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007-2002-2005. Le Pen

Voir plus bas : Le Pen et la Récup’

(écrit le 15 mai 2002)

Analyse du vote LE PEN
aux élections Présidentielles de 2002

L’analyse du vote LE PEN, en voix et non en pourcentage, n’est pas sans intérêt dans la circonscription de Châteaubriant .

Votants :
1er tour : 55 503
2e tour : 59 271 + 3768
(à noter que seule la commune d’Héric a eu moins de votants)

Exprimés :
1er tour : 53 163
2e tour : 56 358 + 3195

Au 1er tour :
Vote Le Pen 7399
Vote extrême droite 9327

Au 2e tour :
Vote Le Pen 7420

Ainsi, dans la circonscription de Châteaubriant, LE PEN a fait 21 voix de plus qu’au 1er tour, mais 1907 voix de moins que le total d’extrême-droite (Le Pen+ Mégret+ Boutin).

Il n’y a que 11 communes (sur 49) qui ont donné moins de voix à Le Pen au deuxième tour. En revanche, l’augmentation du nombre de suffrages exprimés, a augmenté les voix de Le Pen dans 28 communes. Dans 10 communes, Le Pen a maintenu ses voix (à deux voix près, au dessus ou au dessous)

Cela veut dire

_ 1) que le vote LE PEN est bien accroché
_ 2) mais que, malgré tout, les 881 voix de Mégret sont plutôt allées à Chirac, de même que les 1047 voix de Christine Boutin, puisque Le Pen ne dépasse le total extrême-droite du 1er tour que dans 6 communes (Soulvache, Mouais, Ruffigné, Massérac, Pierric, Petit-Auverné)

Il semble que le vote « Le Pen » tient davantage à la personne de Le Pen qu’aux idées d’extrême-droite. On le verra dans les années à venir car, il ne faut pas se faire d’illusions : malgré tout ce qui a été fait entre les deux tours des élections, malgré tout ce qui a été expliqué, le vote Le Pen s’est maintenu. C’est donc plus un vote d’adhésion à des idées, que de protestation ou de défoulement.

Votes Le

En campagne

Le pourcentage Le Pen :

– À Châteaubriant 11,86 %
– Dans les autres communes de la
circonscription 13,34 %
– En Loire-Atlantique 11,26 %
– à Nantes 9,66 %
La Guerche (8,06 %), Pouancé (9,15 %), Retiers (9,65 %), Martigné-Ferchaud (10,71 %), sont moins touchées.

On peut en revanche noter l’importance du vote Le Pen en campagne, autour de Châteaubriant, avec des pourcentages atteignant 20,77 % à Teillay, 20,75 % à Juigné-les-Moutiers, 20,62 % à Ruffigné et plus de 18 % à Massérac, Louisfert, Ercé-en-Lamée, Carbay, La Noë-Blanche, Pléchatel, Tresbœuf, Lalleu, Saulnières, St Sulpice des Landes.


Ecrit le 15 mai 2002 :

La quasi totalité des forces de Gauche a pensé qu’il valait mieux Chirac que Le Pen et le score Chirac est si ridiculement élevé (plus de 82 %) qu’il ne fait aucun doute que le peuple a dit non à Le Pen et qu’il n’a dit que cela. Pour autant, les problèmes demeurent et c’est un lecteur occasionnel, André Monjardet (05000 Chateauvieux) qui donne un point de vue différent que le Comité de Rédaction est loin de partager en totalité. En voici des extraits :

LE PEN écrasé !
Le F.N. vaincu !
Est-ce si sûr ?

« La République est restaurée ! La Démocratie est sauvée ! Les Français ont sauvé l’honneur de leur pays ! ». Dimanche les « blacks, beurs, blancs » qui, sous le regard ahuri de Bernadette (Chirac) se trémoussaient de plaisir en cadence sur la Place de la République, en entendant CHIRAC les assurer qu’il les « avait compris » me faisaient penser aux foules algéroises acclamant DE GAULLE qui, du balcon du gouvernement général d’ALGER, en 1958, s’était écrié : « Je vous ai compris ! ». On connaît la suite. Le tout est de savoir de quelle compréhension il s’agissait, hier comme aujourd’hui. (...)

Entre l’escroc sympa et l’odieux facho, les Français, dûment conditionnés et chapitrés par leurs mentors ou simplement saisis d’un réflexe antifasciste qu’on ne saurait bouder, ont donc choisi. Il n’est pas sûr que la gauche n’y ait pas laissé son âme.

