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Tsunami

Le tsunami
Bilan
Des photos
Catastrophe naturelle : Rony Brauman

Ecrit le 1er janvier 2005 :

 Nous avions envie mais ... tsunami (1)

Pour la nouvelle année, nous avions envie de vous souhaiter des choses gaies.

De nous réjouir avec vous de la libération des deux journalistes français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, otages en Irak, libérés le 21 décembre 2004 après 124 jours de détention.

D’aspirer avec vous à une tant attendue solution de paix au Proche-Orient.

Mais une fois de plus l’actualité dramatique n’a pas connu de répit au moment de ce qu’on appelait (autrefois ?) la Trêve des Confiseurs.

26 décembre 2004 ... 8 h du matin... un raz de marée en Asie, des vagues de 10 à 15 mètres de haut, et quelque 150 000 morts sous les tonnes d’eau dévastatrices. L’homme est bien peu de chose face aux déchaînements de la nature. Ce fut une « belle » catastrophe, avec juste ce qu’il faut de Français et de célébrités du spectacle ou du football, pour retenir l’attention des médias, en ce lendemain de Noël.

Pendant qu’on compte les cadavres (ou plutôt qu’on ne les compte même plus, tant il est urgent de les enfouir pour éviter les épidémies qui peuvent faucher les survivants aussi violemment que les vagues meurtrières), pendant qu’on déplore le drame de ceux qui étaient partis, là-bas, en vacances de rêve, on oublie la mort des milliers de petites gens, trop pauvres pour nous intéresser durablement, on oublie les pêcheurs africains emportés par l’onde de choc, à des lieues du sinistre ... comme on a déjà oublié les milliers de mort d’Haïti non encore remis du Cyclone Jeanne fin septembre 2004. Septembre 2004, trois mois et cela paraît si loin déjà. On oublie. Comme on a oublié les 240 000 morts officiels du tsunami de Chine (1976), comme on a oublié les 300 000 morts des inondations du Bangladeh (1970)

26 décembre 2004, 8 h du m

On oublie, on oubliera. La presse, qui façonne l’opinion, passera à autre chose. Un drame chasse l’autre, un nouveau drame donne du grain à moudre aux medias, attire des lecteurs. Du nouveau, toujours du nouveau. Du drame. On zappe, on ne s’attarde pas. On oublie ceux qui souffrent. Finalement, ceux qui ont eu la chance de survivre, souffriront longtemps et mourront peut-être bientôt, de faim, ou de diverses épidémies (choléra). Mais loin des yeux ...

La Bourse ou la vie

Ceux qui souffrent ? Les plus miséreux ne parlent pas. Les autres font bruyamment connaître leurs « pertes » . Une dépêche AFP faisait savoir, dès le 27 décembre, que « les valeurs européennes du tourisme   et de l’assurance ont reculé en Bourse ». Plus que jamais est vrai le vieil adage « La Bourse ou la vie ».

Mais ne vous désolez point, dès mardi 28, la Bourse atténuait ses frayeurs. « Selon certains experts, l’impact de la catastrophe sur les compagnies d’assurance sera limité, car plus de 90 % des victimes sont des personnes pauvres, pour la plupart non assurées. », pouvait-on lire dans les revues spécialisées. Ouf ! La mort des pauvres ne va pas empêcher les Bourses des pays riches de prospérer !

En France les licenciements n’ont pas connu non plus la Trêve des Confiseurs. Le pouvoir d’achat des salariés, y compris ceux des classes moyennes, se trouve de plus en plus réduit. Mais la Bourse va bien, merci pour elle.

Nous avions envie de vous souhaiter une bonne année 2005. Oserons-nous encore ?

Le comité de rédaction


Ecrit le 1er janvier 2005 :

 Bonne année 2005 :

Le XXIe siècle a mal commencé, l’année 2004 a été mauvaise, pour de nombreuses raisons. Espérons que 2005 marquera un tournant. C’est tout le bien que La Mée souhaite à ses lecteurs !

