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008-2002-08. Que demande le peuple

écrit le 4 juin 2002

La destinée commune
de la Gauche et de la République

Le 6 mai dernier, au lendemain du 2e tour des élections présidentielles, j’écrivais dans ce journal : « La République et la Gauche ont des affinités naturelles, historiques, non pas exclusives mais privilégiées. Face au danger de triangulaires comprenant le Front National, il apparaît comme une évidence indispensable que la Gauche se présente unie ».

LA « GUEUSE » ET LA « SOCIALE »

Force est de constater que moins de quatre semaines après, à la veille du premier tour des législatives :

1°) La Gauche n’est pas unie, le futur Pôle Républicain en ayant été exclu par une querelle sémantique (= qui a trait à la signification des mots), dont la mauvaise foi, réciproque, n’est pas exclue et qui relève plutôt de la recherche du sexe des anges, ce qui, face à la confirmation des intentions de vote pour LE PEN, est tout bonnement suicidaire

2°) et, ce n’est pas le moins grave, en dehors du replâtrage des programmes, il n’y a aucune perspective commune de refondation de la Gauche ni, et c’est lié l’un à l’autre, de refondation de la République .

Il y a moins de 50 ans, les vieux castelbriantais de Gauche étaient fiers de dire : moi, je suis un vieux républicain, moi je suis un vieux patriote, et CARPENTIER, Maire socialiste de Saint-Nazaire, ne manquait jamais d’introduire ses discours par l’expression Citoyennes, Citoyens !

Il y a moins d’un siècle, la droite de choc (hobereaux, patrons de droit divin, cagoulards), et la droite était puissante dans la région, parlant de la République l’appelait « La Gueuse » (la République des gueux), et les ouvriers, aux époques des grandes victoires ouvrières, l’appelaient « La Sociale » !

Si l’Etat émane de la République, la République n’est pas désincarnée (sauf peut-être dans l’esprit de quelques météores du Pôle Républicain dont certains ont déjà quitté le navire). La République, ce sont les citoyens, et les citoyens c’est le Peuple, le Peuple généreux, rieur, grondeur, prompt à l’enthousiasme et prompt à la colère, parfois truculent et éternellement jeune, même s’il a des cheveux gris. La Droite et la bourgeoisie (sauf quand elles ont exceptionnellement besoin de lui) l’appellent avec mépris la populace .

LA REPUBLIQUE, C’EST LES CITOYENS,
ET LES CITOYENS, C’EST LE PEUPLE

C’était la République et c’était le Peuple qui étaient dans la rue le 1er mai 2002. Et il faut bien admettre que la République et le Peuple, et la République et la Gauche, se ressemblent bigrement au point de se confondre. Forcément, la Droite n’est le plus souvent qu’une coalition d’intérêts et de privilèges : c’est même pour ça qu’on a fait la Révolution et réinventé la République

D’ailleurs il y a des raccourcis saisissants : quand il s’agit d’imager la défense de la République et des Libertés que dit le Chant des Partisans ? « Ohé partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme ! ».

Bien sûr les ouvriers et les paysans n’excluent pas les artisans, commerçants et autres citoyens au sens des Fédérés de 1871. Bien sûr les ouvriers incluent les employés, les enseignants, les ingénieurs, les chercheurs, voire les universitaires, ceux qu’on appelait récemment encore les « travailleurs intellectuels » (à condition qu’ils acceptent d’intégrer la Classe Ouvrière et le Peuple et qu’ils n’exigent pas de s’en déclarer les guides naturels, comme ce fut parfois le cas en 1968).

Il va de soi que la République étant exclusivement constituée sur le Principe de la souveraineté du Peuple : « Gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple » (Article 3 de la Constitution), elle ne peut déléguer à des tiers cette souveraineté (ce qui est loin d’être malheureusement le cas). Basée sur les principes de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen à caractère universaliste, la Souveraineté Populaire n’ignore rien de ce qui est Universel, mais ne peut être assujettie à des décisions imposées par la mondialisation économique (cas Canal Plus) ou par les marchés financiers ni même être absorbée par une quelconque Fédération Européenne : On ne voit pas à ce sujet comment pourraient coexister une Constitution Française basée sur la souveraineté du Peuple, et une Constitution Européenne qui prétendrait s’imposer à elle ?

LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE

Sur un autre plan, et c’est là qu’à nouveau la République, le Peuple, et la Gauche se rencontrent et se confondent jusqu’à ne faire qu’un : la devise de la République Française est Liberté, Egalité, Fraternité. (Article 2 de la Constitution ).

La LIBERTE est-elle par exemple compatible avec la dictature des marchés financiers qu’ils soient français, européens, ou mondiaux ? La liberté est-elle compatible avec les fermetures d’entreprises et les licenciements massifs qui en résultent ? La liberté est-elle compatible avec le déménagement du territoire et la fermeture des services publics et privés qui en résulte, sous le règne de la seule loi du marché, sous la férule bienveillante du libéralisme ou du néolibéralisme politique qui le protège. La liberté existe-t-elle quand la sécurité de tous n’est pas assurée ?

L’EGALITE est-elle compatible avec des écarts de revenus qui grandissent sans cesse, les pauvres étant de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches ? L’égalité est-elle compatible avec une réforme fiscale de type serpent-de-mer toujours annoncée jamais réalisée ? L’égalité existe-t-elle entre les beaux quartiers et les ghettos des banlieues, entre leurs écoles ? L’égalité existe-t-elle quand la République n’assume plus, ou assume mal sa mission redistributrice ?

LA FRATERNITE, parlons-en : la fraternité existe-t-elle quand un racisme brutal ou larvé, et bien souvent réciproque, oppose plus ou moins sournoisement les populations immigrées et les populations autochtones ? La Fraternité existe-t-elle quand l’Etat distribue des millions à l’hospitalisation commerciale alors que la pénurie règne dans l’hospitalisation publique, en personnel et en moyens matériels, à tel point que de grands malades attendent des lits plusieurs jours pour être soignés ?

Et ce ne sont que quelques exemples. Discours politique, discours socialiste, discours communiste, voire discours gauchiste, dites-vous. Sans doute, mais aussi discours républicain ; nul ne peut prétendre être propriétaire de la République. Nul ne peut non plus être propriétaire du socialisme .

En fait, l’esprit de la République et l’esprit du Socialisme se reconnaissent et se mesurent à une politique et à des actes qui sont souvent les mêmes ou au moins parallèles . Le clivage entre ce qui est républicain et ce qui ne l’est pas, entre ce qui est de gauche et ce qui- ne l’est pas (c’est tout un), passe au sein du P.S., au sein des Verts (pour lesquels c’est plus complexe encore), voire au sein du PCF, au sein du M.R.G. et au sein du Pôle Républicain en gestation ; (il existe de nombreuses affinités entre le discours du PCF. et celui du M.D.C., notamment en terme de souveraineté populaire et de refus du néo-libéralisme et des privatisations, et de défense de la classe ouvrière.)

Quant aux excommunications réciproques, elles sont souvent arbitraires (ou tactiques) et aussi injustifiées que malsaines. Peut-on affirmer sérieusement que MAUROIS, EMMANUELLI OU CHEVENEMENT ne sont pas des hommes de gauche ? Peut-on affirmer sérieusement que Pascal LAMY, important Commissaire Européen, soit un homme de gauche ? Par contre je ne mettrais pas ma main au feu sur la profondeur des convictions socialistes ou républicaines de plusieurs personnages des cinq partis . En fait ce sont les orientations politiques ou sociétales fondamentales qui comptent et la fidélité à ces orientations.

DOUBLE URGENCE :
Refonder la République
et refonder la Gauche

Par contre, et là est l’urgence, la République est en danger, danger de dilution, danger d’absorption, danger de disparition. La Gauche est en danger danger de libéralisation, danger de dilution, danger de disparition. La solution n’est pas de changer la numérotation de la République et l’appellation de la Gauche ; ce peut être utile, mais ce n’est pas l’essentiel .

