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Irak, Moyen-Orient, Darfour, Rwanda : record des horreurs

Ecrit le 19 mai 2004 :

 Record des horreurs

Les horreurs qui se succèdent en Irak, au Moyen-Orient, au Darfour (Soudan) ou ailleurs, posent des questions de fond sur la nature humaine, capable des pires sauvageries comme celles que l’on découvre dans tous les pays, qu’il s’agisse de l’affaire Dutroux en Belgique, du cannibale du Japon ou d’Allemagne, des sordides obsédés sexuels d’Outreau, des crimes passionnels commis à l’arme blanche, et des crimes politiques commis à la bombe ou au couteau en Espagne ou en Algérie. L’homme est plus sanguinaire que tous les loups de la terre.

 Au couteau

Certains crimes de sang occupent l’opinion publique pendant quelques temps, déviant l’attention sur ce qui se passe en Tchétchénie, au Soudan, au Nigéria ou ailleurs. Le drame du Rwanda a été vite oublié, celui de Côte d’Ivoire n’a tenu « la Une » que peu de temps.

Mais voilà qu’un massacre au couteau réveille l’attention. Un jeune Américain égorgé en public, ou presque, par le biais d’un film vidéo. Une mort qui fait oublier mille torturés. Voici à ce sujet, un point de vue différent de ceux qu’on peut lire dans nos journaux occidentaux. Il émane de Kamel Daoud (“Le quotidien d’Oran” ) :

« Les images de la décapitation « publique » d’un Américain par un groupe d’encagoulés en Irak servent si mal la cause de la résistance irakienne, que les Arabes en doutent profondément.

Pour beaucoup, l’on ne pouvait pas faire mieux pour incarner le « Barbare » en terre violente, endosser la caricature de l’islamiste sauvage, repeindre cette religion en carnaval d’anthropophagie et justifier les « missions » armées de la civilisation et ses prétextes de libération.

L’on ne pouvait pas mieux faire pour faire passer les Irakiens pour des mangeurs d’homme au regard de ce retraité de la Pennsylvanie, électeur américain et con-sommateur des grandes manipulations médiatiques.

Ces images ne pouvaient pas aussi mal tomber en acceptant ce rôle sur mesure de grossière réaction aux humiliations des torturés d’Abou Ghraïb par l’usage d’une sauvagerie publique plus poussée et plus sauvage.

Désormais les photos des Irakiens nus, entassés comme des offrandes sexuelles, menacés par des chiens méchants, passent pour des égratignures face au geste brutal de l’exécuteur qui sort son couteau et égorge un homme, ligoté à ses pieds, dans une démonstration de vengeance.

La vidéo, comme celles de Ben Laden souvent, tombe si bien à point pour effacer l’effet des photos d’Abou Ghraïb, effacer leur impact, réduire leur scandale et réparer leur émotion par une émotion plus forte, que les Arabes sont menés à n’y voir qu’une fantastique recette, pensée quelque part, pour juguler les effets du « Pearl Harbor diplomatique », du cas England et consorts.

Le choc de l’opinion occidentale a été « guéri », en somme, par un choc plus grand. Pourquoi, se disent-ils, cet Américain, kidnappé depuis quelque temps, est-il exécuté aujourd’hui, à ce moment précis et de cette façon horrible ? Pourquoi faut-il que ses ravisseurs fassent publiquement le lien et justifient leur acte par une pseudo-réponse aux humiliations d’Abou Ghraib ? Pourquoi cette vidéo a-t-elle les accents d’une réponse toute faite pour sauver certains d’un procès international en cours, les autoriser à une occupation « nécessaire », plus longue, et démontrer l’obligation « morale » de rester en Irak, protéger les Irakiens et garantir la sécurité de l’Amérique en lui faisant toujours peur avec une bonne vidéo d’un groupuscule qui déclame son appartenance à El-Qaïda, avec une voix si forte qu’il semble que même les sourds-muets soient visés ?

Désormais, les photos d’Abou Ghraïb sont oubliées. Classées dans les archives et gommées par cette « décapitation ». L’Occidental-type, ne retiendra de toute l’histoire que cette confusion : les Arabes égorgent, El-Qaïda menace et le terrorisme tue des innocents et il faut combattre la « Barbarie ».

La lutte contre l’occupation, la lutte pour sa propre liberté et celle de son pays, le refus d’une occupation et celui des annexions pétrolières passent pour le détail. La vidéo sert si bien des intérêts absolument contraires, que les Arabes n’y voient qu’un machiavélisme là où les Occidentaux n’y voient qu’une horreur. »

 

Kamel Daoud

 

 Les drames oubliés

Au Darfour, Ouest du Soudan, 770 personnes sont mortes entre septembre 2003 et février 2004. Un million de gens ont fui. Les femmes et fillettes se rendant aux puits sont systématiquement violées. Cheptel, vivres, puits, pompes, couvertures, vêtements été pillés ou brûlés. Source : http://www.hrw.org

Au Nigéria, après le massacre d’une centaine de musulmans, le 2 mai, deux jours d’émeute ont conduit au massacre de 600 chrétiens la semaine suivante.

