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Mouvement social du 29 janvier 2009

Ecrit le 21 janvier 2009

 Et le 29 janvier

La crise économique amplifiée par la crise financière internationale touche durement une grande partie des salariés dans leurs emplois et leurs revenus. Alors qu’ils n’en sont en rien responsables les salariés, demandeurs d’emploi et retraités, en sont les premières victimes.

La crise menace l’avenir des jeunes, met à mal la cohésion sociale et les solidarités ; elle accroît les inégalités et les risques de précarité. Surmonter cette crise implique des mesures urgentes d’une autre nature que celles prises par l’Etat et les entreprises :
– défendre l’emploi
– lutter contre la précarité
– exiger des politiques de rémunération assurant le maintien du pouvoir d’achat

C’est pourquoi l’union locale CGT s’inscrit pleinement dans l’action interprofessionnel du 29 janvier 2009 avec un rassemblement devant la mairie de Châteaubriant à 14 h 00 avec les autres organisations syndicales

La CGT appelle toutes ses bases syndicales à organiser des initiatives le 29 janvier le matin : rencontre avec les salariés, dépôt de cahiers revendicatifs auprès des directions, « débrayages partout où nous sommes présents pour participer l’après midi au rassemblement » .
(communiqué CGT)

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 Grève du 29 janvier 2009

Grève : les syndicats satisfaits, Sarkozy « à l’écoute », qu’il dit !

Entre 1 et 2,5 millions de manifestants ont défilé hier dans tout le pays à l’appel des huit organisations syndicales. C’est « un événement social de grande importance », pas « un coup de colère passager, il y aura des suites », a averti Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT. Nicolas Sarkozy a pour sa part réaffirmé hier soir que la crise suscitait une « inquiétude légitime » et imposait aux pouvoirs publics un « devoir d’écoute » et de « dialogue » mais également « une grande détermination à agir ». Il a déclaré qu’il rencontrerait en février les partenaires sociaux « afin de convenir des réformes à conduire en 2009 ».

La colère française, signe d’une Europe en crise (revue de la presse internationale)

Jeudi « noir », « gris » ou... « arc-en-ciel » ? Les journalistes ont tendance à affubler les grèves d’une couleur plus ou moins sombre, censée représenter les perturbations engendrées par tout mouvement social. La correspondante du Temps à Paris, elle, cherchait de la couleur parmi les cortèges, mais, crise oblige, elles manquaient cruellement : « Les visages sont fermés et même les slogans manquent de couleur. ’Banquez pour nos salaires’, affiche un calicot. ’Smic ta mère’, dit un autre ». Le quotidien genevois a surtout relevé « la variété des secteurs mobilisés - ouvriers, juges, médecins, retraités, vendeurs... - et le nombre de manifestations organisées - quelque 200 à travers le pays ». Suffisant pour « donner un caractère exceptionnel à la journée d’hier ». D’autres titres, comme le Periodico de Catalunya et le Guardian, regrettent que l’opposition, notamment le Parti socialiste, ne parvienne pas à surmonter ses divisions internes. Reste que, pour The Independent, la mobilisation française est symptomatique d’un mécontentement qui gronde à l’échelle du continent face à la crise. Une colère qui s’est manifestée dès décembre avec la révolte des jeunes Grecs.


Note du 4 février 2009

 La douceur angevine

Le 29 janvier 2009.

Ce jour décidé jour de grève nationale est aussi le jour où notre famille a pris conscience que la violence policière peut concerner chacun d’entre nous.

Ce jour là j’ai rendez vous à dix heures trente avec mon cher et tendre place Leclerc à Angers pour manifester. Je l’attends avec nos trois enfants. Il ne nous a jamais rejoints.

Nos appels sur son téléphone portable restent vains. Je m’inquiète, mon homme est quelqu’un de fiable sur qui je peux toujours compter et il a très envie de manifester. A 12h45 j’apprends par un coup de téléphone de ma mère que Bernard est placé en garde à vue. Le motif « refus d’obtempérer, rébellion et incitation à l’émeute ».

Je n’ai pas le droit d’en savoir plus, je n’ai pas le droit de le voir ni de lui parler. Je ne connais pas non plus les circonstances de son arrestation. Je suis atterrée. Pour moi, la garde à vue renvoie à une situation criminelle tout au moins à une mise en danger d’autrui.

Je cherche ce qu’il a pu faire. J’imagine alors qu’il a refusé de montrer ses papiers, comme il l’a fait une fois, en soutien aux sans papiers. Ce geste m’étonne car il savait que nous l’attendions mais je me raccroche à cela.

A 17h00. Bernard est libéré, sonné par le six heures passées dans une cellule, il se rend avec deux heures de retard sur son lieu de travail. C’est donc à 22h00 que j’apprends la vérité vraie. Et elle fait froid dans le dos.