Le monde est en proie à l’injustice, l’injustice de ceux qui, toujours plus riches, n’en ont jamais assez et prennent la vie des autres, leur droit au bonheur, pour encore et toujours plus accumuler leur profit et leur capital. Partout des hommes et des femmes, qui ne demandent rien d’autre que de jouir d’une journée de paix après un dur travail, de rire avec leurs enfants et leurs proches, sont attaqués par ces sangsues. Alors qu’on pourrait soigner, éduquer, partout des enfants meurent de maladies curables et sont voués à l’analphabétisme, à l’illettrisme .

Et pendant ce temps, le stock d’armes s’accumule, les troupes des pillards imposent leur supériorité non morale mais militaire...

Qu’a fait l’Irakien pour subir l’apocalypse, rien sinon que son pays est gorgé de pétrole ?

Qu’a fait le chômeur dans nos pays, qui ne sait plus comment il va pouvoir faire face à la simple survie, acheter le nécessaire pour ses enfants ?... Qu’a fait le travailleur qui doit subir le chantage patronal : « ou tu travailles plus sans être payé ou je te mets au chômage ? ». Rien sinon que les mêmes en veulent toujours plus... Le travailleur baisse la tête et sait qu’il n’est qu’en sursis... Il n’y a aucune raison pour que le chantage s’arrête...

Ces injustices insupportables sont étouffées par le silence assourdissant des médias sur les injustices et les crimes. Aujourd’hui on assassine en plaçant un oreiller sur la bouche de ceux qui crient : ceux qui résistent sont des dictateurs populistes, des irréalistes qui mettent en péril l’économie, des terroristes...

Une parade de clowns et de bateleurs accompagne l’injustice, dans la presse officielle, sur les chaînes de télévision. Allons-nous encore longtemps croire leurs mensonges ? Allons-nous les laisser utiliser notre fatigue, notre propre écrasement devant l’injustice quotidienne que nous subissons pour considérer qu’il n’y a rien d’autre à voir que ce qu’ils nous montrent ? Ils mentent sur nous, sur nos services publics qu’ils détruisent, sur nos « privilèges » de salariés, sur la gêne qu’organiseraient nos grèves de protestation, sur nos droits à une vieillesse digne... Et vous allez les croire quand ils parlent de la planète ?

Les puissants de ce monde consacrent des millions de dollars ou d’euros pour contrôler la presse, pour imposer leur idéologie. Les laisserons-nous faire ?

Allez, bonne année quand même !

Pour les internautes
l’article ci-dessus est en partie emprunté à Danielle Bleitrach : http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=1741


Ecrit le 12 janvier 2005

 Une catastrophe des pauvres : 150.000 morts et les marchés sont au plus haut

Les tsunamis ont tué des dizaines de milliers de personnes mais les Bourses d’Indonésie et d’Inde battent des records, portées par un climat économique jugé favorable, brutal décalage entre les investisseurs et les plus démunis, sur lesquels s’est abattue la catastrophe.

Le tremblement de terre, si puissant qu’il a littéralement changé la carte de l’Asie, a été dûment constaté puis délaissé par les marchés, plus émus d’apprendre que, contre toute attente, les Américains avaient cette année fait des folies pour leurs achats de Noël.

Pour les investisseurs, le chiffre clé depuis le 26 décembre n’a pas été le bilan humain catastrophique d’un raz de marée sur les côtes de l’Océan Indien, peuplées d’hommes et de femmes qui avaient peu de poids dans les mouvements de l’économie mondiale.

Le monde des affaires s’est plutôt penché sur des études constatant que les compagnies d’assurance étrangères sortaient quasiment indemnes des vagues meurtrières et que les grands tour opérateurs s’étaient trouvés obligés de détourner vers d’autres destinations nombre de vacanciers en partance.

Les analystes internationaux admettent que l’impact sur les marchés avait été le plus marqué en Thaïlande et au Sri Lanka car dans ces deux pays sont morts des étrangers qui soutiennent un secteur touristique vital.

