Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Intercommunalité et diverses communes > CCC - Com Com de Châteaubriant > CCC - 2006-2007 > Moisdon: des vitraux et des angelots

Moisdon: des vitraux et des angelots

Ecrit le 30 mai 2007

La Forge Neuve à Moisdon la Rivière :

Au fond de la vallée du Don, la maison de Maître domine l’Etang. On raconte que le Prince de Condé, ne trouvant plus de Maître de Forges, prend la gestion directe de l’établissement en 1742, et confie la direction au couple Boyer/Charrault. Lui, Jean-Baptiste Boyer, est régisseur en titre mais il réside à Paris en tant qu’écuyer et conseiller du Roi. Elle, Marie Charrault, est la veuve de l’ancien maître des forges de Pouancé.

Seule Marie doit demeurer à la forge de Moisdon. Pour lui faire accepter cette résidence, Boyer fait construire une grande maison de maître de forge au plan régulier, symétrique, incorporant en aile avancée une importante chapelle Saint Eloi (bénite le 25 Mars 1747), le tout bâti de schiste gris-bleu provenant du sous-sol immédiat. Cette maison de maître est plus conforme à la notabilité de la forge du Grand Condé, que l’ancienne maison de Maître (Maison Pouriatz, du nom d’un ancien résidant)

Chapelle St Eloi
Chapelle St Eloi
Vitrail de la Chapelle St Eloi
Maître verrier : Michel Pechousek

Après le décès de Boyer en 1753, la Forge Neuve est dirigée en régie par Piot secrétaire du Conseil des Princes puis par l’intendant régisseur des domaines au château de Châteaubriant : du Breil du Chastellier... Marie Charrault, résidant à la Forge, peut continuer son rôle d« homme de l’art » jusqu’au moment où Pierre Dauffy du Jarrier, alors directeur des forges de Martigné, devient régisseur de la Forge Neuve à compter du 1er Juillet 1760. (1)

La chapelle, dédiée à St Eloy, patron des forgerons, est accolée à la maison de maître. Une pièce de celle-ci, au rez de chaussée, sert de sacristie tandis qu’une pièce de l’étage s’ouvrant sur un balcon dominant le lieu saint, sert en quelque sorte d’hagioscope, permettant à Madame de suivre la messe sans quitter ses appartements.

Le Haut-Fourneau de Moisdon s’éteint en 1864. Peu à peu les bâtiments, à l’abandon, tombent en ruine. Georges Vanderquand rachète la Maison de Maître, la rénove peu à peu pour l’habiter et songe à restaurer aussi la chapelle dont les vitraux sont cassés et dont la voûte en lamelles de bois présente des trous béants.

Médaillon au dessus de la porte de la sacri
Oc
Maître verrier : Michel Pechousek

Dimanche 20 mai 2007, l’association « Tradition et environnement » inaugure les vitraux financés par M et Mme Vanderquand (7700 €) avec subvention du Conseil Général et du Conseil Régional dans le cadre de la sauvegarde du petit patrimoine de sécurité.

La maison de ma
Les arbres au bord de l’étang de la F

(1) Source : les écrits de George Vanderquand


 L’état civil, la religion

Les forges, autrefois, étaient toujours inquiétantes. Par exemple la grande forge cistercienne d’Orval sur la frontière belge, signalée dès 1070 et devenue grande forge en 1691, intrigue un visiteur franciscain au 18e siècle : « Ce fourneau semble la gueule de l’enfer... Ces ouvriers ressemblent plus à des diables qu’à des hommes... »

Les forges moralisent leurs lucratives activités enincorporant à leur usine une chapelle catholique. Le protestantisme de certaines forges se dilue par les baptêmes catholiques de nouveau-nés, ou par des mariages, la population mouvante des forgerons est recensée.

Les forgerons se marient aux filles des forges, donc souvent entre cousins. L’endogamie se poursuit de forges en forges par de nombreux contacts, déplacements et messages.

Des femmes, instruites par l’aumônier, savent écrire.

Au 18e siècle les femmes ne travaillent pas sur la forge, mais certains emplois sont réservés aux veuves logées et pensionnées.

Certains ouvriers jeunes doivent changer de forge pour trouver un emploi disponible, exceptionnellement, par leur mariage, il leur est possible de changer de spécialité, aussi les mariages croisent-ils les spécialités : les fondeurs Trébuchet, par exemple, se marient avec des familles d’affineurs (Guerin) ou plus souvent de fendeurs ( Louvigné ; Bellanger ; Ménager Lotellier).

La nouvelle chapelle de la Forge Neuve ( à Moisdon) est bénite par l’abbé de Chambellan, Président du Parlement de Bretagne le 8 octobre 1747. La chapelle est desservie par un aumônier dont les honoraires sont de 200f par an. La chapelle honore la Forge et permet aux forgerons de ne pas s’éloigner pour des dévotions devenues impraticables l’hiver.

Balcon hagios

Les appartements du maître de forge ouvrent sur la chapelle par un balcon à l’étage, des mariages peuvent y être exceptionnellement célébrés.

La chapelle est dédiée à Saint Eloi, génial orfèvre devenu ministre de Clotaire II et du bon roi Dagobert au début du 7e siècle ; le grand Saint Eloi est patron de tous les ouvriers forgeurs puis de tous les métallurgistes ou mécaniciens.

