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Accueil > Thèmes généraux > Chômage, emploi > Crise 2008 à 2015 > Crise : dos rond et parachutes dorés

Crise : dos rond et parachutes dorés

Ecrit le 3 décembre 2008

En ces temps d’intempéries, il faut faire le gros dos et sortir les parapluies.

 Faire le gros dos

Faire le gros dos sous l’avalanche des mauvaises nouvelles. 50 000 emplois menacés dans le bâtiment en Espagne. 45 000 emplois du bâtiment pourraient disparaître en France. 70 000 emplois perdus dans « la City » à Londres. Le groupe Arcelor-Mital supprime 9000 postes … et pourtant ce groupe a obtenu un bénéfice de hausse de 29 % au troisième trimestre 2008 ! En France le chômage a augmenté : 46 900 personnes (catégorie 1) en octobre 2008. Au niveau national les offres d’emploi pour les jeunes diplômés chûtent de 32 % par rapport à octobre 2007 (selon l’Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés - Afij). En France encore les défaillances d’entreprises ont augmenté de 4,4 % en juin (avant la crise !). Aux Chantiers de l’Atlantique à St Nazaire 144 salariés sont mis au chômage partiel

 Châteaubriant n’y échappe pas :

A la FMGC 150 salariés vont subir environ 20 jours de chômage partiel et l’usine sera fermée 4 jours pour tout le monde. Chez Team Plastiques, 90 % du personnel va subir 4 à 6 jours de chômage partiel, pour l’instant. Des petits commerces s’inquiètent sérieusement pour leur survie. Des entreprises du bâtiment voient des marchés, signés, supprimés ou différés de 3-4 mois.

Alors N.Sarkozy veut « assouplir » le chômage partiel et mieux l’indemniser. C’est l’Etat qui va payer et, bien entendu, le Medef applaudit des deux mains. Mais en même temps on nous dit que les dépenses de l’Etat sont trop élevées et on supprime, ici, ou là, en douce, des subventions et des emplois. Par exemple dans les Haras et les Points d’Information jeunesse !

 Parachute doré

Selon le Canard Enchaîné, Thierry Breton, 53 ans, ancien Ministre des Finances, a exigé une rémunération de 2,2 millions d’euros dans sa nouvelle boîte la société de services informatiques Atos (146 000 € nets par mois) . Il aura, en plus, 700 000 stock-options à prix cassé. A ce poste il remplace un certain Philippe Germond, en poste depuis juin 2007. Celui-ci s’en va avec un parachute de 3,9 millions d’euros, un peu plus que les 3 millions d’euros qu’il avait touchés en quittant Alcatel lors de sa fusion avec Lucent en décembre 2006. Pendant la crise il y a toujours du soleil pour dorer les parachutes.
Mais finalement, ces rémunérations sont « modestes » : regardons du côté de notre amie la banque suisse UBS (ex-propriétaire de la fonderie castelbriantaise Focast) : son PDG Marcel Ospel renonce à une prime de 22 millions d’euros ! Mais l’homme ne s’en va pas les mains vides. Loin s’en faut. D’une part, il bénéficie, depuis son retrait, d’une année de salaire. C’est du moins ce que stipulait son contrat. Et d’autre part, UBS lui a versé, depuis 2005, 46 millions de bonus, en primes, en espèces, en actions, en contribution à sa caisse de pension et à son assurance-maladie, ainsi qu’en avantages en nature. Mais il a peut-être déjà tout dépensé, comme un vulgaire SMICard ?

Dessin de Placide : plus deux millions de chômeurs : http://www.leplacide.com/caricature/caricature.php?datemoins=2008-11-28


Ecrit le 3 décembre 2008

 Sale temps

Voici la carte de France des plans sociaux : l’idée est lumineuse, la réalisation soignée et le résultat... déprimant.
http://www.mediapart.fr/club/blog/mathieu-magnaudeix/141108/la-carte-de-la-crise-sociale

Mathieu Magnaudeix, du site d’information Médiapart, a mis au point une carte où il recense méthodiquement tous les plans sociaux qui ont lieu en France. « Cette carte recense les licenciements collectifs, les défaillances d’entreprises et les arrêts de travail forcés, annoncés depuis le début du mois de septembre, raconte le journaliste sur son blog.
« Automobile, industrie, transports, agroalimentaires : tous les secteurs sont touchés. Nous recensons environ 140 entreprises. C’est une estimation basse. »

