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La réforme des lycées, 2010

Ecrit le 10 février 2010

Lors de son AG de janvier 2010, Gilles Barracand, président de la FCPE  , a évoqué longuement la réforme des lycées. :

Celle-ci « vise à une économie de moyens et constitue une adaptation du lycée aux suppressions de postes que l’Éducation nationale a connues depuis plusieurs années et connaît encore. Elle prévoit de nombreuses réductions horaires et une réorganisation des années de Première et de Terminale : l’année de Terminale serait désormais consacrée essentiellement aux enseignements de spécialités, tandis que l’année de Première serait dévolue aux en-seignements de ”tronc commun” (français, histoire / géo, maths, langues…)

Le redoublement, exceptionnel, s’accompagnera d’une multiplication des réorientations forcées, en particulier en fin de classe de Seconde. La suppression des personnels d’orientation (COPsy) est actée et les tâches d’orientation seront confiées essentiellement à des enseignants qui deviendraient les ”tuteurs” d’élèves pendant toute leur scolarité au lycée. La réforme des lycées consacre en outre une hiérarchie des filières : la filière S est renforcée. La volonté de valoriser la filière L est affirmée, sans que les mesures proposées permettent de voir comment. Enfin la filière ES est victime d’attaques idéologiques au prétexte que les enseignants parleraient trop de sociologie et trop peu de l’entreprise et de ses succès. Au-delà, l’enjeu est politique : la filière ES accueille aujourd’hui un public d’origines sociales très différentes, elle réussit par conséquent à lutter contre la reproduction des inégalités sociales et fournit à ses lycéens une culture, des méthodes de travail et un sens critique qui en font les plus à même d’affronter les difficultés de l’Université.

Des « classes passerelles » existeront pour les élèves en échec scolaire constaté . Par conséquent, il s’agit de renforcer encore une fois la hiérarchisation des filières en évinçant les élèves indésirables des sections privilégiées à la fin de l’année de Première.

Cette réforme consacre donc un éclatement du lycée, qui sera de moins en moins lisible pour ses élèves, où il sera de plus en plus difficile de se repérer. Dans ce cadre, seuls les plus informés s’en sortiront, accentuant de fait les inégalités et les ségrégations sociales.

La seule proposition de lutte contre l’échec scolaire : des heures de soutien individuel . Mais les Conseils d’Administration devront dire quelles heures de cours ils souhaitent supprimer en compensation de ces deux heures de soutien. Il s’agit surtout d’amener l’élève en grande difficulté à se sentir individuellement responsable de son échec. Ainsi, le tour est joué ».

Enfin, la réforme des lycées prévoit l’organisation régulière de stages de vacances pour les élèves, dans les domaines des langues ou de l’orientation par exemple, et prétend faire des lycées des « lieux de vie » ouverts aux lycéens bien au-delà des heures de cours. « C’est une imposture ! Derrière l’affichage du lycée « lieu de vie », il s’agit de réduire les lycéens à l’état de consommateurs. Rien à voir avec des lieux de vie qui favoriseraient l’épanouissement des élèves, permettraient des rencontres   et la construction d’un projet personnel »