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Grappillages et médisances, novembre 2008 (1)

Ecrit le 5 novembre 2008

 Sarko épinglé

Dessin de Moon - 06 87 32 7

Selon biblioobs.nouvelobs.com du 30/10, « N.Sarkozy fait gri-grise mine ». Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a estimé que la poupée vaudou qui le représente « ne constitue ni une atteinte à la dignité humaine, ni une attaque personnelle ». Autrement dit : le désormais célèbre « manuel vaudou » « s’inscrit dans les limites autorisées de la liberté d’expression et du droit à l’humour » « protestation ludique et d’exutoire humoristique ». La presse s’amuse beaucoup … « Sarkozy épinglé » (Libération), Sarkozy piqué au vif (Canoë), « La poupée tient tête » (Dernières Nouvelles d’Alsace). Pour Le Monde, il s’agit « d’un échec judiciaire inédit ».

Ndlr : Sarko ne peut pas à la fois sauver le système économique mondial et protéger sa propre image.

 Cahiers et carnets

Selon AFP du 29/10 : « après la poupée vaudou, qui s’est vendue à plus de 20 000 exemplaires, une autre maison d’édition, Pascal Petiot Editions, va publier un « cahier de jeux de Nicolas et Carla » pour « s’amuser des péripéties de notre couple présidentiel ». Certains jeux (sudokus, rébus...) ne reculeraient pas devant le registre leste ! On ne sait pas encore si le Président va porter plainte …

En revanche il a porté plainte contre les carnets personnels d’Yves Bertrand, directeur central des renseignements généraux de 1992 à 2004, dans lequel celui-ci notait les faits et les rumeurs que lui apportaient ses interlocuteurs et s’en faisait le rapporteur auprès de l’Elysée et du Premier Ministre, et cela pendant 12 ans, survivant à 7 Ministres de l’Intérieur et à 2 cohabitations.

 Sarkonichet

De Pangloss du 26/10, ce commentaire ironique : « Entre deux réunions, le Fourbe distribuait des milliards à qui voulait. Au point où il en était, autant creuser un trou plus grand, pour boucher le précédent, déjà abyssal. Après sept ans de chiraco-sarkozie absolue, la France était endettée jusqu’à la septième génération. Malgré ses gesticulations (et peut-être, à cause d’elles…), on n’était pas loin de la panique qui avait gagné la rue Quincampoix, quand le Prince de Conti avait envoyé ses carrosses retirer tout le numéraire, scellant ainsi la faillite du système de Law. Car, que valait la garantie d’un Etat en faillite, et la parole d’un sarkoblablazy qui promettait tout ce qu’il ne pouvait tenir ? Assurément il avait le mauvais œil.

Une sombre histoire de statuette vaudou à son effigie l’avait mis en émoi. Passe encore que la France sombrât ! Mais il imaginait déjà des millions d’aiguilles rougies lui transperçant la zigounette. Bien qu’elle commençât à douter et à se demander ce qu’elle venait faire en cette galère, Chiara Carla tentait de rassurer son mari à elle : mon sarkonichet, c’est toi qui as la plus grosse ! ».

 Denis Robert : et Merde !

Le journaliste Denis ROBERT, en février 2001, publie un livre et un film sur la banque luxembourgeoise Clearstream, chambre de compensation internationale chargée de faciliter les transactions financières tout en assurant leur traçabilité. C’est la tempête. Les journalistes financiers sont incrédules ou hostiles, les autres hésitent car Clearstream menace de procès en cascade et, de fait, multiplie les plaintes. Au fil des mois, Denis Robert est relaxé en première instance et en appel. Cinq ans plus tard, il ne reste plus deux procédures pendantes, toutes les deux en appel : l’une après un jugement favorable à Clearstream (un euro symbolique), l’autre défavorable à la firme (relaxe de Denis Robert). L’affaire semble close. La banque décide alors une nouvelle procédure, au Luxembourg, dans le but d’abattre le journaliste, financièrement, à défaut de pouvoir le faire judiciairement en France. Les juges cherchent à intimider tous ceux qui, à l’avenir, voudront savoir comment fonctionne le système financier et la toile d’araignée des paradis fiscaux. Le système judiciaire prend alors un virage et, Denis Robert est condamné le 16 octobre 2008 par la Cour d’appel de Paris pour « diffamation » envers la société Clear-stream qu’il a accusée de blanchir de l’argent sale.

Et puis la banque, « généreuse-ment » a proposé, à grand renfort de publicité et de communiqué de presse, de « mettre un terme aux procédures judiciaires » si Denis Robert acceptait de renoncer à la poursuivre. Une offre faite sur le ton d’un grand seigneur condescendant, tellement sûr d’avoir épuisé et pressuré son adversaire que celui-ci ne pouvait se permettre de refuser.

Mais, en face, Denis ROBERT a dit : NON. En ajoutant, selon Le Charançon libéré : « Je suis de moins en moins seul, de plus en plus déterminé. Et ils ne sont qu’une multinationale dont le siège est à Luxembourg. » . Phrase qui sonne comme un écho à l’écroulement de tout le système financier, « hier inattaquable et invincible, aujourd’hui colosse aux pieds d’argile, pleurant misère à force de sentir sa fin venir, fantoche dont tout le monde sait désormais que sa prétendue puissance ne repose que sur du vent et le mensonge ».