« Il est évident qu’avec de si importantes pertes en vies humaines, il faudra beaucoup de temps pour nettoyer les débris, enterrer les morts et retrouver les disparus. Mais ce n’est pas nécessairement un si grand événement en termes économiques », remarque un analyste de chez ABM Amro.

« Les dommages subis par les bons hôtels ne semblent pas graves », note-t-il.

« Même si certaines chaînes hôtelières ont pu être affectées, il y a aussi des gagnants en termes économiques tels que les producteurs de ciment », insiste-t-il.

En Indonésie, les cadavres qui s’amassent à Aceh sont sans grande conséquence sur l’économie mondiale car la région était déjà écartée du reste du monde par l’insurrection. « Les ressources les plus importantes d’Aceh sont le pétrole et le gaz sur lesquelles aucun dommage n’a été constaté », indique un analyste de la maison de courtage CLSA Indonesia. Il se justifie ainsi : « C’est un grand problème humanitaire mais le seul élément préoccupant, d’un point de vue économique, est de savoir si l’Etat a les moyens de reconstruire Aceh rapidement et d’aider les gens là-bas. Avec tant de pays donateurs et de donations, cette charge ne va pas changer les perspectives de l’économie indonésienne ».

« Ce n’est pas que la communauté des courtiers soit indifférente aux désastres et à la douleur », se défend un cadre à la maison de courtage Cholamandalam Securities à Bombay. « Ils sont très préoccupés mais une réaction aurait été visible si les affaires avaient été affectées ce qui n’est pas le cas. Le sens des affaires semble dominer tout le reste »

La Bourse de Jakarta a à nouveau atteint un record à la hausse 4 jours après le tsunam, dopée par des anticipations de forte croissance économique et de bons résultats financiers des entreprises d’Indonésie, un pays dont les agences de notation financière internationales viennent de louer les restructurations économiques.

Les marchés occidentaux ont ignoré les tsunamis, Wall Street bondissant mardi 28 décembre 2004 à un plus haut en trois ans et demi après la publication d’un bon indice de confiance des consommateurs.

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Dessin de Eliby, journaliste parlementaire, journaliste Unesco, écrivain. Membre de la société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques. 06 23 789 305

Selon l’ONU, 1,2 milliards de dollars d’aide ont été promis, vendredi 31 décembre, par la communauté internationale, pour venir en aide aux survivants de la catastrophe du 26 décembre 2004 qui a fait quelque 150 000 morts, 500 000 blessés, 900 000 enfants en danger, des millions de sans abri et des survivants qui risquent de mourir de faim ou d’épidémies. Les dons faits, individuellement, par les Britanniques, dépassaient, vendredi, les 63 millions d’euros. En France la générosité a été plus forte que jamais : entreprises, collectivités et citoyens n’ont jamais fait autant de dons.

Les dons sont à adresser à :
– Secours populaire   - BP3303 - 75123 Paris Cedex 3 ou
– CCFD - 4 rue Jean-Lantier 75001 Paris ou
– Croix Rouge   , BP   100, 75008 Paris


Ecrit le 12 janvier 2005 :

1) Dès le 27 décembre, une collecte a été engagée auprès du personnel du Centre Hospitalier de Châteaubriant.

Une urne a été placée quelques jours après à la mairie de Châteaubriant, initiative   conjointe avec la Croix Rouge  .

2) Le Secours Populaire   sera présent aux « Puces de Béré » le dimanche 16 janvier 2005 pour recueillir des dons pour l’Asie.

3) Appel du Conseil Général :

Face à la catastrophe naturelle qui a ravagé l’Océan Indien, à la crise humanitaire qui est en cours et au risque sanitaire qui menace maintenant cette partie de l’Asie, le Conseil Général de Loire-Atlantique est mobilisé.

Une subvention de 100 000 euros a été votée le jeudi 6 janvier par la commission permanente.

