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Présidentielles 2007 - premier tour - résultats

Source : infovision Nouve

Une infovision nationale des résultats

Pour avoir tous les résultats : voir ministère de l’intérieur

ou www.franceelectorale.com/

Ecrit le 23 avril 2007

http://www.leplacide

dessin : www.leplacide.com

 Une femme à la Présidence

« Nous nous sommes fait peur » disait-on au siège du Parti Socialiste, dans la journée du 22 avril. Finalement le résultat est net : Ségolène Royal est qualifiée pour le second tour, à l’issue d’un scrutin remarquable. On peut dire avec satisfaction que le pays a effacé le scrutin du 21 avril 2002.

Voici quelques analyses de la situation à Châteaubriant .

 Forte participation

Un peu partout en France la participation a été très forte : 84,6 % . Divine surprise qui montre que les électeurs se sont intéressés à ce combat politique, au delà de ce qu’on espérait.

A Châteaubriant le nombre de votants atteint 83,7 % du corps électoral soit 10 points de plus qu’en 2002.

Présidentie

 Front National

Ce parti d’extrême droite faisait 13,24 % en 2002 à Châteaubriant. Il ne fait plus que 6,98 % en 2007. Il totalisait 820 voix en 2002 et 508 en 2007. Il a donc perdu des voix (au profit de N. Sarkozy sans doute) et les abstentionnistes de 2002 ne l’ont pas favorisé en 2007.

Les voix qui se sont portées sur lui iront, sans doute, au 2e tour, sur N. Sarkozy. A noter qu’en Loire-Atlantique le Front National atteint 21,53 % à Juigné-les-Moutiers (il faisait 21,57 % en 2002). Il y a là une constante inquiétante et étonnante. Moins il y a d’étrangers dans la commune et plus on les redoute !

 Bayrou

François Bayrou qui avait fait 494 voix en 2002 à Châteaubriant, en fait 1426 en 2007. C’est un très bon score.

Il arrive même en tête à Louisfert !

Il a essayé de dépasser ce qu’il appelle le clivage droite-gauche. A-t-il vraiment fait « bouger les lignes » : ce n’est pas sûr. Car la majorité de ses électeurs se reporteront sans doute sur N.Sarkozy.

 Extrême-gauche

A Châteaubriant, comme partout, l’extrême-gauche et les écologistes ont été laminés. Parce que les électeurs ont souhaité faire un « vote utile ».

Reste à savoir si ce vote va être vraiment utile et si le parti socialiste dominant saura un jour tenir compte des aspirations de ces électeurs.
Il faut noter aussi que les militants extrême-gauche et antilibéraux sont de vrais militants (et non pas des occasionnels !) sur lesquels le PS ferait bien de compter !

En tout cas, sans hésiter, Marie George Buffet, Dominique Voynet et Arlette Laguillier ont appelé à voter pour Ségolène Royal.
Olivier Besancenot a appelé à battre la Droite.

Elections2002-1
Présidentielles 2007- 1er

 Ségolène Royal

La candidate du Parti Socialiste a fait un très bon score à Châteaubriant, comparable à celui de la France entière. Elle n’est à Châteaubriant qu’à 300 voix du candidat Sarkozy. C’est donc les voix de F. Bayrou et de l’extrême-droite qui feront la différence.

A noter que Ségolène Royal devance Nicolas Sarkozy à Nantes, St Nazaire, Rennes, Angers, Nort sur Erdre, Blain....

Et à Fercé, Soulvache, Sion-les-Mines, Mouais, Louisfert, Puceul, St Vincent des Landes, Treffieux, Vay, Saffré, soit 11 communes sur 33 dans le Pays de Châteaubriant  . (le Pays d’Ancenis ne peut pas en dire autant !).

A Châteaubriant, deux bureaux de vote ont mis Ségolène Royal en tête : celui de la Ville aux Roses (Monet) et du quartier de St Michel des Monts (Cadou).

 Déception

Le score de N. Sarkozy est une déception pour les militants de gauche : 31,24 % à Châteaubriant , c’est trop pour tous ceux qui avaient rêvé à son élimination ! Le score a été fort pour Sarkozy aux bureaux de vote Marcel Viaud et Terrasses et dans des communes comme Grand Auverné, Petit Auverné, La Chapelle Glain, St Julien de Vouvantes, Noyal sur Brutz, Moisdon, Rougé.

