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JP Raffarin (01)

Page 2135
[ lire plus bas : Pile ou face ]
(Écrit le 10 juillet 2002)

Jean-Pierre Raffarin a été nommé Premier Ministre de Jacques Chirac, le 6 mai 2002

(Nous avons reçu le communiqué suivant, qui nous a paru être une excellente analyse de ce qu’a dit le premier ministre Jean Pierre Raffarin, lors du traditionnel discours de politique générale devant l’assemblée nationale, le 3 juillet 2002)

Le masque rassurant

« Lucidité, courage espoir », « placer l’homme au centre de notre projet », « nouvel humanisme », « gouverner pour tous », « exigence républicaine », les lieux communs ne manquaient pas dans le discours du Premier ministre. Ces banalités rassurantes ne peuvent cependant masquer l’annonce de mesures qui, si elles voyaient le jour, constitueraient des régressions sociales d’ampleur.

Concernant les retraites, l’alibi démographique est de nouveau avancé pour justifier des transformations importantes du système. Le Premier ministre n’assure plus le maintien actuel des pensions par rapport aux salaires, seul « un bon revenu à tous les retraités » est évoqué. C’est l’annonce de la baisse programmée du niveau des pensions, chaque régime de retraite étant attaqué selon « un traitement spécifique ».

Le développement de la capitalisation est annoncé alors que la faillite boursière et les difficultés actuelles des systèmes anglo-saxons auraient dû amener à exclure une telle solution. Au nom de la liberté de choix, c’est la retraite à 60 ans qui est, de fait, remise en cause, même si le Premier ministre prend soin d’indiquer le contraire. Devant la baisse de leur retraite, quelle liberté auront les salariés de partir à 60 ans ? Pour avoir une retraite décente, ils seront obligés de continuer de travailler.

Hôpitaux publics en déshérence

Une « nouvelle gouvernance du système de santé » est annoncée. S’agit-il, avec l’annonce d’une « régionalisation accrue », de démanteler la sécurité sociale ? De plus, alors que l’hôpital public est en déshérence, rien n’est dit sur les moyens à mettre à sa disposition. L’annonce d’un plan « Hôpital 2007 » sans contenu, n’est pas de nature à rassurer, ce d’autant plus que l’accent est mis sur « l’augmentation trop rapide des dépenses de santé » qui n’a pas empêché le gouvernement de faire passer la consultation médicale à 20 euros.

Managériales !

Alors que le mot « concertation » revient plusieurs fois dans le discours, celle-ci ne sera pas visiblement employée pour la réforme de l’administration puisque le gouvernement entend légiférer par ordonnances. La pratique du coup de force sera donc mise en œuvre pour imposer des mesures dont la philosophie est inspirée des pratiques managériales du secteur privé dont les conséquences désastreuses sur les conditions de vie et de travail des salariés ne sont plus à démontrer. De plus l’annonce de la nécessité d’un « service garanti » laisse planer le doute sur une remise en cause du droit de grève.

Enfin, des coupes sombres sont annoncées dans les effectifs de la fonction publique puisque « tous les emplois ne seront pas systématiquement remplacés ».

Et ceux qui ne paient pas d’impôts ?

Le Premier ministre reprend les lieux communs de la pensée libérale en matière de baisse d’impôts et de charges dont l’injustice sociale et le peu d’efficacité économique sont pourtant patents. Comment « créer les conditions d’une croissance forte et durable » alors même que sa condition première, la progression du pouvoir d’achat des salariés, n’est même pas évoquée ? L’objectif du plein emploi pourtant réaffirmé ne peut qu’apparaître comme une clause de style.

Privatisations

De nouvelles privatisations des services publics sont annoncés, en particulier à EDF/GDF. Le gouvernement ne tire aucun bilan de l’expérience du secteur des télécommunications et de l’aventure de France Télécom qui a abouti au fiasco économique et social actuel. Il est assez piquant de voir que l’argumentation employée à cet effet est la même que celle du précédent gouvernement.

Code du travail

L’importance du dialogue social annoncé par le Premier ministre s’accompagne d’annonces inquiétantes. Reprenant les termes même du Medef, il indique que la simplification de notre code du travail est nécessaire. On peut craindre le pire pour les droits des salariés.