Elle ira à deux associations qui œuvrent et œuvreront dans la durée auprès des rescapés de la catastrophe : la Croix Rouge   et le Secours populaire  .
Le Conseil général invite tous les habitants et acteurs de la Loire-Atlantique à accroître leur générosité, et à renforcer les dons financiers au profit des rescapés du raz-de-marée.

80 points d’accueil du public sont mis en place pour recevoir les dons (uniquement par chèque).

Une urne se trouve installée tout spécialement à la Maison du Département  , 25 rue Denieul et Gatineau à Châteaubriant.


Ecrit le 12 janvier 2005 :

 Ironie : vous reprendrez bien un peu de tsunami ?

Bonjour, vous aimez la chantilly ? Oui ? Bien sûr, qui n’aime pas la chantilly ?

J’avoue même que c’est mon talon d’Achille. Une chantilly faite maison, bien entendu, battue au fouet et à la main, et sucrée... Je craque. Enfin, je craquais.

Il m’arrivait d’en rêver la nuit de cette chantilly. Onctueuse, savoureuse, rebelle à tous les régimes. Je plongeais juste un doigt dans le bol, « pour goûter », et tout le contenu disparaissait mystérieusement dans un triangle des Bermudes situé entre mes narines et mon menton. Les crises de foie qui succédaient étaient aussi prévisibles que les résultats d’une politique du FMI. Mais que voulez-vous, la récompense était à la hauteur de la souffrance post-engloutissement.

Jusqu’au jour où j’ai décidé d’arrêter. Comment ? Un jour, je me suis fait un saladier ENTIER de chantilly, pour moi tout seul. Je me suis attablé avec ce saladier, tout seul. Et j’ai tout bouffé à la cuillère, tout seul. Et pendant la nuit, j’ai failli crever, tout seul...

Ouf, je vous raconte pas le phénomène naturel de magnitude 9 sous l’aisselle de Richter... Enfin voilà, du coup, il m’a fallu des années avant de retoucher à cette cochonnerie... J’étais, comme qui dirait, « guéri ».
Un dessert médiatique

Aujourd’hui, je sens que je suis en train de faire un rejet avec un autre dessert, le Tsunami. Non, ce n’est pas un dessert italien, c’est un dessert médiatique. Ils en ont fait un saladier, ils se sont attablés, et ils nous la font bouffer à la louche. Les journaux télévisés de ces derniers jours sont d’un ennui de magnitude 15 sur une échelle qui n’en compte pourtant que 10...

J’ai vu une journaliste de télé nous faire le compte-rendu de ses aventures quelque part en Asie du Sud. Comme elle avait raté le train pour Falloujah, elle voulait absolument nous convaincre qu’elle était capable de « faire du terrain ». Et pendant deux bonnes minutes elle s’est mise à nous raconter l’histoire (à peu près) suivante :

« oui, alors on s’est promené... Il y avait de l’eau partout... vous vous en doutez... Ici tout a été rasé... les gens ont tout perdu et sont toujours sans nouvelles de leurs proches, de leurs familles et vivent dans la crainte d’une nouvelle vague. Nous sommes entrés dans une église... et là, il y avait des gens qui priaient. Nous sommes restés un moment puis soudain quelqu’un est arrivé en criant »Une Nouvelle Vague ! Une Nouvelle Vague !« Tout le monde a cru à l’arrivée d’un nouveau film de Godard, alors ils se sont mis à courir dans tous les sens. Finalement, c’était une fausse alerte... mais c’est vous dire si on a eu peur ».

En tout cas, c’est ce que j’ai compris. Et pendant qu’elle parlait, au lieu des habituels abrutis hilares qui gesticulent à la caméra derrière le commentateur, on voyait juste passer des ombres qui charriaient Dieu sait quoi.

Oui, moi aussi j’ai eu peur : j’ai cru un moment que la journaliste allait enfin faire son métier.

Cela dit, chaque jour apporte son lot d’informations sur l’étendue de l’humanité du gouvernement des États-Unis : quelques maigres billets verts jetés en pâture - ça, c’est pour des pays « amis », on imagine ce que cela aurait été pour des pays pas amis...

