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CCRN Vay, Saffré : de faux nouveaux arrivants


Voir aussi : nouveaux arrivants

Ecrit le 28 mars 2007

Il y avait beaucoup de monde, le 23 mars à Saffré, pour la restitution de l’enquête qu’une quinzaine d’étudiants de l’Université de Nantes ont menée sur les « nouveaux habitants » du canton de Nozay. Ce canton en effet a connu un fort accroissement de population, surtout dans les communes du sud, les plus proches de Nantes. A l’initiative   de Gilles Philippot, il s’agissait de savoir qui sont ces nouveaux habitants, pourquoi ils sont venus, qu’est-ce qu’ils espèrent et comment ils s’intègrent dans la vie locale.

L’enquête a porté sur 83 ménages : 77 couples et 6 personnes seules, soit 160 adultes, uniquement sur les communes de Vay et Saffré.

Première constatation : ces nouveaux arrivants sont jeunes : 75 % d’entre eux ont moins de 40 ans. Ils ont des enfants en bas âge, nés souvent après leur installation dans le canton, ce qui entraîne la nécessité de construire des écoles et de prévoir cantines scolaires, accueil de la petite enfance et activités pour les jeunes.

Seconde constatation : 87 % de ces nouveaux arrivants travaillent. Les 2/5 travaillent dans la région nantaise, 2/5 travaillent dans le canton de Nozay, les autres travaillent dans les cantons voisins.

La plupart d’entre eux sont employés ou ouvriers, mais 12 % ont le baccalauréat avec 2 à 4 années d’études. Leurs salaires sont modestes : les 3/4 des actifs gagnent moins de 1500 € par mois. Il n’y a donc pas de distorsion entre les nouveaux arrivants et les anciens du canton.

En octobre 2006 la pièce « Le jeu de moi » mettait en scène les nouveaux et les anciens habit

 Faux nouveaux

Sur 83 familles, 69 viennent de la région nantaise ou des cantons voisins, avec des attaches familiales. Seuls 14 ménages sur 83 sont de vrais « déracinés ». En quelque sorte, pour la grande majorité d’entre eux, c’est une sorte de retour au pays, motivé par :
– des raisons financières (les terrains sont moins chers qu’à Nantes)
– des opportunités foncières : on trouve encore du terrain pour bâtir
– un choix de vie en milieu rural
– et une bonne desserte routière vers la métropole.

La quasi totalité de ces ménages habite une maison individuelle, choix dicté par des habitudes prises dans l’enfance. Les étudiants n’ont pas relevé de situation de grande précarité : il n’en serait pas de même si l’enquête avait concerné Châteaubriant où il y a un nombre important de logements HLM en collectif.

Ces nouveaux arrivants sont-ils là pour longtemps ? Ils expriment en tout cas le désir de rester sur le canton mais savent que, dans la période actuelle, l’insécurité de l’emploi ne permet pas d’avoir une certitude.

 Commerce

Les habitudes commerciales des nouveaux arrivants sont liées à leur mode de vie : des commerces de proximité (boulangerie, poste), des déplacements vers des centres plus importants pour les courses hebdomadaires (Nozay, Blain, Nort sur Erdre) et le recours à Nantes pour des occasions plus rares (soins de santé, restaurants). Châteaubriant ne les attire pas, malgré les facilités de déplacement et d’accès aux commerces. Dommage ! Selon les étudiants les lieux de commerce sont choisis en fonction du lieu d’habitat (proximité du logement), du lieu de travail et des habitudes liées à la résidence antérieure.

Globalement les nouveaux arrivants se disent satisfaits, mais plus à Saffré qu’à Vay où ils trouvent qu’il manque des équipements de santé et un restaurant. Tous ont exprimé la satisfaction d’avoir été bien accueillis par leurs voisins (c’est vrai surtout dans les villages et autour des écoles).

 Environnement

Les préoccupations environnementales sont à la mode. Les nouveaux arrivants n’y échappent pas, mais leur faible niveau de ressources leur interdit d’installer par exemple une pompe à chaleur. Ils préfèrent le chauffage électrique (choix qui se révèlera plus onéreux dans quelques années). Mais 36 % ont un récupérateur d’eaux pluviales, 14 % ont un puits, tous sont convaincus de l’utilité du tri sélectif, tous souhaitent être associés aux débats collectifs à ce sujet

 S’impliquer

S’impliquer dans la vie locale répond à trois besoins :
– Avoir une vie sociale, des relations
– Exprimer son dynamisme
– Répondre à des choix idéologiques

Mais cette implication n’est pas évidente. Celui qui s’implique peu risque d’être perçu comme un consommateur un peu égoïste. Celui qui s’implique trop vite est parfois ressenti comme un donneur de leçons qui veut « tout bouffer ». Selon les étudiants, l’intégration réussie dans la vie locale, le sentiment d’appartenir à la communauté locale, est plutôt lente, 6 à 10 ans.

Le débat a permis de soulever plus de questions que de réponses :
– comment accueillir les nouveaux ? Quels événementiels proposer pour qu’un travail commun se réalise ?
– Est-il possible de concilier le désir d’espace des nouveaux, et le besoin de conservation de terres agricoles ?
– Y aura-t-il assez d’emplois pour tous ?
– Quel équilibre du territoire faut-il préparer ?
– N’y aurait-il pas à réfléchir ensemble sur l’aménagement de l’espace, par exemple autour d’un SCOT   ? (schéma des cohérence territoriale). La réflexion ne fait que commencer ....

 Culture

Patrimoine, espace, nature : encore une réunion sur le canton de Nozay, le 16 mars. « Pays vert, Pierre Bleue » comme dit le guide touristique qui vient de sortir sur Nozay-Derval : la mine bleue, la pierre bleue, l’étang de Clégreuc et ceux de Gruellau ou de la Hunaudière  . La région a des activités variées mais il manque encore une coordination.

Une évidence : l’importance de ceux qui ont envie de travailler ensemble pour mettre en valeur le patrimoine et accueillir des touristes en quête d’une nature relativement préservée.

Prochaines manifestations : les Escapades Atlantiques le 29 avril à Abbaretz - l’exposition sur le schiste au château de Châteaubriant à partir d’un travail fait par l’Asphan   à Nozay - et le festival Graines d’automne.


Voir aussi : nouveaux arrivants