Le 13 octobre 1767, dans la chapelle de la forge Neuve, l’aumônier bénit le mariage de l’honorable garçon Jean Hoguerel, âgé de 35 ans, souffletier des forges, avec l’honorable fille Jeanne Monnier de la Menulière. Le noble homme Pierre Dauffy du Jarrier, Directeur général des forges, signe comme témoin. La déférence envers le curé de la paroisse   est soulignée par le don, en 1762, d’une belle chaire à prêcher par Pierre Dauffy pour l’église de Moisdon. Cette chaire en bois sculpté doré (ISMH) est encore visible.

D’après un inventaire de 1864 la chapelle Saint Eloy est pourvue de nombreux ornements sacerdotaux, croix, chandeliers, vases dorés, chasubles : « de Xarienne de toutes couleurs... Une autre chazuble de taftas violets ornés d’un galon de serge jaune... autre chazuble d’étamine noire gauffrée ornée d’un galon de fil blanc mêlé de laine noire » et le tabernacle est garni : « un calisse d’argent avec les burettes le bassin et un ciboire pesants ensembles quatre marcs cinq onces à six livres cinq sols l’once deux cent trente et une livre ».

Le p

Dans cette chapelle l’on pouvait voir autrefois un autel en bois peint, façon marbre, qui se trouve désormais dans l’église de St Julien de Vouvantes et un bénitier (4) en marbre rose sur pied déposé à la maison de pays à la Forge neuve à Moisdon la Rivière.
Le dallage de la chapelle est composé de tomettes et de palis de schiste, en forme de croix.

 La Saint Eloi

Les festivités de la Saint Eloi », normalement placées au 1er décembre sont reportées après la Saint Jean, « la Saint Eloi d’été », par les forgerons trop occupés l’hiver par leur forge hydraulique tournant nuit et jour. En Languedoc on dit alors « Sant Aloi lou gourman, Sa festo arribo dous cop l’an » (Saint Eloi le gourmand, Sa fête arrive deux fois l’an). Cette assemblée traditionnelle était administrative et obligatoire. Pour 1398 en Normandie il est dit : « lesquels ferrons assembleroient et doivent assembler une fois l’an le dimenche après la Saint Jean Baptiste en la chapelle de la maladrerie de Gloz la Ferriere... » (Eure).

Au 19e siècle à la Hunaudière   (Sion-les-Mines), le lendemain de la Saint Jean : « tout chômait excepté le fourneau ... les ouvriers entonnaient avec un entrain merveilleux la chanson des forgerons » (histoire relatée par l’abbé Goudé) :
« En même temps ; on levait la palle ou vanne et le marteau frappait avec violence...

C’est aujourd’hui la Saint Eloi
Suivons tous l’ancienne loi ;
Il faut fleurir le marteau
Portons lui du vin nouveau
Saint Eloi avait un fils
Qui s’appelait Oculi ;
Et quand le bon saint forgeait
Son fils Oculi soufflait... »

Les bêtes de somme et de trait, soignées et ferrés par le maréchal ferrant pouvaient être bénites : « Miret a zroug hor c’hezag » implorait-on en Bretagne (Protégez nos chevaux du mal !).

En 1836 l’église sera conduite à réprouver dans toute la France les débordements de cette liesse corporative dont les chants joyeux s’apparentent moins aux cantiques qu’aux chansons de corps de garde. En 1972, à la demande du Centre National de Pastorale Liturgique de Paris, Saint Eloi : « un peu trop visiblement avatar chrétien du dieu Vulcain » est délogé par la recluse poitevine Sainte Florence, c’est l’adieu à Saint Eloi : « Non, Non, Non Saint Eloi n’est pas mort, Car il chante encore, Car il chante encore .... »

Sources : les notes de Georges Vanderquand et le bulletin de l’association St Patern, de juin 2007 (Tél 02 40 81 31 72)

Les vitraux (et l’oculus ont été restaurés par le maître verrier, Michel Pechousek

 Qui sauvera le mur aux angelots ?

La commune de Moisdon a un beau patrimoine mais il semble que les élus n’en ont pas toujours conscience.

Un exemple : le mur aux angelots.

Le mur aux angelots à Moi

Dans le presbytère de Moisdon, côté cour,
un étrange mur avec des têtes d’angelots cachées entre les pierres.

Le mur se dégrade, l’association Tradition et Environnement a saisi la mairie. Mais la mairie a la tête dure ...
comme les pierres du mur.

Tiahuanaco en Bol

En Bolivie, à Tiahuanaco, petite ville située près de la frontière péruvienne, aux abords du lac Titicaca, à plus de 3800 mètres d’altitude, à environ 70 km de La Paz, on trouve aussi un mur, célèbre, comportant des têtes de personnages.

Célèbre en Bolivie ?
Laissé en ruines à Moisdon ?
C’est pas possible ça !
L’association Tradition et environnement a lancé une pétition


Ecrit le 20 juin 2007

 Visite de la Forge Neuve

Forge hydraulique du 17e siècle
Présentation d’une forge hydraulique du 17e siècle : son site, ses aménagements, ses bâtiments, ses habitations, son rôle, son importance, son histoire. Les chemins d’approvisionnements en minerais et charbons de bois. Les sentiers muletiers, la route royale. Les ports fluviaux et maritimes d’expédition des produits ferreux.

Lieu d’accueil du public : Site de la Forge 44520 MOISDON LA RIVIÈRE
Horaires : 14h30 et 16h (visites guidées)
Renseignements : Association Tradition et Environnement