Et puis cette alerte que l’on a « oublié » de déclencher... ou que l’on ne « savait pas » comment déclencher... ou que l’on a « cru » déclencher parce qu’on avait envoyé un courrier électronique... Un jour apprendra-t-on à quel point cette non-alerte offrit l’occasion au gouvernement des États-Unis de se refaire une virginité en jouant les super-héros ? Mais même là, ils se sont plantés. Mais ils se rattraperont, juste le temps pour les gourous des médias de M. Bush de mettre en place le contre-feu.

D’ailleurs, j’ai vu que Colin Powell était déjà sur place pour « coordonner » les secours. Powell est un spécialiste des « secours ». Il est déjà venu au secours des peuples Irakiens, Afghans et Nicaraguayens.

Powell a déclaré « je n’ai jamais rien vu de tel ». Powell ne se déplace donc pas sur le théâtre des opérations de sa propre armée. Les journalistes non plus, d’ailleurs.

Powell a délicatement rajouté que les États-Unis allaient montrer aux musulmans « toute la générosité » de son pays. Powell doit penser que les autochtones de ces régions paumées ne recevaient ni la télé ni la radio.

Les médias commerciaux ? Après le plat de résistance Irakien auquel ils n’ont pas touché, voici enfin arrivé leur dessert.

Et soudain, j’ai envie de vomir.

Allez, ne faites pas cette tête. Vous reprendrez bien un peu de Tsunami ?

© Victor Dedaj,
http://www.legrandsoir.info/


Ecrit le 12 janvier 2005 :

 Une petite taxe de rien du tout

ATTAC

Une petite taxe de rien du tout

L’association Attac-France se félicite de l’immense élan de générosité populaire suscité par la catastrophe : la plupart des gouvernements, qui avaient fait preuve, dans un premier temps, d’une inertie scandaleuse, sont désormais tenus d’augmenter les aides publiques pour venir en secours aux victimes et assurer la reconstruction des pays dévastés.

Mais l’association ATTAC ajoute :

« L’émotion d’un jour, parfaitement justifiée et salutaire, ne saurait cependant faire oublier les 25 000 personnes, principalement des enfants, qui disparaissent chaque jour à cause de la faim et de la malnutrition »

« L’hypocrisie des bons sentiments doit cesser, et laisser la place aux vraies mesures susceptibles de répondre, dans la durée, aux vrais problèmes (...) en particulier un prélèvement fiscal mondial exceptionnel préfigurant une véritable fiscalité mondiale (...) »

« Ce prélèvement pourrait correspondre, pour donner un exemple concret, à 0,05 % de la capitalisation boursière mondiale qui s’élevait, fin 2002, à 20 000 milliards d’euros. Un tel prélèvement exceptionnel rapporterait 10 milliards d’euros.

Personne ne pourra croire qu’il mettra les actionnaires à genou et qu’il suscitera la panique sur les marchés financiers ».

Prenons l’exemple d’un actionnaire de Renault. Le 31 décembre 2004, l’action cotait 61,55 euros. Avec le prélèvement de 0,05 %, cet actionnaire verserait 3 centimes d’euros !

Aide aux pays pauvres

Élargissant son propos, l’association ATTAC évoque l’aide publique au développement « qui doit rapidement atteindre 0,7 % du produit national brut (PNB), conformément aux engagements pris par les pays riches. Alors seraient sans doute réunis les 40 milliards de dollars nécessaires annuellement, selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), afin de réaliser et de maintenir l’accès universel à l’éducation de base, à l’eau potable et à des infrastructures sanitaires, ainsi, pour les femmes, qu’aux soins de gynécologie et d’obstétrique. »

« L’annulation de la dette publique des pays pauvres concernés par la catastrophe doit être également mise à l’ordre du jour des réunions internationales de la période à venir. Elle doit préfigurer une annulation générale à l’échelle mondiale ».


