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Accueil > Thèmes généraux > Chômage, emploi > Crise 2008 à 2015 > La crise financière : le point au 25 octobre 2008

La crise financière : le point au 25 octobre 2008

 Pour qui sont ces milliards qui volent au dessus de nos têtes ?

Des milliards et des milliards, tant et tant que ça donne le tournis. 1680 milliards mobilisés par les pays européens - et encore 250 milliards aux USA en plus des 1000 milliards déjà dépensés. Saura-t-on un jour exactement combien de milliards cette crise aura coûté ? Tout ça pour des gens qui jouent en Bourse avec l’argent des autres, avec la vie des autres !

Dessin de Moon - 06 87 32 7

La France, elle, mobilise 360 milliards. Juste pour mémoire, il faudrait 3 milliards par an pour assurer le RSA   (revenu de solidarité active) aux gens les plus démunis. Il paraît qu’on ne les trouve pas et qu’il faut même imposer une taxe de 1,1 % sur le capital !

360 milliards = 120 ans de RSA  .
Cela nous mènerait à 2128 ! En ce temps-là nous n’aurons plus mal aux dents.

Mais pour l’instant nous avons mal au cœur de voir tout ce fric injustement gagné, piteusement perdu, malheureusement détourné de ceux qui en ont le plus besoin.

 Dexia avant Fortis

Mais certains continuent à faire la fête !
Selon le journal Le Monde, le groupe Dexia, qui a dû être renfloué par les pouvoirs publics, avait organisé, le 9 octobre, un événement festif dans la salle Empire de l’Hôtel de Paris à Monaco. Et ce quelques heures après l’annonce du plan de sauvetage : Bruxelles, Paris et Luxembourg octroyant leur garantie pour les prêts interbancaires contractés par la banque.. Coût estimé, mais non confirmé, du dîner : 200 000 euros. Mieux que la banque Fortis le lendemain dans le même hôtel.

Ces gens-là, avec des dîners de ce prix, montrent qu’ils n’ont aucune notion de l’économie réelle ! Et si on leur faisait bouffer leurs chapeaux et leurs parachutes dorés ?

 Ma pire colère

Un lecteur nous écrit (empruntant sa colère à un autre, Raphaël Anglade) :

C’est le fond de ma pire colère : avoir perdu, depuis 30 ans au moins, la bataille idéologique. Des gens très riches, mais voulant l’être plus encore, ont travaillé au corps les différentes élites, acheté des médias, financé des « think tank » pour diffuser l’idée que la compétence était de leur côté, et que les laisser travailler sans contrôle était somme toute le meilleur moyen de créer de la richesse pour tous.

Et ces types ont payé leurs primes et leurs vacances au ski avec des investissements idiots qui leur laissent aujourd’hui un trou de 1 000 milliards de dollars rien qu’aux Etats-Unis (1000, parce que les 700 milliards de Paulson s’ajoutaient aux 300 déjà dépensés). 1 000 milliards de dollars c’est 12 ans de déficit de la Sécu. Mais là, ils n’ont soigné personne, ils ont payé leurs primes et leurs dividendes.

Comme disait Lénine, ils nous auraient vendu la corde pour les pendre, si on avait payé en cash.

Qui va dire que ces théoriciens du libre marché sont des menteurs ? Qui va dire qu’ils ne croyaient pas un mot de ce qu’ils ont raconté ? Qu’ils ont juste essayé de s’en mettre plein les poches ? Qu’ils ne savent pas s’arrêter et qu’il faut leur imposer des limites ? Qui le dit, aujourd’hui, qu’ils n’ont plus aucune raison de revendiquer un monopole sur l’efficacité ? Qui dit que si l’Etat injecte l’argent du contribuable, il est fondé à demander quelque chose en retour ?

Pour des raisons toutes plus minables les unes que les autres, la gauche se tait ou reste inaudible.

– Il y a ceux qui vivent dans cette bulle (bon nombre sont désormais au gouvernement), et s’alignent sur les maîtres du petit clan dans lequel ils sont installés.

– Il y a ceux qui n’y comprennent rien et sont trop paresseux pour se former...

