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Fichage à coups d’ADN

Ecrit le 28 janvier 2009

La poubelle et l’ADN

Mikaël, lycéen de 19 ans, a été arrêté et placé en garde-à-vue après la manifestation pour l’éducation nationale du 10 décembre 2008 à Saint-Nazaire. Lors de cette garde-à-vue, il a refusé un prélèvement d’ADN (empreinte génétique). Il a comparu le 20 janvier 2009 au tribunal de Grande Instance de Saint-Nazaire pour dégradation de poubelle et refus de prélèvement ADN.

Le fait de se soustraire à un prélèvement ADN est passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Depuis la loi dite de « sécurité intérieure » (LSI) de 2003, le fichage des empreintes génétiques a été élargi à un très grand nombre d’infractions, et se pratique en dehors de toute condamnation. Il s’agit d’une remise en cause de la présomption d’innocence, destiné à ficher une partie de plus en plus grande de la population : plus de 800 000 personnes à ce jour, et particulièrement celles qui remuent un peu. C’est aussi une forme de criminalisation de la jeunesse. Il s’agit d’une dérive du tout sécuritaire, et ce n’est pas acceptable. Jugement attendu le 3 février.

Note du 11 février : Mickaël a été condamné à 105 heures (3 semaines) de travail d’intérêt général pour la poubelle et 2 mois de prison avec sursis pour l’ADN avec 300 euros d’amende.

Pour mémoire, dans le drame du Queen Mary 2 (16 morts, 29 blessés), les responsables ont tous été relaxés par jugement de février 2008 : ni travail d’intérêt général, ni prison avec sursis, ni amende.

Brûler une poubelle, refuser d’être fiché par ADN, c’est sans doute plus grave que de provoquer la mort de 16 personnes.


Ecrit le 11 février 2009

ADN, sournoisement

Comment se retrouver devant un tribunal correctionnel quand on n’a rien à se reprocher ? Le 14 janvier 2009 une avocate parisienne et son compagnon, passablement éméchés semble-t-il, s’amusaient à brûler un morceau de papier pour jouer à se réchauffer. Bien qu’il n’y ait pas (pas encore) de loi interdisant de rigoler, ils sont accusés d’avoir voulu mettre le feu à une voiture. La police et le procureur finiront par reconnaître l’absence de charge contre eux.

Au cours de leur garde à vue, la police trouve dans les poches de l’avocate un tract en faveur de Julien Coupat, l’homme soupçonné d’avoir saboté des caténaires. Oh mais, ça change tout ! Les supposés incendiaires sont alors élevés à la dignité de terroristes ! Sauf que la police et le procureur finiront par reconnaître que cette accusation ne tient pas.

Seulement voilà, ces deux personnes ont refusé de se soumettre à un prélèvement d’ADN ! En fait, en récupérant sournoisement des mégots de cigarettes, la police l’a, leur ADN. Mais c’est pas ça le problème ! Le problème c’est qu’ils ont refusé un prélèvement volontaire et qu’ils n’en ont pas le droit même s’ils ne sont coupables de rien du tout ! Et ouste ! Inscription au STIC et renvoi devant un tribunal ! Ca vous apprendra à avoir un tract dans la poche !