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Haïti ... pays maudit ? Oh non !

Ecrit le 20 janvier 2010

 Tremblement de terre

Haïti, un petit pays, 20 fois moins étendu que la France. Souvent victime d’ouragans : 800 morts en août et septembre 2008, et d’inondations (2000 familles sinistrées en mars et mai 2009), a été frappé par un très fort tremblement de terre le 12 janvier 2010. Un pays maudit ?

Dans un message adressé au Temps, l’ancienne Première ministre d’Haïti, Michèle Pierre-Louis, s’agace : « Affirmer qu’Haïti est maudit sous-entend que nous serions en train de payer pour des fautes commises. En réalité, ce pays a été mal géré au cours des cinquante dernières années ».

Pour l’historien Christophe Wargny, dans son ouvrage Haïti n’existe pas [éd. Autrement, 2004], il existe un certain nombre de causes extérieures à l’échec socio-économique d’Haïti : « En 1804, les Haïtiens ont commis l’inacceptable aux yeux de l’Occident. Ils se sont affranchis. La France, l’Angleterre et les Etats-Unis ont tout fait pour éliminer de l’histoire cette nation de »négrillons francophones« . A bien des égards, ils ont réussi. Pressions économiques de l’ancien colon, longue occupation américaine dans la première partie du XXe siècle : le sentiment s’établit peu à peu en Haïti d’une nation qui se construit malgré ou, plutôt, contre le reste du monde. »Mais il existe également des causes endogènes. L’appropriation des terres par l’Etat, notamment. Et l’absence de règles foncières qui participe aujourd’hui du désastre. Avec l’émigration rurale massive, les gens ont conquis l’espace disponible en dépit du bon sens.« Le géographe Jean-Marie Théodat affirme que les quartiers effondrés de Port-au-Prince ont été construits comme des »cimetières" : dépourvus de voie d’accès, dans des zones non constructibles, affranchis de toute norme.

Les dégâts que l’on découvre ces jours-ci sont aussi l’héritage du désengagement politique, des dictatures duvaliéristes et de l’échec de Jean-Bernard Aristide. La déforestation, qui aggrave les conséquences des cyclones, procède de la même incurie dont parle Michèle Pierre-Louis.

Maudit ce pays ? Non, pauvre, désespérément pauvre. « Nous n’avons que nos mains nues et notre dignité de peuple pour reconstruire un pays physiquement détruit » dit l’éditorial du journal Haïti-Liberté, édité à New-York.

Reste à savoir ce que fera la communauté internationale. Tout pays, même puissant, serait dépassé par l’ampleur du cataclysme. Mais il existe une politique de la catastrophe. Les Etats-Unis font la course en tête pour empêcher que le Brésil, ou la Chine, manifestent trop leur puissance. Mais sur place il va falloir deux à trois semaines pour que l’aide se mette en place .

 Secours Populaire  

Le Secours populaire   français est présent en Haïti depuis 1980 et a mené différents projets de solidarité, notamment à la suite d’urgences liées à des ouragans.

Aujourd’hui, le Secours populaire   français tente, avec l’aide de ses partenaires en Haïti, d’identifier les besoins des sinistrés. L’aide sera possible grâce aux fonds débloqués par le SPF et à la mission de solidarité qu’il prépare actuellement.

Les dons sont à adresser 9/11 rue Froissart - 75140 Paris Cedex 03
(en précisant « Haïti Urgence ») ou
en ligne, sur www.secourspopulaire.fr


 Le témoignage de l’écrivain canadien d’origine haïtienne, Dany Laferrière.

Il faut cesser d’employer ce terme de malédiction. C’est un mot insultant qui sous-entend qu’Haïti a fait quelque chose de mal et qu’il le paye.

