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Châteaubriant 1939-1945

Joseph Hervouët
Jean Danais

 Le Pays castelbriantais sous l’Occupation

Telles furent nos jeunes an

 ... l’enfant de 5 ans apporta une fleur à l’amiral prisonnier des Nazis ...

1939-1945.

Ils étaient célibataires, ou chargés de famille
Ouvriers, Paysans, Commerçants, Artisans,
Juifs, Nomades, Citoyens de toutes origines,
Chrétiens, Athées, Communistes, Gaullistes
Syndicalistes, Politiques,
Hommes et Femmes du Nord de la Loire Atlantique

Ils ont connu la drôle de guerre, la pénurie de guerre,
L’angoisse de la guerre.
Ils ont su dire non à cette guerre qu’imposait le nazisme,
Non à l’Occupation, Non à la Collaboration,
Non à la Démission.

Résistants individuels ou en réseaux organisés,
Réfractaires au STO, Maquisards,
Membres des Forces Françaises Libres :
Des Français
De Châteaubriant, Sion-les-Mines, Fercé, Rougé, Teillay,
Soulvache, Erbray, Treffieux, Saffré, Ruffigné, Martigné
et d’autres,
Se sont dressés contre l’avilissement et la soumission collective.

Prisonniers de guerre, Otages, Fusillés, Déportés,
Héros trop longtemps anonymes :
Ce livre est un hommage à leur action, à leurs souffrances,
Pour redonner sa dignité à tout un peuple

Une épopée qui compte parmi les plus belles de notre histoire

Ouvrage collectif - Nombreux témoignages - 250 pages, format 15 x 21

ce livre est sorti le 11 septembre 2003

Format 15x21, 256 pages. Prix de vente 24 euros
(+ frais de port : 4,40 €)

Chèque à l’ordre de La Mée

Envoyé à : La Mée, 3 rue de la fraternité , 44110 Châteaubriant

Tél 09 77 81 55 98 ou journal.la.mee@wanadoo.fr


Ecrit le 4 février 2004 :

Café littéraire

Le jeudi 5 février 2004 aura lieu à Nantes le traditionnel « café littéraire », au Centre de Communication de l’Ouest, auquel participent habituellement 300 à 400 personnes. Le « café » ouvrira, pendant une vingtaine de minutes, par la présentation de deux « livres de l’Ouest » :

– Une Nantaise dans la Résistance, de Yves de Sesmaisons, présenté par Jean-Yves Paumier

– Et Telles furent nos jeunes années, 1939-1945. Le Pays Castelbriantais sous l’Occupation, des Dossiers de La Mée, présenté par Jean-Joseph Julaud.

Une telle présentation, au Centre de Communication de l’Ouest, est un événement pour ce livre qui remporte un beau succès sur le pays de Châteaubriant   et qui fait ainsi son entrée à Nantes. Merci aux animateurs de l’émission.

Par ailleurs le livre va bénéficier d’une présentation, faite par Noëlle Ménard, dans « Encres de Loire », une revue périodique éditée par le Conseil Général et destinée essentiellement aux librairies et bibliothèques. Cela permettra de faire porter, plus loin, le témoignage des acteurs de la Résistance du Pays de Châteaubriant  .


 Souvenirs de Déportation

, par l’abbé Hervouët


Ecrit le 16 juin 2004 :

1944-2004 : il manquait deux médailles

Courrier d’un lecteur

Comme vous, j’ai regardé la commémoration du 60e anniversaire du débarquement des Alliés en Normandie. C’est bien loin mais c’est inoubliable. Toutes ces vies humaines sacrifiées ... C’est là l’horreur de toutes les guerres

Mais toutes ces guerres ne pourraient-elles donc pas être évitées ? Il y aurait beaucoup à dire !

J’ai regardé respectueusement ces vieillards rescapés de la boucherie. Ils ont simplement eu de la chance. La mort est aveugle.

Quelques regrets cependant car, à côté de ces nombreuses médailles de bravoure épinglées sur leur poitrine, j’aurais aimé voir aussi deux autres médailles. Une avec gravé « PLUS JAMAIS CA », et l’autre avec « PAIX UNIVERSELLE »

Je me suis également demandé : faut-il donc tuer ou être tué pour devenir un héros ? A l’aube d’une Europe réconciliée et unifiée, j’espère que sa construction se fera dans les conditions les plus démocratiques, sociales et progressistes. J’espère ainsi que, dans quelques siècles, les écoliers qui feuilletteront leurs livres d’histoire diront : comment tout cela a-t-il pu exister. Et pourquoi ?

