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Colonialisme

Négationnisme colonial
Suppression de l’article 4

 Négationnisme colonial

La polémique (janvier 2005) provoquée par les déclarations obscènes de Jean-Marie Le Pen sur le massacre d’Oradour-sur-Glane et le rôle de la Gestapo pendant l’Occupation a occulté un autre négationnisme qui, portant sur la période coloniale, prospère allègrement aujourd’hui.

Une proposition de loi (n° 667) déposée par de 116 députés de droite, parmi lesquels Philippe Douste-Blazy, aujourd’hui ministre de la santé, a servi de base à la loi votée le 23 février 2005, « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés ».

Que dit cette loi ?

On peut en trouver le texte, avec un peu de persévérance sur le site :
http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=DEFX0300218L

Il contient des dispositions intéressantes, particulièrement pour les harkis qui furent honteusement abandonnés (même si on peut discuter de leur attitude...). Mais il indique dans son article 4 :

L’article n°4

Les programmes de recherche universitaire accordent à l’histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu’elle mérite.

Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit.

La proposition
de loi n°667

Revenons en arrière. L’exposé des motifs de la proposition 667 disait ceci :

« L’histoire de la présence française en Algérie se déroule entre deux conflits : la conquête coloniale, de 1840 à 1847, et la guerre d’indépendance qui s’est terminée par les accords d’Evian en 1962. Pendant cette période, la République a cependant apporté sur la terre d’Algérie son savoir-faire scientifique, technique et administratif, sa culture et sa langue, et beaucoup d’hommes et de femmes, souvent de condition modeste, venus de toute l’Europe et de toutes confessions, ont fondé des familles sur ce qui était alors un département français. C’est en grande partie grâce à leur courage et leur goût d’entreprendre que le pays s’est développé. C’est pourquoi (...) il nous paraît souhaitable et juste que la représentation nationale reconnaisse l’œuvre de la plupart de ces hommes et de ces femmes qui par leur travail et leurs efforts, et quelquefois au prix de leur vie, ont représenté pendant plus d’un siècle la France de l’autre côté de la Méditerranée ».

A la suite de quoi, l’article unique de cette proposition 667 disait ceci :

« L’œuvre positive de l’ensemble de nos concitoyens qui ont vécu en Algérie pendant la période de la présence française est publiquement reconnue »

Commentaires

Dans un article paru dans le Monde du 02/02/05, Olivier Le Cour Grandmaison dénonçait la proposition de loi n° 667 :

« Envers et contre toute vérité historique, des élus de la nation défendent encore aujourd’hui le mythe d’une colonisation généreuse et civilisatrice ». disait-il

Les attendus de la proposition 667 ressemblent fort, en effet, à une auto absolution, sous couvert d’un apport « civilisateur »

Ce stupéfiant négationnisme soutient une histoire édifiante que les signataires de ce texte voudraient ériger en « vérité » officielle engageant la nation et l’État au mépris de la vérité historique.

Ces attendus appellent pourtant des questions :

A qui a profité l’apport du savoir-faire scientifique, technique et administratif de la France ? Aux « indigènes » ou aux colons ?

A qui la France a-t-elle apporté sa culture et sa langue ? Sans doute pas aux colons qui, a priori, en étaient dépositaires. Cet apport imposé a surtout nié la culture et la langue « indigènes ». C’est d’ailleurs une habitude : la Bretagne en sait quelque chose !

Cet article « unique » s’est
depuis enrichi pour ne plus être que l’article n°4 de la loi.

Pourquoi ?

L’article unique de la proposition 667 veut faire reconnaître l’œuvre positive des colons, mais l’image d’Epinal des idéaux portés par la France ne résiste pas aux massacres et spoliations qui ont accompagné la colonisation entre 1840 et 1881, non plus qu’aux massacres de 1945 perpétrés à Sétif et Guelma par l’armée française.
Sans oublier les milliers de torturés et de disparus de la dernière guerre d’Algérie.

L’idéal d’égalité, en particulier, s’évanouit devant une spécificité bien française : « le code raciste de l’indigénat en vigueur de 1881 à 1947, contraire aux principes reconnus par les institutions et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ».