[Ndlr : la Liberté c’est pouvoir dire
merde aux puissants]

 Aisés, exonérés

Les Echos du 26/10 : « Selon les données 2007 de l’impôt sur le revenu publiées par le ministère de l’Economie, 7.076 contribuables disposant d’un revenu fiscal de plus de 97.500 euros n’ont acquitté, l’an dernier, aucun impôt sur le revenu. En 2005, ils n’étaient que 3.500.

Parmi les foyers déclarant 39.000 euros et plus, ils étaient 110.000 non imposables l’an dernier, contre seulement 43.500 en 2006 et 35.500 en 2005. ».

[Ndlr : la justice fiscale est en progrès]

Le journal Les Echos note encore : « Dans son rapport publié en juin sur le sujet, la commission des Finances de l’Assemblée nationale a pointé des chiffres étonnants. Les 100 contribuables allégeant le plus leur charge fiscale, au moyen des niches, font chacun une économie moyenne de 1,13 million d’euros et les 1.000 premiers économisent en moyenne 295.880 euros d’impôt. ». Y a beaucoup de gens qui rêveraient que ça leur arrive une fois dans leur vie : l’envie est un péché capital !

 Les Smicards exagèrent

L’Humanité du 30/10 : « Les salaires des grands patrons, en France et dans le monde, apparaissent aujourd’hui obscènes. Le magazine Capital a publié hier ceux des patrons français du CAC 40, les plus grosses entreprises cotées en Bourse. 23,2 millions d’euros en 2007 pour Jean-Philippe Thierry, patron des assurances AGF Allianz. 12,4 millions pour Pierre Verluca de Vallourec avec une augmentation de 32 % en 2007. Ces chiffres ne tiennent pas compte des dividendes touchés par les mêmes ou certains d’entre
eux. Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH, s’est payé en 2007 un salaire de 4,1 millions d’euros mais a perçu, comme actionnaire de son groupe, 376 millions d’euros soit 31 millions par mois » soit le salaire net de 26 000 smicards.

[Ndlr : C’est sûr : le SMIC est trop élevé]

 Conversion

L’Humanité du 29/10 : « La FNSEA appelle les agriculteurs à se mobiliser le 7 novembre prochain (…). Nous refusons que le libre marché décide de l’avenir du monde paysan », dit-il.

[Ndlr : la FNSEA opposée au libre marché ?? Mais le syndicat majoritaire vire au socialisme ! ]


 Mée-disances du 12 novembre 2008

 La France compétitive

Marianne du 04/11 : […] Il est courant d’entendre que la compétitivité de la France est plombée par le coût du travail, par le poids des « charges sociales » ou encore par un droit social trop contraignant.

Dans le contexte actuel, il est instructif de lire ce qui suit :

« Les coûts salariaux en France se trouvent dans la moyenne basse des pays européens ». « Contrairement aux idées reçues, la France est relativement bien placée pour le coût du travail notamment par rapport à ses concurrents directs, l’Allemagne et le Royaume-Uni »

« Le coût global du travail dans l’industrie en France est l’un des plus faibles des pays de l’Europe des 15. Il est quasiment équivalent au coût du travail aux États-Unis »

« La capitale française se classe au 2e rang mondial pour l’accueil des sièges sociaux d’entreprises, avec 27 entreprises du Fortune Global 500, devant New York, Londres et Pékin. »

« Les Français affichent des performances exceptionnelles en termes de productivité, avec une performance supérieure de 20 % à la moyenne européenne. »

« Les Français ont une durée effective de travail par semaine supérieure à… celle des États-Unis, de l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Irlande, la Belgique, les Pays-Bas, les pays scandinaves. La durée effective du travail hebdomadaire est de 38 heures en France, soit une heure de plus qu’en Grande-Bretagne et 2h30 de plus qu’en Allemagne, et un niveau supérieur à la moyenne des 27 pays membres de l’Union Européenne »

« Si les Français sont si productifs, c’est qu’ils sont très bien formés : 7% du PIB de la France est consacré à l’éducation et à la formation »

« Le nombre de jours de grève dans le secteur privé en France est inférieur à celui des États-Unis, de l’Italie ou de l’Espagne »

Étonnant non ? Qui peut ainsi se livrer à de telles affirmations à mille lieues du discours dominant tenu en France ? […]Ces extraits proviennent de l’Agence française des investissements internationaux. L’AFII, créée en mai 2001, est un établissement public à caractère industriel et commercial, placé sous la tutelle du ministère de l’Économie et des Finances et du ministère délégué à l’Aménagement du Territoire. […]

Curieusement, le discours tenu hors de nos frontières diffère radicalement des assertions officielles que l’on nous tient. On ne peut penser que les gouvernements de ces dernières années ou le Medef ignorent les données sur lesquelles s’appuie d’AFII…
D’où un goût amer laissé par cet étrange décalage…