Les faits

A dix heures 40 Bernard cherche toujours une place pour garer sa 405. Les manifestants sont très nombreux et empiètent sur la chaussée. Est-ce ce nombre qui effraie les gendarmes ? Bernard dans une file de voitures commence à s’engager rue du Mail. Il est arrêté par un policier qui tapant sur sa vitre lui demande à quelle vitesse il roule. « Je suis en première, donc à 20 km/h » répond le futur criminel. « C’est trop, vous ne devez pas dépasser 10 km/ heure. » Bernard répond alors qu’il ne lui semble pas aller trop vite, qu’il cherche une place pour se garer et rejoindre à la manifestation sa femme et ses enfants. Le policier demande à voir les papiers du véhicule. Bernard présente la carte verte et explique qu’il a oublié la carte grise chez lui. Le policier annonce alors un contrôle approfondi du véhicule et lui désigne une place à l’opposé de l’endroit où il se tient. C’est en braquant les roues et en repassant la première que tout dérape. Notre voiture, une antiquité imprévisible, émet un hoquet qui projette le véhicule en avant. Personne n’est blessé ni même touché. Il s’agit juste d’une évidente erreur de manœuvre ( ce que reconnaîtra ultérieurement le policier le plus proche )

Ce hoquet provoque alors des faits incroyables. Un policier se rue sur la voiture, ouvre violemment la portière et entreprend avec six autres comparses d’extraire manu militari Bernard de la voiture. Celui-ci paniqué s’accroche à son volant. Il est sorti de la voiture, jeté à terre, maintenu sur le bitume un genou dans les côtes, pendant qu’un autre policier lui tire le bras vers l’arrière et le menotte. Bernard essaie d’appeler à l’aide en disant « Ne les laissez pas faire cela ». Un policier pour le faire taire, lui enfonce deux doigts dans la bouche. Une jeune fille ose intervenir. Elle est immédiatement appelée à circuler. Bernard est placé dans un fourgon. Quand il demande s’il était besoin de se mettre à sept pour le faire sortir de la voiture, s’il était besoin de le jeter à terre, on lui répond qu’il est grand et fort ( cela fait-il de lui un animal ? ) Quand il demande qu’on lui desserre les menottes qui le blessent, on lui dit qu’il n’a qu’à le demander gentiment. Bernard refuse de supplier, il se fait traiter d’imbécile et garde ses menottes qui lui cisaillent le poignet et entravent sa circulation. Après un alcootest et test de présence de cannabis (négatifs évidemment ) il est emmené au poste et mis en garde à vue.

Il passe six heures dans une cellule. Il est fouillé, on lui prend ses effets personnels, on relève ses empreintes, on le photographie. Il voit un médecin et un avocat. Ceux-ci l’écoutent et lui disent qu’il est victime de ce qu’ils appellent dans leur jargon « susceptibilités policières ». Apparemment, c’est de plus en plus fréquent. A 15h45, il est auditionné par un officier de police judiciaire qui en réfère ensuite au procureur qui lui-même décide de la remise en liberté de Bernard et d’une convocation judiciaire pour le 13 avril. Vraisemblablement pour un rappel à la loi.

Nous sommes très choqués par ce qui vient de se passer. Bernard peut toujours à peine bouger les doigts de la main droite. Il a mal aux côtes. Il fera constater ses douleurs par un médecin tout à l’heure. Mais surtout il estime qu’il a été victime d’un abus de pouvoir. Il compte porter plainte pour cela et aussi pour préjudice moral.

Surtout, n’hésitez pas à faire passer ce texte à vos connaissances. Il faut que l’on sache que de telles situations se multiplient aujourd’hui. Pour vous en convaincre, lisez sur Wikipédia le dernier paragraphe de l’article sur la garde à vue. C’est édifiant.

J’aurais adoré épouser Robin des Bois, Jesse James, Che Guevara. Peut-être d’ailleurs que Bernard a un peu de tous ces personnages en lui… mais en attendant, ce jour-là il était surtout un simple citoyen conducteur d’une vieille voiture, ayant oublié sa carte grise.

Vous admettrez en lisant ces faits qu’on se demande d’où vient le chef d’accusation que je rappelle pour conclure ce billet « Refus d’obtempérer, rébellion, incitation à l’émeute ».

Bien à vous

Estelle.

Manif pour la venue de F.Fillon

Des photos, des photos !
– http://eco.rue89.com/2009/01/30/panos-photos-videos-sons-la-manif-comme-si-vous-y-etiez

Et à Nantes, voir les moutons :
– http://www.dailymotion.com/video/x874h5_manifestation-a-nantes-le-29-janvie_news