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CUMA : de l’ange gardien au couteau suisse

Ecrit le 9 septembre 2009

 Capter les signaux faibles

Beaucoup de monde au salon SAFIR des 3-4-5 septembre 2009 (28 000 entrées). Le vaste site de Gruellau et les 500 bénévoles présents, permettaient la bonne organisation des parkings, de la restauration, des stands, et des grosses machines agricoles qui attiraient les jeunes.

L’enrubanneuse et l’aplatisseuse de céréales, la moissonneuse batteuse et le retourneur d’andain, le chenillard … toutes ont trouvé leur place auprès du SNCMA (parlant de la nécessité du tri et du traitement des déchets), du GAB (groupement des agriculteurs bio) et du Comité Palestine-Israël qui parlait de solidarité internationale.

Un concours d’astuces sollicitait l’ingéniosité des visiteurs, un « Trivial Cuma » permettait la révision ludiques des règles juridiques. Des plantations effectuées il y a quelques mois montraient la diversité des plantes-fourragères économiques à cultiver (économie d’azote) et à utiliser (pâturage tôt en sortie d’hiver, à une période où on manque de fourrages verts). Ce sont des plantes dont le cycle de végétation et la facilité d’installation sont également intéressantes pour couvrir efficacement le sol l’hiver, afin d’éviter l’érosion et les pertes d’azote par lessivage.

Sous la vaste halle de Gruellau un certain nombre de débats se sont succédé. Par exemple sur l’avenir des CUMA (coopérative d’utilisation du matériel agricole).

 Un peu, beaucoup, passionnément ?

Un groupe d’adhérents et d’adhérentes CUMA, venant de toute la France, s’est réuni régulièrement pour exprimer sa vision des CUMA et tenter de capter « les signaux faibles qui annoncent les évolutions de demain ».

Avec Joseph LUSTEAU, consultant chez Diagonart Conseil, ce groupe a conçu un outil d’analyse en répartissant les huit sortes de CUMA aux pointes d’une étoile (voir schéma) et en proposant aux 12 500 CUMA de France de tracer des lignes pour savoir s’ils sont un peu, beaucoup, passionnément une cuma business ou une cuma « Couteau suisse » ou une autre.

La CUMA « territoire » par exemple regroupe des adhérents ayant des responsabilités extra-agricoles : conseil municipal, associations, organisateurs de lien social, d’expositions originales, de projets sociétaux, etc.

L’étoile proposée est une façon originale et visuelle de réfléchir aux orientations de la coopérative et d’éviter d’aller jusqu’à « la folie » qui risquerait à terme d’aboutir au « pas du tout ».

 Economie sociale et solidaire

Les CUMA font partie du secteur de l’économie sociale et solidaire
– qui réunit des sociétés de personnes (et non pas des capitaux)
– avec un fonctionnement basé sur la démocratie et la solidarité

Ce secteur a sa propre éthique, qui se traduit par les principes suivants :
– Un statut privé
– La primauté de l’Homme sur le capital,
– Un but non lucratif
– Un secteur économique à part entière qui œuvre sur le marché mais avec ses principes propres,
– L’indivisibilité des réserves : patrimoine collectif et impartageable,
– Une finalité explicite au service de la collectivité : intérêt général et utilité sociale,
– Un processus de décision démocratique : « une personne, une voix »
– Une autonomie de gestion,
– Un ancrage territorial ou sectoriel.

C’est un enjeu de « gouvernance démocratique » a expliqué Hugues SIBILLE, président de l’AVISE (Agence de Valorisation des Initiatives Socio Economiques)

Cela crée un certain nombre d’exigences aussi bien dans le fonctionnement (transparence, expression politique) que dans la réalité économique (trouver des capitaux sans utiliser les procédés du capitalisme.

Cela exigerait en particulier un fort coefficient d’expression politique.

Histoire : GAEC de la Cordée à Treffieux : http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-economique/video/RXF02002263/nantes-gaec-de-la-cordee.fr.html