 « Casse-toi pov’con »

Lepoint.fr du 06/11 : Le tribunal correctionnel de Laval a condamné Hervé Eon à une « amende de principe » de 30 euros avec sursis pour offense au chef de l’État . Il avait brandi le 28 août une affichette portant la mention « Casse-toi pov’con » devant la voiture de Nicolas Sarkozy. Lors de l’audience du 23 octobre, le parquet de Laval, qui avait engagé les poursuites, avait requis 1.000 euros d’amende à l’encontre de ce chômeur de 56 ans, ancien conseiller général PS à Laval, estimant que « lorsqu’on insulte le président, on insulte l’institution ». Son avocate, Me Dominique Noguères, avait plaidé la relaxe, estimant que le délit d’offense n’était pas constitué. Hervé Eon a décidé néanmoins de faire appel de cette condamnation.

« Si le prévenu n’avait pas eu l’intention d’offenser, mais seulement l’intention de donner une leçon de politesse incongrue, souligne le jugement, qui se veut un »simple avertissement« , il n’aurait pas manqué de faire précéder la phrase »Casse-toi pov’con« par une formule du genre : on ne dit pas... »

Rappel : N.Sarkozy avait prononcé ces mots « Casse-toi pauvre con » au salon de l’agriculture, à l’adresse d’un visiteur qui refusait de lui serrer la main. 30 euros avec sursis, c’est indirectement une gifle à Sarkozy !

 Les patrons les mieux payés d’Europe

Marianne du 05/11 : Jeudi 30 octobre, à l’Assemblée Nationale, la majorité a rejeté des augmentations de cotisations sociales sur les stock-options pour éviter de faire fuir les pauvres PDG si mal payés dans l’Hexagone… alors que la France est le pays européen où les salaires patronaux sont les plus élevés ! […]

Le 12 février dernier, en effet, le quotidien La Tribune publiait un article portant sur l’étude du cabinet de conseil en ressources humaines HayGroup selon laquelle, en 2007, 77% des PDG des plus grosses entreprises françaises avaient vu leur rémunération augmenter de 40%. Les patrons français auraient bénéficié en 2007 d’une rémunération moyenne de 5,9 millions d’euros, soit 50.000 euros de plus que leurs collègues d’outre-manche ! Là encore, ce sont les stock-options qui font la différence : les patrons français reçoivent en moyenne l’équivalent de 2,7 fois leur salaire brut sous cette forme (contre 1,2 pour leurs collègues européens).

Les stock-options, celles-là mêmes que la droite n’a pas voulu taxer le 30 octobre de peur d’effrayer les pauvres chefs d’entreprise sous payés !

 Sarkozy déménage

De Rue89 du 03/11 : Ce mardi à Vaujours (Seine-Saint-Denis), Nicolas Sarkozy vient en visite pour détailler la loi sur le Grenelle de l’environnement, actuellement à l’examen au Parlement. Pour l’évènement, il fallait faire place nette : une trentaine de caravanes de gens du voyage qui résidaient temporairement à Vaujours ont ainsi été déplacées dimanche soir dans la commune voisine de Sevran. Pour le maire communiste, Stéphane Gatignon, « Que les gens du voyage... voyagent, c’est des choses qui arrivent », mais là « la situation était un peu particulière » :

S. Gatignon s’offusque : premièrement, il trouve « scandaleux » que ces gens du voyage aient été amenés à s’installer sur le parking de la gare RER de Sevran/Livry « qui n’a ni eau ni électricité ni lieu de sanitaires », alors même que Sevran compte deux terrains spécifiques pour les accueillir. Deuxièmement : « Ça m’effraie car c’est vraiment l’idée que, quand le Président se déplace, tout doit être nickel. »

Le premier édile communiste fait même un parallèle avec Catherine II de Russie : « Lorsqu’elle voyageait sur la Volga et en Crimée, on installait des villages factices pour lui montrer que les gens vivaient bien en Russie. »

 Les cours d’histoire dictés par le Parlement ?

Libération du 29/10 : Xavier Darcos, ministre de l’Education Nationale, a relancé une polémique devant la mission parlementaire sur les questions mémorielles.

« Est-ce qu’il ne faudrait pas qu’une bonne fois pour toutes ce que nous considérons comme devant être enseigné aux élèves soit prescrit par la représentation nationale ? » a-t-il lancé.

« Pour ce qui est de l’histoire en particulier, je me demande même si ça ne s’impose pas. C’est moins important pour des enseignements de disciplines qui ont un caractère scientifique et répétitif plus marqué. Mais peut-être que pour l’histoire ce serait nécessaire », a-t-il insisté.

« Je pense que nous réglerions une partie de nos difficultés — parce qu’on voit bien que derrière tout cela il y a des questions politiques (…) il y a des débats profonds — et peut-être un vrai débat public devrait se passer au Parlement ».

Ndlr : la loi fixerait ainsi des vérités d’État dont la ’’contestation’’ ou la ’’banalisation’’ seraient passibles des tribunaux" !