Il est fondamental et urgent de ressourcer la République et de ressourcer la Gauche, de renforcer l’Esprit de la République et de renforcer l’esprit de la Gauche, de procéder à la Refondation de la République et de procéder à la Refondation de la Gauche, non dans une volonté de repli sur soi, mais dans la volonté de demeurer soi-même et d’apporter sa contribution originale à l’Europe et au Monde et de jouer aussi sa propre partition dans le grand concert universel .

Nul parti ou groupe de partis ne peut prétendre réaliser seul la double refondation de la République et de la Gauche parce que nul parti ou groupe de partis ne peut prétendre seul à l’exclusivité de la Gauche, du Peuple, et de la République

Jean GILOIS


écrit le 25 juin 2002

Que demande le peuple ?

Ouf ! Le Président de la République est élu avec 25.540.873 voix soit 82,21 % des suffrages exprimés : que demande le Peuple ? Ouf ! Le Parlement est élu avec une majorité présidentielle de 399 députés libéraux (69 % des députés) contre 178 députés d’opposition, dont 154 néo-libéraux, 21 communistes et 3 verts, sur un total de 577 parlementaires : que demande le Peuple ?

Certes, l’abstention de 28,40 % au 1er tour des Présidentielles et de 20,29 % au deuxième tour des présidentielles (transformé en referendum anti-LE PEN) est-elle passée à 35,5 % au premier tour des Législatives pour atteindre 39,71 % au second tour. Mais, disent les politologues maison, cela ne prouve-t-il pas que la France est en train de rejoindre les grandes démocraties américaines ou européennes dont fréquemment une importante minorité d’habitants ne se déplacent pas (faute d’intérêt) lors des consultations électorales. Que demande le Peuple ?

40 % des français ont boudé les urnes

De qui se moque-t-on ? Jusqu’à ce jour les Français ont voté massivement pour les élections présidentielles, législatives, et municipales. (Par contre ils ont toujours manifesté un moindre intérêt pour les élections cantonales, régionales ou européennes). Alors quand 40 % des électeurs, plus de 16 millions de Français, presque un sur trois, boudent les urnes, ce n’est pas un problème de simple négligence : c’est qu’ils considèrent :

– soit qu’il n’y a guère de différence entre le candidat libéral et le candidat néo-libéral que le système électoral leur propose généralement au deuxième tour,

– soit que les députés ne servent plus à grand-chose puisque les principales décisions sont prises ailleurs par des instances qu’ils (les députés) ne contrôlent pas. Il y a sans doute un peu de ces deux raisons dans cette abstention massive.

Dès lors, il conviendrait peut-être de s’interroger sur la représentativité réelle du personnel politique à qui vient d’échoir la totalité des pouvoirs :

– Le Président de la République avec 5.666.440 voix a certes recueilli au premier tour 19,88 % des suffrages exprimés ; mais ceci ne représente guère que 13,75 % du corps électoral français. (Il est bien évident que, malgré les prétentions mensongères de la droite, les 82,21 % de suffrages exprimés au deuxième tour, n’étaient pas, pour une écrasante majorité, des, voix pro-CHIRAC, mais des voix anti-LE PEN.)

– Un député, élu au deuxième tour avec une confortable majorité de 60 % des suffrages exprimés, ne représente en moyenne que 36 % du corps électoral de sa circonscription.

– Un député, élu au deuxième tour avec une faible majorité de 51 % des suffrages exprimés, ne représente en moyenne que 30,6 % des électeurs de sa circonscription.

– Et Michel HUNAULT, élu député au premier tour avec 50,49 % de suffrages exprimés ne représente en réalité que 33,13 % du corps électoral de la circonscription de Châteaubriant.