Paul Chazé


Afin que nul n’oublie

Vendredi 15 décembre 2000. Les élèves de Troisième du Collège de la Ville aux Roses, ont écouté avec attention le témoignage de Marcel Letertre, Résistant et Déporté durant la Seconde Guerre Mondiale. « C’est une chance rare que d’entendre des témoins. Il n’y a que quelqu’un qui a vécu les événements qui peut nous faire ressentir la gravité et la souffrance de cette période » dit Manuel de la classe de 3e E.

M. Letertre a relaté l’organisation et l’action du réseau Oscar-Buckmaster dans la région de Châteaubriant : renseignements pour le BCRA de Londres et parachutage d’armes. Mais hélas le réseau fut découvert, les hommes arrêtés, enfermés à la prison de Rennes, torturés pour certains, puis déportés dans les camps de concentration, dans ces camps où la vie n’était que douleur et humiliation, où il fallait se battre avec soi-même pour survivre. Nombre de Déportés ne revinrent pas.

Construire l’Europe

M. Letertre a expliqué le but de ses interventions dans de nombreux établissements de Loire-Atlantique, en commençant par dire aux jeunes l’importance de construire l’Europe, en leur disant que « il ne faut pas oublier, il ne faut pas avoir de haine, il faut que l’amitié remplace le face à face des armes ». Il a rappelé qu’un pays ne doit jamais être livré sans contrôle à un homme seul. « La dictature étouffe la liberté »

Dans le récit de cette période noire, M. Letertre, toujours modeste, et sans jamais se poser en héros, a su délivrer aux jeunes un message de paix et de tolérance, faire lever dans leur conscience le véritable civisme, l’intérêt général, le désir de résister à toute oppression et de promouvoir les droits de l’homme.


Ecrit le 11 août 2004

Libération

La commémoration du 4 août 1944 à Châteaubriant s’est déroulée en présence d’un bon nombre de Castelbriantais venus à l’inauguration de la « Place des Alliés » (ancienne station Shell) et au bivouac de matériel américain organisé par des collectionneurs au Champ de Foire de Béré.

Un castelbriantais se souvient :

 4 Août 1944

Aujourd’hui en feuilletant ton livre d’histoire de France
Cher petit écolier si studieux que tu sois
Pour cette date, ne trouvera aucune référence,
Car il ne s’agit pas de la naissance d’un roi.
Soixante ans ont passé, demande à ton grand-père,
Lui se souviendra bien et te racontera,
Ces quatre années si noires de chagrin et de guerre,
Que c’est loin et pourtant comme on ne l’oublie pas.
CHATEAUBRIANT vois-tu, ville plutôt lymphatique,
Est devenue célèbre par des faits importants.
Ses camps de prisonniers et d’otages politiques,
Où vingt-sept tombèrent sous les fusils allemands.
Réfractaires et tous ceux, morts en Déportation,
FFI, FTP, membres de tous les maquis,
De Saffré et d’ailleurs, tous unis dans l’action,
Anonymes, jeunes et vieux, ils traquaient l’ennemi.
Puis à l’est et à l’ouest les Alliés triomphèrent ;
Sur les plages normandes vint le débarquement
Ce fut affreux, terrible, mais les hordes reculèrent
Les GI’s en deux mois furent au département.
Alors se leva l’aube du jour tant attendu
Quand les chars pénétrèrent dans la ville assoupie,
Mitrailleuses et canons dans quelques tirs tendus,
Firent, hélas des dégâts et fauchèrent quelques vies.
Nous étions LIBRES enfin, la ville, était en liesse,
Et nos libérateurs acclamés, défilaient en convois.
Vive les Américains 1 Répétions-nous sans cesse,
Chewing-gum, cigarettes, criions-nous à pleine voix.
Je venais d’avoir quatorze ans et ma vie basculait.
Mon avenir naissait, j’abandonnais l’enfance.
Des rêves de bonheur sans cesse m’étourdissaient.
Je chantais comme tout le monde « Ça sent si bon la France ».
Voici donc le récit de ce jour du mois d’août.
Vous les garçons et filles qui êtes si jeunes encore,
Gravez ce souvenir, qu’il reste toujours en vous,
Car c’est pour une FRANCE LIBRE que ces héros sont morts.