 

  Pays de Châteaubriant   et 6e circonscription

Pays de Châteaubriant
Loire-Atlantique- 6e circonscription

Résultats sur la 6e circonscription :

Inscrits :            76979
Votants :             67775     88,04 %
Exprimés :            66744

Nicolas Sarkozy : 18769 28,12 %
Ségolène Royal : 17038 25,53 %
François Bayrou : 13896 20,82 %
J.M.Le Pen : 5961 8,93 %
Olivier Besancenot : 3209 4,81 %
Ph  . de Villiers : 2415 3,62 %
Dominique Voynet : 1245 1,87 %
Frédéric Nihous : 1210 1,81 %
José Bové : 1133 1,70 %
Arlette Laguillier : 974 1,46 %
Marie George Buffet : 685 1,03 %
Gérard Scivardi : 209 0,31 %


 

 Réflexions générales

Dans cette élection, notons le jeu partisan des grands médias. A l’exception de quelques-uns, en fin de parcours, ils ont tous pris position pour Nicolas Sarkozy , et ce, depuis des années, mettant sans cesse en valeur ses propos et ses prétendues réussites, mettant dans la tête des gens l’idée que lui seul était capable.

Le mérite de François Bayrou a été de brouiller un peu le jeu : il a réussi à les obliger à tenir compte de lui.

Les « petits candidats » ont parlé dans le désert. Si les médias avaient relayé leurs propos cela aurait pu conduire à une modification de la façon de penser des électeurs. Mais ce n’était évidemment pas l’intérêt des industriels qui contrôlent la presse, qui ont tout intérêt à maintenir la classe ouvrière dans l’obéissance aux puissants de ce monde.

Il est frappant de remarquer d’ailleurs, que les électeurs « de base » sont plus sensibles au populisme de droite qu’à celui de gauche. Comme si chacun espérait toujours, individuellement, passer un jour dans le clan des nantis et se refusait à toute action collective.


Ecrit le 23 avril 2007

 Projet contre projet

L’élection (premier tour) du 22 avril 2007 a effacé celle du 21 avril 2002. Il va falloir aussi effacer celle du deuxième tour et faire gagner la gauche.

En 2002 au 2e tour, la gauche s’est largement portée vers Jacques Chirac, pour faire échec au Front National. Hélas Jacques Chirac n’a tenu aucun compte de ces votes. Il a laissé se développer une politique économique et sociale dans laquelle les salariés n’ont jamais retrouvé leur compte : ni en salaire, ni en sécurité du travail, ni en considération.

Cinq ans à rattraper ! Ségolène Royal doit l’emporter contre Nicolas Sarkozy ! Et changer la politique de la France (tout comme la Banque Mondiale est en train de changer le consensus de Washington ... voir page 11, la devinette). La politique ultralibérale menée depuis 5 ans a montré les ravages qu’elle peut mener.

                Nicolas Sarkozy a raison 
           (pour une fois !) : c’est un combat 
                  projet contre projet
                     qu’il faut mener

en dépit des médias Bouygues-Lagardère Dassault-Rotschild qui vont tout mettre dans la bataille pour faire élire Sarkozy.

Il faut faire revenir à l’ordre du jour le social, écarter toutes les théories et menaces du Medef et de Sarkozy contre le droit du travail, contre le droit de grève et syndical, contre les salariés, contre les 35 h, contre les retraites à 60 ans, contre le Smic, contre la suppression du droit du licenciement.....

Depuis toujours, ce sont les salariés qui travaillent, dur, et qui paient les pots cassés en cas de défaillance des entreprises (ou de jeu boursier) sans jamais en tirer les bénéfices. Alors :

– oui ou non au « contrat nouvelle embauche » qui permet de licencier sans motif (contre toutes les déclarations des droits de l’homme, et la convention 158 de l’Organisation internationale du travail) ? Nicolas Sarkozy répond « oui » et Ségolène Royal répond « non », il faut faire gagner la gauche, pour les salariés.

–  Oui ou non à un Code du travail protecteur, à un vrai droit du licenciement, à la durée légale de 35 h, à des heures supplémentaires contingentées et majorées par la loi de façon à protéger la santé des salariés, et à les rendre plus coûteuses que l’embauche ? Sarkozy, répond « non », Ségolène Royal répond « oui ». il faut faire gagner la gauche, pour les salariés.

Le gouvernement sortant a promulgué par coup de force le 7 mars 2007 dans l’indifférence générale un nouveau code du travail qui ne s’appliquera qu’en septembre... si la droite gagne. Sarkozy est pour. La gauche entière, tous les syndicats unanimes sont contre il faut faire gagner la gauche, pour les salariés.

