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Lagunage à Fercé

Page 2029
Ecrit le 30 juin 2004
(lire plus bas : la carrière d’enfouissement des ordures ménagères)

Traitement des eaux usées : Lagunage à Fercé

Le petit ruisseau « de Madeleine »
n’est jamais à sec
Il se jette dans la Brutz,
qui mène au Semnon et à la Vilaine.
Le maire de Fercé, Yannick Massard
a fait visiter « sa » lagune.
au lieu-dit Le petit Moulin

Dans un vaste champ en pente, au bord du ruisseau, une large étendue de verdure et un bassin : c’est le système d’épuration des eaux de Fercé. En réalité il y a quatre bassins mais on n’en voit qu’un.

Le lagunage est un procédé basé sur des phénomènes biologiques complexes dans les eaux usées, sous l’influence de facteurs bioclimatiques. Il utilise un volume d’eau important mais peu profond. Le temps de séjour doit être élevé (3 à 30 jours, voire plus). Des boues se concentrent sur le fond et interviennent dans la biologie du système : elles ne doivent être évacuées qu’après quelque 5 à 10 années.

Le système de lagunage de Fercé, bien adapté pour cette petite commune, est réalisé sans aération ni brassage artificiels, l’oxygène est principalement fourni par l’air qui se trouve au-dessus de la surface de l’eau, et par le mélange avec des eaux de surface de bonne qualité, saturées en oxygène (eaux de pluie). C’est un système peu coûteux à l’usage. L’installation revient à 180 000 € et a bénéficié de 80 % de subvention.

Toutes les eaux usées de la partie agglomérée de Fercé (300 habitants) arrivent dans la première lagune, passant d’abord par un dégrilleur (qui retient les gros déchets) puis par un dégraisseur (qui retient les matières grasses). Cette lagune a été creusée directement dans le schiste. L’étanchéité est assurée par un revêtement en PEHD (polyéthylène haute densité), en lés soudés (double soudure) superposés. De place en place des systèmes d’aération permettent d’évacuer les gaz qui s’accumuleraient sous la membrane. Sur les parois de la lagune, un système de grillage constitue des échelles à rats. En effet, les parois de la lagune étant très lisses, l’expérience a prouvé que lorsque ces bestioles ne peuvent sortir par leurs propres moyens, elles dévorent la bâche d’étanchéité !

Les eaux de la première lagune passent ensuite dans la seconde puis dans la troisième et sont évacuées, épurées, dans le petit ruisseau « de Madeleine », ruisseau jamais à sec, qui a un débit de 72 à 420 mètres-cubes/heure. Les rejets du lagunage ne représentent pas plus de 10 % du débit d’étiage.

Périodiquement il faut enlever les boues de la première lagune. « C’est dans cette perspective qu’a été créé un quatrième bassin destiné à recevoir les eaux usées pendant la durée du nettoyage » explique Yannick Massard. Ce bassin est garni de roseaux macrophytes qui digèrent la pollution en se nourrissant des éléments contenus dans les eaux usées et en produisant de l’oxygène.

Quatrième la
Les roseaux macrophytes sont encore bien maigres !

Le système de lagunage de Fercé, sur 4800 m2, a la place de s’étendre jusqu’à 400 habitants agglomérés (ce qui laisse de la marge pour cette commune de 526 habitants). Pour les habitants non agglomérés, un SPANC (service public de l’assainissement non collectif) doit être mis en place d’ici décembre 2005.

Le Sous-Préfet Jean Bernard Bobin a salué cette installation, rappelant qu’elle a bénéficié d’une aide technique des services de la DDE, de fonds de l’Etat et de fonds européens.

Michel Neveu, Conseiller Général, a rappelé que l’assemblée départementale a apporté son concours financier dans le cadre du fonds national pour le développement et les adductions d’eau : « je serai vigilant pour que fonctionne la solidarité vers nos petites communes afin de faciliter la réalisation des équipements indispensables »


Ecrit le 7 juillet 2004 :

La carrière d’enfouissement des ordures ménagères :
Rebut et Corrigé
(copyright : Onyx)

Rebut et corrigé : le jeu de mots, utilisé par la Société Onyx, est intéressant. Samedi 26 juin 2004, le centre d’enfouissement technique de Fercé, à La Grée  , a ouvert ses portes au public.

Ce site a été implanté le 23 janvier 1986 dans une carrière de pierres appartenant d’abord à la famille Jardin, reprise par la suite par le groupe FASSA. Quand on extrait de la pierre, il reste de grands trous : idéal pour y stocker les ordures ménagères dont personne ne veut.

De nombreuses inquiétudes et polémiques ont accompagné la vie de ce site qui a fermé, comme prévu à l’origine, en mai 2002, après avoir absorbé 646 351 tonnes de déchets :
– 316 910 tonnes d’ordures ménagères
– 326 999 tonnes de déchets banals des industriels
– 2442 tonnes de machefer.

Le site a été suivi régulièrement par la municipalité de Fercé, soucieuse de limiter les nuisances (odeurs, qualité des eaux etc) et par un groupe de riverains.

Après la fermeture, la « post-exploitation » est confiée à la société Onyx. Vincent Mianowski a expliqué en détail les travaux réalisés sur ce site. « Sur une durée minimum de 30 ans, le site reste sous surveillance, et les lixiviats et les biogaz, effluents liquides et gazeux issus de la dégradation des déchets, continuent d’être traités » dit-il.