Paul Chazé


Ecrit le 1er septembre 2004 :

Orphelins de déportés : L’indemnisation est confirmée (décret n° 2004/751). Prendre contact au 02 40 25 76 74


Ecrit le 3 novembre 2004 :

 Le sang des Communistes

Sous-titré « Les bataillons de la jeunesse dans la lutte armée » ce livre s’intéresse à l’année 1941. Très documenté, il a puisé dans les archives de la préfecture de police, aux archives nationales, aux archives municipales de Nantes, à celles de la justice militaire du Blanc, etc.

Ce livre est fait « pour dire l’histoire - la générosité, les illusions, le sacrifice » d’une poignée de jeunes et d’adolescents « utilisés, sacrifiés, abandonnés, rejetés, traqués, interrogés, assassinés, mais encore oubliés, effacés de l’histoire ou calomniés ». Un livre qui entend restituer aux jeunes communistes combattants des Bataillons de la Jeunesse la réalité de leur engagement avec ses difficultés, ses contradictions, ses illusions, sa générosité

Le livre commence avec l’arrestation de Jean Grandel, maire communiste de Gennevilliers, le 26 juillet 1940, C’est l’époque où les Communistes militent au grand jour. Charles Michels, Jean Poulmarc’h, Jules Vercruysse sont arrêtés à leur tour. Bienvenue à Choisel-plage : le livre consacre de nombreuses pages à la vie dans ce camp de Châteaubriant, du temps du capitaine Leclercq puis du sous-lieutenant Lucien Touya. La baraque 19, l’exécution de Hotz à Nantes, le choix de 27 otages à Choisel par Pucheu et Chassagne. Et ce 22 octobre 1941 à la Sablière....

Chassagne, après la guerre sera acquitté.

Mais qu’est-il advenu des trois hommes qui ont abattu le feldkommandant Hotz ? Gilbert Brustlein, Spartaco Guico, Marcel Bourdarias. Ils faisaient partie de l’équipe de Pierre Georges (celui qui devint plus tard le Colonel Fabien), responsable militaire des Bataillons. Le livre raconte longuement leurs actions (souvent ratées, par impréparation, combattants mal armés, peu instruits, trop tôt arrêtés), leurs imprudences mais aussi leur courage, « leur générosité, leurs illusions, le sacrifice, les souffrances, le dénuement, les doutes, les naïvetés de jeunes gens héroïques mais aussi fragiles et maladroits. »

Et puis la longue traque de la police, les arrestations qui se suivent, les jeunes qui se lèvent pour former de nouveaux Bataillons : « L’espérance de vie est de sept mois et quelques jours en moyenne, et même moins - cinq mois - lorsqu’on défalque les cadres » - « Vingt résistants sur les trente-six recensés combattent un trimestre avant que leurs corps n’aillent rouler dans une fosse ». Puis arrive la chute finale : les Bataillons sont moribonds. Qui se souvient encore de leurs actions.?

La gloire et l’oubli

Le livre « Le sang des Communistes » analyse ensuite les méandres de la mémoire. Gloire et honneur aux Martyrs de Châteaubriant. C’est justifié. Mais en même temps oubli voire opprobre pour Brustlein, Guisco, Bourdarias. L’exaltation de la Résistance et en même temps le rejet de ceux qui ont réalisé les attentats, sur ordre. Un seul est célébré : Fabien. Mais ses camarades fusillés ont sombré dans l’oubli. « Si les otages de Châteaubriant monopolisent la lumière mémorielle, les pionniers de la lutte armée, les auteurs des attentats à l’origine des représailles sont eux, depuis des lustres, laissés dans un brouillard épais »

Lumière et ombre

On le voit, ce livre pose pas mal de questions. Il renverse bien des certitudes, parce qu’il « cherche à rétablir quelques vérités, à rendre leur place à des acteurs oubliés, à démonter quelques mécanismes légendaires ». Il remet en question « des actes qui relèvent depuis 60 ans des domaines de la foi et du sacré »

Ce livre fait grincer quelques dents mais il est nécessaire car rien de ce qui est humain n’est tout-à-fait blanc ni tout-à-fait noir. « Ces vérités ne diminuent pas d’une once les mérites, l’héroïsme, la pureté des combattants... ‘ils en relativisent les exploits. S’ils en éclairent les faiblesses, ils leur rendent leur humanité, leur grandeur et leur sacrifice, le dénuement, l’abandon dans lequel ils ont agi »

Le sang des communistes, par Jean Marc Berlière et Franck Liaigre
Ed Fayard - 22 €


Ecrit le 1er décembre 2004 :

Mémorial de la Déportation

Le livre « Mémorial de la Déportation » vient d’être réédité par la Fondation pour la Mémoire. Il comporte 86 748 noms de Déportés du nazisme, en quatre gros volumes (160 € les quatre) doublés par un CD-Rom facilement utilisable (6 €).