C’est un mot qui ne veut rien dire scientifiquement. On a subi des cyclones, pour des raisons précises, il n’y a pas eu de tremblement de terre d’une telle magnitude depuis deux cents ans. Si c’était une malédiction, alors il faudrait dire aussi que la Californie ou le Japon sont maudits. Passe encore que des télévangélistes américains prétendent que les Haïtiens ont passé un pacte avec le diable, mais pas les médias… Ils feraient mieux de parler de cette énergie incroyable que j’ai vue, de ces hommes et de ces femmes qui, avec courage et dignité, s’entraident. Bien que la ville soit en partie détruite et que l’Etat soit décapité, les gens restent, travaillent et vivent. Alors de grâce, cessez d’employer le terme de malédiction, Haïti n’a rien fait, ne paye rien, c’est une catastrophe qui pourrait arriver n’importe où.

Il y a une autre expression qu’il faudrait cesser d’employer à tort et à travers, c’est celle de pillage. Quand les gens, au péril de leur vie, vont dans les décombres chercher de quoi boire et se nourrir avant que des grues ne viennent tout raser, cela ne s’apparente pas à du pillage mais à de la survie. Il y aura sans doute du pillage plus tard, car toute ville de deux millions d’habitants possède son quota de bandits, mais jusqu’ici ce que j’ai vu ce ne sont que des gens qui font ce qu’ils peuvent pour survivre.

La ville sauvée par les pauvres

Ce qui a sauvé cette ville c’est l’énergie des plus pauvres. Pour aider, pour aller chercher à manger, tous ces gens ont créé une grande énergie dans toute la ville. Ils ont donné l’impression que la ville était vivante. Sans eux, Port-au-Prince serait restée une ville morte, car les gens qui ont de quoi vivre sont restés chez eux pour la plupart.

Source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/01/16/haiti-le-temoignage-bouleversant-de-l-ecrivain-dany-laferriere_1292475_3222.html


Ecrit le 27 janvier 2010

« Assez de journalistes, davantage de secouristes » : la vie reprend ses droits en Haïti, des petits marchés ont réouvert, la distribution de l’eau est rétablie.

Dans la région de Châteaubriant les actions se multiplient.

Le secours populaire   et le Rotary-Club ont uni les fruits de leur collecte pour acheter des tentes de survie. Ce sont des boites dont le prix, 750 €, inclut tout l’équipement, l’emballage, le stockage, l’acheminement et la distribution : une tente pour 10 personnes, des tapis de sol, des couvertures, un réchaud multi-combustibles, des ustensiles de cuisine, des jerricans, un système de purification d’eau, des outils : scie, hache, pelle, cordes, des filets anti-moustiques, un pack d’activités pour les enfants. (voir page 9) c’est-à-dire de quoi fournir un abri et du matériel pour subvenir aux premiers besoins.

Le Foyer du Jeune Rravailleur, autour de son président Bernard Provost, va mener des actions de sensibilisation et de reconstruction dans les mois à venir. Les jeunes sont très motivés.

Des associations se sont mobilisées par exemple autour de Véronique et Jean-Michel Duclos, de Rougé, qui connaissent bien Haïti pour y avoir travaillé et milité pendant des années (avec Florence Diquéro, de Châteaubriant).

Un compte d’aide a été mis en place : écrire à Véronique et Jean-Michel Duclos Taillecou, 44660 Rougé. Les chèques doivent être libellés à « Duclos pour Haïti les Abricots », en précisant nom, adresse et courriel, afin de transmettre l’utilisation des dons. Renseignements auprès de Jean Naval 06 62 72 35 27 ou Jean-Michel Duclos au 06 28 27 71 15.
Passé les premiers temps « exotiques » où la presse rivalisait de descriptions (mobilisatrices ? Moralisatrices ?), on s‘aperçoit peu à peu de l’abomination et de la richesse de la situation.

Abomination. On parle de plus de 100 000 corps déjà enterrés, sans compter tous ceux qui sont prisonniers des maisons effondrées. Les enfants et les adultes blessés, les orphelins qu’une certaine mafia enlève, la faim, la soif, les destructions. Et on se dit que les catastrophes naturelles sont toujours plus dures dans les pays de grande misère.

