Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Pays (international) > Pays divers > Panama, Guatemala, Haïti

Panama, Guatemala, Haïti

Page 202
Info extraite du journal Le Grand Soir

Ecrit le 8 septembre 2004 :

La Présidente grâcie un terroriste

Comment peut-on manipuler l’information ?

Voici une brève publiée dans Le Monde du 27 août : « Le gouvernement cubain a annoncé, jeudi 26 août, la rupture de ses relations diplomatiques avec le Panama à la suite de l’amnistie accordée le jour même par la présidente, Mireya Moscoso, à un vieil ennemi du castrisme, Luis Posada Carriles et à trois de ses complices. ». Que s’est-il passé exactement ? Vous ne le saurez pas !

Souvenez-vous : tandis que les médias se déchaînaient sur le faux charnier de Roumanie (Timisoara, mi-décembre 1989)... durant le même temps les États Unis bombardaient le Panama (opération Juste Cause, destinée à mettre fin au régime du général Manuel Antonio Noriega qui, soit dit en passant, a été rémunéré par la CIA pendant 15 ans) : environ 3000 morts, des vrais ceux-là.

Carte du Panama, Amérique cent

Le droit à l’information

Le citoyen français, qui écoute la télévision ou lit son journal d’une manière distraite, se rend bien compte qu’en Irak la résistance s’amplifie et que l’hostilité à l’occupant est franche et massive, mais il peut toujours mettre cela sur le compte du « fanatisme », lui parle-t-on d’autre chose ?

On lui expliquera rarement que les Irakiens vivent d’une manière abominable, pire que durant les années d’embargo, tandis qu’on pille leurs puits pétroliers.(Excellent article d’Alain Gresh dans le Monde Diplomatique de septembre).

Quant à l’Amérique latine, la gauche française et ses journaux d’opinion, ont reconnu du bout des lèvres la victoire de Hugo Chavez au Vénézuela. Fini le temps où cette gauche palpitait devant la libération des peuples du tiers-monde. Aujourd’hui elle tremble devant la montée des « fanatismes » et des « populismes »...

Alors comment pouvons-nous nous intéresser au Panama ...

On aura vaguement compris, en cherchant bien, que la Présidente sortante du Panama a gracié Posado Carriles et ses hommes, ce qui a soulevé la colère de ces mauvais coucheurs de Cubains. Mais qui est Posado Carriles ? Il était en prison au Panama, pour avoir tenté, avec quatre terroristes d’origine cubaine, de plastiquer l’amphithéâtre de l’université de Panama alors que Fidel Castro devait s’y réunir avec des centaines d’étudiants en 2000, ce qui aurait fait un carnage si les services de renseignement cubains n’avaient pas déjoué ce projet.

Mon ami le terroriste

Posado Carriles est un ami de Bush, mais c’est aussi un dangereux terroriste responsable, entre autres, d’un attentat meurtrier contre un avion de ligne cubaine en 76, qui a fait 73 morts. C’est lui qui a dirigé la vague d’attentats en 96 contre les installations touristiques cubaines qui a fait un mort italien et de nombreux dégâts matériels. Echappé des prisons vénézuéliennes, c’est un agent de la CIA, un des héros de la mafia de Miami.

La grâce de la Présidente, dont il bénéficie, est intervenue à la demande de George W. Bush qui est parti à la pêche aux voix en Floride... N’oublions pas qu’il doit son élection à la Floride, dont son petit frère Jeb est gouverneur.

Au Panama non seulement la décision de la présidente donne lieu à des manifestations massives de protestation, mais sans cette histoire jamais les Français n’auraient su que le nouveau Président élu, Martin Torrijos, qui a pris ses fonctions le 1er septembre 2004 vient rejoindre le groupe des Présidents d’Amérique latine progressistes, ceux qui s’opposent de différentes manières à la main mise des États-Unis sur le sous continent [1] . : à la dernière minute la Présidente battue a fait une fleur à G.W.Bush en libérant un de ses terroristes... membre de la mafia cubaine de Miami, celle que l’on trouve dans tous les mauvais coups de la CIA, depuis l’assassinat de Kennedy jusqu’à l’élection de G.W.Bush, en passant par le Watergate et la diffusion de la drogue dans les ghettos noirs de Los Angeles.