Ce livre aura demandé soixante années de recherches et de travail. C’est un ouvrage de référence qui devrait figurer, au moins, dans toutes les Bibliothèques publiques et services d’Archives. Renseignements au 01 47 05 31 88


Ecrit le 1er décembre 2004

Pupilles de la Nation

Pupilles de la Nation, Orphelins de Guerre, Orphelins du Devoir (enfants de policiers morts en service commandé) : tous ont une souffrance commune : avoir perdu père et/ou mère dans des circonstances dramatiques et au service de la Nation. Malgré toutes les proclamations au pied des monuments aux morts, les enfants victimes des guerres n’ont jamais été aidés par la Nation dite « reconnaissante ». Leur mère a dû les élever avec une maigre pension de veuve de guerre.

Une association, l’ANPNODG, vient de se créer, se donnant pour mission de remédier aux disparités constatées entre les diverses catégories d’orphelins. Elle fait état du patronage du Général Bigeard ... celui qui a publiquement approuvé la torture en Algérie et dans les conflits armés. Curieux patronage !
Les Castelbriantais se souviennent qu’un des leurs, le Général de Bollardière, a renvoyé toutes ses décorations et a fait deux mois de forteresse pour avoir dit NON à la torture.


 Violette

Ecrit le 16 février 2005

La jonquille

L’automne embrumait les Carpates
Ce jour de novembre maudit
Ce maudit jour où je naquis
Déception ce fut pour mon père
C’était un garçon qu’il voulait
Déception ce fut pour ma mère
J’étais laide, elle s’en affligeait
Mais bientôt on me faisait fête
Je ressemblais à un garçon
Et à l’âge même où l’on tête
Je chantais déjà des chansons
A l’école, je fus à la tête
Des classements et des punitions
Je m’en allais à la conquête
De la vie... et de ses chansons
Ce fut à l’âge le plus tendre
Que l’amour m’apprit sa leçon
J’aurai dû ne pas la comprendre
J’aurai dû entendre raison
Une étoile, couleur de jonquille
Me priva de quelques saisons
Une étoile, de celles qui brillent
Me ramena à la maison
La maison, je l’ai trouvée vide
On avait éteint les tisons
Puisqu’on m’avait laissé vivre
Je me suis dit : « eh bien vivons »
Et puisque l’on m’a laissé vivre
J’ai voulu une fille, un garçon
Ils sont là et puisse la vie
Leur offrir une autre chanson

Violette Jacquet

Chanson écrite et interprétée par Violette dans les cabarets parisiens, une vingtaine d’années après son retour du camp de Bergen-Belsen

Née en 1925 en Roumanie, Violette Jacquet est née Violette Silberstein. Elle n’a pas 5 ans lorsque ses parents arrivent en France et s’installent au Havre. Violette apprend le violon.

A la déclaration de guerre, son père est mobilisé. Pour fuir les bombardements sur le Havre, Violette et sa mère évacuent vers la Bretagne, où elles restent un mois avant de retourner au Havre jusqu’en 1942

Violette est ensuite envoyée chez des amis à Paris où ses parents viennent la rejoindre. Après la rafle du Vel d’hiv, ils décident d’entrer dans la clandestinité. Un soir, toute la famille est arrêtée par suite de la dénonciation de l’amant de la tante de Violette, (un Italien impliqué dans le marché noir et le trafic avec les Allemands) . Transférée à la prison de Loos, puis à la prison saint Gilles à Bruxelles, Violette est ensuite conduite avec ses parents dans le camp de Malines, l’équivalent de Drancy pour la Belgique. Le 31 juillet, toute la famille est déportée vers Auschwitz. A l’arrivée, Violette est séparée de ses parents qu’elle ne reverra plus. Au cours de la quarantaine, on vient, dans le bloc de Violette, recruter des musiciennes pour l’orchestre du camp. Elle échoue à la première audition, attrape la dysenterie et se présente à une deuxième audition devant la chef d’orchestre Alma Rozé. Malgré son niveau médiocre en violon, elle intègre l’orchestre.

