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2004-Yves Blais

page 224

Yves BLAIS :
L’inaccessible étoile

Yves B

Dans la famille Blais les têtes sont dures, les idées bien ancrées. Le père, Marcel Blais, est arrêté en 1942 (deuxième guerre mondiale) pour transport d’armes dans une valise. Diverses prisons françaises : il revient malade de la guerre, incurable. Mécanicien vélo, il épouse Denise qui tient un petit magasin épicerie-café-fourre-tout. Le couple vivote, la Sécurité Sociale a été refusée par les instances représentatives des artisans-commerçants qui, à l’époque, ne veulent pas déchoir en se trouvant dans la même caisse que les ouvriers. Chez les petits artisans-commerçants c’est la dèche lorsqu’il faut acheter les médicaments indispensables. « Je sais ce que c’est la pauvreté, la recherche permanente de quelque nourriture. J’ai porté des vêtements propres mais usés jusqu’à la trame, mais je n’ai jamais été malheureux » dit le fils Yves BLAIS.

L’étude après l’usine

Marcel Blais meurt en juillet 1968. Il a 43 ans. Son fils Yves, qui travaille avec lui à l’atelier depuis l’âge de 8 ans, doit arrêter ses études en fin de première. Dur, pour un élève que tout le monde qualifiait de brillant. Mais il faut bien faire vivre la famille : Yves s’en va travailler chez Citroën, prenant le car de ramassage le matin très tôt. Emboutissage de tôles, travail à la chaîne.

Le soir il continue à lire. Quand il en a le temps il retourne voir ses copains de lycée qui sont en Terminale. Pour l’étude des langues, il se débrouille : son avance des années précédentes lui laisse de la marge. Français, Histoire, il étudie seul. Un professeur de maths, JG, l’aide à faire le programme de l’année. Le jeune Yves Blais passe son baccalauréat en candidat libre, surprenant même son examinatrice d’anglais car les textes qu’il présente sont ceux de son livre de première (il n’a pas celui de terminale !). Mais l’aisance du jeune homme lui obtient une bonne note.

Retour chez Citroën où l’on ne veut pas de lui : un baccalauréat c’est trop ! Et de plus le jeune homme s’intéresse aux affiches de la CGT. La Direction craint d’introduire le loup dans sa bergerie sous haute surveillance.

Yves Blais passe en Espagne, où il trouve aisément du travail comme interprète dans les campings l’été, ou auprès des carriers d’ardoise l’hiver. C’est au temps du dictateur Francisco Franco : « La nuit, une sorte de concierge général était débarqué dans tous les quartiers par la police, il avait toutes les clefs des maisons ; Au matin il faisait son rapport : qui est venu la nuit, qui a rencontré qui ». Souvenirs de la dictature. Impossible à oublier.

Au bout de quelques saisons, Yves Blais revient en France, comme monteur de serres aux Essarts les Rois près de Versailles « 16 heures par jour, mais au moins nous étions bien payés ».

A St Vincent des Landes, sa mère, restée au pays, voit passer une petite annonce « Cherche instituteur ». Yves Blais prend rendez-vous, son parcours étonne l’inspecteur primaire qui décide de tenter l’expérience. Mais aucune place n’est disponible. Yves retourne monter ses serres.

24 tonnes de confiture

Un lundi soir, télégramme. Le poste est à prendre le lendemain matin à Vritz, une toute petite école où les instituteurs de la ville ne veulent pas rester. Mais comment « descendre » de la région parisienne ? « Au relais routier où je dînais, se trouvait un transporteur qui rentrait à Angers. J’ai simplement dû l’aider à décharger 24 tonnes de confitures ! Ca m’a dégoûté de la confiture pendant longtemps... ».

Le mardi matin à 9 heures, Yves Blais est à son poste. Deux ans. Puis le service militaire qu’il n’aurait pourtant pas dû faire en tant que soutien de famille : pas de dispense pour les fortes têtes ! Yves Blais continue à lire beaucoup.

Trois ans instituteur en classe de perfectionnement aux Terrasses à Châteaubriant, tout en préparant un concours de « Maître formateur ». Cinq ans dans cette spécialité, puis, depuis 1989, directeur de l’école primaire de la Ville aux Roses à Châteaubriant

En même temps : élection comme conseiller municipal à St Vincent des Landes où il deviendra adjoint au maire et président de l’office intercommunal des Sports.

Ce parcours atypique explique à quel point Yves Blais est sensible au monde ouvrier, au monde des « petites gens », au sort des artisans-commerçants de proximité. « J’ai eu beaucoup de chance dans ma vie, mais je n’ai pas changé d’opinion, pas changé de camp, et si cela devait m’arriver ma mère saurait me rappeler quel est mon monde » dit-il.

Social et sport

En tant qu’élu, il s’occupe du CCAS   (centre communal d’action sociale) où il tient une permanence par semaine. « Je connais toutes les ficelles et embrouilles administratives qui ligotent les gens ».

En tant que Président de l’Office des Sports, il a contribué à fédérer les clubs existants et notamment à lancer le premier judo-club intercommunal (qui, de ce fait, a pu passer de 80 à 250 membres, et embaucher un entraîneur). Il a contribué aussi à l’achat d’une flottille de canoës que l’Office des Sports met à disposition d’autres associations, notamment, chaque été, pour une descente en canoë sur la Chère.

Depuis des années Yves Blais se présente sous les couleurs du Parti Communiste Français, même s’il sait qu’il « fera » trop peu de voix. Son objectif est de porter un message, d’affirmer une présence aux côtés de ceux qui n’ont pas l’oreille de « la France d’en Haut ».

Son personnage favori est Don Quichotte, l’idéaliste au grand cœur qui veut imposer son idéal d’honneur et de justice au mépris des trivialités de la vie courante. Il a chez lui plusieurs traductions de l’œuvre de Cervantès et des éditions originales en espagnol.

Comme son héros, il poursuit sans cesse « l’inaccessible étoile » comme le chante Jacques Brel.

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Yves Blais n’a pas l’intention de faire des réunions publiques, mais simplement de distribuer un millier de tracts qui lui permettront de rencontrer les hommes et les femmes du canton de Derval.

résultats de l’élection