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ACPM - Bilan 2008 - Mesures ASI

Ecrit le 15 avril 2009

 ACPM   2008

L’ACPM   (Actions pour les Chômeurs du Pays de la Mée) a fourni 39 227 heures de travail à 140 personnes en 2008 soit l’équivalent de 21 emplois temps plein, qui s’ajoutent aux 8 salariés permanents de l’association (7 équivalents temps plein) :

– 93 salariés ont bénéficié d’un contrat individuel, pour 12 645 heures.
– 47 salariés ont travaillé en chantier d’insertion pour 26 852 heures

36 sorties positives ont été enregistrées :

  2 CDD de 3 à 6 mois
17 CDI ou CDD de plus de 6 mois
14 contrats aidés
  3 formations qualifiantes 

Ménage, repassage, jardinage, agent d’entretien, secrétariat, bricolage, déménagement, maçonnerie, plantations, élagage, entretien de rivières, aide-cantinière, etc. Les trois quarts de l’activité de l’ACPM   intéressent les particuliers. Viennent ensuite les collectivités et associations et, en dernier, les entreprises.

La loi imposait, jusqu’à présent, de limiter à 240 le nombre d’heures de mise à disposition dans une entreprise (soit un mois et demi). Ce sera maintenant 480 heures.
L’ACPM   espère pouvoir développer le nombre d’heures de travail à confier aux chômeurs !

ACPM   02 40 28 09 70 - acpm44@orange.fr


Ecrit le 15 avril 2009

 ASI : appui social individualisé

En matière de santé physique, il y a des personnes toujours en forme et d’autres souvent malades, Pour celles-là il y a des médecins, des établissements hospitaliers, des médicaments, un espoir de traitement. En matière de santé mentale, il y a aussi des médecins spécialisés, des psychiatres, des psychologues et, à Châteaubriant, un centre médico-psycho-logique. Les maladies sont souvent plus longues à guérir et parfois elles ne guérissent jamais.

Pour les personnes qui ont des difficultés multiples, les choses sont encore plus compliquées. C’est là qu’interviennent les assistantes sociales et toutes les structures qui font de l’appui social individualisé (qu’on appelle aussi ASI)

L’intervention de l’ASI peut concerner :

– un soutien psychologique
– des démarches administratives
– la recherche de solutions pour résoudre des problèmes financiers, ou liés à la santé, au logement,
– toutes les actions favorisant à terme l’insertion professionnelle

Cette mesure peut être préconisée par un conseiller ANPE, la caisse d’allocations familiales, ou par des associations conventionnées, A ce titre l’ACPM   (Actions pour les Chômeurs du Pays de la Mée) a été conventionnée pour 5 mesures ASI en 2008. Les personnes ont été reçues par Monique Lévêque et Delphine Bordage, au rythme de 3 fois par mois, à peu près pendant 6 mois.

 Toute la misère du monde

Les difficultés les plus visibles sont les problèmes de revenus : toutes les personnes reçues en mesures ASI ont de très faibles revenus, souvent moins de 400 €/ mois, ce sont des personnes sans emploi, ou qui ne collectionnent que les petits boulots ne leur permettant pas un revenu suffisant. Tout s’enchaîne alors : absence de permis de conduire, absence de véhicule, conduite sans permis, dettes de loyer, etc,

Les problèmes de santé existent presque toujours : devoir se battre dans ces conditions de précarité entraîne des problèmes de santé : pas de visite chez le médecin, pas de lunettes quand la vue baisse, soins dentaires inexistants, refus d’une hospitalisation pour ne pas perdre quelques heures de travail.

 Désirs de prison

Les problèmes psychologiques sont très fréquents : une grande précarité va avec une grande angoisse, un sentiment d’inutilité, d’incapacité à résoudre les problèmes. La personne a des désirs, comme tout le monde, et se heurte aux réalités concrètes, par exemple la personne peut rêver d’une profession inaccessible ! Elle peut rêver d’un emploi stable, Elle peut rêver de vacances. Et chaque fois elle retombe dans ses déceptions.
La personne est souvent dans un état dépressif.

C’est alors que se multiplient les conduites à risques.

– l’alcool bien sûr (qui sert de repas et de somnifère), l’alcool compagnon indispensable des amitiés de bistrot
– la conduite automobile sans assurance, sans contrôle technique,
– là où certains ont des désirs d’avenir, d’autres ont des désirs de prison, parce que, tant qu’on est en prison, il n’y a pas de factures à payer, pas de pension alimentaire à verser. Au sortir de la prison, on retrouve les problèmes, certaines personnes font alors tout leur possible pour retourner en prison jusqu’à la fin de leurs jours,

Et tout s’aggrave quand il y a des enfants : ceux-ci sont retirés aux parents, avec tous les drames que cela peut faire aussi bien pour les enfants que pour les parents.

Les personnes en trop grande précarité multiplient les expédients, Cela peut être un peu de travail au noir. Cela peut être un peu de commerce de blanche (drogue). Les conditions de vie que l’on découvre sont incroyables à notre époque : plus d’eau, plus d’électricité, quasiment pas de meubles, situations d’enfermement.
Soutiens multiples

Dessin de
06 87 32 77 47

Au cours des rencontres   à l’ACPM  , les problèmes sont abordés un à un, en fonction de l’urgence :

– soutien au passage du permis
– soutien dans les démarches pour revoir ou récupérer les enfants
– accompagnement vers le Centre Médico-psychologique  
– déblayage des problèmes de logement (contact avec les notaires si besoin)
– soutien dans les efforts budgétaires
– recherche réaliste d’une orientation professionnelle, Une personne très déséquilibrée envisageait par exemple un emploi d’éducatrice, une autre rêvait de gérer un hôtel.

Le soutien peut être tout simple : apprendre à ne pas se laisser déborder par les demandes des enfants, apprendre à dépasser sa honte pour aller chercher de la nourriture au restau du cœur, apprendre à classer ses papiers, ou tout simplement apprendre à oser regarder les gens en face.

L’ACPM   se réjouit des succès obtenus, comme cette jeune fille qui a pu passer son permis, comme ce jeune homme qui a été embauché au CAT (centre d’aide par le travail), mais, globalement, les problèmes sont si importants que nul n’en voit le bout. Il reste le rêve : rêver d’un emploi à temps plein, rêver d’un logement convenable, rêver de récupérer les enfants. Tout cela n’est souvent qu’un rêve.

Alors on peut se poser la question de l’efficacité des mesures ASI. Le gouvernement envisage d’ailleurs de les supprimer d’ici septembre prochain, Cela fera quelques économies ... mais cela aggravera les problèmes.

Les mesures ASI offrent en effet aux personnes suivies l’occasion de rencontrer quelqu’un pour confier leurs soucis, dans une relation de confiance. “Vider son sac, aide à se sentir mieux”, à voir les difficultés avec plus d’objectivité, à trouver un appui pour effectuer les démarches nécessaires. Même s’il n’est pas possible de vider un puits de souffrances à la petite cuillère, il est certain que les mesures ASI représentent un soutien irremplaçable pour les personnes concernées.

Il reste que les mesures ASI sont des dispositifs conservateurs (ou conservatoires) qui visent à inciter les personnes à accepter leur situation en réduisant les aspects insupportables de leur vie. On ne peut pas espérer qu’elles arrivent à un changement profond : ni à un changement des personnes, ni à un changement de la société.

(Extrait du rapport d’activité 2008 de l’ACPM  )