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Rocard, Bayrou, Femmes

Présidentielles 2007 : les Gracques et le Tocard

Ecrit le 18 avril 2007

 Alliance du PS et de l’UDF

 ? Non !

Extrait du journal Le Monde : « Ils situent leur choix entre deux pôles, l’un conservateur, l’autre social-démocrate, ce dernier allant des Verts à l’UDF. Beaucoup d’entre eux furent des compagnons du socialisme au pouvoir. Souvent énarques, rarement élus, mais peuplant les cabinets ministériels de la gauche chaque fois qu’elle fut au pouvoir, ces vingt-cinq dernières années. En une semaine, leur petit club informel, qui réunit une vingtaine de personnes, a signé deux textes dans Le Point sous le pseudonyme antique des Gracques appelant à une alliance entre le PS et l’UDF au nom du réalisme électoral et de la social-démocratie ». C’était un article du 1er avril. On pouvait espérer que c’était une blague.

Et puis, le vendredi 13 (malédiction), voilà Michel Rocard qui appelle à une alliance entre Ségolène Royal et François Bayrou, à publier avant le premier tour.

Accueil glacial au Parti Socialiste où on affirme qu’il n’est pas question d’une telle alliance.

 Le coup de pied de l’âne

Gérard Filoche, pour Démocratie et socialisme (un courant du PS), réagit :

« Ce n’est pas la première fois qu’il [Michel Rocard] donne des coups de poignard dans le dos de la gauche et des socialistes en plein combat :

– il avait déjà défendu la loi Fillon sur les retraites contre le vote unanime du parti qui, en plein congrès de Dijon, et dans un pays massivement mobilisé en 2003, proposait de l’abroger...
– Rocard avait trahi en pleine bataille 66 % de l’opinion populaire qui, jusqu’au bout avait refusé la loi Fillon !

– il avait déjà essayé de torpiller à maintes reprises, par maintes déclarations, les 35 heures hebdomadaires sans perte de salaire, en proposant qu’elles se fassent au « volontariat » selon de Robien, et non pas par la loi comme le proposait Lionel Jospin,
– il avait déjà, le premier, pris la défense du TCE, traité libéral européen, en expliquant que l’Europe sociale était définitivement morte, qu’elle ne pouvait plus peser contre la mondialisation libérale, qu’elle était définitivement un “grand marché”...

On savait qu’il n’y avait plus rien du Rocard du PSU, ni du Rocard des assises pour le socialisme
On savait qu’il était à droite de l’aile la plus droitière de la gauche,

Mais là, avec ceux de ses amis qui le supportent encore, il franchit la barrière.

Voilà qu’à 10 jours d’une élection décisive, et alors que chaque voix compte pour ne pas ré-éditer le 21 avril 2002, Rocard tend la main au camp adverse dans ce qu’il a de plus confus et donc de plus redoutable.

Alors qu’il faut clarifier entre droite et gauche, il brouille délibérément le clivage.

Faire appel à la droite pro-Bayrou aujourd’hui au lieu d’aider les électeurs à choisir leur camp, c’est tenter de torpiller la candidature de Ségolène ROYAL pour aider l’homme de l’UDF, l’ami qui invitait Rocard en août dernier à son université d’été, et où il se rendait plutôt que de venir à celle des socialistes...

Rocard, c’est l’histoire de la désertion progressive du camp de la gauche, c’est la rupture, même avec ses amis sociaux-libéraux : il ne reste de lui, aujourd’hui, que le compagnon du libéralisme tout comme ces “Gracques”, ces technocrates abreuvés au biberon du capitalisme mondialisé qui se sont manifestés il y a quelques semaines pour appeler Ségolène à se ranger derrière Bayrou

C’est sans doute ce qu’il y a de plus détestable en politique, car ils vont jusqu’à essayer d’user de leurs derniers feux, des derniers souvenirs de lorsqu’ils étaient à gauche, pour donner le coup de pied de l’âne, pour rendre la trahison la plus efficace possible...

Les “Gracques” (ces 53 hauts technocrates prétendument socialistes qui se sont dits pour la droite de Bayrou) et Rocard, c’est effectivement ce qui “pourrit” le plus la gauche aux yeux de millions et de millions de travailleurs

Ils ont commencé il y a longtemps, par dire qu’il ne fallait plus lutter mais négocier, par expliquer qu’il ne fallait plus de lois sociales, mais des accords avec le patronat, par assurer que le socialisme n’était plus possible mais une vieille lune...

Tous ces hauts technocrates ont “décollé” de la réalité sociale, ils sont rangés dans le camp de l’establishment, ils ne souffrent plus et ne pensent plus à la souffrance du salariat, ils ne réfléchissent plus au partage des richesses, ils jouent les oracles au service de leurs nouveaux compagnons, la vieille droite qui se prétend du “centre”, les Giscard-Barre-Bayrou...

Gérard Filoche,
Démocratie et Socialisme


 Une manif empêchée

Cela s’est passé le 13 avril. Sarkozy devait rencontrer des habitants de banlieue à Meaux. Une centaine de salariés des entreprises JDC (où 150 licenciements sont en cours) et LSG-Gate-Gourmet (où 800 emplois sont menacés) se rendaient à Meaux : ils ont été bloqués par des forces de police pendant environ 3 heures à une vingtaine de km de la ville et n’ont pu repartir qu’après le départ du candidat (d’après une dépêche AFP).
Demain, tout devient possible.


 Trahisons

Qu’on se souvienne de Mitterrand qui, lors de sa réélection en 1988 avait joué la carte de l’ouverture notamment au centre,

Qu’on se souvienne de Jospin qui en 2002 déclarait que son programme n’était pas socialiste.

Voilà maintenant Rocard appelant à rallier Bayrou . C’est le bouquet ... final. Plus de PS ! A genoux devant le réalisme électoral. Bientôt plus de Gauche ?

Plus que jamais je voterai Marie George Buffet. Pour mourir, peut-être mais au moins en accord avec mes idées.*

BP  


Ecrit le 18 avril 2007

 Un million de femmes s’énervent

Une pétition circule actuellement au sujet des femmes en politique : « Il y a quelques mois, tout le monde semblait d’accord pour reconnaître que la candidature d’une femme à la magistrature suprême ne posait plus aucun problème. Puis petites phrases et grands paragraphes, d’une agressivité stupéfiante, se sont enchaînés ». Jamais vous n’entendrez quelqu’un fantasmer sur la supposée sexualité d’un candidat, mais que n’entendons-nous pas sur les femmes candidates. « Sa voix, ses cheveux, ses boucles d’oreille, sa syntaxe, ses bourdes, son entêtement, son sens de la compassion ou sa dureté » occupent bien les médias. Le masculin est général, le féminin est particulier. Et tous les efforts de la candidate pour neutraliser cet « effet de genre » échouent et se noient dans l’infinie variété des commentaires des consommateurs. Il y a même des femmes qui disent que la candidature de S.Royal « fait du tort à la cause des femmes », on croit rêver !

« Le plafond de verre risque de faire ses preuves une fois de plus si nous ne nous mobilisons pas !

Nous, femmes et hommes de la République, nous disons assez !, marre du machisme ! : nous voulons une femme Présidente pour construire enfin une République fondée sur l’égalité entre les femmes et les hommes. »

La pétition peut être signée ici : http://1mf.ras.eu.org/appel/