(...) Ce n’est pas parce que les élections sont dernière nous qu’il faut renoncer à revenir sur cette folle semaine d’un psychodrame collectif destiné à conjurer symboliquement ce que la réalité des résultats sortis des urnes avait eu de traumatisant pour cette majorité de Français qui vit, à tous points de vue, assez convenablement et relativement bien. C’est ainsi que croyant sauver des valeurs qu’ils croient toujours communes à la gauche et à la droite ( ! ), les chefs des partis de gauche, ont apporté à CHIRAC sur un plateau républicain, les suffrages qui le reconduisent triomphalement pour 5 ans dans ses fonctions présidentielles. Le CHIRAC des prébendes, de la corruption, de la démagogie, des « odeurs » et des relents, du favoritisme et du mensonge, du cynisme et de la fourberie, des emplois fictifs et des pots-de-vin, des promesses non tenues, de la justice bafouée et des juges humiliés, le CHIRAC du grand patronat et du libéralisme, le CHIRAC le mieux élu de l’histoire de la République ! Ils sont fous ces Français !

(...) Il n’y aura pas de « troisième tour » aux législatives, ni de revanche de la gauche dans les urnes. Pourquoi ce CHIRAC si brillamment réélu aujourd’hui se verrait-il refuser demain dans les urnes, par un peuple de gauche assez déçu des résultats de 5 ans de mandature gouvernementale « socialiste » pour n’avoir donné à son chef que 16 % de suffrages au 1er tour des Présidentielles, le soutien franc et massif qu’il demande pour mener à bien la « restauration de l’autorité de l’Etat et des valeurs républicaines » ? La droite est au pouvoir pour longtemps ... à moins que la rue ne s’en mêle un jour. Mais alors, bonjour la répression ! »

L’auteur s’interroge ensuite sur ce qui se serait produit si les électeurs de gauche s’étaient abstenus de voter Chirac :

« Même si la victoire de CHIRAC est un triomphe en trompe l’œil, il pourra néanmoins s’en prévaloir lorsqu’il s’agira bientôt de réprimer les mouvements sociaux venus d’horizons divers et qui vont immanquablement s’annoncer. » (...)

« Lorsqu’on réalise que la gauche française a été à l’origine de la résurrection d’un homme que tout le monde croyait fini, assailli par les « affaires », inconstant dans ses promesses, fluctuant dans ses fidélités, usé par plus de 30 années de jeux politiciens, on reste confondu par la naïveté de l’analyse qu’elle fit de la situation créée par les résultats du 1er tour. Atterrée, déboussolée, meurtrie par autant d’injustices et de faux pas accumulés, elle ne sut que s’offrir, toute pudeur rentrée et toute honte bue à celui qui n’attendait d’elle qu’une soumission sans condition. Après avoir eu la droite la plus bête du monde, la France a découvert la gauche la plus craintive et la plus angoissée du monde ! »

« La gauche, quant à elle, aura retiré de cet épisode inattendu mais prévisible, et la honte de son Histoire, et le pitbull à ses trousses ! La crise sociétale que vit la France depuis deux décennies, suite à la mondialisation accélérée de l’économie mondiale, devait un jour ou l’autre s’exprimer d’une façon ou d’une autre. Elle a pris une forme inattendue pour ceux qui vivent loin du petit peuple, celui des grandes villes comme celui des villages. Elle ne se résoudra pas sans un profond changement des rapports entre gouvernants et gouvernés. Les électeurs de LE PEN sont maintenant bien enracinés dans tout le pays, surtout dans les quartiers et les couches populaires. (...) »

Le terreau du mal-être

« Aujourd’hui, environ 30 % de nos concitoyens vivent mal. C’est sur le terreau de ce mal-être que poussent les plantes vénéneuses du racisme, de la xénophobie et du nationalisme. Là est l’unique question ! « Sauver la République et ses valeurs » ? Cela ne veut strictement rien dire pour tous ceux-là qui, depuis si longtemps, regardent avec dégoût s’accumuler les « affaires » et constatent combien ces valeurs sont violées par les Princes qui nous gouvernent ! »

« Il s’agit aujourd’hui de diriger la France sur les seuls chemins capables de répondre aux appels des électeurs de LE PEN, ceux de la justice sociale, du partage des richesses, du maintien des services publics, de la remise en cause de l’agriculture intensive productiviste, de la pérennité du système de retraites par répartition etc.. etc. De tels objectifs locaux ne peuvent être atteints que par une action du pouvoir politique sur la mondialisation ultra libérale(...) »