Après le débarquement allié en Normandie, en juin 44, les Allemands décident d’évacuer une partie du camp. Le convoi arrive à Belsen le 4 novembre 1944. Violette travaille alors à la Weberei, à tisser des mèches à canon ou des tapis de camouflage. La libération par les Américains se produit au printemps 1945, alors que Violette est atteinte de paratyphoïde.

Après la guerre, Violette se lance dans une carrière de chanteuse de cabaret. Elle a deux enfants. Depuis quelques années, Violette Jacquet témoigne auprès des jeunes.


Ecrit le 16 février 2005 :

« Il faut si peu de mots pour dire les grandes choses qui comptent dans la vie. Si j’écris un jour, je voudrais tracer quelques mots au pinceau sur un grand fond de silence » disait Etty Hillesum, une jeune juive hollandaise, libre, pleine d’ardeur et de curiosité, qui s’enivre de lecture autant que d’expériences amoureuses. Lorsque son pays est envahi par les armées nazies et que déferle la violence, elle réagit à la haine et au mal par un amour inconditionnel de la vie, de l’humanité et de Dieu. Refusant la clandestinité, elle consacre toute son énergie à aider et à réconforter les prisonniers au camp de transit de Westerbork, où elle part comme volontaire. Elle disparaît à Auschwitz, en novembre 1943, à 29 ans, trois mois après son arrivée.

A Auschwitz, Anita Lasker-Wallfish, juive allemande, était « la » violoncelliste, la seule de cet orchestre de femmes : c’est ce qui lui a sauvé la vie. L’orchestre jouait des marches, accompagnant matin et soir, aux portes du camp, le défilé des déportés qui allaient travailler dans les usines avoisinantes. Schnell, schnell ........

La musique, incongrue et plutôt enjouée, suscitait des réactions variées : « Certains déportés étaient jaloux, d’autres m’ont dit : c’était merveilleux, on fermait les yeux et on se croyait ailleurs » raconte l’artiste qui vit toujours.

La pièce « Deux vies bouleversées » mise en scène par Aline Still, est une symphonie à deux voix, solitaires, juxtaposées.

Anita Lasker (jouée par Valérie Montembault) raconte son enfance, par bribes, son exclusion de l’école (interdite aux juives), son amour de la musique, les exigences du chef d’orchestre d’Auschwitz ... Description intime d’un drame collectif.

Etty Hillesum (jouée par Syvie Fontaine), pour qui l’écriture est une façon d’amplifier la vie en gravant les traces de l’émotion, sait que ses jours sont comptés. « Regarder la mort en face et l’accepter comme partie intégrante de la vie, c’est élargir cette vie. »

La pièce est en quelque sorte un dialogue pudique et retenu entre deux jeunes filles qui ne se sont jamais rencontrées mais qui ont vécu et transcendé le même drame. Une façon de dire « la Shoah » avec sensibilité, sans asséner une vérité ou une « leçon ». Le public ne s’y est pas trompé. La qualité d’écoute et les applaudissements ont salué cette œuvre, avant que le témoignage de Violertte Jacquet ne vienne compléter, actualiser l’Histoire.

Il est dommage que, malgré des courriers répétés, la ville de Châteaubriant ne veuille pas offrir ce spectacle à ses jeunes gens et jeunes filles.


Ecrit le 4 mai 2005 :

 Enfants-soldats : Sortir de la guerre

Un décret ministériel de juillet 2004 a (enfin !) prévu d’indemniser les orphelins dont l’un des parents est mort en déportation lors de la seconde guerre mondiale.

Un certain nombre de fils et filles de déportés, autour du castelbriantais Emile Letertre, ont décidé d’offrir cette indemnité à l’UNICEF, pour aider les enfants-soldats de Côte d’Ivoire où ils sont (ou ont été) guides, espions, esclaves sexuels ou combattants. Les démobiliser, les éduquer, assurer leur réinsertion sociale : telle est l’action de l’UNICEF.