Nous ne saurons jamais que les protestations contre la libération de Posado Carriles déferlent dans toute l’Amérique latine... Et que la pression des résistances y est si forte qu’elle oblige les gouvernants à céder comme on le voit à propos de Pinochet (qui vient de perdre son immunité).

La mafia

Pas plus que nous ne saurons qu’à Miami même, la mafia cubaine est elle-même contestée par les Cubains de Floride. À la suite des récentes mesures prises contre les familles cubaines à Miami, leur droit à visiter leurs familles dans l’île, à envoyer de l’argent à leurs proches, les manifestations se sont succédé car l’immigration a changé de nature, ce ne sont plus les revanchards autour de Batista, les anti-castristes déchaînés qui sont majoritaires, mais une immigration économique... La mafia tient toujours les allées du pouvoir, les leviers financiers, corruption et trafic de drogue mais les rues de Miami commencent à être occupées par les protestataires... Qu’en savons-nous, rien bien sûr ! ! ! Alors si la mafia fraude une fois de plus en Floride, et si G.W.Bush est élu, nous le subirons... C’est ça la démocratie...

Donc l’histoire du Panama montre l’isolement grandissant de G.W.Bush et la manière dont sa politique est contestée... Et pas seulement parce que quelques militants contre le sida ont décidé de manifester nus dans les rues de New York, ce à quoi semble s’intéresser en exclusivité la télévision française...

Le citoyen français s’intéresse au Panama, parce qu’il ne lui est pas indifférent que G.W.Bush soit ré-élu, même s’il n’attend pas grand chose de Kerry, et parce que dans ces temps de mondialisation impériale, beaucoup de choses sont liées...

La montée des résistances (y compris en Allemagne avec les manifs du lundi) contre l’ordre néo-libéral, contre le chômage, contre la pression sur les salaires et sur les dépenses sociales, et contre la guerre s’intensifie sur tous les continents, mais...

.... nous ne devons pas le savoir.

On ne sait jamais ça pourrait donner l’idée au citoyen français que l’on peut changer les choses et pas seulement en attendant tout de l’élection d’un Fabius ou d’un Strauss Khan qui, une fois élus, appliqueront le même genre de politique que Schröder en Allemagne !

Nous devons non pas revendiquer la « liberté de la presse » car la liberté de la presse ainsi conçue est celle d’une industrie dominée par de grands intérêts (en France, les propriétaires sont des marchands d’armes, Dassault et Lagardère, et des annonceurs Publicis dont le principal client est l’armée nord américaine) mais le DROIT À L’INFORMATION du citoyen français pour pouvoir exercer ses droits politiques

Danielle BLEITRACH, Pour le journal Le Grand Soir
http://www.legrandsoir.info/

Danielle BLEITRACH vient de publier avec Viktor DEDAJ et
Jean François BONALDI, « Cuba est une île », Ed. Le Temps des Cerises.

(1) Cela va des pays du Mercosur (Argentine, Brésil et Uruguay) qui refusent de saborder leur union pour rentrer dans la ZLEA (zone de libre échange de l’Amérique, en fait un grand marché néo-libéral de l’Alaska à la Terre de feu, totalement ouvert aux capitaux et aux produits nord-américains), au front encore plus ferme du refus que représente le Venezuela et les petits pays anglophones des Caraïbes regroupés dans une union. Sans parler des révoltes dans les pays andins... Cuba a été d’office exclu de ce projet néo-libéral.


Ecrit le 8 septembre 2004 :

Détail et médailles

Au titre de la désinformation ordinaire, voyez comment Cuba est traité par les commentateurs sportifs aux jeux olympiques : jamais la moindre médaille signalée ou alors c’est parce que la caméra s’égare dans le stade sur une lanceuse de javelot drapée dans son drapeau cubain, ou encore parce que notre champion national de boxe est confronté à un boxeur cubain...

Qu’un petit pays soumis au blocus américain puisse produire tant de jeunes athlètes, que ceux-ci aiment leur pays au point d’y rester alors que des ponts d’or leur sont offerts n’intéresse pas la presse française... Pas plus d’ailleurs que dans ce pays l’idéal du Che soit resté si vivace que tous les ans 16.000 médecins partent faire leur devoir de solidarité auprès des plus pauvres en Amérique latine, en Afrique...

Pour info, Cuba, petit pays de 115 000 km2 a remporté 27 médailles aux Jeux Olympiques d’Athènes (dont 9 médailles d’Or) . La France, cinq fois plus grande que Cuba, a remporté 33 médailles dont 11 médailles d’Or.


