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24 h d’école et six jours de congé

Ecrit le 10 février 2010

Le Président Toc-Toc n’en finit pas de voir critiquer sa politique. Voilà que l’Académie de médecine s’en mêle : dans un rapport publié le 19 janvier 2010, elle estime que la semaine de 4 jours imposée aux enfants leur occasionne fatigue et difficultés d’apprentissage et joue un « rôle néfaste sur la vigilance et les performances des enfants »

 Temps scolaire et rythmes scolaires

La bonne santé de l’enfant est nécessaire à son épanouissement personnel et scolaire. Temps scolaire et rythmes scolaires sont deux réalités distinctes : le temps scolaire est une variable externe régie par l’institution (emplois du temps, calendrier, …) alors que le rythme de l’enfant est une variable interne qui lui est propre. L’objectif, pour le bien de l’enfant, est d’harmoniser ces deux notions c’est-à-dire d’organiser le temps scolaire en fonction des rythmes biologiques et psychophysiologiques naturels de l’enfant.

L’aménagement du temps scolaire prend en compte de nombreux facteurs sociaux, économiques, politiques, pédagogiques : les loisirs, les week-ends, le temps libre. Il apparaît ainsi que l’enfant n’est pas au centre de la réflexion.

Le temps scolaire ne peut pas être dissocié du temps périscolaire où intervient le rôle de la famille. Le temps périscolaire amène un certain nombre de questions sur ce temps passé en dehors de l’école. Exemples : Que fait l’enfant après l’école : est-il chez lui ou dans la rue ? Joue-t-il ? Fait-il ses devoirs, ou du sport ou de l’ordinateur ? Regarde-t-il la télé ? Est-il seul ou encadré ?
 

 Les rythmes circadiens de l’enfant

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Eliby-Ecole

Les rythmes de l’environnement de l’être humain sont essentiellement de nature socio-écologique : alternance lumière-obscurité et veille-sommeil. Pour l’enfant il s’y ajoute le rythme de vie de ses parents et les contraintes institutionnelles (école, loisirs organisés, ...).

Lors d’expériences d’isolement dites hors du temps (grottes ou laboratoires aménagés) il a été prouvé que les rythmes biologiques de l’être humain portent sur des périodes légèrement différentes de 24 h.

Un organisme est dit synchronisé lorsqu’il y a résonance entre ses rythmes biologiques (son horloge biologique) et l’environnement. Une désynchronisation de ces rythmes s’accompagne de troubles tels que fatigue, mauvaise qualité du sommeil, mauvaise qualité de l’appétit, troubles de la concentration et des performances. Cela a été remarqué depuis longtemps chez les travailleurs postés, en particulier ceux qui travaillent de nuit. C’est encore plus vrai pour les enfants.

 Le sommeil

Le sommeil a un rôle essentiel pour l’enfant sur le plan physiologique et psychologique car il permet un développement harmonieux, restaure les fonctions de l’organisme, lutte contre la fatigue et favorise les apprentissages. Les besoins en sommeil étant variables selon les enfants, il est important de considérer la régularité et la bonne répartition des heures de sommeil plus que le nombre d’heures de sommeil sur un espace de temps.

Or de nombreux facteurs perturbent le sommeil : heures du lever et du coucher irréguliers (et souvent tardives pour le coucher), exposition à la lumière pendant le coucher ou encore nuisances de l’environnement (bruit, …).

La mauvaise qualité du sommeil entraîne une altération des capacités d’apprentissage d’où une faible réussite scolaire pouvant aller jusqu’au retard scolaire, des troubles d’anxiété, de dépression et du comportement (violence, hyperactivité, …)

 La fatigue de l’enfant

En dehors de toute maladie, l’enfant est souvent fatigué à l’école. Cette fatigue est souvent due à un excès d’activités, loisirs (activités sportives, activités artistiques, temps passé devant l’ordinateur, …) ou soutiens scolaires divers (cours particulier, surinvestissement des parents dans le contrôle des devoirs et leçons, …). Cet ensemble d’éléments aboutit à une réduction du temps de sommeil, et, par voie de conséquence, à des troubles de l’attention, somnolence diurne, troubles du caractère, parfois un syndrome d’hyperactivité, des troubles anxieux (craintes de mauvais résultats et de punitions) qui à leur tour engendrent des difficultés d’apprentissage et une diminution des résultats scolaires. La qualité des résultats scolaires de l’enfant fatigué s’en ressent et peut aller jusqu’à l’échec scolaire

L’aménagement du temps scolaire en France n’est pas en cohérence avec la chronobiologie de l’enfant .

A l’école maternelle et élémentaire, la durée de la semaine scolaire est fixée à 24 h d’enseignement, à raison de 6 h par jour sur 4 jours, les lundi-mardi-jeudi et vendredi (dans le cadre de la semaine dite de 4 jours généralisée à la rentrée 2008-2009)

La France tient en Europe une position très particulière en matière de temps scolaire. Les écoles des pays européens travaillent en majorité cinq jours d’affilée, certaines fonctionnent sur 4 jours et demi avec le mercredi matin travaillé. Les écoliers français ont une charge quotidienne de travail à l’école beaucoup plus importante, par exemple de 2 h de plus que les écoliers suédois, et en 4 jours seulement.

L’enseignement actuellement dispensé en France aux élèves du primaire dans le cadre de la semaine de 4 jours est donc réparti sur 144 jours de classe par an (36 semaines de 4 jours) correspondant à 864 h de cours annuel (et à 936 h de cours pour les enfants bénéficiant de 2 heures hebdomadaires supplémentaires « d’aide personnalisée »). Le nombre annuel d’heures d’enseignement est ainsi compris entre 864 h et 1 033 h selon l’âge des élèves ce qui place notre pays parmi ceux ayant le nombre d’heures d’enseignement annuel le plus élevé par comparaison avec des pays comme la Finlande (608 h), la Norvège (620 h), l’Allemagne (622 h).

Pour tenir compte des données biologiques il faudrait une année scolaire de 180 à 200 jours (avec comme corollaire la réduction des grandes vacances), 4 –6 h de travail par jour selon l’âge de l’élève, 4 jours et demi à 5 jours de classe par semaine en fonction des saisons ou des conditions locales.

Les semaines de 4 jours, 4 jours et demi ou 5 jours de classe ont fait l’objet de recherches qui montrent que l’aménagement hebdomadaire en 4 jours n’est pas favorable à l’enfant car celui-ci est plus désynchronisé le lundi et le mardi matin que dans la semaine habituelle de 4 jours et demi. Par ailleurs, un certain nombre d’études ont établi que les performances mnésiques sont meilleures après un week end de un jour et demi comparé à un week-end de deux jours.

Les moments favorables d’apprentissage dans la journée ont fait l’objet d’études concordantes : l’enfant arrive fatigué à l’école (8 h 30) quelle que soit la durée de son sommeil la nuit précédente, puis il va augmenter progressivement ses capacités d’attention et d’apprentissage dans la matinée avec un pic vers 10 – 11 h, celles-ci vont ensuite diminuer en début d’après-midi et être à nouveau performantes vers 15 – 16 h

Enfin la libération du temps est profitable à l’enfant si son milieu culturel environnant le permet. En l’absence d’encadrement, l’enfant est laissé à lui-même (abus de temps passé devant la télévision, l’ordinateur ou dans la rue).

Source : http://www.academie-medecine.fr/detailPublication.cfm?idRub=26&idLigne=1768