Dons à envoyer à
Unicef-France, orphelins de déportés,
Action enfants-soldats Côte d’Ivoire
3 rue Duguay-Trouin
75282 Paris Cedex 06


Ecrit le 18 mai 2005 :

 Vous souvenez-vous de mai 1945 ?

Le 8 mai 1945, après cinq ans et huit mois du plus meurtrier des conflits qu’ait connus l’humanité, l’Allemagne nazie capitulait. L’Italie fasciste l’avait précédée, mais l’Empire japonais tiendra encore trois mois, jusqu’à ce que la foudre atomique s’abatte sur Hiroshima et Nagasaki.

Le soixantième anniversaire de cet événement majeur du XXe siècle a mobilisé les grands moyens d’information, privilégiant le spectaculaire et l’émotion au détriment de l’histoire et des leçons qu’il convient d’en tirer.

Le Monde diplomatique, dans son dossier de Mai 2005, sous la direction d’Ignacio Ramonet, a choisi de braquer les projecteurs sur des pages oubliées, voire occultées, de la seconde guerre mondiale.

C’est le cas du rôle, décisif, de l’Union soviétique, passé par pertes et profits. C’est le cas des guerres en Asie Britannique qui virent, parfois, des mouvements de libération converger, un temps, avec l’envahisseur nippon, malgré la barbarie de celui-ci.

 URSS

Il y a 60 ans, 57 % des Français considéraient l’URSS comme le principal vainqueur de la guerre. En 2004, ils n’étaient plus que 20 %. Amplifié par les médias, cet oubli progressif est lié au pacte germano-soviétique signé par Staline et Hitler. Mais ce pacte ne doit pas faire oublier que, trois ans durant, las Russes ont porté une grande partie de la résistance puis de la contre-offensive face à la Wehrmacht. Au prix de 20 millions de morts.

Autre moment quasiment inconnu : les manifestations de femmes allemandes mariées à des juifs qui, durant l’hiver 1943, dans la Rosenstrasse, par-vinrent à faire libérer leur conjoint.

Enfin, ce même 8 mai 1945, tandis que la France fêtait la victoire, ses forces de répression perpétraient en Afrique du Nord, à Sétif et à Guelma, de terribles massacres qui, radicalisant le mouvement nationaliste, conduiront à la guerre d’Algérie.

Faut-il reparler de tout cela, alors que les commémorations se succèdent ? Oui, dit Le Monde Diplomatique en ajoutant : « Les grands médias reconstruisent, au gré des modes, un passé trop souvent déterminé, corrigé, rectifié ... par le présent. C’est ce passé révisé que reçoivent les jeunes générations. C’est contre une telle distorsion de l’histoire qu’il faut s’insurger »

 La guerre en Asie

On ignore généralement, en Occident, ce que fut la guerre en Asie. La colère que vient de susciter en Chine un nouveau manuel scolaire japonais, a rappelé les crimes épouvantables commis par l’armée de Tokyo.

Le Japon envahit le nord-est de la Chine en 1931 en déclarant qu’il peut vaincre la Chine en trois mois. Le 13 décembre 1937, l’armée japonaise entre dans la ville de Nankin, au centre de la Chine, après un pilonnage de trois jours. Aussitôt commencent des massacres à grande échelle. Au total, 200 000 victimes, les femmes sauvagement violées, des hommes et des enfants enterrés vivants ou suppliciés selon des directives précises.

La Chine, cependant, résistera pendant huit ans au prix de 35 millions de vies et 100 millions de dollars d’équipement. En 1942, elle envoie une force expéditionnaire en Birmanie pour combattre les Japonais. Au cours des années suivantes, la Chine enverra un total de 300 000 militaires en Birmanie, et provoquera plus de 60 000 morts dans l’armée japonaise.

Après la défaite de l’Allemagne, la guerre en Asie perdure plus de trois mois jusqu’à la capitulation du Japon le 15 août 1945.

« Le rôle de la Chine dans la lutte contre le fascisme ne doit pas être oublié. C’est la résistance de la Chine qui a permis d’empêcher une attaque japonaise contre l’Union soviétique et l’éventuelle convergence au Moyen-Orient des deux plus puissants pays fascistes », affirme Peng Xunhou, professeur de l’Académie des Sciences militaires de Chine.

En effet, si le Japon avait remporté une victoire rapide en Chine, d’importantes ressources auraient été déployées pour de nombreuses attaques sur d’autres champs de bataille. Le nombre de victimes chez les alliés occidentaux aurait été beaucoup plus important sans la résistance acharnée de la Chine.