De plus, l’autonomie des partenaires sociaux « pour définir par voie d’accord(s) les règles qui déterminent les relations au travail » laisse entendre une possible remise en cause du principe de faveur clef de voûte du code du travail actuel. Cet éventuel renversement de la hiérarchie des normes privilégiant l’accord d’entreprise serait lourd de régressions sociales, d’autant plus que le principe de l’accord majoritaire n’est même pas évoqué.

Au service des riches

Une telle politique ne vise pas à « gouverner pour tous ». Il s’agit clairement d’une politique au service du patronat et des couches les plus riches de la population et marquée par la tentation sécuritaire. Face à de telles orientations, il s’agit pour le mouvement syndical et plus largement pour le mouvement social de construire les rapports de force nécessaires pour mettre en échec la régression sociale annoncée et gagner sur ses revendications.

Communiqué du syndicat SUD-PTT


Brèves

La moitié des fonctionnaires, soit un peu plus de 800 000 personnes, vont partir à la retraite d’ici 2012 dans les seules administrations civiles de l’Etat. En 2015, selon un récent rapport du commissariat au plan, 50 % des salariés de la fonction publique (contre un tiers seulement dans le privé), auront plus de 60 ans. Il sera alors facile, lors des mises à la retraite, de ne pas remplacer ces fonctionnaires.

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Raffarin annonce 13 500 policiers supplémentaires. C’est céder au réflexe sécuritaire. Encore faudrait il que les policiers et gendarmes actuels soient bien répartis sur le territoire et qu’ils soient effectivement sur le terrain, répondent aux appels et ne se contentent pas de se promener en bagnole .

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Les impôts vont baisser de 5 % mais la Prime pour l’emploi, qui va être versée à 8 millions de salariés modestes, à la rentrée, n’aura aucun coup de pouce, pas plus que le SMIC. Comme dit Raffarin, « notre route est droite mais la pente est forte » . La France d’en bas attendra.


(écrit le 2 octobre 2002)

Budget 2003 :
entre clientélisme et hypocrisie

(communiqué du SNUI, syndicat national unifié des impôts)

Le projet de Loi de Finances 2003 présenté au Conseil des Ministres du 25 septembre 2002 affiche très clairement le souci de satisfaire les promesses électorales de Chirac malgré une situation économique présentée comme difficile en raison d’une croissance orientée à la baisse.

A qui bénéficient les principales mesures fiscales ?

Pour le SNUI, les mesures présentées en matière d’impôt sur le revenu, caractérisent la démarche « clientéliste » de ce budget.

En effet, la baisse de l’impôt sur le revenu amorcée dans le cadre du collectif budgétaire pour 2002 se poursuit par une baisse de 1 % qui a pour premier résultat symbolique de faire chuter le taux marginal de l’Impôt sur le revenu en dessous de la barre « mythique » des 50 %.

Mais combien de foyers fiscaux sont soumis au taux marginal ? 228 000, dont 4 000 seulement subissent un taux effectif moyen supérieur à 50 %. La « France d’en haut » est bien soignée !

Par ailleurs, la réduction d’impôt octroyée pour l’emploi de salariés à domicile, renforce encore les salariés les plus aisés, sous prétexte d’un effort à destination des familles.

Enfin la baisse de la taxe professionnelle octroyée aux professions libérales (90 millions d’euros) constitue un autre cadeau fiscal à une catégorie de contribuables qui se situent parmi les plus aisés.

La faiblesse de la PPE

En second lieu, il y a beaucoup d’hypocrisie en ce qui concerne les annonces sur la Prime Pour l’Emploi (PPE). Le coût budgétaire de son extension aux travailleurs à temps partiel est chiffré globalement à 200 millions d’euros, mais l’effet pécuniaire par bénéficiaire ne devrait sans doute guère excéder, en moyenne, 300 euros (soit moins de 2000 F).

Pour le SNUI, cet « impôt négatif » introduit par le précédent gouvernement, montre sa faiblesse en terme de pouvoir d’achat supplémentaire. De plus il dédouane le MEDEF qui pourra encore éviter de mener une politique salariale correcte en invoquant ce « saupoudrage » d’aide publique aux emplois les plus précaires et les moins bien rémunérés.

