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Présidentielles : le karcher social

Ecrit le 28 février 2007

 Ce que coûterait la victoire de Sarko

Curieusement personne ne semble s’intéresser à ce que coûterait la victoire de Sarkozy à 90 % des salariés, ceux qui gagnent moins de 2 200 euros par mois.

A écouter Sarkozy, ces salariés ne pourraient qu’y gagner : il leur suffirait de “travailler plus”.

Mais cette affirmation est en pleine contradiction avec la politique réelle du gouvernement auquel appartient Sarkozy aussi bien qu’avec ses “promesses”.

 Majoration Heures supplémentaires

Ce gouvernement, en effet, a fait passer le « contingent annuel autorisé » d’heures supplémentaires de 130 à 220 heures (et même 230 h dans la poissonnerie et 360 h dans la restauration). Or, c’est le dépassement de ce contingent annuel autorisé qui déclenche le paiement des heures supplémentaires avec une majoration de 100 %.

Auparavant, dès la 131e heure supplémentaire, le paiement de chaque heure supplémentaire était majoré de 100 %. Aujourd’hui, ce n’est qu’à la 221e heure (ou la 231°, la 361°...) qu’aura lieu cette augmentation.
*
De même c’est le gouvernement avec Sarkozy et Fillon qui a reporté la majoration des heures supplémentaires comprises entre 35 h et 39 h qui devait re-passer de 10 % à 25 % le 1er janvier 2005... Elle sont restées à 10 % jusqu’au 1er janvier 2008 : 5 millions des salariés peuvent dire merci à Sarkozy-Fillon d’avoir continué à travailler plus en gagnant moins...

 Impôts

Mais au moins ces salariés verraient-ils leurs impôts diminuer ?

Une simulation peut être faite sur un salarié, marié, deux enfants à charge :

mpot

Ainsi, quand Sarkozy promet : « les heures supplémentaires ne seront pas assujetties à l’impôt », il n’avantage pas les petits salaires !

N’oublions pas que la moitié des salariés français gagnent moins de 1500 € (nets) par mois.

 Qui a profité des baisses d’impôt ?

Durant les gouvernements Raffarin et de Villepin (auxquels participait Sarkozy) la très grande majorité des salariés est passée à côté des baisses d’impôt :

– En 2003, 4,5 % des contribuables ont profité de 56 % de la baisse ;
– En 2004, 2,9 % des contribuables ont bénéficié de 45 % de la baisse...

Non seulement Sarkozy ne propose pas de revenir sur ces mesures, mais il propose d’aller encore plus loin. Ce ne sont pas les petits salaires qui en profiteront.

 TVA sociale

Il est par contre un autre impôt que Sarkozy s’est bien gardé de chiffrer mais qu’il veut soumettre au débat : la « Tva sociale » avec l’idée de porter le taux de TVA de 19,6 % à 23 ou 25 %. Une hausse de 5 points de la TVA pour un salarié gagnant 2 200 euros par mois et dépensant la presque totalité de son salaire mensuel, cela représente une hausse du coût de la vie d’environ 100 euros chaque mois !

Hausse du gaz et de l’électricité (suite à la future privatisation), hausse de l’essence, hausse du forfait hospitalier, hausse des loyers. Cela touche tout le monde et proportionnellement davantage les petits.

Avec Sarkozy, la santé coûtera de plus en plus cher aux salariés. En effet Sarkozy et l’Ump proposent d’instaurer une franchise annuelle non remboursable de 50 à 100 euros sur les consommations de soins. Cela signifie que chaque année, les 50 ou 100 premiers euros que vous paierez à votre médecin ou votre pharmacien ne vous seront pas remboursés.

TVA social : ce qu’en pense Que Choisir ?

 Kärcher social

Avec Sarkozy, les salariés seront passés au Kärcher social dans le but de faire baisser les salaires.

Or, malgré le matraquage médiatique à ce sujet, les salaires bruts français (salaires nets + cotisations sociales salariales et patronales) ne sont pas plus élevés que les salaires de la majorité des pays européens

C’est ce qu’affirme elle-même la Fédération des employeurs européens (Fedee).

En effet la Fédération des employeurs européens (FedEE) a réalisé un rapport intitulé « Pay in Europe 2004 ». Il se base sur le « salaire médian » . Celui-ci est de 14,22 € de l’heure, ce qui veut dire que la moitié des salariés français gagnaient, en 2004, moins de 14,22 € de l’heure tandis que l’autre moitié dépassait les 14,22 €.

Eh bien, dans ce rapport « Pay in Europe 2006 ». le salaire brut médian français arrive en 13e position (sur 25) des salaires européens, loin derrière le Danemark ou la Suisse mais aussi derrière l’Allemagne, les Pays-bas, l’Irlande, le Royaume-uni, la Suède ou la Belgique.

Quand le salaire net médian*, en France, est à 14,22 € de l’heure, il est à 30,25 € au Danemark - 19,06 € en Allemagne - 23,30 € en Irlande
(*) tout compris : 13e mois éventuel, congés payés, etc.

Vous n’y croyez pas ? Pourtant c’est vrai ! Voir ici : http://www.fedee.com/images/payineurope2007_eg.pdf

 Cher !

Finalement, ce qui coûte cher en France, c’est pas le travail, c’est le capital !

Les actionnaires des 40 plus grosses sociétés françaises (celles du CAC 40) vont recevoir des dividendes en hausse de 23,5 % par rapport à l’an dernier, en moyenne.

Comment est-ce possible ? Les dernières négociations annuelles obligatoires le montrent : un blocage des salaires est instauré dans les grands groupes du CAC 40 pour offrir aux actionnaires une croissance toujours plus élevée du dividende, malgré un ralentissement du chiffre d’affaires et du bénéfice.

À la Société générale, la revalorisation salariale n’est que de 2 % quand le dividende augmente de 16 %. À Sanofi-Aventis, les salaires n’augmenteront que 1,8 % en 2007 alors que les actionnaires toucheront 15 % de plus.

Ces pratiques ne sont pas nouvelles, c’est vrai, mais elles se développent et des responsables politiques veulent s’occuper maintenant de les répandre et d’en faire la norme.

Si Sarkozy est élu,ce ne sera pas la fête des salariés !

BP