Ecrit le 8 septembre 2004 :

Un cyclone sélectif

Avez-vous remarqué que le récent cyclone Charley n’a fait des milliards de dégâts qu’en Floride ? Rien ou presque sur Cuba, alors que, dans cette île, on compte des dizaines de milliers de sans-abri, 7000 arbres déracinés, 55 000 hectares de cultures dévastées, 21 782 hectares de canne à sucre détruites, de même que 1297 poteaux de téléphone, plus de 300 km de câbles, 798 écoles, 312 centres de santé, 123 installations culturelles et sportives détruites ou endommagées. En ce qui concerne Cuba, même la météorologie française a des absences

Les dégâts de riches régions comme la Floride sont sans doute plus tristes que ceux d’un pays pauvre.


Ecrit le 29 septembre 2004 :

Guatemala : le viol des filles

Dans l’après-midi du 6 juillet 2004, au Guatemala, alors qu’ils lavaient du linge près de chez eux, une jeune fille et son frère, âgé de treize ans, ont été attaqués par deux hommes encagoulés, qui les ont traînés sous la menace d’une arme jusqu’à des caféiers situés tout près, et les ont ligotés avec leurs propres vêtements. Un homme a alors violé la jeune fille pendant que l’autre faisait le guet. Des ouvriers de la plantation « Maria Lourdes » qui étaient partis à la recherche des enfants les ont retrouvés environ une heure plus tard. Tous deux avaient été battus. Leurs parents, Margarita Pérez Aguilar et José Elías Juárez, sont des membres actifs du Sindicato de Finca María Lourdes (Syndicat de la plantation Maria Lourdes).

Ce viol semble s’inscrire dans une campagne d’intimidation menée par la direction contre les syndicalistes : en mars, le directeur aurait promis une récompense à tout agent de sécurité privé qui violerait une femme ou une fille ayant un lien avec le syndicat. Amnesty International craint que la famille de la jeune victime et tous les membres du syndicat ne courent un grave danger.

Le Sindicato de Finca María Lourdes (Syndicat de la plantation Maria Lourdes) est en conflit avec la direction de la plantation depuis 1992. Au départ, ses membres revendiquaient pour les travailleurs un salaire horaire minimum de 11,20 quetzals (soit environ 1,15 euros). À cette époque, ils touchaient à peu près la moitié de ce montant. La direction a réagi en licenciant les 47 syndicalistes qui travaillaient dans la plantation. Les tribunaux ont rendu une décision favorable au syndicat.
Depuis lors, les syndicalistes sont constamment la cible d’actes d’intimidation : certains ont été licenciés après avoir rejoint le syndicat, d’autres ont vu leur maison démolie sous prétexte qu’elle avait été construite sans permis, d’autres encore ont eu leurs arbres fruitiers abattus ou ont été inculpés de vol avec violence en représailles à leurs activités au sein du syndicat. Ils ont également été menacés de mort et de viol, et leurs enfants ont été privés de l’accès à l’école et aux soins médicaux.
(Info Amnesty International, Belgique)

Voilà des méthodes de lutte auxquelles le Medef n’a pas encore osé recourir... du moins en ce qui concerne le viol car, au sujet des interdictions professionnelles, il ne fait pas bon, en ce moment, être syndicaliste CGT.


Ecrit le 29 septembre 2004 :

Haïti
Une vague de désespoir

Haïti : cela ressemble fortement à de l’acharnement. En mai dernier, des inondations dans le sud d’Haïti avaient fait 1 400 morts. Avec un bilan provisoire de 1286 morts (mais sans doute deux fois plus), et 1129 disparus, des centaines de blessés, 250 000 personnes sans foyer, le cyclone Jeanne a ravagé un peu plus un pays, l’un des plus pauvres du monde, qui n’avait pas besoin de cela.

« Je ne pense pas qu’il y ait encore l’espoir de retrouver vivant les disparus », a précisé à l’AFP le porte-parole de la Protection civile, Dieufort Delorge. L’essentiel des victimes ont été recensés aux Gonaïves, ville du nord du pays, toujours partiellement inondée

Note du 17 septembre 2005 :

En Haîti, frappée par des inondations en mai 2004 et par le cyclone Jeanne en septembre 2004, (3000 morts), la population attend toujours une aide alimentaire .......