Une majorité largement minoritaire

Ainsi donc on peut être fondé à dire que le Président de la République est en réalité largement minoritaire dans ce Pays et que la majorité parlementaire libérale est simplement un peu moins minoritaire que son opposition.- Sans doute est-on en droit d’affirmer que les abstentionnistes ont tous les torts et n’ont plus qu’à se taire : c’est vrai quant à la forme ; c’est beaucoup plus contestable et faux quant au fond : c’est en effet oublier un peu vite que le 21 avril dernier (il y a seulement deux mois) les 5.472.430 voix portées sur l’extrême-droite et les 2.973.640 voix portées sur l’extrême-gauche sont venues s’ajouter aux 12.693.884 électeurs qui se sont abstenus ou ont voté blanc ou nul, faisant un total de 21.139.954 Français sur 41.196.339 électeurs inscrits (soit plus de 51 % des Français) qui ont refusé non seulement les candidats de la droite libérale et ceux de la gauche néo-libérale, mais aussi tous les autres candidats.

On est donc bien obligé de constater que, quand l’ensemble de ce qu’il est convenu d’appeler la « classe politique » est à ce point rejetée dans ce pays, il se pose un grave problème de démocratie, surtout quand on constate en même temps que ce sont les forces populaires, et notamment la classe ouvrière au sens large (qui soi-disant n’existe plus pour les exégètes conservateurs ou sociaux-démocrates) que ce sont donc les forces populaires qui votent LE PEN, LEGUILLER ou BESANCENOT.

Le divorce de la France officielle
et de la France profonde

Si la lutte des classes a disparu du jargon politique, les classes sociales, elles, existent toujours bel et bien. Il y a toujours des ouvriers, à la chaîne ou non, et qui, en outre, travaillent maintenant à « flux tendu », les stocks des entreprises n’étant plus en magasin, mais sur la route ; il y a de plus en plus de smicards, de petites mains, d’intérimaires, d’employé(e)s du tertiaire au service de l’ordinateur tout puissant, il y a les chômeurs, les vagues de licenciements économiques ou non -, il y a les jeunes dont les parchemins n’offrent aucune garantie de débouchés ; il y a les cohortes de retraités inquiets, à juste titre, pour leurs dernières années. Il y a la grande misère de la santé publique et du secteur social ; il y a les problèmes de sécurité bien réels, savamment exacerbés, exploités ; il y a la peur, la peur réciproque de l’autre, savamment entretenue. Et par dessus tout ça, il y a l’implacable contrainte de la mondialisation présentée comme inéluctable et nécessaire ; il y a le carcan d’une certaine europe libérale, celle des capitalistes, des affairistes et des banquiers, qui se mêle de tout, d’une europe-pieuvre qui détruit systématiquement une organisation sociale spécifiquement française héritée des luttes du Front Populaire et des réalisations du programme solidaire et généreux du Conseil National de la Résistance à la Libération de la France

Faut-il donc s’étonner du divorce, non pas entre la France d’en-haut et la France d’en-bas (terme méprisant que n’eût pas désavoué Marie-Antoinette), mais du divorce entre la France Officielle et la France Profonde. A certains égards c’est une situation révolutionnaire. Dans ce type de divorce, c’est toujours, à plus ou moins long terme, la France Profonde qui gagne : on n’administre pas durablement un Peuple contre lui-même

La Gauche au pied du mur
_de la Refondation

Le Parti Socialiste, dont la responsabilité est accrue, puisqu’il a, plus ou moins volontairement, fait le vide sidéral autour de lui, parle maintenant de Refondation de la Gauche (qui va de pair avec celle de la République, ou de la perception qu’on en a). On ne peut que s’en réjouir. Mais ça va être dur, non pas pour les militants, mais pour certains dirigeants-qui devront brûler ce qu’ils ont adoré et adorer ce qu’ils ont brûlé ; acceptons-en l’augure : de toute façon, il n’y a pas d’autre solution.

La Refondation devrait être plus facile pour les Communistes, en quelque sorte victimes de leur solidarité gouvernementale passée.