Ecrit le 12 janvier 2005 :

L’Afrique craint d’être oubliée

Le tsunami est une catastrophe « naturelle » tandis que « la pauvreté et la dette » en Afrique est « l’œuvre de l’homme »
dit-on dans les milieux africains qui craignent que le « formidable élan de solidarité pour Asie se fasse au détriment de l’assistance pour l’Afrique ».

Avant le tsunami asiatique l’Onu avait demandé 1,5 milliard de dollars en faveur du Soudan, dont 600 millions destinés au Darfour, province de l’ouest du pays où 2,3 millions de civils subissent une catastrophe humanitaire provoquée par un conflit entre rebelles et forces armées gouvernementales alliées à des milices.

Heureusement le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies n’a pas prévu de modifier son flux à destination de l’Afrique, où il nourrit chaque jour plus de 5,1 millions d’Éthiopiens, témoigne sa porte-parole à Nairobi, Laura Melo, précisant que le PAM a budgété 438 millions de dollars en 2005 pour le Darfour.

Le risque existe en effet d’un « détournement d’énergie et de ressources », estime Robert Shaw, économiste kényan, qui invite les dirigeants africains à « crier fort pour rappeler le problème posé par le paludisme et le sida dans le Tiers monde, surtout en Afrique ».


Ecrit le 12 janvier 2005 :

Comment effrayer les petits en épargnant les puissants ?

Pour financer la reconstruction en Asie, après le tsunami, l’association ATTAC propose une taxe de 0,05 % sur la capitalisation boursière, qui rapporterait 10 milliards, soit 6 fois plus que le mouvement de solidarité actuel en faveur de l’Asie. [la capitalisation boursière c’est le nombre d’actions cotées en Bourse, multiplié par la valeur de ces actions]

Les financiers proposent, eux, une taxe de 1 % qui serait faite sur les retraits par carte bancaire. Elle rapporterait 8 milliards rien que pour la carte Visa. Sachant que tous les salariés sont payés par chèque, et sont invités à disposer d’une carte pour retirer leur argent, ils seraient ainsi tous solidaires par obligation.

Ainsi les grands financiers qui gouvernent le monde proposent de ponctionner les petits titulaires de comptes bancaires 20 FOIS PLUS que les spéculateurs en Bourse !.

Comparaison de chiffres : les promesses d’aide mondiale atteindraient 1,5 milliards de dollars soit à peu près trois fois plus que ce que Canal+ a payé pour avoir l’exclusivité de rediffusion du football français .......


Bilan :

Selon l’Humanité du 17 janvier 2005 :

 168 000 morts

Selon le dernier bilan officiel, le raz de marée provoqué par le séisme du 26 décembre a fait plus de 168 000 morts et des milliers de disparus dans les pays riverains de l’océan Indien.

* Indonésie : 115 229 morts, 12 132 disparus, selon le ministère des Affaires sociales. Plus de 700 000 personnes déplacées.

* Sri Lanka : 30 920 morts, 6 034 disparus, 15 256 blessés,

selon le gouvernement. Le nombre de déplacés s’est stabilisé à près de 500 000.

* Inde : 10 627 morts, 5 711 disparus présumés morts, selon le ministère de l’Intérieur. Quelque 378 000 personnes restent temporairement abritées dans des camps.

* Thaïlande : 5 321 morts, dont 1 732 Thaïlandais, 2 173 étrangers et 1 416 personnes dont l’appartenance à l’un ou l’autre des deux groupes n’a pu être déterminée, selon le ministère de l’Intérieur. Le nombre des disparus, en baisse, est de 3 170 personnes, dont 1 039 étrangers.

* Maldives : 82 morts, 26 disparus, près de 13 000 personnes déplacées, selon le gouvernement.

Carré blanc au lycée Guy Môquet

 Merveilleux

Le 18 janvier 2005, Condoleezza Rice a déclaré à une commission du Sénat Américain : « Tout d’abord sénateur, je suis d’accord avec le fait que le tsunami a été une merveilleuse occasion de montrer, au-delà du gouvernement des Etats-Unis, le cœur du peuple américain ». « Et je pense que les dividendes en ont été importants pour nous », a-t-elle ajouté. Sans doute en vertu du proverbe « A quelque chose malheur est bon ».