Alors, pourquoi ? Sinon pour rechercher sans vergogne l’appui électoral de la mouvance « Algérie française » qui cherche à réhabiliter des « héros » aussi crédibles que l’OAS Bastien-Thiry, auteur de l’attentat du Petit-Clamart contre de Gaulle en 1962 !

Jean-Paul Alduy, membre de l’UMP et maire de la ville de Perpignan, a inauguré en 2003 un mémorial en hommage « aux combattants tombés pour que vive l’Algérie française ». Qu’en pense l’actuel président de cette formation politique, lui qui prétend « parler vrai » et s’est indigné des propos tenus par le chef du Front national ?

Quarante-trois ans après la fin de la guerre d’Algérie, les tueurs de l’OAS sont officiellement célébrés dans certaines communes de France avec le silence complice des membres du gouvernement et des principaux responsables de l’actuelle majorité. Que vaut la vérité historique, surtout lorsqu’elle est susceptible de porter atteinte à leurs intérêts électoraux et à leurs alliances politiques locales ?

Singulière époque, étrange conception du « devoir de mémoire » qui instille le mensonge et la falsification mis au service de sordides considérations électoralistes et d’ambitions présidentielles.

Mais qu’a fait l’actuelle opposition pour porter à la connaissance du public cette scandaleuse proposition de loi et répondre à ceux qui en ont pris l’initiative   ? Elle n’a apparemment pas réagi à cette tentative de falsification, mais était-elle seulement au courant ?

Une loi ou un dogme ?

Des historiens, ainsi que des associations comme « la Ligue des Droits de l’homme » et le « MRAP » s’insurgent (le Monde du 25/03/05) contre

« l’imposition d’une histoire officielle, contraire à la neutralité scolaire et au respect de la liberté de pensée qui sont au cœur de la laïcité »

Selon eux « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ».

Mieux que les Japonais

La France adore les leçons de « Droits de l’Homme ».

L’article 4 de la loi du 23 février 2005 devrait permettre de relativiser les positions du national-impérialisme japonais quant à la révision de ses manuels scolaires !

Rudi Le Gall


Ecrit le 1er février 2006

 Le colonialisme c’est l’horreur

la loi adoptée par l’Assemblée Nationale le 23 février 2005 veut effacer les crimes commis au nom d’une prétendue « mission civilisatrice » mais la réhabilitation du passé colonial de la France est lourde de dangers pour la cohésion de la civilisation française.

Revenant sur la polémique autour de l’article 4 de cette loi, sur le rôle positif de la colonisation, Jacques Chirac a jugé qu’il devait être réécrit, puis il a décidé de le « déclasser » afin de permettre son abrogation sans vote du Parlement. Il a réaffirmé que ce n’était pas à la loi d’écrire l’histoire mais aux historiens, soulignant que la question de l’esclavage était une blessure pour un grand nombre de nos concitoyens notamment d’Outre-mer.

Un lecteur nous écrit :

C’est trop facile de se décharger de tous les méfaits du colonialisme sur les historiens alors que ce sont les politiciens de tous les gouvernements qui se sont succédé, qui sont les seuls responsables. Il faut avoir le courage d’assumer ses responsabilités. Faudrait-il encore que l’histoire ne soit pas déformée et que toute la vérité soit dite. Mais !...

Ce qui est sûr c’est que ce n’est pas par bonté civilisatrice que les pays européens ont envahi les autres continents.

Les quelques bienfaits apportés concernent surtout la médecine et l’éducation. Le reste pour ces « sauvages » n’aura-t-il pas été de leur faire connaître un dieu blanc, leurs ancêtres les Gaulois et le privilège de faire les guerres en première ligne ? Tout ça ne pèse pas lourd devant l’exploitation ou les maltraitances, les pillages et les crimes qu’ils ont subis.

Tous les pays ont connu des invasions barbares. Pour la France : les Huns, les Wisigoths, les Burgondes, les Romains, les Vikings, les Sarrasins, les Anglais et enfin les Allemands. Mais on ne peut indéfiniment opprimer les peuples, ils finissent toujours par se libérer.

Avec le 20e siècle, la colonisation a presque disparu mais le néo-colonialisme ne vaut guère mieux.

En conclusion : rien ne sert de tergiverser pour trouver des excuses et se justifier. LE BON COLONIALISME N’EXISTE PAS. Comme il l’a toujours été et le restera : c’est l’HORREUR

Paul Chazé