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Biche de Béré (biche de bere)- 1997 suite


Ecrit le 03.09.97

 La Biche aux Abois : Eloge de la colère

Quatre nouvelles condamnations des Prud’hommes viennent de frapper la société Biche de Béré, mais les licenciés attendent depuis des mois qu’on leur paie les salaires en retard et les indemnités de congés payés.

Au tribunal la représentante de la société affirme sans sourciller que les salaires seront virés l’après-midi même, voire le lendemain, au plus tard sous huitaine : cela lui permet d’éviter les pénalités de retard. Mais les jours succèdent aux jours et rien ne vient. Dans l’entreprise, insultes et lettres recommandées sont monnaie courante. Comme dit le (luxueux) catalogue été de Biche de Béré : « les humeurs suivent les nuages qui passent ». On s’en aperçoit.

Pourtant l’entreprise annonce qu’elle a ouvert une boutique à Athènes en présence de Miss Monde. Rien que ça. Y aurait-il de l’argent dans l’entreprise ? En tout cas, au rythme où ça va, il n’y aura bientôt plus personne pour fabriquer des bijoux.

 Vivez dans la lumière

Vivez dans la lumière : la Direction de l’entreprise a donné ce livre à l’une de ses salariées. On y lit à la page 109 :

« La colère : quand nous réprimons notre vraie puissance (...) nous devenons la proie de la colère. En général nous réprimons cette colère et y perdons notre vitalité. Dès que nous reprenons contact avec notre puissance, la première chose que nous ressentons est la colère accumulée en nous. Aussi, chez beaucoup de gens qui deviennent plus conscients, le fait d’entrer en contact avec leur colère constitue un signe très positif. Il indique qu’ils se réapproprient leur puissance. (...)

Les gens sont souvent très effrayés par leur colère, ils craignent qu’elle n’ait des répercussions fâcheuses. Si tel est votre cas, permettez-vous de ressentir pleinement votre colère en créant une situation dans laquelle vous pouvez l’exprimer sans risque (...) Laissez-vous extravaguer, divaguer, frapper et crier, devenez fou, lancez ou battez les oreillers, suivez toutes vos impulsions ».

Ceci est peut-être l’explication à certains comportements excessifs... Les salariés ont-ils droit, aussi, à cette colère ?


Ecrit le 10.09.97

 Ironie : la Biche aux Abois

Vers une coopérative ouvrière ?

L’entreprise BICHE DE BERE n’a pas de chance : elle ne trouve que des salariées qui ne valent rien et qui ne comprennent rien à rien.

Des salariées qui ne valent rien ?

Le bon sens populaire l’affirme : « Les mauvais ouvriers disent toujours qu’ils ont de mauvais outils ». Sans doute est-ce la même chose chez BICHE où les salariés prennent la porte pour un oui, pour un non, ou pour rien, comme ça, quand, du côté de la Direction, « les humeurs suivent les nuages qui passent » (citation extraite du catalogue été de Biche de Béré).

Dans le milieu patronal de Châteaubriant (on nous a fait des confidences), on s’étonne de ces « coups de balai » à répétition qui manifestent une instabilité de mauvais aloi.

De deux choses l’une : ou bien ce sont les salariées qui ne valent rien, ou bien ... ou bien...

Deux heures de ménage

Le dernier épisode s’est déroulé le lundi 1er septembre 97 (La Mée, déjà tirée, n’a pas pu le relater). Il y a quelques semaines, la Direction a licencié la femme de ménage, pour raisons économiques paraît-il. La semaine dernière elle a demandé au personnel de se partager son travail : « Cela ne ferait, pour chacune, que 4 heures de ménage par an » a déclaré la Direction à nos confrères de la presse locale (La Mée, bien entendu n’a pas été conviée à entendre ces passionnantes déclarations). Donc, faisons un petit calcul. En supposant qu’il reste 25 salariées dans l’entreprise. 25 fois 4 heures, ça fait 100 heures. En divisant par 52 semaines, ça fait 2 heures par semaine. La Direction en est donc réduite à « gratter » sur 2 heures par semaine ? (soit 500 F par mois).

