelle le Canard Enchaîné) se risque à des comparaisons osées, se référant à la Bible : « « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ! » Les évêques pédophiles américains ont bien montré que les robes de cérémonie ne protègent de rien » écrit-il.

Quand un homme politique (même s’il a quitté la politique), déverse ainsi son mépris sur les juges, demande la clémence « pour ceux que le peuple a élus » et s’insurge de la condamnation des petits voleurs, on se dit qu’il y a de la décadence dans le Pays de France.

La Mée a, dans ses colonnes, souvent critiqué la justice, lorsqu’elle est douce aux « grands » et terrible pour les « petits ». Elle demande que la justice soit juste, mais n’est-il pas dangereux de demander le non-jugement des petits actes délictueux de la vie quotidienne ? Sinon où allons-nous ?


Ecrit le 19 janvier 2005 :

 Jacques Chirac : une immunité éternelle

Des chiraquiens veulent prolonger l’immunité de M. Chirac

Une proposition de loi, rédigée par le sénateur (UMP) Patrice Gélard, sera déposée mardi 18 janvier au Sénat. Le texte suggère qu’un ancien président de la République devienne membre de droit du Sénat, donc parlementaire à vie, bénéficiant de l’immunité que lui accorde l’article 26 de la Constitution.

Cette immunité, relative, interdit qu’un membre du Parlement puisse « faire l’objet, en matière criminelle ou correctionnelle, d’une arrestation ou de toute autre mesure privative ou restrictive de liberté » en l’absence de l’autorisation du bureau de l’assemblée dont il fait partie.

L’initiative   du parlementaire n’a rien d’improvisé. Il reconnaît, notamment, s’être entretenu avec le président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, un proche du président de la République.

L’immunité à vie pourrait bien arranger Jacques Chirac, directement mis en cause dans plusieurs procédures sur le financement de l’ex-RPR, dont celles sur l’emploi de permanents par la Mairie de Paris, qui a valu à Alain Juppé d’être condamné, ou sur les marchés des lycées de la région Ile-de-France.


Ecrit le 31 mai 2006

 Dans la peau de Jacques Chirac

Festival de Cannes,
Da Vinci Code
Starlettes et paillettes
Mais qui parle de Karl Zéro ?

Karl Zéro a commis un film : « Dans la peau de Jacques Chirac ». Sortie le 31 mai 2006

Il s’agit d’une autobiographie non autorisée. Docu-marrant. Un hommage à notre plus grand acteur français. De 1967 à nos jours, Jacques Chirac est apparu très souvent à la télévision : des millions d’heures de gestes d’automate, de diction saccadée, de cavalcades fiévreuses. Et si à l’heure du bilan, Jacques Chirac décidait de dire tout, de rétablir sa vérité ?

Chirac-Karl-Zero

C’est le pari du film « Dans la peau de Jacques Chirac » : Karl Zéro et Michel Royer revisitent les meilleurs moments de ces quarante années d’archives de la « geste chiraquienne ». Et un imitateur de talent, avec la voix de Chirac, commente ces documents qui sont tous des documents réels.

Les plus virulents sont sans doute les documents issus des télévisions étrangères « ils ressemblent à de violents brûlots gauchistes faits par de dangereux subversifs, parce que les journalistes étrangers ne prennent pas de gants pour signifier que Chirac a les juges aux fesses. Ils parlent des affaires et du fait qu’il est à deux doigts d’être inculpé. En France, jamais un journaliste ne serait aussi direct, il a trop peur pour son emploi et sait que ça ne se fait pas » commente Karl Zéro sur Glamour.com !

Amnistie pour Guy Drut

Sarkozy et le Droit des affaires

Denis Gautier-Sauvagnac et les millions de l’UIMM

L’affaire de la Sofremi :

Avec Pierre Pasqua et Pierre Falcone


Ecrit le 22 mai 2011

 Chirac : une histoire de Q

La Cour de cassation a décidé le 20 mai de ne pas saisir le Conseil constitutionnel . Il a donc rejeté la QPC déposée par les avocats de Jacques Chirac, poursuivi pour les emplois présumés fictifs de la Ville de Paris. Oui, c’est une affaire de Q … question prioritaire de constitutionnalité. C’est moins sexy ! Il s’agissait de savoir si les faits reprochés à J.Chirac sont prescrits.

Au-delà de cette QPC, il s’agit de savoir si le délai de 30 ans prévu dans le cas de délits financiers va pouvoir (comme maintenant) courir au jour de leur découverte et non à la date des faits. Si la jurisprudence était modifiée (comme le souhaite le gouvernement), les auteurs de « délits occultes » bénéficieraient d’une impunité quasi systématique.

Pour l’instant la Cour de Cassation tient bon. Jusqu’à quand ?