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Danone

Ecrit le 11 avril 2001, le 25 avril et le 2 mai 2001

 La préférence financière

Les élections municipales sont à peine finies, et malgré la croissance bien réelle que connaît l’économie française, les suppressions d’emplois se multiplient.

Danone. Le groupe supprimera d’ici 2004 , 1816 emplois en Europe dont 570 en France. Six usines vont être fermées dont deux en France : celle de Calais et celle d’Evry - Ris-Orangis.

 Le groupe Danone

Le groupe Danone est en bonne santé financière, c’est pour ça qu’il veut licencier : pour être en meilleure santé encore.

D’après son site internet, Danone, c’est le 1er producteur mondial de yaourt, de fromage frais et de desserts lactés principalement à marque Danone. Une part du marché mondial de 15,5% en produits frais.

Au premier rang sur le marché français des aliments pour bébé avec Blédina et de fortes positions en fromages affinés italiens en Europe avec Galbani.

Avec des ventes de 11,5 milliards de francs hors Europe Occidentale, Danone est le 1er producteur de produits laitiers frais d’Amérique, avec une forte présence aux Etats-Unis, au Canada, au Mexique, au Brésil, en Argentine et en Europe Centrale où il est leader en Pologne, Hongrie, République Tchèque...

n°1 des biscuits,

n°1 des produits laitiers frais,

n°1 de l’alimentation infantile,

n°2 des eaux en bouteille

(n°1 des eaux minérales gazeuses).

Un boycott des produits Danone se développe en France pour obliger la société à mieux tenir compte de ses salariés. Voici les marques principales :

Produits Laitiers Frais : yaourts, fromages frais, desserts, aliments infantiles
Danone, Blédina - Taillefine, Fjord, Danone et fruits, Gervita, Charles Gervais, Yoghourt nature, Crème de Yaourt, Danone kid, Jockey, Danette, Actimel, Velouté, Bio, Gervais aux fruits, Petits suisses aux fruits, Danone Snac.

Biscuits et snacks, biscottes, pâtisseries. Marques : LU, Heudebert :
LU, Pépito, Petit écolier, les Secrets de Pauline, Belin, Napolitain, Pim’s, Captain choc, Chipster, Prince, Ourson, Ressources blé et Ressources fruits.

Eaux en bouteille :
Volvic, Evian, Badoit, Salvetat, Arvie, Danone activ.

 En Bourse

L’action Danone a baissé de 2,2 % le 29 mars, après l’annonce de la fermeture des usines LU de Calais et Ris-Orangis. « les investisseurs jugent que le plan social est insuffisant et redoutent les conséquences de probables mouvements sociaux » dit l’hebdo financier « Investir » du 2 avril.

Autrement dit : si vous boycottez les produits Danone, vous risquez de mettre davantage d’emplois en péril. C’est d’ailleurs ce que développe la presse locale à grands renforts d’articles sur plusieurs colonnes.

 Préférence financière

Il faut savoir et répéter que Danone va bien, mais que, selon le maire de Ris-Orangis, « les actionnaires exigent une rentabilité de 15 % au lieu des 10 % actuels ». Quand vous placez un peu d’argent en banque, vous, trouvez-vous une rentabilité de 10 % ?

Les licenciements de Danone ne sont pas des licenciements économiques, mais des licenciements de « préférence financière »
Les consommateurs ont donc le droit d’avoir, eux aussi, des préférences pour des produits qui ne viennent pas de chez Danone.

Rappelons que ce genre de boycott a fait plier des géants industriels comme Coca-Cola et Nike, les obligeant à mettre fin l’un à la discrimination raciale, l’autre à l’exploitation éhontée des enfants des pays pauvres.

— -

Pour « marquer sa solidarité avec les salariés » du groupe, Didier Boulaud (PS), député de la Nièvre et maire de Nevers, a fait savoir, mercredi 4 avril, que les produits Danone ne seraient plus servis dans les cantines des trente-deux écoles de sa ville ni dans les résidences de personnes âgées. Le maire communiste de Givors (Rhône), Martial Passi, a opté pour la même mesure de rétorsion. A Saint-Denis, en région parisienne, le maire (PCF), Patrick Braouezec, a également suspendu les achats de produits Danone.

Le maire de Châteaubriant a été interrogé sur son attitude à ce sujet. Quelle sera sa réponse ?

En Ille-et-Vilaine, la direction d’un supermarché a appelé sa clientèle à boycotter les produits du groupe en condamnant « les stratégies qui n’intègrent dans leur analyse que des éléments financiers ».

Il n’y a pas de petit symbole. Alain Bocquet, président du groupe communiste de l’Assemblée nationale, a fait savoir qu’il renonce à son yaourt quotidien...


(écrit le 24 avril 2001)

 La démocratie par le caddie

La pression sur les firmes internationales, par l’opinion publique, est en train de se produire avec Danone. Un site internet a été lancé :
http://www.jeboycottedanone.com.