Pour le SNUI, il apparaît clairement que l’orientation budgétaire du gouvernement RAFFARIN s’inscrit dans une démarche qui, à terme, accentuera les inégalités et aggravera la « fracture sociale » naguère dénoncée par un certain Jacques CHIRAC.


Ecrit le 2 octobre 2002
Raffarin : Pile et face
(communiqué du syndicat Sud PTT 44)

En présentant son projet de loi de finances pour 2003, M.Raffarin a clairement indiqué ses priorités : les créations de postes dans la justice et la police au profit d¹une politique du tout sécuritaire ne peuvent masquer le cratère d’emplois publics que creuse le Premier ministre.

Par la suppression d’emplois publics et par la politique fiscale annoncée, le gouvernement favorise les plus aisés et affaiblit des missions aussi essentielles que la lutte contre la fraude fiscale, la sécurité alimentaire, la sécurité industrielle.

En supprimant des postes à l’Education Nationale et notamment les postes de surveillants, le Premier ministre montre bien que l’éducation et l’encadrement des jeunes ne sont pas sa priorité.

Equipement, Travail, Agriculture, Culture, tous les ministères sont touchés par des suppressions d’emplois ou des baisses de crédits.

La disparition des emplois jeunes non remplacés par des emplois titulaires va accroître le déficit d¹emplois publics et affaiblir considérablement les missions de service public de proximité.

Le Projet de Loi de Finances 2003 présenté le 25 septembre 2002 par M.Raffarin dévoile clairement les deux visages de sa politique.

Côté pile, M.Raffarin
accentue la baisse des recettes fiscales de l’Etat.

La poursuite de la baisse de l’Impôt sur le Revenu avantage d’abord les revenus les plus élevés. La réduction d’impôt pour l’emploi de salariés à domicile privilégie un peu plus les ménages aisés qui ont les moyens d’avoir à leur service des employés de maison.

La baisse de la taxe professionnelle octroyée aux professions libérales est un cadeau à une catégorie de contribuables qu’on ne peut classer parmi les plus défavorisés.

L’amélioration de la prime pour l’emploi, si elle est positive pour les personnes concernées, pose sur le fond la question de la responsabilité patronale en terme de salaires. Est-il normal que la politique salariale repose sur la collectivité, à travers le budget de l’État, en exonérant ainsi le patronat de ses responsabilités ?

Se privant lui-même de rentrées fiscales, le gouvernement prend ensuite le prétexte d’un déficit budgétaire excessif prévisible pour attaquer l’emploi public. Il s’attaque à des secteurs (éducation, culture, recherche, finances, équipement,) qui agissent au plus près des citoyens pour assurer leur égalité et la présence du service public sur l’ensemble du territoire.

Côté face, le gouvernement
dévoile ses vraies priorités : la police et l’armée !

L’augmentation du nombre de policiers (alors que la France compte déjà le plus grand nombre de policiers par habitant en Europe) s’inscrit dans une politique du tout répressif qui cible principalement les plus
précaires.

Dans un budget en baisse, est-il bien nécessaire de donner la priorité à l’augmentation des crédits militaires et à la construction d’un nouveau porte-avions ?

Quand un gouvernement augmente les crédits militaires et baisse les crédits de la culture, on ne peut que s’inquiéter de la société qu’il nous prépare !

M. Raffarin s’annonçait pragmatique ; à travers ce projet de budget, le gouvernement dévoile maintenant clairement son orientation politique.

Côté pile : une politique libérale qui favorise les plus aisés Côté face : une politique répressive envers les plus défavorisés !


Ecrit le 20 novembre 2002 :

Grignotage en douce

Peu à peu se dessine le comportement de Jean-Pierre Raffarin : il a claironné une baisse d’impôts (qui n’a touché que ceux qui en paient) et, en douce, il grignote tous les crédits possibles.