– Et il y a ceux qui ne s’intéressent pas aux gens ni à l’efficacité, tout pris qu’ils sont par le romantisme des mots si cher à la gauche. Ceux-là s’interrogent doctement sur le sens du mot libéralisme au lieu de se demander ce qu’il conviendrait de faire, concrètement, pour arrêter l’incendie.

Vraiment, il y a des colères qui se perdent.

 

Ludo Lanoë, rapporteur

 


Ecrit le 15 octobre 2008

 Pauvres bougres

L’homme d’affaires Robert Tchenguiz, magnat de la distribution et de l’immobiler en Angleterre, s‘est trouvé à court d’argent. Il a été obligé de vendre à perte. Et il a perdu 1 300 000 000 € en un jour.
Mon dieu, le pauvre ! Il a perdu en un seul jour ce que des millions de salariés ne gagneront jamais de toute leur vie ! Pleurons, mes amis, pleurons ….

Pendant la crise, les affaires continuent. Depuis juillet, Daniel Bouton, président de la Société Générale, achète, vend, spécule sur ses stock-options et les actions de sa banque, pour son compte personnel. Des opérations profitables : en 4 mois, insensible aux événements, il a réalisé 1,3 million d’euros de plus-values, comme l’attestent ses déclarations auprès de l’Autorité des marchés financiers.
Source : http://www.mediapart.fr/journal/economie/101008/pendant-la-crise-daniel-bouton-specule-sur-la-societe-generale


Ecrit le 22 octobre 2008

 600 millions envolés !

On ne parle pas de perte, c’est trop négatif, on parle d’un « incident de marché ». Dans la vénérable institution qu’est la Caisse d’Epargne, il y a encore des « traders » qui jouent en Bourse en espérant gagner des millions (et une jolie prime pour eux). En cette période de crise, c’est risqué. Des commentateurs nous disent que, en l’occurrence, ils ne POUVAIENT pas perdre ! Mais ils ont perdu quand même : 600 millions d’euros en un seul jour ! Oh bonne mère !

600 millions, c’est pas grand chose ! C’est simplement le salaire net (mensuel) de 600 000 smicards ou de 1 600 000 Rmistes. Mais il n’y a pas de crainte à avoir …. « compte tenu de son niveau de fonds propres - plus de 20 milliards d’euros - et de son importante liquidité, cette perte n’affecte pas la solidité financière du groupe et n’a aucune conséquence sur la clientèle », assure la Caisse d’Epargne.

C’est drôle comme les millions volent, de c’temps !

[Ndlr : il paraît que ce n’est ^pas 600 millions, mais 695 millions]

[Note du 27.10.2008 et maintenant ce serait 751 millions : http://www.latribune.fr/entreprises/banques--finance/banque/20081027trib000303495/caisses-depargne--les-pertes-en-bourse-ont-atteint-751-millions.html]


Ecrit le 25 octobre 2008

 Je suis allé voir mon banquier

Je suis allé voir mon banquier. 
Il a eu une façon toute personnelle de me rappeler que l’on doit manger 5 fruits et légumes par jour :
– Vos comptes, c’est la fin des haricots.
– L’oseille n’a plus la cote.
– Vos placements ont fait chou blanc.
– Dans quelques jours, vous n’aurez plus un radis.
– Il ne vous reste plus qu’à prendre un avocat.
Quelle salade !

Je lui ai répondu :
– Si je comprends bien, je n’ai plus de poire pour la soif,
– Plus de cerise sur le gâteau.
– Mes économies sont mi-figue, mi-raisin.
– En plus, je ne peux pas ramener ma fraise.
Toutes ces années de labeur pour des prunes ! Je suis sorti de la banque en regrettant de ne plus avoir de noisettes. 

Y’en a pourtant qui en font leurs choux gras !!!

 Nouvelles du front

« Le crédit immobilier n’est plus disponible que pour une catégorie privilégiées de la population » dit une étude du courtier Empruntis. On connaît des familles ayant obtenu un prêt bancaire qui, ces temps-ci, se sont vu refuser le déblocage du crédit. Les transactions immobilières devraient chuter de 25 % en 2008, selon une note de conjoncture des notaires de France.

L’Unedic, qui pronostiquait une baisse de 80 000 chômeurs en 2008, prévoit maintenant une hausse de 46 000.