Les Verts, parti expérimental, n’ont, eux, pas de problèmes avec les idées contestataires ou novatrices ; leur problème est parfois de sortir de l’abstraction, et parfois, aussi, celui d’une certaine cohérence

Il est peut-être prématuré d’évoquer les Chevènementistes fort obligeamment enterrés à la sauvette par une certaine presse. Sans doute Jean-Pierre CHEVENEMENT n’a-t-il obtenu que 1.518.901 voix, soit 5,23 % des suffrages exprimés (c’est-à-dire un peu plus que Noël MAMERE) au premier tour des présidentielles. Sans doute a-t-il été personnellement battu aux législatives à Belfort, les candidats du Pôle-Républicain n’ayant fait par ailleurs qu’un score confidentiel.

Il faut remarquer à ce sujet que contrairement à ce qui s’est passé pour les Verts et pour le P.C. soutenus par le P.S., les députés sortants M.D.C. comme Georges SARRE, ont été battus avec la complicité active du P.S.,(CHEVENEMENT n’ayant reçu un soutien au deuxième tour à Belfort qu’à la façon dont la corde soutient le pendu). Il faut enfin noter que la grande majorité des candidats du Pôle Républicain ont été imposés aux militants locaux par des apparatchiks parisiens, ce qui a provoqué plusieurs candidatures rocambolesques du type de celle de Châteaubriant.

Ces précisons indispensables ayant été apportées, il faut constater que Jean-Pierre CHEVENEMENT a eu surtout le tort d’avoir raison une fois de plus avant tout le monde en dénonçant la soumission des élus de la Gauche aux lois du libéralisme et des marchés financiers. Il a le premier prononcé le mot de « Refondation » de la République (nécessairement liée à celle de la Gauche), maintenant repris par les socialistes eux-mêmes ! Non seulement son programme, présenté à Vincennes demeure valable, mais il a été repris pour partie par la Gauche (et parfois, par la droite !). Par contre sa stratégie a été maladroite : la vérité n’est pas toujours bonne à dire. il était sans doute prématuré de dire que la Gauche avait abandonné le Peuple (alors que les socialistes partent maintenant à sa reconquête). Il faudrait quand même rappeler que dans le même temps Lionel JOSPIN déclarait que son projet n’était pas socialiste et que Noël MAMERE et Robert HUE n’ont pas manqué, eux non plus, de marquer la différence !. L’autre erreur de CHEVENEMENT a été sans doute d’ouvrir trop facilement ses portes à n’importe qui, d’où ces fameux apparatchiks. Mais député ou non, ministre ou non, Jean-Pierre CHEVENEMENT demeure une pièce essentielle de la refondation de la République et de la Gauche. Rappelons le poids considérable de Pierre MENDES-France dans l’histoire de notre Pays, alors qu’il n’a été au pouvoir que quelques mois.

Il n’y aura pas trop de monde pour reconstruire une France réellement démocratique, généreuse et réconciliée avec elle-même. Mais il faut se souvenir que la mission de la Gauche n’est pas de gérer le libéralisme, même en l’aménageant, mais de défendre d’abord en tout domaine et en toutes circonstances les intérêts du Peuple et d’abord du Peuple de Gauche. L’inspiration de son action ne se situe pas à Davos ou à Bruxelles, mais à PORTO ALEGRE. Jacques NIKONOFF n’a pas dit autre chose l’autre jour à Châteaubriant dans le cadre de l’association ATTAC.

Jean GILOIS


Ils ont dit ...

Jacques Lang,

(et le propos n’est pas sans humour quand on connaît son talent de bateleur) demande au PS d’en finir « avec la gauche petite bourgeoise et pépère » et d’être « plus ouvert sur la vie, sur la société ». « Nous avons un devoir d’audace et de renouvellement : le PS doit être un laboratoire d’idées », et ne pas se contenter « d’un rafistolage d’été ou d’un colmatage d’automne »

M. Lang a invité son parti à « adopter une langue claire, simple, directe qui n’a rien à voir avec ce verbiage désincarné, gris, logomachique qui est trop souvent le sien ».