On l’a bien vu pour les Contrats emploi-solidarité (relire La Mée du 16.10.02) : depuis le 1er octobre 2002, les CES qui étaient pris en charge par l’Etat aux taux de 90 % ou 95 %, ne le sont plus qu’à 65 % ou 85 % maximum, sauf dans deux cas précis (dérogation jusqu’au 31 juillet 2003) : les jeunes en grande difficulté (programme Trace), et le public accueilli en chantier d’insertion (et encore, ce n’est pas automatique !)

Même chose pour l’allocation logement destinée aux jeunes (cf La Mée du 13.11.02), et en général pour les aides à l’amélioration des logements. Gisèle Gautier, sénateur-maire de Carquefou vient d’ailleurs d’interroger le ministre du logement « il apparaît que les autorisations de programme de l’ANAH connaîtraient une baisse significative (...) son rôle en serait alors amoindri, alors qu’elle est indispensable au service des politiques sociales et territoriales »

On le voit encore pour la société nationale de sauvetage en mer qui vient de voir sa subvention d’Etat amputée de 30 % (les sauveteurs en mer, tous bénévoles, ont sauvé 586 vies en 2001).

On le voit encore en matière culturelle puisqu’on constate un coup de frein au plan pour les arts à l’école :

Tout le monde ou presque pensait que les crédits affectés par le ministère de l’éducation nationale à l’éducation artistique, à défaut d’être augmentés, seraient au moins reconduits en 2003. En effet, le Président de la République s’était par le passé exprimé en faveur du développement de l’éducation artistique à l’école, et, de fait 27 000 classes du primaire et du secondaire ont bénéficié de ce dispositif lors de la dernière année scolaire. Or tout en indiquant qu’il n’y a pas d’opposition de principe à ce dispositif, le gouvernement prévoit d’ores et déjà en 2003 d’amputer le budget affecté à ce plan de plus d’un tiers !

A Châteaubriant des « parcours artistiques » ont été lancés en 2000 et le bilan en juin 2001 a reçu les félicitations du Rectorat, de la DRAC, de l’Inspecteur, des Chefs d’établissements. Mais que voulez-vous, s’il n’y a plus d’sous pour continuer.


Ecrit le 29 octobre 2003 :

Folles nuits

Jean Paul II vouait une telle admiration à « Mère Térésa » qu’il a contourné les usages établis pour accélérer le processus de son accession à la sainteté. Le 19 octobre, il a prononcé la formule consacrée faisant d’elle une « bienheureuse », ultime étape avant la canonisation. Le pape avait même envisagé de la canoniser en brûlant cette étape intermédiaire. C’était aller trop loin pour les traditionalistes de l’Eglise, celle-ci exigeant le témoignage d’un miracle accompli par le ou la candidat(e) pour la béatification, et d’un deuxième pour la canonisation.

Le souverain pontife a octroyé une dispense en vertu de laquelle la procédure d’examen du « dossier » de Mère Teresa, dans la perspective de sa canonisation pouvait débuter deux ans après sa mort, au lieu des cinq années requises en principe.

Mère Teresa, morte le 5 septembre 1997 à Calcutta, à l’âge de 87 ans, a acquis notoriété et prestige à l’échelle mondiale en se consacrant pendant des décennies aux malades et aux mourants, aux sans-abri ou aux lépreux dans l’une des villes les plus déshéritées du monde.

Outre cette béatification, la cérémonie consacrait les 25 ans de Pontificat du Pape. La France a envoyé Jean-Pierre Raffarin et Bernadette Chirac.

Il y avait en tout 51 personnes comme le reconnaît le service de presse de Matignon. Deux avions Falcon-900 ont été mobilisés pour l’occasion et les personnalités ont logé, non pas au superbe Palais Farnèse (l’ambassade de France), comme de coutume, mais à l’hôtel Hassler, le plus huppé de la ville de Rome, là où la chambre la plus modeste coûte 435 € la nuit et la suite la plus luxueuse : 3131 € la nuit (selon le canard Enchaîné qui ajoute que le petit déjeuner coûte 45 €). La France d’en-haut a des goûts de luxe !

Le service de presse du Premier Ministre a reconnu que la balade a coûté entre 70 000 et 80 000 € . De quoi fêter comme il convient les vertus de la « mère des pauvres » de Calcutta.

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