Des salariées qui ne comprennent rien.

Mais la Direction de BICHE DE BERE a bien raison de se plaindre : les salariées ne comprennent vraiment rien à rien aux nouvelles méthodes de travail. Aujourd’hui on licencie la femme de ménage et on demande aux salariées de se partager cette tâche. Demain on licenciera le comptable ou la secrétaire et on demandera aux salariées d’effectuer ces travaux. Et puis après-demain, sûrement, on mettra à la porte les patrons et les salariées assureront la direction de l’entreprise. C’est sûrement ce qui était prévu : mais les salariées n’ont rien compris !

Question de productivité

« Dire que nous avons été 50 » disent les salariées. L’effectif a fondu de moitié. « C’est l’effectif optimum » dit la Direction qui reconnaît ainsi implicitement qu’elle a eu « les yeux plus grands que le ventre » et qu’elle est responsable de la mauvaise organisation de l’entreprise.

Pourtant selon le journal « Le Point » (23 août 97), la société est en pleine expansion. A propos, a-t-elle payé ses dettes vis-à-vis de l’URSSAF ? Il semble que non ! L’expansion se fait donc sur le dos des salariées et des contribuables.


Ecrit le 22.10.97

 Chez Biche de Béré : la solidarité, ça marche ?

Après la vague de licenciements du premier semestre 1997, qui a frappé, rappelons-le, plus d’une quinzaine de salariés, une seconde vague au cours du second trimestre a fauché huit salariés de plus. Ce qui a eu pour effet de classer ces nouveaux chômeurs en deux catégories : celles et ceux du premier semestre et celles et ceux du second semestre.

En quoi ces salariés sont-ils différents ? Cela dépend de leur considération et des traitements que leur applique l’ex-employeur.

Rappelons pour mémoire ce qu’ont subi les salariés du premier semestre : d’abord avant le licenciement un retard de salaires considérable se chiffrant à plusieurs mois. Lorsque la procédure de licenciement les frappe, ces salariés « virés » ne touchent plus rien : ni retard, ni préavis, ni indemnité de congés payés. Lassés des démarches infructueuses près de l’employeur, ces salariés n’ont plus qu’un recours : les PRUD’HOMMES. Résultat : l’employeur condamné doit payer (encore heureux !) mais encore... faut-il faire appliquer le jugement. C’est là que ces hommes et femmes font preuve de patience. Bien sûr leur mandataire judiciaire peut déposer les créances salariales au greffe du Tribunal de Commerce, ce qui a pour effet d’assigner l’employeur en redressement judiciaire. Mais, pour préserver les emplois restants, les salariés licenciés préfèrent attendre patiemment que l’huissier chargé de l’application des jugements étale dans le temps le recouvrement des créances.

Venons-en aux salariés licenciés du second semestre. En apparence tout laisse penser que l’histoire se répète : comme leurs collègues ils accumulent les retards de salaires. C’est endémique chez Biche ! Aussi décident-ils d’aller en force réclamer leur dû à l’employeur, et ils demandent à leurs collègues du premier semestre de se joindre à eux. L’union ne fait-elle pas la force ?

Les licenciés du premier semestre acceptent. Solidarité quand tu nous tiens !

Entre-temps, l’employeur, peut-être avisé de ce qui se prépare, décide de régler une partie des salaires aux salariés licenciés du second semestre, ce qui a pour effet de leur faire perdre toute velléité à l’égard de ce « bon » patron, si arrangeant.

Et voilà comment ce sont les licenciés du Premier Semestre qui sont allés manifester... à la demande des licenciés du Second Semestre qui ne se sont pas déplacés ! Ah, individualisme, quand tu nous tiens !

 Chou, caillou, bijou

Bon alors, voilà les licenciés du Premier Semestre qui réussissent à rencontrer un membre de la Direction. Celui-ci leur propose de les régler... en bijoux ! Ben voyons. Mais devant leur détermination il leur annonce magnanime qu’il va leur régler la moitié de sa dette à l’huissier le 7 octobre, et le reste fin octobre.

