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Agriculture et lotissements

Ecrit le 16 septembre 2009

 Nouveaux usages, nouvelles tensions

Le « territoire » : le mot est un peu employé à toutes les sauces. Il désigne un espace approprié par une société, avec des limites reconnues et un sentiment d’appartenance.

Dans les sociétés traditionnelles, le territoire était bien défini, avec des activités agricoles et artisanales, voire industrielles. On y trouvait logement, travail, échanges, instruction, divertissements. De nos jours, avec l’essor des transports et d’internet, tout change très rapidement : l’artisanat tend à disparaître, les industries se délocalisent, les campagnes deviennent donc plus agricoles, avec des tensions liées à l’arrivée dans les campagnes de populations rejetées de la ville. L’agriculture n’est plus l’activité importante (en nombre de travailleurs). L’urbanisation et les équipements nécessitent du terrain. Actuellement en Loire-Atlantique, il y a chaque année 2500 ha de terres agricoles destinés à d’autres usages que l’agriculture. Demain le département de Loire-Atlantique accueillera 12 000 habitants par an, l’équivalent de Châteaubriant.

A Saffré, qui est passé de 2700 habitants à 3300 en 6 ans, les agriculteurs ont craint le développement de tensions. « Antici-pons, essayons de créer un dialogue constructif » dit Christophe Carcouët en expliquant la création de « Mieux vivre ensemble ». Ouverture des exploitations, randos-fermes, association de patrimoine : les contacts entre agriculteurs et néo-saffréens ont été nombreux. « Nous arrivons à compter 400 participants à la rando-ferme ». L’important est la communication, la rencontre. « Nous prévenons les voisins quand nous allons étendre du fumier, par exemple. Et finalement on se rend compte que ce ne sont pas nos activités qui posent problème mais … le chien du voisin qui quitte la maison pour son travail : les aboiements continuels gênent plus les riverains que le passage d’un tracteur ».

La campagne, il faut désormais la partager. Pas toujours évident. « Il y a 10 ans les citadins choisissaient de venir. Maintenant ils viennent par défaut. A nous de les aider à vivre ici avec plaisir, malgré les contraintes de déplacement qui sont les leurs ».

 Rôle des Elus

L’aménagement du territoire est de la responsabilité des élus locaux. La réflexion se fait autour d’un SCOT   (schéma de cohérence territoriale). [Un SCOT   est en préparation - enfin - sur le Pays de Châteaubriant  ]

Reste qu’un Scot   ne fait pas tout. Il ne peut pas, par exemple, empêcher le démantèlement progressif des structures agricoles : certains exploitants revendent des terrains par petits morceaux pour profiter de la rente foncière au fur et à mesure… Et au final, leur ferme n’est plus viable. De nouveaux outils de gestion de l’espace commencent donc à se développer comme les Zap (Zones agricoles protégées) ou les Paen (Périmètre de protection et de mise en valeur des espaces agricoles et naturels péri-urbains) dont a parlé Jacques Lemaître, maire de Rougé.

Encore faut-il que s’établisse un réel dialogue au sein des communes.

A St Brice en Cogles, la construction de l’autoroute A 84 a coupé le Coglais en deux, provoquant un afflux d’habitants. « Depuis 2006 nous avons créé des soirées-réunions sur les marchés, dans les cafés, avec 30-40 personnes. Les élus y viennent. On parle de l’eau, de l’alimentation, de l’intégration. On n’est pas là pour résoudre les problèmes mais pour les exposer aux élus ».