Des entreprises, nombreuses, sont en difficulté
 :
– matelas Dunlopillo,
– lingerie Body One.

Du chômage partiel :
– un mois chez Manitou (Angers),
– six semaines chez Ford Aquitaine,
– cinq semaines chez Renault au Mans,
– neuf jours chez NTM à Allonnes,
– plusieurs jours chez Paulstar (Segré) et PSA-Caen.
– L’équipementier automobile Sonas Automotive a pris des mesures de chômage partiel pour trois de ses usines françaises : 14 à 22 jours. Tout ça c’est bon pour le pouvoir d’achat et pour le moral !

Des suppressions de postes par centaines, par milliers :
– La Redoute 672 emplois,
– La Camif : 800 voire 1000 emplois.
– Sanofi-Aventis France 927 suppressions de postes.
– NXP, ex-Philips, 450 emplois en France.
– Les défaillances d’entreprises ont augmenté de 17 % au troisième trimestre de 2008, par rapport au trimestre précédent.

Des intérimaires sont « remerciés » :
– 80 chez Trelleborg (Carquefou),
– une centaine chez Scania à Angers, en plus de chômage partiel pour les salariés permanents.
– Chez Volkswagen il est question de 25 000 intérimaires.
– La société Adecco va supprimer 600 emplois.

Au niveau mondial,

– Daimler prévoit de supprimer 3500 emplois.
– General Motors : 1600 emplois.
– Le constructeur automobile Chrysler : 1.825 postes.
– Le groupe Volvo annonce la suppression de 850 emplois en plus des 1400 annoncés en septembre.
– Le fabricant américain de photocopieurs Xerox va supprimer environ 3000 emplois dans le monde, afin de doper sa rentabilité en 2009.
– La banque Goldman Sachs pourrait supprimer 3 200 postes.
– Le groupe pharmaceutique américain Merck : 7.200 postes.
– Carlsberg prévoit de supprimer 214 postes chez Kronenbourg.
– La firme Internet Yahoo : 1500 suppressions de postes.
– Le papetier finlandais Stora Enso a annoncé la suppression de 1.700 postes en Allemagne.
– PepsiCo prévoit, lui, de supprimer 3300 emplois.
– Le groupe néerlandais de chimie Akzo Nobel, lance un plan d’économies avec suppression de 3500 postes.
– Le japonais Nissan a annoncé vouloir supprimer 1.680 emplois sur deux ans.
– Hewlett-Packard a un plan de restructuration : réduction de 24 600 postes dans le monde d’ici trois ans

– Chez Renault-Espagne : 5500 ouvriers en chômage partiel.
– Le constructeur automobile Magna-Steyr, sous traitant de BMW et Mercedes, a annoncé 2.600 salariés de son usine de Graz (Autriche) à temps partiel pour cinq à six semaines.

Et nous n’avons pas compté les « petits » licenciements de 50 ou 100 postes ! La facture de la crise est présentée aux salariés. Sauf dans 19 communes autour de Châteaubriant car, selon Alain Hunault, « la Com’Com’   nous protège » [de la crise] !


 Comprendre la crise : l’argent-dette

Pour ceux qui disposent d’internet : une vidéo très éclairante sur les causes de la crise financière et sur cet argent-dette qui amène le monde occidental à la catastrophe.
http://vimeo.com/1711304?pg=embed&sec=1711304

Un dessin animé (et coloré) interroge : Comment peut-il y avoir TANT d’argent à prêter ? La réponse est... qu’il n’y en a pas. De nos jours, L’ARGENT S’EST FAIT DETTE. S’il n’y avait PAS DE DETTE, Il n’y aurait PAS D’ARGENT …


Quelques infos : http://www.journaldunet.com/economie/magazine/dossier/apres-les-banques-les-pays-peuvent-ils-faire-faillite/apres-les-banques-les-pays-peuvent-ils-faire-faillite.shtml

L’horreur économique de M. Sarkozy : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/10/25/l-horreur-economique-de-m-sarkozy-par-christophe-jakubyszyn_1111020_3232.html


Les articles sur « La Crise » parus dans Le Nouvel-Obs en 2008 :
– http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/economie/la_crise_financiere/20090212.OBS4527/crise__les_articles_parus_dans_lobs_en_2008.html