Richesse. Oui. Il fallait entendre ce témoignage d’une Haïtienne disant : « Ne donnez pas d’argent pour déblayer les ruines. Laissez nous faire : j’ai vu les Haïtiens retrouver les valeurs de la solidarité ».

Dany Laferrière, canadien d’origine Haïtienne, raconte : « Après le temps de silence et d’angoisse, les gens ont commencé à sortir et à s’organiser, à colmater leurs maisons. Car ce qui a sauvé cette ville c’est l’énergie des plus pauvres. Pour aider, pour aller chercher à manger, tous ces gens ont créé une grande énergie dans toute la ville. Ils ont donné l’impression que la ville était vivante. Sans eux, Port-au-Prince serait restée une ville morte, car les gens qui ont de quoi vivre sont restés chez eux pour la plupart »

Energie : « J’ai vu l’énergie incroyable de ces hommes et de ces femmes qui, avec courage et dignité, s’entraident. Bien que la ville soit en partie détruite et que l’Etat soit décapité, les gens restent, travaillent et vivent. Alors de grâce, cessez d’employer le terme de malédiction, c’est une catastrophe qui pourrait arriver n’importe où » dit-il encore.
Il y a une autre expression qu’il faudrait cesser d’employer à tort et à travers, c’est celle de pillage. Quand les gens, au péril de leur vie, vont dans les décombres chercher de quoi boire et se nourrir avant que des grues ne viennent tout raser, cela ne s’apparente pas à du pillage mais à de la survie

Pauvreté : il reste à s’interroger sur les causes de la pauvreté de Haïti. Se souvient-on de Toussaint Laventure, cet esclave se révoltant contre les grands Blancs de son île. « J’ai entrepris la vengeance de ma race. Déracinez avec moi l’arbre de l’esclavage. » (1793).

En 1804, l’île obtient son indépendance par la lutte et en 1825 par le droit. Mais elle doit payer 150 millions de francs or, (40 % du PIB de la France de l’époque) pour que la France puisse indemniser les colons qui, les pauvres, venaient de perdre une main d’œuvre gratuite et esclave.
D’où un endettement qui pèse encore.

Second pays indépendant après les Etats-Unis, mais première « République » -« nègre » de surcroit- elle est boycottée très longtemps par les puissances monarchiques « blanches » et coloniales .

Elle est surtout dès sa naissance, atteinte d’une pathologie sociale qui pèsera sur toute son histoire : l’opposition entre les libres et affranchis. Ceux qui ne veulent que l’indépendance, et les esclaves qui acquéraient petit à petit la liberté.

Colonialisme

200 ans plus tard, Haïti paie encore le poids de l’histoire. Mais le colonialisme a changé de forme. Il s’appelle maintenant OMC, APE. Ce sont les contraintes commerciales et néo-libérales que les grandes puissances font peser sur l’économie haïtienne. « C’est l’interdiction faite aux paysans haïtiens de protéger leur production sur le marché mondial. C’est l’abolition de toute barrière douanière, l’importation sauvage de riz, de sucre, de produits laitiers, de poulets et d’œufs venus des gros producteurs occidentaux, c’est la destruction de l’élevage. Plus que tout autre, ce petit pays aurait besoin qu’on respecte sa souveraineté alimentaire. Au lieu de cela il est sommé de s’ouvrir à tous les vents du commerce international »

Alors, quel rôle des puissances occidentales ? Débloquer des fonds, oui. Mais pas changer les règles du commerce international. Pas mettre fin à leur concurrence déloyale. Pas effacer la dette de ce pays.
Demain, d’autres désastres ?

Sources : Le Monde - Rue 89 - et Politis.


Ecrit le 27 janvier 2010

 Secours Populaire   : Haïti

Le Secours Populaire   participait, comme chaque année, aux Puces de Béré.

« Solidaire des Haïtiens, victimes du tremblement de terre, le Secours Populaire   de Châteaubriant a participé à l’aide d’urgence. La totalité des recettes de la vente aux Puces de Béré et des dons a été affectée au financement d’un kit d’urgence. Le Secours Populaire   reste mobilisé et participera à des actions ultérieures ».