Lancé fin octobre, après l’annonce de la liquidation judiciaire de la Camif, le recensement donne une carte choquante par la densité des icônes présentes. « Le constat est sans appel, explique Mathieu Magnaudeix, une hécatombe industrielle est en cours. La crise a fragilisé des secteurs entiers, comme l’automobile. Mais dans certains cas, la crise a vraiment bon dos... »

Evidemment, une carte de ce genre doit être actualisée en permanence. Et pour Mathieu Magnaudeix, malheureusement, ce n’est pas bien difficile : « Il suffit d’ouvrir les journaux tous les matins pour avoir de nouvelles entrées à rajouter. »


Ecrit le 10 décembre 2008

 52 % d’offres d’emplois en moins

En mars 2008, l’ANPE lançait une campagne de « communication » avec un joli visuel en couleur, sur internet, et aussi par affiches et cartes postales.
On pouvait y découvrir que :
– 700.000 personnes ont enregistré leur profil sur anpe.fr
– 300.000 offres sont proposées tous les jours sur anpe.fr

Et le 6 décembre 2008 :
– 680.000 personnes ont toujours déposé leur profil.
– 144 551 offres sont proposées

… une baisse de 52 % depuis mars 2008 !

Ça ne va pas être simple de faire baisser les chiffres du chômage…

 Encore et encore

A Dallas aux USA, l’opérateur téléphonique AT & T va supprimer 12 000 emplois. La compagnie aérienne Iberia supprime 1000 emplois. Telecom Italia supprime 4000 emplois supplémentaires. Sony va fermer une usine dans les Landes (312 salariés). Et pour Nomura Holdings à Tokyo ce sera 1000 emplois. Le Crédit Suisse prévoit 5300 suppressions d’emplois. Et DuPont, le géant américain de la chimie, 2500 postes (dont son usine du Mans). Et la banque bostonienne State Street au moins 1600 postes.

Et les USA étaient en récession depuis décembre 2007 et s’étaient bien gardés de le dire ! L’économie américaine a perdu 533.000 emplois en novembre 2008, le plus mauvais score depuis 34 ans, portant le taux de chômage à 6,7%. Le nombre des chômeurs aux Etats-Unis dépasse à présent 10 millions !

Des compagnies britanniques ont pour leur part annoncé plus de 31.000 suppressions d’emploi depuis début octobre. Avec tous les « petits » licenciements un peu partout, on ne parvient plus à suivre. Mais on trouve ça très bizarre ! La crise financière (qui a enrichi les spéculateurs) sert de prétexte à toutes les saloperies industrielles dont certains rêvaient ….

 Sarkozettes

Alors N. Sarkozy vient d’annoncer un plan de relance ! De 26 milliards dit-il. Tiens, on croyait qu’il n’y avait plus d’argent dans les caisses ?? C’est vrai que 11 de ces milliards sont seulement des remboursements anticipés. Et que sur les 100 000 logements sociaux annoncés il y a déjà les 30 000 rachetés aux sociétés immobilières.

Et une prime de casse de 1000 € pour un véhicule de plus de 10 ans, c’est de la blague. Ceux qui gardent une voiture si longtemps n’ont guère les moyens d’en acheter une neuve !

Par ailleurs les collectivités locales sont invitées à dépenser davantage !

Même L’Usine nouvelle le reconnaît : « le chapitre « soutien au marché de l’emploi » bénéficiera d’une enveloppe de 1,2 milliard d’euros » (seulement !)
et « L’assouplissement des 35 heures et la défiscalisation des heures supplémentaires pourraient bien conduire les chefs d’entreprise à faire travailler plus ceux qui auront toujours un emploi ».

Le plus fort c’est la prime de 200 € pour les bénéficiaires potentiels du RSA  . Mais faudra attendre 4 mois.

Le ministère des Finances devra également réfléchir à « une réforme des procédures de surendettement » d’ici à la fin du premier semestre 2009. Pas avant 7 mois ! Quel beau plan de relance !

Les plus pauvres ont le temps de crever.


Les articles sur « La Crise » parus dans Le Nouvel-Obs en 2008 :
– http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/economie/la_crise_financiere/20090212.OBS4527/crise__les_articles_parus_dans_lobs_en_2008.html