Note du 25 janvier 2005 : 228 429

C’est, selon le dernier bilan du ministère de la santé indonésien, le nombre de personnes mortes ou présumées mortes (132 197) à la suite du raz de marée qui a ravagé le nord de l’île indonésienne de Sumatra.


Note du 8 février 2005 : 295 000

113 913 morts dans le nord de l’île de Sumatra + 127 774 disparus (ces derniers ne seront considérés comme morts qua dans un an)

En Thaïlande : 5 393 morts + 3071 disparus

Sri Lanka : 30 957 morts + 5637 disparus

En Inde : 10 749 morts + 5640 disparus

Ecrit le 16 février 2005 :

Tsunami ... ami

Tsunami ... détresse en Asie
Toutes les petites communes des environs de Châteaubriant ont voté le principe d’un don.
Certaines sont allées jusqu’à un euro par habitant.

Mais à Châteaubriant : rien !

Des photos : http://www.emmaus-international.org/fr/images/stories/01_actualites/photostsunami.pdf


Ecrit le 26 avril 2006

 Rony Brauman à Châteaubriant

A l’invitation d’une quinzaine d’associations, Rony Brauman, ancien Président de Médecins-sans-frontières, est venu parler des catastrophes naturelles et de l’action humanitaire, avec réalisme et sans tomber dans « la bonne conscience »

« Il n’y a pas de catastrophes naturelles, il y a seulement des phénomènes naturels (pluie, vent, montée des eaux, etc) qui deviennent des catastrophes au moment où, justement, ils dépassent les limites du « naturel ». Tremblements de terre, oura-gans, inondations prennent alors une dimension sociale, économique, politique, à laquelle il faut faire face. « L’événement est naturel, par ses origines mais catastrophique pour la population ».

Rony Brauman a cité alors trois catastrophes récentes, le Tsunami, l’ouragan Katrina et le séisme du Cachemire, en essayant de voir la façon dont les médias en ont rendu compte, et la façon dont les ONG les ont pris en compte.

« Le traitement, par les médias, a davantage tenu compte d’un imaginaire que de la réalité sur le terrain » dit-il. « Ils n’ont pas rendu compte des consé-quences réelles, mais des conséquences imaginées par le paysage audiovisuel planétaire. On a transféré les détresses des guerres sur le théâtre de la catastrophe, mais les guerres induisent une désorganisation générale, tandis que, après une catastrophe le tissu social est capable de parer aux urgences : le relogement, le maintien de l’ordre, les indemnisations, le redémarrage de l’administration ».

Les orphelins

A propos du Tsunami, les médias ont popularisé trois aspects : les orphelins, les épidémies, la reconstruction.

Les orphelins : « l’UNICEF elle-même a parlé de 10 000 orphelins pourchassés par des réseaux pédophiles ». Sur place la colère des habitants fut très vive devant cette accusation. Dans toutes les guerres il y a beaucoup d’orphelins, mais dans cette catas-trophe liée à la puissance d’une énorme vague, ils ont payé un plus lourd tribut que les adultes. Toute une bande côtière de l’Indonésie et du Sri Lanka a été ravagée mais le reste du pays était intact. Dans ce cas, les autres habitants du pays absorbent les réfugiés.

En France le ministre Michel Barnier a proposé de mettre en place un dispositif particulier pour l’adoption des orphelins du tsunami. Il a fallu que les organisations humanitaires rappellent que le mieux pour un enfant est d’être recueilli par sa famille élargie, par sa communauté (village) ou au moins de rester dans son pays. « Si un enfant a déjà tout perdu, on estime que ce n’est pas la peine d’en rajouter en lui imposant un nouveau pays, de nouvelles habitudes et une nouvelle langue ».

