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PAC et aides agricoles : répartir plus justement

Ecrit le 1er avril 2009

La question des disparités de revenu et notamment des très hauts revenus, se pose en France, mais aussi en Allemagne où les grands patrons se voient contraints de renoncer à leurs bonus jugés déplacés en ces temps de crise. Selon une étude publiée par le Financial Times Deutschland (FTD), vingt-quatre grands patrons allemands sur les trente entreprises cotées à l’indice DAX sont affectés par ces baisses de salaire.

Selon Le Figaro, le plus grand perdant est Josef Ackermann, patron de la Deutsche Bank, qui a vu ses revenus fondre de 90 % et qui ne perçoit plus que 1,4 million d’euros en 2008 après avoir renoncé à un juteux bonus. Ah le pauvre ! Ca fait quand même 116 000 euros par mois.

 Auto-infligée

Dans l’automobile, le chef de BMW, Norbert Reithofer, a subi une chute de 40 % de ses revenus et perçoit encore 2,3 millions d’euros (soit 192 000 €/mois). Et le patron de Daimler, Dieter Zetsche, a connu une baisse de 55 %, mais touche encore un confortable salaire de 5 millions d’euros par an (416 000 €/mois).

Guidés par la décence et par souci d’éviter le tollé suscité par ces revenus mirobolants en période de crise, les patrons allemands sont de plus en plus nombreux à prendre l’initiative   d’une baisse de salaire auto-infligée. Il est des punitions plus difficiles à supporter.

 Céréaliers

La question des revenus touche tous les secteurs d’activité. Et cela risque de provoquer une implosion à la FNSEA qui tient congrès le 30 mars. Le 25 mars les plus grands céréaliers des régions les plus riches, ayant les plus gros revenus et aussi les plus gros soutiens publics, ont manifesté à Paris, pour conserver et faire perdurer leurs privilèges.

La Confédération Paysanne commente :

« Cette manifestation est indécente. Va-t-on appauvrir et faire disparaître les céréaliers des trois-quarts du territoire français pour défendre les revenus élevés des régions les plus riches ? »

Pour illustration, voici le revenu annuel moyen des producteurs céréaliers, entre 2003 et 2007, par agriculteur :

46 400 en Champagne-Ardenne
44 000 euros en Ile de France 
15 800 euros en Aquitaine
15 400 en Midi-Pyrénées

Une révision de la PAC (politique agricole commune) est en cours. Elle peut renforcer les soutiens sur les 50 premiers hectares des exploitations, et de les renforcer également dans les zones dites « intermédiaires ». Ainsi, ces modalités peuvent permettre de conforter un peu les revenus agricoles les plus faibles ; la France a l’opportunité d’introduire la prise en compte de l’actif paysan et le plafonnement des aides pour rendre l’agrandissement des fermes moins attractif.

Mais voilà ! les représentants des grandes régions productrices de céréales, n’entendent pas admettre ces répartitions. Ils ont manifesté à Paris pour conserver leurs acquis historiques.

« Il est choquant que des agriculteurs ayant des revenus annuels moyens par actif sur 5 ans de 44 300 € comme en Ile-de-France ou de 46 400 € comme en Champagne-Ardenne, fassent main basse sur des soutiens qui peuvent être redistribués à des paysans qui, étant dans des régions moins favorables ont des revenus très inférieurs, comme par exemple, les producteurs céréaliers d’Aquitaine ou de Midi-Pyrénées dont le revenu moyen est inférieur à 16 000 € » dit la Confédération Paysanne.

Au-delà du débat initial qui opposait entre céréaliers (souvent plus riches) et éleveurs (souvent nettement moins riches), le débat oppose maintenant les régions céréalières. Que va faire la FNSEA (fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) ?

Aujourd’hui les revenus agricoles, en France, peuvent être très partiellement rééquilibrés : Aujourd’hui se joue en France une part de la légitimité de la PAC (politique agricole commune).


Ecrit le 8 avril 2009

En agriculture aussi :

 Nicolas préfère les riches

Dans la précipitation la plus totale, Nicolas Sarkozy a fait des annonces dont le but unique est de sauver les meubles et d’éviter une scission à la FNSEA : il a décidé de contenter les céréaliers d’Ile-de France qui manifestaient le 24 mars à Paris.

La cohérence que l’on aurait pu trouver dans le Bilan de santé de la PAC, (La Confédération paysanne avait proposé un soutien aux 50 premiers hectares de céréales) vient de s’écrouler avec cette capitulation présidentielle en rase campagne.

518 Millions d’euros restaient à redistribuer. Ils ne le seront pas ; ils resteront chez ceux qui les avaient déjà. La répartition inéquitable des soutiens reste entière, les plus gros soutiens restant attribués aux terres les plus productives.

Pour calmer les céréaliers des « zones intermédiaires » (70 départements sur 90) grands perdants du bilan de santé de la PAC, Nicolas Sarkozy a annoncé la « mobilisation » de 170 millions d’euros qu’il compte prendre chez tous les paysans, y compris ceux aux plus bas revenus : Les pauvres peuvent bien aider les riches.

Simultanément Nicolas Sarkozy a annoncé de nouvelles mesures d’allègement fiscal pour les agriculteurs les mieux lotis : un paradis fiscal pour les régions riches !

Le soin mis à maintenir les privilèges anciens et à en créer de nouveaux interpelle. On trouve 170 millions d’euros pour, in fine, soutenir les agriculteurs les plus riches de France mais rien pour les producteurs de fruits et légumes, les viticulteurs en déshérence, les apiculteurs au bord du gouffre ...

ni pour soutenir les salariés des usines qui ferment.

Communiqué du 31 mars 2009, Confédération Paysanne

[Avril 2009, à qui sont versées les aides de la Pac : http://www.telepac.agriculture.gouv.fr]