En Palestine, à la suite de la provocation d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des Mosquées, la deuxième intifada a fait plus de 4000 morts depuis septembre 2000, dont les trois quarts sont des Palestiniens.(3029 Palestiniens, 916 israéliens). Les Israéliens, en 24 heures, ont détruit plusieurs centaines de maisons, les 14-15 mai 2004, jetant à la rue un millier de Palestiniens dans le camp de réfugiés de Rafah. Tout un peuple est encerclé, emmuré, humilié ....La Paix s’est évanouie. Qui la ranimera ?

En Tchétchénie, une bombe dans un stade bondé a tué 32 personnes dont le président pro-russe Akhmad Kadyrov à Grozny. Là bas les soldats russes portent des cagoules noires lors des rafles nocturnes contre les civils, depuis deux ou trois ans. La principale base militaire russe en Tchétchénie, la forteresse de Khankala, de sinistre réputation, est un centre de torture. Les soldats enterrent leurs victimes ou les déchiquettent à l’explosif pour effacer les traces. Mais parfois les militaires jettent quelques corps torturés en bordure de route, où ils sont facilement retrouvés, afin d’injecter encore plus de peur chez les habitants. Entailles profondes de couteau sur le torse et dans le dos, plantes de pieds brûlées, crânes fracassés, doigts brisés, dents arrachées, impacts de balles dans les cuisses et dans la nuque... la liste des sévices est longue. De larges plaies sur les épaules et les reins semblent indiquer qu’ils ont aussi été battus avec des barres de fer.

 La torture avilit

C’est le moment de rappeler, encore et toujours, le refus de la torture. Ouest-France rappelle cette prise de position du Général Billotte, parue dans ses colonnes le 8 octobre 1957 : « Pour la torture, je suis catégorique : sous quelque forme que ce soit et quel que soit son but, elle est inacceptable, inadmissible, condamnable ; elle porte atteinte à l’honneur de l’armée et du pays. Le caractère idéologique des guerres modernes ne change rien à cela. Au contraire, dans les conflits de cette nature, à échéance, la victoire doit aller à l’idéologie la plus élevée ; l’un des moyens de vaincre les plus efficaces - car il va droit au cœur des hommes qui vous sont temporairement hostiles - réside justement dans le plus grand respect des valeurs morales et humaines [...]. Tout d’abord, il y a fort peu de cas où un malheureux prisonnier dispose de renseignement de cette importance. Ensuite et surtout, bien que ce soit un devoir cruel à remplir, plutôt que d’accepter une pratique déshonorante, un chef ne doit pas hésiter à faire courir un plus grand danger à sa troupe et même à la population qu’il protège. Un chef qui n’aurait pas la force morale de remplir un devoir de cette nature n’est pas digne de commander une troupe française. »


Note du 12 avril 2009

 Rwanda

Un génocide eut lieu du 6 avril au 4 juillet 1994 au Rwanda, un pays d’Afrique de l’Est.

Il fut commis dans le cadre d’une guerre civile opposant le gouvernement rwandais, qui s’était auto-proclamé Hutu Power avant le génocide, et le Front patriotique rwandais (FPR), accusé par les autorités d’être essentiellement « tutsi ».

Le 1er octobre 1990, des Rwandais exilés et regroupés au sein du FPR décidèrent de revenir au pays à partir de l’Ouganda et de prendre le pouvoir par les armes. En réponse, les autorités rwandaises menèrent une double stratégie : se défendre avec l’armée contre l’agression militaire du FPR et « liquider » tous les Tutsi de l’intérieur du Rwanda. Les autorités rwandaises perdirent la guerre civile au profit du FPR et par contre atteignirent leur objectif génocidaire contre les Tutsi.

L’ONU estime que quelques 800 000 Rwandais, en majorité Tutsi, ont trouvé la mort durant ces trois mois [1]. Ceux qui parmi les Hutu se sont montrés solidaires des Tutsi ont été tués comme traîtres à la cause hutu. D’une durée de cent jours, ce fut le génocide le plus rapide de l’histoire et celui de plus grande ampleur en termes de nombre de morts par jours.

Mais il convient de souligner qu’un génocide n’est pas qualifié comme tel en raison du nombre de morts, mais sur une analyse juridique de critères définis à l’époque par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948 de l’ONU. Cette convention définit qu’un génocide est commis dans l’intention de détruire, tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux comme tel.

La discrimination rwandaise entre Hutu et Tutsi, qui a atteint un point culminant en 1994, s’est construite dans un processus historique complexe entre la réalité de la population du Rwanda et la façon dont les colonisateurs, d’une part, et les divers Rwandais, d’autre part, l’ont perçue et expliquée. Dans cette Histoire du Rwanda, se sont surajoutés de façon déterminante les avantages politiques successifs que ces divers acteurs ont cru pouvoir tirer de cette discrimination, de 1894, (date des premiers contacts entre des européens et le roi issu des Tutsi du Rwanda) à 1962, (date de l’indépendance du Rwanda), puis jusqu’en 1994, période dominée par des Républiques dites hutu.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide_au_Rwanda

La note qui accuse la France :

Rw

Le dossier de Bakchich : http://www.bakchich.info/Le-genocide-rwandais-pour-les-nuls,07375.html