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Crise agricole, 2010, lait, porc

Ecrit le 14 avril 2010

 Un mur de lait, de paille et de vigne

L’agriculture va mal en France. Ce n’est pas nouveau mais cela s’aggrave : tous les secteurs sont touchés : le lait, la viande, la vigne et même les céréales. Les agriculteurs multiplient les actions. Le 9 avril, ils sont allés à la porte de tous les députés de Loire-Atlantique, de tout bord.
Le matin, ils étaient devant la permanence de Michel Hunault : « Pas contre sa personne ! Mais pour rappeler que nous avons besoin des politiques » ont dit Patrick BARON et Pascal RIGOLET en expliquant :

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Un mur de lait, de paille et de v

« Nous avons besoin que les élus politiques fassent leur boulot pour faire cesser la déréglementation.

Actuellement, en Europe, il ne reste que les quotas laitiers comme tentative de maîtrise de la production. Normalement, ils cessent en 2015 mais, concrètement, ils ne fonctionnent déjà plus.

La viticulture va mal, le lait aussi, la viande bovine aussi. La production de viande bovine est déficitaire en France et en Europe. Pour autant, les prix payés aux producteurs n’augmentent pas, en raison de la concurrence des viandes venues du monde entier ». Sans provoquer, c’est bien dommage, le développement équilibré de la planète !

Ainsi l’agriculture fout le camp, comme l’industrie, que va-t-il rester en France ? « Qu’on ne vienne pas nous dire que c’est la faute de la grande distribution, des salaires, des charges sociales … Tout vient du système politique libéral. Nos camarades paysans ont cru à la liberté, mais le libéralisme c’est seulement la liberté, pour quelques uns, d’écraser les autres. Nous ne demandons pas l’étatisation de l’agriculture, mais seulement une politique européenne qui permette aux paysans de vivre de leur travail :

– rétablissement et préservation, en Europe, des mécanismes publics de régulation des productions,
– adaptation des volumes produits à la consommation européenne et rétablissement de la préférence communautaire,
– prise en compte des coûts de production et de la rémunération du travail pour la fixation des prix payés aux producteurs, avec interdiction de vendre à perte,
– une politique d’aménagement du territoire et de solidarité qui stoppe la guerre économique entre bassins de production,
– sortir l’agriculture de l’OMC (organisation mondiale du commerce) .

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Murer la permanence du dé

« L’heure n’est plus à trouver des accords ! Il faut changer le système économique qui conduit à la disparition de nombre d’entre nous ».

Michel Hunault est député, membre du Conseil de l’Europe, Conseiller Régional, « Il peut donc agir » disent les paysans qui sont allés murer sa permanence. « Pour faire comprendre que la politique actuelle nous mène dans le mur ! »

 L’an prochain

Les agriculteurs ont vu leurs revenus chuter de 34% en 2009 après avoir déjà baissé de 20% l’année précédente. Considéré comme « stratégique » pour la France, ce secteur est confronté à la plus grave crise de ces trente dernières années. Le chef de l’Etat avait annoncé le 27 octobre un plan d’urgence de 1,65 milliard d’euros, dont un milliard en prêts bonifiés et 650 millions d’aides directes. Devant l’ampleur de la demande, le Président a annoncé, lors du salon international de l’Agriculture à Paris début mars, un coup de pouce supplémentaire de 800 millions d’euros de prêts bonifiés et de 50 millions d’aides directes .

Dans l’immédiat, le Président de la République se dit conscient des difficultés agricoles. En visite dans une exploitation de l’Essonne, le 6 avril 2010, il a déclaré : « J’ai demandé à Bruno Le Maire (le ministre de l’Agriculture), dans le cadre de la présidence française du G20 d’organiser un sommet des ministres de l’Agriculture pour parler de la volatilité des marchés des matières premières agricoles et des matières premières en général ». Bravo !

… Sauf que ce sommet est prévu pour 2011 ! Les agriculteurs qui n’auront pas mis la clé sous la porte, d’ici là, obtiendront peut-être quelque chose …


Ecrit le 21 avril 2010

 Les éleveurs porcins de la Confédération Paysanne lancent une pétition

La production porcine est enlisée dans une crise profonde et les éleveurs de porcs de la Confédération Paysanne ont interpellé à de nombreuses reprises les pouvoirs publics et les responsables de la filière porcine. « En effet certains outils de la filière sont devenus obsolètes (Marché du Porc Breton) : nos groupements ont le devoir de les adapter au contexte nouveau ou d’en imaginer d’autres ». Les causes de la crise et de l’impuissance de la profession à créer les conditions de négociation d’un prix rémunérateur tournent autour de deux points :

– L’absence d’outils de concertation entre les différentes coopératives pour affronter, unies, la grande distribution et les salaisonniers.
– L’absence de volonté de mise en œuvre d’outils d’adaptation de l’offre à la demande.

« Aujourd’hui, nous devons pousser collectivement pour exiger la tenue d’une large assemblée de réflexion et de décision sur le sujet ». Les éleveurs porcins de la Confédération Paysanne lancent un appel pour l’organisation d’Etats Généraux de la filière porcine française. Pétition disponible ici : http://6838.lapetition.be/

Contacts : P. Brosseau (06 62 72 53 00), Ph  . Meynier (06 29 80 08 37)