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La Chère : origine, restauration

Ecrit le 28 mars 2007 :

 Le Syndicat de la Chère

Créé en 1977, le syndicat mixte regroupe 14 communes et une communauté de communes, soit un ensemble de 18 communes sur les 25 que compte le bassin versant de la Chère qui ignore les frontières administratives : 1/4 des 225 km2 du bassin se situe en Ille et Vilaine et 3/4 en Loire Atlantique. Le bassin de la Chère s’inscrit dans celui de la Vilaine qui recouvre 11000 km2.

Bassin versant de la C

L’aménagement hydraulique du bassin de la Chère relève de la compétence du Syndicat qui n’a pas vocation à intervenir sur l’assainissement ni sur la distribution de l’eau potable.

Au départ, l’action du Syndicat a porté principalement sur les cours d’eau, restaurant plus de 50 km de rivière depuis 1997 et initiant un projet de lutte contre les inondations dans le secteur de Châteaubriant.

 Le contexte réglementaire

La Directive Cadre sur l’Eau (2004) prévoit d’atteindre le bon état écologique des milieux aquatiques en 2015.

La Loi sur l’Eau (1992 et 2006) déclare l’eau patrimoine commun de la nation ; elle établit des autorisations d’utilisation de la ressource en définissant les SAGE.

Aron, affluent de la C
Marais à St A

Le Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SAGE) du bassin de la Vilaine (2003) prescrit diverses mesures pour la gestion locale de l’eau, comme par exemple des plans de désherbage communaux ou l’inventaire des cours d’eau et des zones humides en vue de leur protection. Le SAGE est mis en œuvre par la Commission Locale de l‘Eau (CLE).

L’arrêté préfectoral (9 février 2007) sur l’emploi des pesticides interdit d’appliquer des traitements phytosanitaires (herbicides, insecticides, fongicides) à proximité des milieux aquatiques, à moins de 5 m d’un cours d’eau, à moins de 1 m d’un fossé, puits ou zone régulièrement inondée, ainsi que toute application directe sur les caniveaux et bouches d’égouts.

 L’état des lieux

Le bassin de la Chère est marqué par des grandes variations de débits dans l’année, en raison d’un sous-sol imperméable.

Les 3/4 des cours d’eau du bassin sont à sec en été. Le soutien des débits se fait principalement par les zones humides.

La multiplication des étangs a un impact négatif (pollution, perte de débit) à l’encontre des zones humides.
La qualité d’une rivière dépend de son débit.

La quantité de poissons ne dépend pas du volume mais de la diversité des habitats de la rivière : alternance des zones profondes, non profondes, rapides et lentes existant naturellement.

Masque de ret

S’il est naturel qu’une rivière déborde en période de crue, Il faut contrôler la vulnérabilité des biens pour lutter contre les inondations.

La gestion des crues a longtemps consisté à évacuer l’eau le plus rapidement possible vers l’aval par des drainages et des recalibrages. Il s’agit maintenant de solliciter des zones ayant un rôle de stockage temporaire : zones d’expansion de crues (vallée large, marais) ou zones humides.

Les problèmes majeurs du bassin de la Chère sont l’eutrophisation des eaux et la morphologie des cours d’eau.

L’eutrophisation : le bassin est victime de pollutions dues aux phosphates et aux matières organiques qui provoquent la désoxygénation de l’eau et contrarient son assainissement .

La morphologie : les cours d’eau ont été transformés en une succession d’étangs qui provoquent l’envasement et empêchent la circulation des poissons.

Enfin, la présence des pesticides dans les eaux du bassin est préoccupante.

Moulin à Mo
Seuil Tri

 Les projets du Syndicat

Le Contrat Restauration Entretien (CRE) veut revivifier la rivière en intervenant sur sa morphologie pour la rendre plus courante, donc favoriser l’oxygénation de l’eau.

Les cours d’eau étant principalement sous statut privé, les propriétaires sont responsables de leur état. Cependant, dans le cadre des enjeux du CRE, le Syndicat peut se substituer aux propriétaires et réaliser les travaux nécessaires.