Les lixiviats

Les 646 351 tonnes de déchets ont été placés, au fil du temps, dans 8 casiers. Tant qu’un casier n’était pas plein, il est resté à ciel ouvert, recevant les eaux de pluie. Celles-ci se sont chargées de matières polluantes et ont été entraînées vers le fond du casier où un système de captage les a récupérées et dirigées vers un puits de drainage. Le rôle d’Onyx a donc été double :

– finir de couvrir le site : chaque casier est couvert par un mélange d’argile et de terre végétale engazonnée. Il y a donc désormais très peu d’infiltrations d’eau. Les fossés qui entourent les zones de stockage ont été étanchéïfiées.

– récupérer les lixiviats (= jus) : un système de pompage pneumatique a été mis en place pour évacuer les lixiviats 24 h/24. C’est le même système que lorsqu’on souffle sur une goutte d’eau : on déplace l’eau. Ici une forte pression d’air « souffle » les lixiviats vers une station de traitement

Les biogaz

La fermentation inévitable des ordures ménagères produit des gaz (50 à 60 % de méthane, du gaz carbonique, et des éléments divers comme l’hydrogène sulfuré qui sent l’œuf pourri) pour une durée de 10 à 15 ans à venir. Ces biogaz sont inflammables. La couverture en argile les empêche de sortir (c’est pourquoi le site n’est plus malodorant). Il pourrait y avoir risque d’explosion et d’incendie.

La société Onyx a donc densifié les réseaux de captage des biogaz : 44 puits (au lieu de 17) ont été forés dans la masse de déchets (15 à 16 mètres de profondeur). Ces puits captent les biogaz, par aspiration et les acheminent vers la station de traitement.

Récupération des bi

La station de traitement

L’essentiel du site : la station de traitement où arrivent les lixiviats et les biogaz.

Les biogaz, qui ont une forte valeur énergétique (à cause du méthane) servent de combustible à un moteur. Celui-ci entraîne un alternateur qui produit de l’électricité. C’est exactement le même système que la lumière des bicyclettes : le frottement de la roue sur la molette d’un petit alternateur (individuel et portatif !) crée un peu d’électricité qui sert à alimenter la loupiotte du vélo.

Donc ici les biogaz créent de l’électricité qui est rachetée par EDF. Un million de kilowatts-heure ont été produits en 2003 (de quoi alimenter 400 habitants par an, chauffage compris). La société Onyx a pour objectif de produire deux à trois fois plus d’électricité dans les années à venir. En plus de l’électricité, le moteur produit de la chaleur. Celle-ci est récupérée pour faire évaporer l’eau des lixiviats. Il reste un peu de matière sèche qui est renvoyée dans une lagune (bassin de stockage des lixiviats)

La station de traitement évacue donc trois choses :

– de l’électricité (récupérée par EDF)
– un peu de chaleur (la torchère qui brûle l’excèdent de méthane)
– de la vapeur d’eau venant de l’évaporation des lixiviats.
(voir schéma, © Tous droits réservés Santiago Philippe Lebriquir-Onyx)

Schéma de traitement,© Tous droits réservés Santiago Philippe Lebriquir-

Un site très propre

Ceux qui ont profité des portes ouvertes pour visiter, ont trouvé un site très propre qui ferait un agréable lieu de promenade s’il était ouvert au public (ce qui n’est pas possible). Il y a des oiseaux et toutes sortes de bestioles (on a même vu un petit renard qui a rapidement regagné la forêt voisine). Sur une surface totale de 16 hectares, 6 ha sont occupés par les 8 casiers remplis de déchets. Un arrêté préfectoral protège le site : nouvelle procédure, appliquée pour la première fois dans le département, elle protège le site ad vitam aeternam, pour que nul n’ait le risque d’y implanter, plus tard, un lotissement ou une zone de loisirs !

« Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants » (la citation est exacte mais on ne sait si elle est due à Chief Seattle 1854, ou à Antoine de Saint-Exupéry qui l’a empruntée à un proverbe amérindien !)

Considération

Le maire de Fercé, Yannick Massard, qui avait largement invité les maires des environs, a posé le problème des déchets que produit notre société.

D’une part : la nécessité de réduire cette production. D’autre part la nécessité de traitement.

« Les communes rurales sont sollicitées pour recevoir les déchets des villes (ordures ménagères, boues des stations d’épuration des eaux). Elle servent aussi, parce qu’elles ont de la place, à l’implantation d’éoliennes qui doivent produire une partie des quelque 20 % d’énergie renouvelable qu’exige la réglementation européenne d’ici 2010.

Mais le rural ne peut pas accepter n’importe quoi, il n’a pas à être la poubelle des grandes villes.

Ceux qui ont de l’espace, comme nous,
peuvent servir la collectivité
mais il faut que celle-ci
fasse quelque chose pour nous.
Cela peut être une aide financière.
Mais c’est surtout de considération dont nous avons besoin ».

Or il est facile de constater, y compris dans la Communauté de Communes du Castelbriantais, que les demandes des petites communes restent longtemps ignorées. On nous a parlé de lettres de maires qui restent sans réponse !!

On peut constater aussi que la proche région de Châteaubriant se désintéresse de ses déchets ménagers. Ceux-ci sont envoyés à Changé, en Mayenne, mais est-ce une solution quand des déchets font des kilomètres dans des camions, pour aller se déverser chez des voisins ?
La région de Nozay a pris une position autrement responsable.

BP  

voir : traitement des eaux usées par biodisques, à La Bergerie