– Oui ou non à l’abrogation de la loi Fillon sur les retraites ? Sarkozy répond « non », le “projet socialiste” répond, noir sur blanc, qu’il faut l’abroger et maintenir la retraite à 60 ans. il faut faire gagner la gauche, pour les salariés.

– Oui ou non à des « forfaits » des « tickets », des « franchises » de 1 à 100 euros empêchant les gens d’accéder aux soins, aux hôpitaux, aux médicaments, aux médecins ? Sarkozy est favorable à de telles barrières discriminantes pour les pauvres, Ségolène Royal explique qu’il faut les supprimer. Il faut faire gagner la gauche.

– Oui ou non, faut-il reprendre au capital ce qu’il prend de trop au travail, et augmenter les salaires, le Smic ? Sarkozy répond « non » en concert avec Mme Parisot (Medef), Ségolène Royal et toute la gauche répondent « oui ». il faut faire gagner la gauche.

– Oui ou non, faut il abroger l’impôt sur la fortune ? Sarkozy répond « oui » , ses copains aiment tellement la France qu’ils la quittent pour aller placer leur argent ailleurs. La droite veut baisser les impôts justes (directs et progressifs, impôt sur la fortune, Impôt sur le revenu) et hausser les impôts injustes (indirects et proportionnels, Tva, Taxe sur l’essence, Taxes d’habitations et locales).

		C’est un vrai choix, il s’agit du    
                   rééquilibrage des richesses 
                  dans notre République en crise. 
		  il faut faire gagner la gauche

– Dans le choix entre un porte-avion et des crédits pour l’éducation, Sarkozy a choisi le porte avion. Ségolène Royal fait une réponse de gauche sur ce point, pour l’école et tant mieux. C’est un choix de société.
il faut faire gagner la gauche

– Oui ou non pour la laïcité ? Sarkozy a fait le choix du communautarisme, et a été partisan de la modification de la loi Falloux en faveur de l’école privée. Ségolène Royal a choisi l’école publique, l’école de la République.
il faut faire gagner la gauche.

– 

 Oui ou non pour les services publics ?

Les euro-députés UMP s’opposent au Parlement européen à la directive-cadre sur les services publics défendue par les socialistes. La fin des services publics, c’est la fin du rêve d’égalité. il faut faire gagner la gauche

C’est un jeu d’échec qui s’engage. Il faut faire gagner Ségolène Royal, pour faire gagner la gauche, c’est-à-dire les millions de salariés de France.


 

 Communiqué de Patrick Mareschal

Le président du Conseil général de Loire-Atlantique réagit aux résultats du 1er tour des élections présidentielles et déclare :

« Je me réjouis tout d’abord de l’excellent niveau de participation atteint ce dimanche. Avec un chiffre de 87,22 % en Loire-Atlantique, elle se situe à un niveau historique. Les électeurs se sont saisis de ce scrutin, quand d’autres prétendaient le jouer à leur place. Pour ceux qui comme moi ont mobilisé, d’abord pour l’inscription sur les listes électorales et ensuite pour la participation, c’est un chiffre évidemment très satisfaisant. Pour notre vivre-ensemble dans ce département, ces preuves de civisme et d’exigence démocratique sont des biens précieux.

Sur le fond, je suis satisfait des résultats en Loire-Atlantique, qui placent Ségolène en tête (1). Les habitants de Loire-Atlantique ont réitéré leur ancrage à gauche. Pour les militants et élus du parti socialiste, dont je suis, ces résultats récompensent l’action politique engagée depuis des années.

Ségolène Royal porte une candidature libre et humaniste, indépendante des puissances financières et des groupes de pression, attachée au progrès des droits et des libertés. Elle propose une présidence généreuse et renouvelée, débarrassée du présidentialisme d’un autre âge. A l’écoute comme elle l’a été pendant sa campagne, elle sera une présidente attentive aux problèmes de nos concitoyens. Face au candidat de Droite qui tente de fuir le triste bilan économique et social des cinq dernières années, Ségolène Royal propose la confiance et l’efficacité. Contre un candidat prêt à tout pour assouvir son ambition personnelle, ses armes sont l’intégrité, la responsabilité et l’impartialité.

J’appelle les habitants de Loire-Atlantique qui se reconnaissent dans toutes ces valeurs à voter massivement pour elle dimanche 6 mai. Le vrai changement est à notre portée ».


 On a retrouvé le Député Ducoin : il était à Dijon

Libération du 16 avril

Etait-il aphone ?
Ou parti au bout du monde ?
On se posait la question, avec angoisse, vu qu’on n’a lu aucun communiqué de sa part appelant à voter Sarkozy, Le Pen ou Bayrou ...

