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Accueil > Thèmes généraux > Politique générale > Règne de Sarko Premier > Politique et solidarité : les avantages à qui ?

Politique et solidarité : les avantages à qui ?

Ecrit le 24 juin 2009

 Les avantages à qui ?

Ah on l’a voulu Sarkozy ! On l’a ! Et on n’est vraiment pas déçus car les réformes se multiplient à grande allure et ce n’est pas le résultat des dernières élections européennes qui va arranger les choses ! A peine rentrés les lampions, voilà que tombent les bonnes nouvelles :

– le trou de la sécu, qui devient un abîme !
– L’âge de la retraite qu’il est question de repousser jusqu’à 67 ans (pour l’instant !)
– La remise en cause des avantages acquis par les femmes

Avantages acquis ? Avantages à qui ? Ah oui, certains ménages à très petits revenus ont reçu des chèques-CESU pour 200 euros. Cadeau ! Petit cadeau quand on sait que le bouclier fiscal a occasionné pour chacun des bénéficiaires une restitution de 33.000 euros (chacun), contre 16.000 en 2007

En réalité ce gouvernement fait preuve d’un génie inégalé ! Le ministre du travail et Bling-Bling créent 2000 chômeurs par jour :
– En encourageant le travail le dimanche (à des femmes et des jeunes pauvres et précaires), ils créent du chômage le lundi,
– En poussant à faire des heures supplémentaires en même temps que du temps partiel, ils créent du surtravail et du sous - travail à la fois.
– En proposant de faire travailler les salariés jusqu’à 67 ans, Hortefeux annonce qu’il veut aggraver le chômage dans la jeunesse,
– En supprimant 34 000 postes de fonctionnaires par an, ils sont les plus grands pourvoyeurs de chômage de ce pays : 140 000 emplois en moins pour les jeunes en quatre ans alors que nos services publics sont asphyxiés !

Les Français travaillent en réalité, dans la vie réelle, on ne le dira jamais assez, 37 annuités en moyenne. Comme en Allemagne !

 Et ça baisse !

Les salariés allemands sont « planifiés » pour atteindre un droit à la retraite à 67 ans étalé sur 30 ans, mais ils continuent de travailler en moyenne jusqu’à 57 ans. Si bien que n’atteignant pas le nombre d’annuités requises pour toucher leur retraite, le niveau de celle-ci baisse de facto. Pareil en France, les 41 annuités ne sont atteintes que par un nombre restreint de salariés, les 2/3 sont hors du travail à partir de 55, 56, 57 ans.

 Les seniors au travail

C’est une escroquerie que de prétendre prolonger les « seniors » au travail, car cela ne marche pas, et quand cela marche, cela prend du travail aux juniors. Dans les grandes entreprises, AGF, LCL, C&A, etc. des accords sont signés en permanence pour faire partir des centaines et des milliers de salariés en pré retraite… sous prétexte de la crise et sans embaucher. Et là où les seniors ne partent pas, la crise fait aussi que les juniors ne sont pas embauchés. Finalement les salariés se font avoir, de multiples façons !

Tiens, la dernière : chez British Airways il est demandé aux salariés de travailler une semaine par mois, gratis ! Bizarre, quand ça va mal, on se souvient des salariés. Quand ça va bien, on les oublie !

Belle réussite ! Merci qui ?

 La faute aux syndicats

Et on nous dit : « les syndicats ratent leur mobilisation ». Ca, c’est sûr, la mobilisation ne se fait pas. La « base » ne suit pas les mots d’ordre syndicaux, mais elle ne provoque pas non plus des actions coup-de-poing comme celles des paysans. Il y a un certain attentisme. On attend … quelque chose … mais quoi ?

Pendant des années on nous a inculqué l’individualisme, la réussite individuelle, les augmentations individuelles, les horaires individuels, les contrats de travail atypiques. Les médias (sauf exception) ne relaient plus les mots d’ordre de grève … à croire qu’ils se sont donné le mot ! Le gouvernement et le patronat font en sorte de ne rien lâcher après un mouvement collectif, pour bien prouver que les grèves ne servent à rien, à rien !

Et chacun rentre chez soi, pour lécher ses plaies, seul, sans espoir de solidarité.

La solidarité, pourtant, est exigée, imposée d’en haut. Il faut se serrer la ceinture, baisser les remboursements maladie, prolonger la durée d’activité, baisser les retraites peut-être. On parle de recréer une vignette auto.

Mais cette solidarité n’a pas le goût joyeux des partages d’autrefois. Elle a le goût de la suspicion : les fourmis regardent si leur voisine n’aurait pas, par hasard, un grain plus gros que le leur. Et tandis que la méfiance s’installe, les grands prédateurs rodent tranquillement, hors d’atteinte, prêts à donner un coup de pied dans la fourmilière si celle-ci, apaisée, retrouve le chemin de la lutte collective.

Car on ne m’enlèvera pas de l’idée que la crise mondiale a été sciemment provoquée par l’appât du gain des uns, par la volonté des autres de détruire tout le droit du travail patiemment construit au fil des siècles. Alors, sous prétexte de crise, « on » liencie à tout va, « on » supprime les jours de congé, « on » baisse les salaires, « on » oblige à accepter des horaires atypiques. Il faut que le monde ouvrier comprenne qu’il n‘a pas le pouvoir, qu’il ne pourra jamais avoir le pouvoir, qu’il n’a pas la connaissance, qu’il n’aura jamais la fortune, qu’il n’est rien qu’une fourmi qu’on peut écraser d’une chiquenaude ...

Serge Reggiani chante cette chanson terrible …

Les loups ououh ! ououououh !
Les loups ont envahi Paris
Soit par Issy, soit par Ivry
Les loups ont envahi Paris
Cessez de rire, charmante Elvire
Les loups ont envahi Paris.

Attirés par l’odeur du sang
Il en vint des mille et des cents
Faire carosse, liesse et bombance
Dans ce foutu pays de France...
Jusqu’à ce que les hommes aient retrouvé
L’amour et la fraternité…

 Chanter

Chanter sous les bombes, comme à Hanoï, Sarajevo, Gaza. Chanter dans l’adversité pour ne pas s’écrouler. Chanter dans la misère pour espérer encore.

Mais garder les yeux ouverts pour voir cette femme, très maigre, venir dire au Secours Populaire   à Châteaubriant qu’elle n’a pas mangé depuis trois jours. Pour voir ce couple venir dire, à l’accueil de la mairie, l’ampleur de sa détresse. Pour voir cette jeune fille, sans domicile fixe, quémander un travail et un revenu.

Garder les yeux ouverts, crier la colère, manifester son désir de changement. Tenter, chacun à son échelle, de soulager les misères en France, sans oublier les drames du monde. Est-ce trop demander ?

 

BP  

 

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24
Photo Don McCullin

Cette
jeune
fille du
Nigéria
a 24 ans

(Photo
Don
McCullin)