« Or, la nomination à la tête de l’Etat de représentants affirmés du grand capital et du grand patronat ne laisse guère présager que l’on y parvienne. La droite la plus libérale, la plus sécuritaire, la plus conservatrice a repris le pouvoir. Elle ne le lâchera pas de sitôt ! La politique socialement sécuritaire et économiquement libérale qu’elle mènera ne fera que creuser le fossé entre les classes sociales et ne résoudra aucun des problèmes posés par les électeurs du FN  , lequel continuera à recruter en masse. Jusqu’au jour où le loup pourra vraiment entrer « démocratiquement » dans la bergerie ! »

« D’ici là, la gauche des partis se déchirera, s’éclatera dans des discours vengeurs, réglera ses comptes. D’ici là, les chefs des partis de gauche s’imagineront toujours que la seule solution pour changer la société est pour eux d’accéder au pouvoir. Sans se rendre compte que le monde a changé, que la rupture est consommée entre la politique, telle qu’elle se pratique aujourd’hui, et les citoyens, tels qu’ils vivent concrètement. Sans se demander s’il ne serait pas temps d’impliquer structurellement et de faire participer institutionnellement à chaque décision « politique » locale ou nationale, les dizaines de milliers d’associations qui, sur le terrain, au plus près de la vie des gens, sont les véritables représentants de la population française. Le champ des inventions et des initiatives est ici immense. Qu’attendent les « politiques » pour le défricher ? »

André MONJARDET, le 8 mai 2002,
anniversaire de la Victoire contre le Nazisme
andre.monjardet@wanadoo.fr


Ecrit le 19 janvier 2005 :

Le Pen et la récup’

Le maire de Châteaubriant a pris prétexte d’une scandaleuse déclaration (1) pour appeler à un rassemblement « silencieux » (qui ne le fut pas) à La Sablière. 300 personnes se sont déplacées, moitié Droite moitié Gauche. Une bonne partie des présents de Droite n’avaient jamais mis les pieds dans cette Carrière des Fusillés où tombèrent 27 Otages en 1941. Il y eut un bref discours du maire, rappelant la mort d’Otages, les Déportés, les Prisonniers et les souffrances de la France entière. Mais citer le nom de Le Pen en ce lieu, sans dire que les Otages sont morts parce qu’ils étaient communistes et syndicalistes c’est, au moins, une manipulation politicienne et au pire une injure à leur sacrifice.

Un certain nombre d’élus des environs étaient présents (dont le Président du Conseil Général), ainsi que le Sous-Préfet. Il y avait moins de monde en mai 2002 lors de la protestation contre le score important de Le Pen aux Présidentielles.

BP  


19 janvier 2005 Courrier des lecteurs :

Le sinistre bateleur a de l’écho...

Une fois de plus, Le Pen, histoire de se faire remarquer, se lance dans la provocation négationniste dans un entretien à l’hebdomadaire « Rivarol » qui aurait pu paraître inaperçu, tant est « grande » sa diffusion. Cette publication confidentielle a été efficacement relayée par la « grande presse » (le Monde et Ouest France du jeudi 13 janvier).

Doit-on dérouler à tout prix le « tapis brun » à chaque éructation du führer du FN   ? Cela fait-il événement sensationnel (un peu défraîchi) ou argument de vente ?

R. Le Gall


Ecrit le 19 janvier 2005 :

Manœuvres tortueuses

Mais pourquoi donc avoir relayé cette prise de position de Le Pen ? Sous les protestations vertueuses se cachent peut-être des manœuvres tortueuses :

Tous les observateurs ont noté une progression du « non » à la Constitution Européenne, dans l’opinion publique depuis plusieurs semaines. Or M. le Pen est partisan du non, donc tous les partisans du non sont partisans de Le Pen. « La ficelle est grosse » dit Patrick Le Hyaric dans l’Humanité.

« C’est précisément pour empêcher tout débat sur ce projet de constitution, pour empêcher la progression du « non », que dans certains milieux on agite aujourd’hui l’épouvantail fasciste pour tenter de marquer le « non » du sceau de l’extrémisme de droite » dit-il encore

(...) « C’est parce que nous refusons le retour de la bête immonde qui peut surgir de la mal-vie généralisée en Europe, des nationalismes, des populismes exacerbés que nous sommes les partisans d’une autre Europe, sociale, démocratique et pacifiste. » dit Patrick Le Hyaric.

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NOTES:

(1)
Selon les propos de Jean-Marie Le Pen rapportés dans l’hebdomadaire « Rivarol » du mercredi 12 janvier, « si l’on compare l’occupation allemande de la France avec l’occupation d’un certain nombre d’autres pays européens, proportionnellement, c’est en France que celle-ci a été la moins douloureuse ». (Propos repris par Le Monde le 13 janvier 2005)