 8 mai 1945 : la guerre d’Algérie a commencé à Sétif

8 mai 1945 : tandis que la France fête la victoire, son armée massacre des milliers d’Algériens à Sétif et Guelma.

Quinze jours plus tôt, le 25 avril 1945, le leader indépendantiste Messali Hadj a été arrêté et assigné à résidence à Brazzaville. Le 1er mai 1945, les Algériens défilent. A Oran et à Alger, la police et les Européens tirent. Il y a des morts et des blessés et de nombreuses arrestations mais la mobilisation continue.


 Comment Hitler acheta les Allemands

Pour Götz Aly, historien allemand, « le pouvoir hitlérien fut, dès le premier jour, extrêmement fragile et il faut se demander comment il fut stabilisé pour durer 12 années enflammées et destructrices ». Pour lui le régime nazi fut « une dictature au service du peuple » se demandant systématiquement comment assurer et consolider la satisfaction générale, « achetant chaque jour l’approbation de l’opinion, ou, à tout le moins, son indifférence ».

Pour assurer aux Allemands un niveau de vie élevé, le gouvernement du Reich a ruiné les monnaies d’Europe, spolié les Juifs et fait voler aux autres peuples des millions de tonnes de denrées alimentaires pour nourrir ses soldats et expédier ce qui restait en Allemagne. « Le confort matériel, les avantages tirés du crime à grande échelle, nourrissaient la conscience, chez la plupart des Allemands, de la sollicitude du régime ». En quelque sorte, Hitler a acheté la silence des Allemands pour une bouchée de pain.

 Rosenstrasse

27 février 1943, les SS arrêtent, à Berlin, les quelque 5000 derniers Juifs de la capitale du IIIe Reich, même ceux qui, ayant un conjoint allemand, ne tombent pas sous le coup des lois de Nuremberg de 1935.

L’une des prisons improvisées se trouve au 2-4 Rosenstrasse. Bientôt des épouses s’y regroupent. Le soir elles sont 200, le lendemain et les jours suivants leur nombre grossit. Le 5 mars les SS, en jeep, foncent dans la foule avec des mitrailleuses. Les femmes se dispersent, se regroupent, s’enhardissent. Le 6 mars le régime hitlérien fait libérer tous les juifs mariés à des Allemandes.

La victoire des femmes de la Rosenstrasse constitue une réponse cinglante à tous ceux qui expliquèrent leur passivité en assurant qu’il n’y avait rien à faire contre le régime nazi. Mais il n’y eut, hélas, qu’une seule Rosenstrasse. (voir le livre La Résistance des cœurs, par Nathan Stolzfus, Phénus. Paris 2002)


Le MESSAGE DU 8 MAI 2005, émanant du Ministre délégué aux Anciens combattants a rendu hommage aux vainqueurs de la seconde guerre mondiale, « Français Libres, Résistants de l’intérieur, soldats de l’Armée d’Afrique, Combattants » et à toutes les victimes.

Hommage aux soldats de toutes les nations d’Europe et du monde, « victorieux du combat décisif pour la liberté, pour l’honneur, pour la dignité des hommes »

Le message de la fédération nationale des combattants a rappelé que 55 millions d’êtres humains ont été tués ou exterminés dans ce conflit qui a duré 2076 jours.

« Les combattants ont fait la guerre avec un sincère désir de Paix, avec le souhait que se créent des rapports plus fraternels entre les peuples dans la poursuite d’un même idéal de justice et de respect de leurs droits réciproques. »


 Le Verfügbar aux enfers

Rire des camps de concentration nazis. Sacrilège ! Insulte faite à la mémoire des Déportés. C’est pourtant en tant que Déportée que Germaine Tillion écrivit cette œuvre de fantaisie.

De surprise en surprise, on découvre que cette pièce en trois actes, printemps, été, hiver, a été rédigée par son auteur, dissimulée dans une caisse, sur un carnet volé à l’administration du camp, jouée à la dérobée devant ses compagnes du block qui se tordaient de rire à cette lecture.