– Secours Populaire   Châteaubriant
– Vestiaire, alimentation, aides diverses
– 02 40 81 83 48

 Les Puces de Béré

Le Vide-Grenier –Brocante « LES PUCES de BÉRÉ », du Rotary-Club de Châteaubriant a remporté un plein succès (plus de 4000 visiteurs). Les bénéfices sont affectés au financement des opérations humanitaires de la Fondation ROTARY, et notamment à l’action POLIO + 
 
Le Rotary-Club de Châteaubriant avait de longue date prévu de présenter aux visiteurs des Puces de Béré le matériel « Shelterbox » de premier secours aux victimes de catastrophes naturelles et avait prévu d’en financer une ou deux unités pour les faire expédier là où il y en aurait besoin. « Sur ce point nous avons été rattrapés par l’actualité de Port-au-Prince et avons informé nos visiteurs que plusieurs centaines de ces équipements avaient déjà été convoyés par l’organisation Shelterbox sur place, en coordination avec la Croix Rouge   Française ».
.
Cela a fourni aux Castelbriantais l’occasion de manifester un bel effort de solidarité. La générosité ne s’est pas démentie tout au cours de la journée, nous avons reçu sur place des dons très significatifs et enregistré des promesses de dons, pour acheter et faire expédier sur place des matériels de ce type.
 
Nous pouvons prévoir l’acheminement prochain, non plus des 2 seuls exemplaires prévus par le Rotary de Châteaubriant, mais de 7 équipements Shelterbox à Haïti. Ce chiffre pourrait atteindre 10 en fonction du cumul des promesses de dons. Le Rotary remercie vivement les donateurs, parmi lesquels le Comité de la Foire de Béré, la Société des courses de Châteaubriant, plusieurs associations sportives de la ville, le Comité des Fêtes de Châteaubriant, ainsi que le Secours Populaire   de Châteaubriant.


Ecrit le 10 mars 2010

 Solidarité Haïti

Sept jeunes de la commission solidarité du FJT, Foyer du Jeune Travailleur (Quentin, Séverine, Pauline, Katia, Jessica, Ségolène, Steven) se sont réunis autour des bénévoles et animateurs du foyer, pour entendre François Valton, intervenant pour Initiatives & développement et Entrepreneurs du monde qui repart en mission de deux mois en Haïti. C’est ainsi qu’a été constitué un « Collectif SOLIDARITE HAITI » avec un certain nombre d’associations de la région castelbriantaise.

Ce collectif se propose de COLLECTER des fonds dans le but d’aider à la reconstruction de Haïti et de SOUTENIR des projets en faveur de l’éducation et des jeunes dans une petite commune rurale à l’Est d’Haïti en envoyant des fonds directement au Maire de la commune des Abricots pour maintenir son école et favoriser l’accueil des réfugiés

Le collectif a déjà mis en place quelques actions
– Vente de café d’Haïti (commerce équitable CAT Bain de Bretagne) 
3 paquets = 10 EUROS = 1 JOURNEE d’ECOLE = 2 REPAS
– Vente de bougies
1 bougie = 1 repas
– Vente d’artisanat haïtien

Le collectif souhaite aller plus loin en organisant :
–  Concert
–  Conférence
–  Expositions

Le 20 avril aura lieu un repas au FJT avec animations (40 places assises, réservez votre place !) - Tél 02 40 81 46 95

Pour Florence et Jean Naval, pour Jean Michel Duclos, et d’autres, il s’agit d’aider la commune des Abricots qui
doit faire face à l’accueil de 25 000 réfugiés, organiser la réinsertion, la scolarité, lancer un projet de maraîchage, etc

Il s’agit de « trouver un équilibre entre le
soutien et l’aide. Il s’agit de former la population à une agriculture durable ».

« Nous n’avons pas de compétences propres à l’aide humanitaire. Notre objectif est de maintenir la mobilisation » dit-on au Foyer. Contact : Tél 02 40 81 46 95