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Europe (34). L’irlande aussi a dit NON

(écrit le 15 juin 2005)

 Les dix exigences d’ATTAC

Pour le Conseil européen des 16 et 17 juin

La victoire du « non » lors du référendum du 29 mai traduit la volonté des citoyens français d’une remise à plat totale de la construction européenne. (...)

Une occasion leur est donnée lors du Conseil européen qui se tiendra à Bruxelles les 16 et 17 juin. Ce Conseil devra donner des signes tangibles que le message du peuple français a été entendu.

Attac-France propose dix mesures immédiates qui permettraient au Conseil européen de démontrer une volonté de concilier la construction européenne avec les attentes exprimées par les peuples européens.

1.- Retirer toutes les directives européennes de libéralisation en cours (notamment les directives Bolkestein, sur le temps de travail, sur les aides publiques aux entreprises, sur les transports ferroviaires...).

2.- Réunion d’urgence de l’Eurogroupe pour exiger une modification substantielle de la politique monétaire par la baisse des taux d’intérêt et la recherche d’une parité de change entre le dollar et l’euro plus favorable à ce dernier.

3.- Nouvel assouplissement du pacte de stabilité.

4.- Augmentation substantielle du budget européen et des fonds structurels à destination des pays nouveaux entrants, seul moyen de les aider dans leur développement au lieu d’encourager le dumping social et fiscal et les délocalisations.

5.- Organisation d’une relance économique européenne, y compris par l’emprunt, fondée sur des investissements dans les infrastructures publiques contribuant à améliorer l’environnement, les transports ferroviaires, l’éducation, la santé..., et visant à la création d’emplois.

6.- Accroissement de l’aide publique au développement à 0,7 % du PIB des Etats membres de l’Union, implication plus forte dans les objectifs du millénaire et annulation de la dette des pays pauvres.

7.- Moratoire sur les négociations de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS).

8.- Mise en place de groupes ad hoc visant à préparer des mesures pour mettre fin aux paradis fiscaux et pour promouvoir les taxes globales.

9.- Retrait immédiat d’Irak des troupes de pays membres de l’Union.

10.- Remise à plat de l’ « agenda » de Lisbonne (Conseil européen des 23 et 24 mars 2000) et de l’agenda social 2005-2010. [1]
[1] L’AGENDA DE LISBONNE

Il a été décidé à Lisbonne de « moderniser les systèmes de sécurité sociale et d’éducation », et chacun sait ce que cela signifie dans le langage bruxellois ;
– d’accélérer « les réformes structurelles pour renforcer la compétitivité et l’innovation et par l’achèvement du marché intérieur » ;
– de « pleinement intégrer et libéraliser les marchés des télécommunications » ;
– de « définir une stratégie pour l’élimination des entraves aux services » (AGCS) ;
– d’ « accélérer la libéralisation dans des secteurs tels que le gaz, l’électricité, les services postaux et les transports, l’espace aérien » ;
– de « faciliter la participation constructive de tous les investisseurs à un marché intégré en supprimant les obstacles à l’investissement dans les fonds de pension » ;
– de « réduire la pression fiscale qui pèse sur le travail, notamment sur le travail peu qualifié et faiblement rémunéré, améliorer les effets d’incitation en faveur de l’emploi et de la formation des régimes d’imposition et d’allocations ».


 Echec à Bruxelles

A Bruxelles, les 16-17 juin 2005, les Vingt-Cinq ne sont pas parvenus à s’entendre sur le budget de l’Union élargie pour la période 2007-2013, malgré la proposition des pays les plus pauvres de renoncer à une partie de leur dotation financière. Le Royaume-Uni a bloqué l’accord, en mettant en évidence que l’Union Européenne consacre 40 % de son budget à l’agriculture, soit sept fois plus que pour des dépenses d’avenir sur la recherche, le développement et l’éducation.


ECRIT LE 14 DECEMBRE 2005 - REACH


Ecrit le 13 juin 2008

 Consultée par référendum, l’Irlande a dit non.

