Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > La Mée ? > Histoire-Résistance-1939-1945 > Jean Trovalet, boulanger-résistant

Jean Trovalet, boulanger-résistant

Ecrit le 27 juin 2007

Boulanger-Résistant à Treffieux

1940 : il y a une Kommandantur à Treffieux et, à 100 mètres de là, Jean Trovalet est le seul boulanger de la petite commune. Il entre en résistance dès le début. Un jour de 1941 il est sollicité par un camarade de Châteaubriant pour cacher des prisonniers qui devaient s’évader du camp de Choisel. Il accepte aussitôt. Deux jours plus tard il reçoit chez lui, Fernand Grenier, député communiste de St Denis, évadé du Camp de Choisel le 18 juin 1941, qu’il cache jusqu’au 20 juin. Fernand Grenier, futur ministre du Général de Gaulle, repartira à vélo jusqu’à Nantes où il sera hébergé par Mme Baron.

Une autre fois, en novembre 1941, Jean Trovalet cache Auguste Delaune et Henri Gautier, évadés aussi de Choisel. Henri Gautier repartira ensuite chez Marcel Viaud à l’école de la Ville au Chef à Nozay. Delaune restera à Treffieux jusqu’au 20 décembre 1941 avec le silence et la complicité de Marie Louise Trovalet, de sa fille Pauline et de l’ouvrier boulanger Jean Guillaume. Ils savent que la seule récompense sera sans doute la déportation.

Jean Trovalet - Treff
Marie Louise Trovalet et sa f
Livre et dédicace à Jean Trov
Par la suite Jean Trovalet reçoit des chefs et organisateurs de la résistance locale, jusqu’à son arrestation le 19 septembre 1942. Ce jour-là la boulangerie est assaillie par des « policiers à Pétain » et c’est menottes aux mains, après fouille complète de son appartement, qu’il est emmené au poste de police rue Garde Dieu (à Nantes ?). On l’accuse d’aider les « terroristes » mais il n’y a aucune preuve contre lui. Il est relâché 6 jours après. Puis arrêté à nouveau le 22 janvier 1943, là encore relâché au bout de 6 jours, avec une convocation au Palais de Justice pour le 22 février 1943, en raison de « menées communistes ».

Voyant le motif, Jean Trovalet laisse la boulangerie à Jean Guillaume et décide de se mettre à l’abri. La résistance lui confectionne des faux papiers au nom de Yves Marie
Le Tallec avec
(faux) tampons de la ville de Brest.

Savennières, Ercé en lamée, Jean Trovalet ne reviendra dans sa boutique que le 4 août 1944, le jour de la Libération par les Américains.

Dans une vieille armoire son petit-fils Hugo HERVE a retrouvé les faux-papiers, une lettre manuscrite de Jean Trovalet et la carte de combattant volontaire de la Résistance, ainsi qu’une dédicace personnelle de Fernand Grenier. Il en a fait donation, le 20 juin 2007, au Musée de la Résistance   de Châteaubriant. Une belle contribution à l’histoire locale.

Bibliothèque Trovalet à Treffieux