Et puis on a aperçu sa photo dans Libération du 16 avril : ouf ! Il était cor là ! Et même qu’il se montrait à côté de Bayrou. Sûr, les genssss de la région de Châteaubriant n’en ont ren su, sauf quelques-uns. Mais bon, on était rassuré et on en a déduit qu’il voterait Bayrou. Mais, connaissant l’oiseau, on se disait que peut-être il avait fait des offres de service à Sarko ...

Et puis passe le 22 avril 2007, le rêve de Bayrou n’a pas pu atteindre la hauteur désirée.

Est-ce par réaction salutaire ? Instinct de survie ? Espoir d’unh maroquin ministériel peut-être ?? Dès le 23 avril le Député Ducoin a refait surface et, dans un communiqué, il a appelé à voter .... Sarkozy ! sans même attendre de savoir ce que va déclarer Bayrou !

Sarkozy est sauvé : le député Ducoin a volé à son secours !

Et en effet, le 23 avril à 20h et quelques minutes, sur France 2, on voit Nicolas Sarkozy arriver à son meeting de Dijon. Au premier rang il y a Borloo et De Robien, et entre les deux : Michel Hunault qui tombe dans les bras de Nicolas Sarkozy . E-mou-vant ! Moi la moutarde m’est montée au nez !

B.Poiraud


 Le bal des faux-culs

Sur le site de Michel Onfray : le bal des faux culs

Sur ce site, l’article est difficilement lisible (il manque des espacements de paragraphe). Nous le reprenons donc ci-dessous :

Voilà, les résultats du premier tour sont désormais connus. Sarkozy a pompé le Front national jusqu’à la moelle, la preuve, on n’a pas entendu le Duce du Front National débiter ce soir ses philippiques à la télévision sur quelque chaîne que ce soit. Or, habituellement, ses saillies coupent brutalement la parole à celui qui débite ses sornettes pour laisser passer les siennes en priorité.

Leçon essentielle, majeure, prioritaire : le bipartisme triomphe, les affidés de la télévision d’Etat retrouvent leurs marques, les professeurs à Science Po respirent, les chroniqueurs appointés par le système peuvent dormir tranquille - de July à Duhamel en passant par Ockrent et Apathie. La droite est au deuxième tour, la gauche de droite aussi, dormez bonnes gens... Le prochain président de la république est un ouiste pur jus. Ouf !

La gauche antilibérale collectionne les miettes. Bravo : les pauvres peuvent crever, les ouvriers stresser, les pauvres baver, les chômeurs danser devant le buffet - pas Marie Georges, l’autre...-, les SDF grelotter, les précaires trembler, les miséreux, les sans grades, les sans rien du tout, les ouvriers et les prolétaires compter leurs abattis, on va bientôt leur faire la peau en toute discrétion.

Les OGM de Bové, le « Mastrique » de Schivari, les « travailleuses, travailleurs » d’Arlette, la gauche « antilibérale et populaire » du Parti Communiste et autres slogans dignes du petit cerveau de Séguéla n’auront pas suffi à refaire un grand soir.

Sarkozy fait la course en tête et a déshabillé Le Pen. Il est désormais revêtu de l’uniforme politique du para borgne à moitié nu. Du moins avec ce que Ségolène ( valeur-travail, valeur-famille, valeur-patrie) lui aura laissé alors qu’elle s’exhibe drapée dans un drapeau bleu/blanc/rouge et qu’elle se déhanche sur un rythme de rap  ...

Sur les plateaux de télévision, les faces de rats de Bernard Tapie (menteur, voleur, tricheur, hâbleur, faussaire, escroc, pour tout dire mitterrandien passé au sarkozysme), de DSK (qui cache mal un sourire de satisfaction devant la performance médiocre de toute la gauche, donc devant son avenir ouvert pour les prochaines présidentielles...), de Laurent Fabius (qui cite Jaurès, avec la même conviction que Sarkozy...), de Montebourg, Lang, Rebsamen ( des apparatchiks prêts à vendre leur logorrhée au prochain socialisant le plus offrant), de Voynet ( disposée à monnayer les picaillons de son score de lilliputienne pour une assiette de lentilles ministérielles), ces faces de rat, donc, se partagent le temps de parole . Débats de professionnels de la politique. Les Français s’en moquent...