Gaz à tous les étages

Diable, se dit-on, de quel rire peut-il être question quand dans le même lieu on brime, on massacre, on gaze, et on brûle les corps des femmes et des enfants ! Rire quand il vaut mieux rire que de dissoudre son énergie dans les larmes. Ce que Germaine Tillion tourne en dérision, c’est la vie même, c’est l’absurde du camp. Qu’elle attaque par le sarcasme. Quand les SS veulent faire croire aux prisonnières qu’elles vont dans un camp de repos, la « verfügbar », [c’est-à-dire la déportée qui refuse même le travail], lance « un camp modèle, avec tout confort, eau, gaz, électricité », le chœur reprend : « Gaz surtout. »

Le coup de génie de l’auteur est d’avoir trouvé les mots, le ton, et même la musique de cette autodérision particulière à ce que sont des femmes enfermées ensemble : Rien ne peut plus jurer avec la botte, le mirador, le hurlement nazi que ces nénettes, Lulu, Rosine, maniant l’ironie comme arme de subversion massive contre le camp et l’aliénation au malheur lui-même, parlant de leur anatomie déformée avec un impayable humour noir « ce ne sont plus des seins, mais des martyrs », chantant couplets et refrains sur l’air d’Orphée aux enfers, de Ciboulette, d’une réclame pour la chicorée Villot, d’une marche du 14 juillet, ou encore d’une chanson de carabins « Et l’on s’en fout d’attraper la vérole ». ..


Marcel Letertre : notes de déportation


Ecrit le 15 février 2006 :

 La Liberté en héritage

Le CD retraçant les grands moments du spectacle de la Sablière, en octobre 2005, autour du thème des camps d’Extermination, est disponible au prix de 12 € auprès du Théâtre Messidor - 02 40 81 02 81

On y retrouve toute l’émotion de cette évocation historique.


Ecrit le 21 juin 2006

 Tanguy

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Tanguy
Tanguy

Le jeune Tanguy Pannecoucke, petit-fils de Paule et Guy Alliot, a lu le numéro de La Mée qui reprenait le texte de l’évocation historique, préparée par le Théâtre Messidor, pour la cérémonie de La Sablière (octobre 2005). Il a écouté avec intensité le témoignage d’un Résistant venu dans son école, puis, lors d’un devoir en classe, il a rédigé un texte qui a été récompensé du deuxième prix, le 31 mai dernier, en Seine Maritime.

Au cours de son allocution, le Préfet a fait l’éloge de la rébellion, disant : « Dans des circonstances tout à fait exceptionnelles, il faut savoir dire non, désobéir, quitter les sentiers battus. On ne vous l’ordonnera pas : votre conscience vous le dira. Si l’essentiel est en cause »


Visitez Auschwitz (en anglais)

Visitez Dachau (en français)

le Pays de Châteaubriant sous l’Occupation

Hommage à Germaine Huard, Résistante

La Résistance à Châteaubriant

Voir aussi :

http://www.chateaubriant.org/spip.php?article501

http://www.chateaubriant.org/spip.php?article600
[Commande de livres : journal.la.mee@wanadoo.fr]


Ecrit le 2 janvier 2000

Robert Greffriaud, Le « maquisard inconnu »

Le « maquisard inconnu » du Maquis de Saffré resta longtemps inconnu et ce n’est qu’en juin 1948 que sa sœur Marie put identifier son corps.

La courte existence de Robert Geffriaud, vient d’être reconstituée par André David dans une monographie parue le 15 décembre 2007. Septième enfant d’une famille de Rougé, Robert est orphelin à l’âge de 6 ans. Ses frères et sœurs, et lui-même, sont placés dans diverses familles, sans qu’il y ait une relation familiale.

André David le décrit comme « plein de vie », n’ayant « rien de la flexibilité de l’osier ». Au printemps 1944, il a 17 ans, il prend contact avec le Maquis de Teillay, tout proche, puis rejoint le Maquis de Saffré le 26 juin 1944 sans savoir qu’il n’a plus qu’une trentaine d’heures à vivre…

Fascicule à vendre à la Maison de la presse à Châteaubriant et au bar-presse de Rougé.


Ecrit le 15 octobre 2008

 Roger Puybouffat

Histoire de Roger Puybouffat, dentiste en 1941 au Camp d’Internement de Choisel

Voir le site « Résistance »

Les camps du pays castelbriantais 1939-1945

Au Camp de Drancy, 15 décembre 1941

Bombardements à Châteaubriant, souvenirs de Yvonne Gérard

Bombardements à Châteaubriant, souvenirs de Guy Alliot