Arnaud Montebourg,

s’est fait connaître par son projet de poursuivre le Président de la République devant la Haute Cour de justice. Auparavant, il avait inscrit Alain Juppé, alors premier ministre, à son tableau de chasse, en l’obligeant à déménager en 1995, en raison d’une plainte sur les logements de la Ville de Paris. Il s’est déclaré candidat à la présidence du groupe socialiste à l’Assemblée nationale (mais c’est Jean-Marc Ayrault qui a été élu) en expliquant : « Il s’agit d’une candidature de résistance au système des éléphants qui pèchent par leur excès de conformisme et leur immobilisme »

Le député socialiste a affirmé « vouloir conduire une opposition pas seulement à la droite - bien sûr qu’il faudra résister à sa politique libérale - mais à ce système politique dans lequel la gauche s’est laissée ensevelir », et souhaite ne pas laisser les clés de l’avenir du PS « à ceux qui nous ont menés dans la situation où nous sommes », a-t-il dit. Il a confié « avoir vécu la (dernière) législature comme quelqu’un qu’on avait mis au frigidaire ».


Ecrit le 25 juin 2002

Des « orthodoxes » du PCF,
dont plusieurs responsables du Nord-Pas-de-Calais, se sont prononcés dans une tribune publiée mardi 18 juin dans l’Humanité, en faveur d’un congrès extraordinaire pour « sortir de la mutation réformiste ».

« Aujourd’hui, le PCF mutant est menacé d’extinction pure et simple », déclarent les auteurs du texte, qui réclament « un total renouveau stratégique ». « L’union de sommet avec la direction maastrichtienne du PS est usée jusqu’à la corde », affirment les signataires en ajoutant que « se subordonner à la Ligue Communiste Révolutionnaire ne mènerait pas plus loin ».

« Notre première responsabilité est de reconstruire un point de vue communiste indépendant permettant aux travailleurs de renouer avec une visée communiste en accord avec les fondements du communisme et de disposer à nouveau d’un parti à eux », disent-ils.

Ce texte est notamment signé par Georges Hage, député PCF du Nord, Georges Gastaud, secrétaire de la section de Lens du PCF, Henri Alleg, journaliste, Henri Martin, ancien membre du Comité central du PCF, et Léon Landini, ancien FTP.

Michèle Picaud,

Candidate du Parti Communiste sur la circonscription de Châteaubriant, estime que « Le débat auquel les électeurs avaient droit a été, une nouvelle fois, confisqué par la droite et par le PS au profit d’une campagne « vote réflexe ». Cela contribue au développement d’une bi-polarisation de la vie politique qui a proposé aux électeurs le choix entre le vote sécuritaire (Union pour la Majorité) et le vote utile (PS).

Dans ces conditions, les électrices et les électeurs qui ont voté pour les candidates et candidats présentés par le Parti Communiste ont montré beaucoup de clairvoyance. »

Face à la vague « bIeue » « terriblement dangereuse pour le monde du travail et leurs familles », les communistes restent animés autant par la volonté de tirer tous les enseignements de la période qui vient de s’écouler mais aussi de reconstruire une perspective de changement véritable qui ne soit pas dominée par un PS hégémonique, enferré dans un social-libéralisme qui a conduit au retour de la droite dans Ia plupart des pays d’Europe.


Ecrit le 25 juin 2002

Pourquoi bleu ?

Comme dit Pierre George dans Le Monde du 17 juin, « c’est un pays assez simple, la France. A chaque élection, les commentateurs font de la layette ». Du rose, du bleu. Mais pourquoi le bleu pour désigner la Droite ?

La couleur n’est pas si ancienne, elle remonte à la fameuse Chambre de Droite élue en décembre 1919, dans l’union sacrée contre le Bolchevisme. Ce « bleu-horizon » était celui des uniformes que portaient les soldats de la « Grande Guerre » à partir de 1915. Depuis cette époque la droite fut peinte et dite en bleu, les communistes portèrent la couleur rouge, les socialistes virèrent au rose. Depuis on a inventé les verts et l’extrême-droite reste brune, comme la peste du même nom.

Il en est ainsi dans les facilités classificatrices du « petit vocabulaire politique sans peine ».