Lors de son intervention nationale et télévisée, Bayrou n’a rien dit. Normal, il est dans son rôle. Ni de droite, ni de gauche, il joue son avenir. Donc il ne peut penser seul. Il lui faut réunir son aréopage demain et voir ce qui lui sera le plus favorable. Depuis deux ou trois ans, cet homme joue son avenir et, pour ce faire, prend la France et les Français en otage : il est prêt à sacrifier les lieux communs qui lui servaient d’idées avant, ses slogans anciens, son électorat, son état major et tout ce que l’on voudra. Il sait qu’il est ce soir le plus convoité des perdants. Jour de gloire pour le chrétien modeste...

Le Pen est bas, il compte donc pour zéro ;

La gauche antilibérale est plus bas que bas : elle compte pour moins que zéro ; le PCF est encore plus bas que plus bas que bas : il est mort, et personne au parti Socialiste ne s’enquiert d’un rendez vous ; Voynet irradie autant qu’un déchet nucléaire du paléolithique : on se détourne donc sur son passage ; en revanche, Bayrou est un grand petit, donc un important supplétif : chez les arrières petits enfants très pâles de Jaurès on doit à cette heure discuter, parlementer, monnayer : combien coûte le béarnais ? Probablement pas cher.

Déjà DSK, Kouchner (pour une fois sans sac de riz), Rocard (sûrement au lit à cette heure), et les mânes de Bérégovoy (toujours actives un soir de premier tour des présidentielles), complices de celles de Mauroy (patelin, mais rallié tout de même aux libéraux, malgré son casque de mineur sur son bureau, pour la frime...), apportent leur soutien : « lâchez la gauche de la gauche » disent-ils. Et ils ont raison : elle ne pèse rien. « Et ralliez vous au centre », ils ont raison, il pèse tant. Bayrou qui était à la messe ce dimanche matin se remet du stress de l’eucharistie, il réfléchit, autrement dit, il compte les voix et extrapole. « La gauche antilibérale a été nulle, elle n’est donc rien : pourquoi louchez vers elle ? ». Dès lors, la gauche gouvernementale se détourne d’elle et lorgne vers le centre droit.

Ce mariage de raison ne produira pas de beaux enfants.

Sarkozy a ratissé large : de l’extrême droite au centre, il a des réserves - de Le Pen à Bayrou en passant par de Villiers, il dispose d’un (gros) réservoir.

Royal a fait le plein, et, en plus, elle ne dispose pas de réserve. Tétanisés par le souvenir de la dernière présidentielle, tous ceux qui, habituellement, votent plus à gauche, ou dans une autre gauche, se sont ralliés à son panache tiède et à son minois pâle. Qui, en plus ou venu d’ailleurs, se ralliera au deuxième tour ?

Devant les journalistes motorisés, Sarkozy pouvait donc bien faire ce soir son Chirac, avec un mètre de moins, dans une voiture qui n’est pas une CX, ce qui fera la seule différence avec un Père qu’il s’évertue à tuer depuis des années . Il triomphe : le pouce dressé ou le « V » de la victoire exhibé face aux caméras de télévisions qui relayent, les vitres (fumées) baissées de son véhicule blindé. Les directeurs de chaînes, ses amis intimes, regardent sur l’écran de contrôle. Pendant ce temps, Ségolène doit boire avec Julien Dray un mousseux tiède, Montebourg grignoter des cacahouètes. Simultanément, François Hollande est dans le train de deuxième classe qui rentre à Tulle et arrivera demain matin. Sarkozy défilera bientôt sur les Champs Elysées. Jaurès, Blum, De Gaulle et Guy Môquet seront donc bientôt à l’Elysée... Réjouissons nous !

J’espère qu’à cette heure José Bové boit une bière avec houblon sans OGM , Arlette de l’eau minérale, Schivari un rosé du sud-ouest , Olivier un gros rouge qui tache , Marie Georges une vodka bien frappée, car les pauvres auront été les cocus de l’ histoire, comme toujours.

Ce soir, cette nuit, je songe à mon petit frère ouvrier dans une carrière. A cette heure tardive de la nuit, il doit dormir. Dans une poignée d’heures, il repartira au travail. Ces élections auront été pour lui comme pour tant d’autres Français pauvres une farce de plus. Une farce brutale. Je voudrais le remercier de n’avoir jamais voté Le Pen ou, lui le chasseur, « Chasse, Pêche, Nature et Tradition », mais de voter pour une gauche radicale qui, s’il se soucie d’elle, ne se soucie guère de lui. Et de ses compagnons d’infortune.

Résultats du 2e tour de 2007


NOTES:

(1) 29,77 % pour Ségolène Royal et
28,01 % pour Nicolas Sarkozy