Lire l’article du Nouvel Obs

* Le texte du traité de Lisbonne

* Carte de l’Irlande

*L’Irlande fera-t-elle dérailler l’Europe ?

* Histoire de l’Irlande

*Irlande : présentation générale

*Histoire de l’Union européenne


Ecrit le 15 juin 2008

 Ballade irlandaise

Y a comme qui direu une europe qui bouine. Mon Sarko craïyeu qu’il aveu inventeu le fil à coupeu le beurre européyen avec son traiteu de Lisbonne et v’la les irlandais qui ont profiteu le pu de l’Europe pour s’enrichir qui zont dit non. Comme nos paizans qui receveu les sous mais cracheu su la main qui leur donneu à mangeu alors que tous ceux qui n’aveu rein que des emmerdes (nous) y sont pour. Y aveu rein à comprendre !

(voir chronique en gallo)

 Quand le peuple est consulté, il répond !

Le 12 juin, le peuple irlandais a rejeté par référendum le traité de Lisbonne. Attac demande aux différents gouvernements européens de respecter sa décision souveraine. Il serait catastrophique que les gouvernements européens tournent encore une fois le dos à l’expression populaire. Ce résultat, tout comme ceux du 29 mai 2005 en France et du 1er juin 2005 aux Pays-Bas, apporte la preuve que la construction européenne actuelle manque totalement de légitimité populaire.

Au sein de l’Union européenne, les Irlandais sont les seuls à avoir eu le droit de se prononcer par référendum. Les Français en ont été privés par la décision du Président de la République de faire ratifier le traité de Lisbonne par voie parlementaire. Pourtant, de l’avis même de ses rédacteurs, ce texte est la copie conforme de celui qui avait été rejeté en 2005. Il renforce encore un peu plus l’orientation néolibérale de l’Union européenne.

Le résultat du référendum en Irlande doit être l’occasion d’un grand débat public sur la construction européenne. Nous voulons une Europe démocratique, répondant aux exigences sociales, écologiques et de solidarité avec les pays du Sud. L’avenir de l’Europe ne peut pas se construire dans le dos des peuples mais dans le respect de leurs aspirations et de leur volonté.

 

Attac France, le 13/06/2008

 

De son côté John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES) a déclaré :

« Le vote des Irlandais est un revers pour l’Europe et souligne le besoin urgent d’introduire un volet plus social et plus populaire dans les politiques européennes. Depuis beaucoup trop longtemps, l’Europe n’accorde que peu d’importance aux attentes et aux droits des travailleurs et des autres citoyens qui se sentent menacés par la mondialisation et la rapidité des changements. Ce message lancé par l’Irlande tout comme celui lancé par la France et par les Pays-Bas il y a quelque temps, doit être pris en compte de façon urgente ».

 Revue de presse internationale

« L’Union européenne est à nouveau entrée en soins intensifs. » C’est le constat du quotidien suisse Le Temps, après l’échec du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, que les électeurs ont rejeté à 53,4 %, jeudi 12 juin.

Les chefs d’Etat et de gouvernement ont une semaine pour tenter de trouver une solution à la crise, note leFinancial Times. Les leaders des 27 doivent en effet se rencontrer le 16 juin pour préparer le sommet des 19 et 20 juin à Bruxelles. Une question dominera l’ensemble des discussions : et maintenant, que faut-il faire ?

Pour le premier ministre irlandais, Brian Cowen, il n’y a « aucune solution évidente », rapporte The Irish Examiner. Il ne veut pas que l’Irlande soit mise au ban de l’Europe à cause de ce référendum.

Ce n’est pas l’avis de tous. « Bien sûr, il faut analyser sérieusement ce vote, a déclaré le ministre de l’intérieur allemand aujournal Welt. Mais quelques millions d’Irlandais ne peuvent pas décider au nom de 495 millions d’Européens. » Une opinion défendue aussi en Belgique par Le Soir.

Quant àEl Pais, il évoque l« éventualité d’un deuxième référendum en Irlande. »Mais, note le quotidien espagnol, une autre victoire du ’non« serait encore plus humiliante. »