Les filles, vraiment contentes, font connaître leur joie : elles ont obtenu gain de cause. En réalité, elles ont été en partie « roulées dans la farine » car, la coïncidence est troublante, la somme versée le 7 octobre est justement celle que l’huissier réclamait pour cette date, dernier délai. L’employeur n’a donc rien fait de plus que ce qu’il était contraint de faire !

Attendons fin octobre pour savoir si le solde sera versé. Les licenciés, eux, récupèrent ce qu’ils peuvent puisque c’est l’huissier qui répartit les sommes aux différents ayant droits ; SELON LES INDICATIONS DE L’EMPLOYEUR qui peut ainsi, jusqu’au bout, pénaliser ceux qu’il veut. A la tête du client.

 Elle n’a dansé qu’un seul été

L’angélique et sémillante blondinette qui écrivait des poèmes dans les catalogues de chez Biche de Béré... vous savez, celle qui représentait ces derniers mois la société B. et B. aux Prud’hommes et qui savait si bien mentir devant les juges... eh bien, elle vient d’être virée à son tour selon la coutume habituelle. Elle avait pourtant chaussé les « godillots » de son chef et prédécesseur qui avait, lui, tenu près de deux années, occupé le plus clair de son temps par la procédure de licenciement qu’il commençait à connaître en « forme continue ». Là encore la « servilité » n’a pas été payée de retour !

A propos, qu’est devenue la lettre au Procureur, expédiée par la CFDT au début du mois de juin 1997. Quatre mois sont passés. Le Procureur n’a même pas accusé réception... Les traditions se perdent.


Ecrit le 03.12.97

 Innovation sociale chez BICHE.

Innovation sociale chez Biche de Béré : cette entreprise connaît, comme d’autres, les arrêts maladie des salariés et, plus que d’autres, les dépressions nerveuses. Est-ce pour cela que la Direction vient de supprimer la médecine du travail ?

En réalité c’est parce qu’elle ne paie pas les cotisations demandées, que l’entreprise a été radiée du Comité Médical Inter-entreprise. Ainsi les salariés ne sont plus couverts par la médecine du travail, ce qui est contraire à la loi. Combien de temps cela va-t-il durer ? Que font les pouvoirs publics ?

Pourtant dans cette entreprise les risques sont énormes notamment dans les postes de fonderie où l’on manie du plomb, ce qui n’est pas recommandé, en particulier pour les femmes enceintes.

A part cela, les condamnations aux Prud’hommes continuent de tomber. Le duo de choc dirigeant cette entreprise utilise toujours l’argent qu’il doit aux salariés licenciés alors que, selon des milieux « autorisés » la bonne santé financière de cette « boite » serait réelle.

Les licenciements se poursuivent également et en cette période de fêtes il faut s’attendre à une accélération au niveau des magasins : en effet quand une vendeuse arrive à un an d’ancienneté et qu’elle s’est « défoncée », elle doit laisser sa place à une « nouvelle » qui, à son tour se « défoncera » pour faire « carrière » avant de tomber de haut...


Ecrit le 31.12.97

 La Biche de Noël

B

Pour finir l’année en beauté, la Mée vous offre ce dessin de la Biche en Mère Noël avec quelques infos en prime : les procès aux Prud’hommes continuent, la santé financière est correcte (la Direction l’a dit à un journaliste de « Sept à l’Ouest » : le chiffre d’affaires est passé de 16,5 millions de francs en 1995 à 27 millions en 1996 et devrait atteindre 40 millions cette année).

Les cadeaux continuent aussi, si l’on en croit cette publicité signalée par un lecteur : « 500 bons d’achat de 200 F ».

Il n’y a que les salariés à qui « on » ne fait pas de cadeau ! « Je ne cache pas que ceux qui sont sur la liste des départs ne sont pas prioritaires pour toucher leurs salaires » avoue Nelly Biche pour « Sept à l’Ouest ». On s’en était aperçu.