Dans ce but, une enquête d’utilité publique sera conduite du 16 avril au 11 mai 2007 sur la Déclaration d’Intérêt Général (DIG) du projet CRE.

 Les travaux (de 2007 à 2011)

– Mieux gérer les ouvrages hydrauliques et les rendre franchissables pour les anguilles.
– Réaménager les seuils de la rivière pour limiter leur impact.
– Restaurer les marais pour leur redonner leur capacité épuratrice et leur rôle de régulateur de crue.
– Recréer les frayères à brochets
– Lutter contre les plantes exotiques envahissantes (jussie) par de l’arrachage régulier et ciblé.
– Poursuite des travaux d’entretien de la ripisylve (végétation des berges).

Ces travaux s’accompagneront de l’inventaire des zones humides et des cours d’eau afin de les préserver en cas de modification des documents d’urbanisme.

Les plans de désherbage communaux adapteront les traitements par l’emploi de techniques alternatives.

 Lutte contre les inondations

Le secteur sensible se situe en amont du bassin sur Soudan et Châteaubriant.

À la suite d’une étude réalisée en 1999 par le Syndicat, l’Institut d’Aménagement de la Vilaine (IAV) réalisera des travaux de protection visant à ralentir l’eau en amont, principalement sur Soudan, en créant un réseau de retenues temporaires.
Le commencement des travaux est prévu à la fin de l’année 2007 ou au début 2008.

Le prochain Comité syndical se tiendra le 28 mars 2007 à la mairie de Pierric, sous la direction du Président Yves Daniel.

À l’ordre du jour : vote du budget et préparation des actions futures.

Le budget global du Syndicat de la Chère est de 250 000 euros. Les communes y participent selon leur superficie sur le bassin versant (50%), la longueur des cours d’eau (40%), leur population (5%) et leur potentiel fiscal (5%). La contribution moyenne est de 1,5 euros par habitant.

L’Agence de l’eau et le Conseil général de Loire Atlantique cofinancent le poste de Nicolas Douchin technicien du Syndicat.


Ecrit le 31 octobre 2007

 Restauration et entretien de la Chère

La Chère est une rivière qui fonctionne mal. De nombreux obstacles empêchent les eaux de s’écouler et de s’oxygéner : la rivière s’asphyxie et la vie piscicole s’appauvrit. Les terrains riverains ne jouent plus leur rôle de stockage des eaux pendant les crues et les marais ne remplissent plus leur fonction d’éponge, rôle mal connu qui permet de retenir et d’épurer les eaux.

Pour y remédier, un Contrat Restauration Entretien a été signé le mardi 16 octobre entre le Syndicat Mixte pour l’Aménagement du Bassin Versant de la Chère, l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne et le Département d’Ille et Vilaine.

Il s’agit d’un programme d’actions pour la période 2007-2011 qui fait la suite du contrat 1999-2004 : en plus d’intervenir sur les cours d’eau, il s’intéresse aussi aux étangs comme celui de la Hunaudière  , aux marais comme ceux de Sainte-Anne sur Vilaine et aux nombreux ouvrages hydrauliques et seuils répartis le long de la Chère.

Signature 16 octobre

Les actions se répartissent sur les trois cours d’eau (Chère, Aron et Néguerry) depuis Soudan jusqu’à Sainte-Anne sur Vilaine. Elles prennent en compte la sécurité des biens et des personnes, la vie piscicole, les pollutions et le patrimoine naturel et paysager que constituent les cours d’eau.

Il s’agit d’entretenir et de restaurer la végétation des berges, aménager les seuils et gérer les ouvrages hydrauliques pour permettre une meilleure circulation de l’eau, lutter contre les plantes envahissantes, créer des frayères à brochet, restaurer les marais... sans oublier d’autres actions parallèles comme la communication auprès du public concerné (usagers et riverains).

Le coût total du contrat pour les 5 années est estimé à un peu plus de 620 000 € (soit une petite salle de spectacle) pour un territoire concernant 30 000 personnes.
Les travaux débuteront dès cette année 2007 pour se terminer en 2011.

Syndicat de la Chère, 10 route de Redon
44590 Derval - 02 40 07 75 37

(Nicolas Douchin est désormais remplacé par Anne Jaros)