Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Intercommunalité et diverses communes > CCRN - Com Com de Nozay > CCRN - 2005 - 2008 > CCRN - Réflexion sur l’espace rural

CCRN - Réflexion sur l’espace rural


 

Ce n’était pas un compte-rendu de mandat ! Le 8 décembre 2006,Gilles Philippot a animé, avec les habitants de son canton, une réflexion sur l’avenir des territoires ruraux. Il avait invité pour cela Mme Valérie Jousseaume, enseignante-chercheur au CNRS et à l’institut de géographie et d’aménagement régional de l’université de Nantes, qui a fait état de ses réflexions sur les métamorphoses de l’espace rural.

Gilles Philippot-Valérie Jousse

Elle distingue trois phases :

 Première phase : avant 1950

L’espace rural est organisé autour de gros bourgs. Sur le territoire il y a répartition homogène de l’activité, des hommes et de la richesse créée. Les fermes, isolées ou en hameau, sont les cellules de base du peuplement. Au deuxième niveau on trouve de gros bourgs où se concentre la population non agricole et qui offrent : école primaire, mairie, église, cimetière, petit commerce alimentaire. Au troisième niveau se trouvent de grosses bourgades avec commerces non alimentaires, un marché ou une foire, un cours complémentaire voire un hôpital .

 Deuxième phase : 1950-1985

L’espace rural est alors polarisé par les petites villes industrielles.

L’industrie est caractérisée par la concentration :
– de l’activité
– des hommes
– de la richesse créée

L’espace devient alors hétérogène, des inégalités se développent entre les différentes parties du territoire. On commence à parler d’aménagement du territoire.

Le nouveau centre de l’espace rural devient la petite ville industrielle qui, généralement, regroupe
– plusieurs entreprises
– un hypermarché
– un hôpital-maternité
– un lycée public avec des formations
post-baccalauréat
– des commerces de vêtements
– et souvent .... un Mac Do !

Le bourg-centre de la période précédente est alors en voie d’effacement. Ce qui se manifeste en particulier par la disparition de commerces et de services publics (poste, banque, etc).

 Troisième phase : depuis 1990

L’espace est métropolisé par de très grandes villes autour desquelles se concentre l’activité. L’étalement résidentiel se produit dans les campagnes environnantes.

Cette fois les petites villes industrielles sont en voie d’effacement à leur tour.

Le temps a passé, les structures restent.
Le département de Loire-Atlantique a connu ces trois phases. On y voit trois types d’espaces ruraux :
– Les espaces ruraux agricoles

      • qualité paysagère
      • marginalité économique
      • et attirance de nouveaux habitants
        – Les espaces ruraux industriels
      • dynamisme endogène
      • industries de main d’œuvre d’où
        -***risques de délocalisations
        – Les espaces ruraux péri-urbains
      • dynamisme économique
      • forte déstructuration sociale et paysagère

Après cet exposé, Gilles Philippot a ouvert le débat. Celui ci fut riche. En voici quelques éléments en vrac :

Dans le canton de Nozay, beaucoup de choses changent :

      • essor économique
        (de plus en plus d’entreprises)
      • croissance démographique
        (+ 20 % en 6 ans)
        Mais

– Comment garder les racines d’une ruralité   en mutation ?

– Comment préserver l’espace agricole ? Chaque année l’agriculture perd 1000 ha sur le département. La réalisation de zones d’activités, et du futur aéroport, vont accentuer les choses. Mais un agriculteur qui s’en va, un commerce qui ferme, c’est une perte sèche qui ne profite pas à ceux d’à côté.

– Quel type d’entreprises ? Celles qui s’installent sont souvent dans le secteur industriel. Donc sensibles à une future délocalisation. Il faudrait des activités de secteur tertiaire (services).

– La mobilité est un facteur-clé : Puceul par exemple, qui est passée de 600 à 900 habitants, est une ville-dortoir : besoin d’écoles et de services, besoin de moyens de transport vers Nantes (qui n’est qu’à 20 min.)

– On bâtit en campagne mais on ne bâtit pas socialement la campagne. Pourquoi faisons-nous des lotissements pavillonnaires qui ressemblent à ceux des périphéries des grandes villes ? Le modèle de nos villages, avec des maisons imbriquées ou mitoyennes, avec des venelles et une place centrale, ne serait-il pas mieux à même de recréer du lien social ?

– N’avons-nous pas tendance à créer des lotissements sans âme, coupés du centre-bourg ? Cela ne va-t-il pas créer des problèmes sociaux ? Ne faudrait-il pas une réflexion d’ensemble avec un architecte-urbaniste ?

– Comment organiser l’espace dans notre région ? Quels services créer ? Peut-on laisser faire les installations anarchiques ? Ne faudrait-il pas réfléchir à un SCOT   (schéma de cohérence et d’organisation territoriale) ?

– Le train va arriver. L’aéroport aussi. On doit se mettre en ordre de marche pour accueillir de nouveaux arrivants, voire de nouvelles activités. Laisserons-nous faire ? Ou devons-nous réfléchir au développement que nous voulons ?

– quel développement touristique ?

Autant de questions, pour l’instant sans réponse. Le Conseiller Général Gilles Philippot a exprimé le désir « d’animer le débat pour construire ensemble, en renforçant la dynamique locale et l’innovation »

Une référence : http://ruralia.revues.org/document237.html