Même s’il est vrai que de nombreux français n’ont pas accès à Internet, l’existence de ce site est suffisamment prise au sérieux pour que le Groupe Danone attaque en justice : le 14 avril 2001, en invoquant des infractions au code de la propriété intellectuelle, il a porté plainte en référé. (le juge doit se prononcer lundi 23 avril) Le groupe Danone a le droit d’attaquer ainsi puisque les lois françaises sur le copyright et la protection des marques, permettent de bâillonner toute expression critique, d’instaurer une censure de fait, une censure par le fric. Mais comment attaquer une marque sans utiliser son nom, son logo, et des photos de ses produits ?

Ainsi le fric pourrit tout : il permet, au nom du profit des actionnaires, de licencier des salariés qui ont bien travaillé, et aussi de sanctionner financièrement ceux qui osent protester.

Alors on fait quoi ? On s’incline bien bas ? devant le dieu Danone ? Devant le dieu Fric ? Il faut noter quand même que le boycott est une arme à double tranchant et que les organisations syndicales sont partagées à ce sujet.

En tout cas, la campagne de boycott lancée contre Danone, même si elle est modeste, porte ses fruits. Selon le baromètre du Nouvel Economiste, le groupe Danone, qui était au 4° rang des 30 premières entreprises françaises, en octobre 2000, est tombé au 30e rang en mars 2001

Le « Nouvel économiste » commente : « La chute de l’indice d’image (différence entre la proportion de personnes ayant une « bonne image » et celle ayant une « mauvaise image » de l’entreprise) de l’entreprise Danone par rapport à janvier dernier est vertigineuse, de +72 à -38. A chaud, les Français sanctionnent très lourdement les licenciements annoncés dans la société Lu, une des filiales pourtant les plus profitables du groupe. Plus des deux-tiers des personnes interrogées ont aujourd’hui une « mauvaise image » du géant de l’agroalimentaire (67 %), alors qu’ils n’étaient que 8 % en décembre dernier. Danone, qui figurait alors dans les cinq entreprises préférées des Français, est aujourd’hui bonne dernière du classement. ».

Ainsi des mouvements d’opinion font évoluer les puissances d’argent. On peut le voir aussi à propos des firmes agro-alimentaires qui, sous la pression des consommateurs, refusent d’utiliser des OGM (organismes génétiquement modifiés) dans leurs produits. A ce sujet, la distribution de tracts faite le 17 avril à Châteaubriant a montré que les gens ont entendu parler des OGM, savent en gros ce que c’est, et sont contents de disposer de la « liste noire » des produits en contenant.


(écrit le 2 mai 2001)

 Boycott : DaNONe :

L’affaire Danone repart de plus belle. Dans l’affrontement qui oppose le grand groupe agroalimentaire au site internet « jeboycottedanone.com », un certain flou artistique règne. Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris, a estimé, le 23 avril dernier, qu’Olivier Malnuit, l’animateur du site attaqué par Danone, conserve le droit d’utiliser le nom de domaine « jeboycottedanone.com. ». « l’utilisation du terme ’danone’ dans le nom de domaine enregistré par M. Malnuit correspond à une référence nécessaire pour indiquer la destination du site polémique. Associé au terme très explicite ’jeboycotte’, il ne peut conduire, dans l’esprit du public, à aucune confusion quant à l’origine du service offert sous ce nom. »

Olivier Malnuit se félicite naturellement : "Nous nous sommes bien défendus face à un groupe énorme et avons gagné au moins sur ce point ». Ce n’est pas tout : un internaute se réclamant d’un collectif de consommateurs français, a annoncé le lancement de prochain de « jaimedanone.com ». Danone fera-t-il un procès, aussi, contre ce site internet, pour usage abusif de son nom ?

Appel au boycott

Le 25 avril 2001, le groupe « ATTAC-Nord 44 » a envoyé la lettre suivante aux 33 maires du Pays de Châteaubriant   :

« En 2000, le groupe Danone a fait 4,7 milliards de francs de bénéfices dont 900 millions pour les biscuits LU. Cela ne l’a pas empêché de confirmer la mise en œuvre d’un plan de restructuration, avec la fermeture de 6 sites de production en Europe dont 2 en France (Calais et Evry), avec la suppression de près de 1800 emplois dont 600 en France.

Le groupe Attac condamne ces stratégies financières. Un large mouvement de mobilisation de l’opinion publique s’est organisé en France pour témoigner sa solidarité aux salariés du groupe Danone, multinationale française en pleine santé, implantée directement - ou avec ses filiales - en Grande-Bretagne, en Hongrie, en Irlande, en Pologne, et en République Tchèque.

L’opinion publique européenne peut peser sur l’issue du conflit ; le boycott en est l’un des moyens. C’est pourquoi le groupe Attac Nord 44 vous demande de boycotter les produits DANONE dans les cantines scolaires de votre commune pour affirmer votre solidarité avec les salariés et leurs mouvements de résistance. »

Le problème c’est que, en ce moment, les vagues de licenciements massifs se succèdent à une vitesse folle. Moulinex raye 4000 emplois. 3M va supprimer 5000 emplois d’ici un an. Phillips annonce 6000 à 7000 suppressions d’emplois. Valéo se contente de 600. Quels beaux boycotts en perspective !