Les épidémies

Les médias disaient : « les 150 000 morts du tsunami risquent d’être doublés par les épidémies ». Rony Brauman, qui est médecin épidémiologiste, l’a dit avec force : « il n’y a jamais d‘épidémie après une catastrophe naturelle. Les épidémies provoquent des cadavres, les cadavres ne provoquent pas d’épidémies, mais tout le monde le croit ! ». « Il n’a pas été facile de faire entendre raison aux médias, avides de sensationnel. La dictature de l’émotion, de l’urgence, a fonctionné comme une machine à décérébrer ! ». « Au Sri Lanka comme en Indonésie, ce sont les personnels de santé locaux, pas les secours internationaux, qui ont joué un rôle décisif dans la survie des blessés graves ».

La reconstruction

« Beaucoup d’ONG se sont attribué une compétence technique et sociale qu’elles n’avaient pas. Il ne sert à rien de construire en Asie des cabanons à l’occi-dentale : ils ne correspondent pas au mode de vie de ces populations. Il faut se dégager du vieux réflexe colonial : apporter « la civilisation » aux « sauvages ». Il vaut mieux distribuer une partie de l’argent récolté, aux populations, pour laisser aux gens la liberté de choisir leur habitat »
Katrina, Cachemire

« Là aussi, la question des épidémies a re-surgi, mais n’a pas été poursuivie » . Rony Brauman rappelle, à propos de cet ouragan, le parti-pris que peuvent prendre les médias : « Un Blanc qui transporte des vivres est présenté comme un homme qui va nourrir sa famille. Mais s’il s’agit d’un Noir, il est présenté comme un pillard ».

La mobilisation médiatique au sujet du Tsunami ne s’est pas renouvelée lors du tremblement de terre au Pakistan le 8 octobre 2005. « Il a fait 73 000 morts et autant de blessés, ce qui ne se produit jamais ». « Cette catastrophe a été correctement traitée par les médias et les secours ont bien fonctionné ».

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Rony Brauman

Emotion

L’émotion est souvent mauvaise conseillère. « Le rôle des médias, c’est d’informer, pas de mobiliser les populations. Il faut laisser ce rôle aux ONG. Ces dernières se sont profes-sionnalisées. Mais elles ne peuvent pas être efficaces, à long terme, s’il manque, dans le pays, la volonté démocratique. On ne peut pas mettre un pays sous un pouvoir autoritaire extérieur, même avec la volonté de rendre service aux populations locales ».

Questionné à propos de Haïti, qui semble ne pas sortir des dégâts occasionnés par la tempête tropicale du 17 septembre 2004, Rony Brauman a déclaré « ce pays est victime de sa pauvreté et de la faiblesse de son gouvernement. La violence et le chaos cesseront quand suffisamment de Haïtiens en auront assez ».


 Médecins sans Frontières

Plutôt que de donner, sur un coup d’émotion, des fonds destinés aux victimes de telle ou telle catastrophe, il vaut mieux soutenir régulièrement l’action de Médecins sans frontières, « ce qui nous permet de refuser, dans la pratique, que des personnes soient laissées pour compte au nom d’impératifs financiers ou politiques ».

En 2001 cette organisation a travaillé avec les producteurs de médicaments pour faire baisser le prix des traitements contre le SIDA. Constatant l’inefficacité de certains médicaments contre le paludisme, elle a favorisé l’utilisation de combinaisons thérapeutiques à base d’Artémisinine. Elle rappelle sans cesse la nécessité de lutter contre la tuberculose. Et d’innover, même dans un contexte précaire.

Site : http://www.msf.fr


NOTES:

(1) Tsunami : le mot figure dans le dictionnaire. D’origine japonaise (il veut dire « vague d’orage »), il a été créé en 1915 pour désigner une vague séismique, un raz de marée d’origine sismique. Depuis 100 ans, 796 tsunamis ont été observés dans l’Océan « Pacifique » . L’événement le plus ancien connu a provoqué la destruction de la civilisation minoenne en Méditerranée (1480 av. J.-C.).

(2)ONG : organisation non gouvernementale.