Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Chômage, emploi > Crise 2008 à 2015 > Les RRE c’était bien, c’est fini

Les RRE c’était bien, c’est fini

Ecrit l 5 mai 2010

 Haro sur l’école rurale … à tort !

Pendant longtemps, on a cru que l’école rurale faisait moins bien : moins d’émulation, moins de sollicitation, moins de ressources culturelles, matérielles… Pendant longtemps, les efforts ont tendu à rompre l’isolement. Les années 70 ont connu, dans nombre de départements, le temps des « regroupements pédagogiques ». Concentrés au village-bourg ou dispersés en continuant à faire fonctionner les antiques classes de village, les regroupements ont souvent été pour les enseignants et les maires un bon moyen de préserver l’essentiel : une école dans chaque village, mais des cours moins hétérogènes, au prix du transport des élèves trimballés dans les cars quatre fois par jour (on n’avait pas forcément envie de payer la cantine) dès la maternelle, mais sur de courtes distances.

Avec les années 80 est venu le temps des calculettes : quelle efficience avaient ces moyens dispersés sur le territoire ? Le rapport Mauger, en 1990, jette un pavé dans la mare en proposant de fermer toutes les structures à moins de 3 classes. En 1993 cependant, un moratoire prévoit qu’aucune école rurale ne pourra fermer sans l’accord du maire, et en 1995 les collectivités sont progressivement associées au pilotage de la carte scolaire. Mais en 1999, le moratoire sur les fermetures d’écoles rurales est levé : les inspecteurs d’académie sont chargés de négocier sur le terrain en cherchant à convaincre les élus et les enseignants de construire des « pôles ruraux » pour développer les équipements et les conditions d’accueil des plus jeunes enfants, en acceptant la fermeture de « petites écoles ».

 Ecoles à succès

La première enquête sur l’efficience éducative des écoles rurales, faite en 1990, révèle que les élèves des classes à plusieurs niveaux réussissent au moins aussi bien que les autres ! Une étude récente montre même que c’est dans les classes à un cours que se trouvent les meilleurs résultats. Parce que, dans les processus d’apprentissage, interviennent bien d’autres phénomènes qui échappent à la pratique scolaire :
– la possibilité de construction de relations dans un groupe à taille humaine et dans une durée et dans une histoire,
– l’élargissement progressif et sans rupture des cercles relationnels en partant de celui avec la mère,
– la construction de l’enfant dans un environnement avec lequel il est en contact beaucoup plus étroit, que ce soit un environnement physique ou un environnement social constitué par l’ensemble des relations qui font d’un village autre chose que des individus placés côte à côte,
– et aussi parce que la diversité des âges des élèves empêche l’instituteur de tout contrôler ! Les apprentissages ne se font pas forcément par l’enseignant ... mais en grande partie à côté ! plus cet à côté est important, plus facilement seront enclenchés les processus d’apprentissage, comme la construction de l’autonomie, comme la construction sociale.

Il n’empêche que les écoles rurales souffrent d’un handicap important en matière culturelle. C’est pour pallier ce manque qu’ont été créés les RRE en 1998-99

 RRE : réseaux ruraux d’éducation

En 1998-99 ont été progressivement mis en place les RRE (réseaux ruraux d’éducation) en développant le travail en équipe des instituteurs ainsi que les activités et les services périscolaires. Il y en a quatre dans la région de Châteaubriant, associant Conseil Général, Mairies, inspection académique et bien sûr les écoles. Chaque RRE rassemble plusieurs écoles rurales d’un même territoire, sur la base de volontariat et par convention, contrat tripartite où chacun met la main à la poche pour mobiliser des moyens et impulser les projets. L’avantage pour les mairies réside dans le maintien (sauf évolution « exceptionnelle » des effectifs) des classes pendant le contrat. Chaque RRE dispose d’un coordonateur, instituteur déchargé une journée/semaine pour fédérer les équipes et administrer le tout, sur trois objectifs principaux (maîtrise de la langue, nouvelles technologies et culture).

Ces RRE ont impulsé une véritable dynamique avec un fort investissement des équipes. Chaque trimestre en général, une journée rassemblait les élèves d’un même cycle autour de rencontres  -rallyes de toutes sortes (lecture, lecture policière, lecture de BD, musique, sciences, mathématiques, arts plastiques, et sports évidemment) et aussi vers le collège de secteur.

La région de Châteaubriant s’est signalée par une particularité : un projet commun aux quatre réseaux. « Car nous nous sommes rendu compte que nous avions la même population d’élèves, le même patrimoine, la même histoire. Nous avons pu monter un projet inter-réseau dynamique, plus ambitieux, en mutualisant nos forces » explique Jean-Jacques Catreux. Les 4 RRE du Nord-44 concernant, en 2009, 14 écoles, 49 classes et 1043 élèves, sont devenus en quelque sorte les champions académiques des RRE.

En Français, les enfants ont créé des nouvelles avec Guy Lebris, des albums « Bulles de mômes » avec Jean-Marie Defossez
Dans le domaine des arts plastiques, ils ont travaillé pendant 4 ans sur : les couleurs, le patrimoine, le portrait, les paysages, avec des créations de qualité tous les ans.

 C’est fini !

Mais les RRE c’est fini ! Les instituteurs ruraux du Nord-44 le regrettent vivement : malgré le renouvellement des instituteurs, ils n’avaient pas le sentiment d’être à bout de souffle. « Les RRE ont développé des vertus pédagogiques et éducatives sans doute difficiles à classer dans des grilles et à évaluer en termes de pourcentages » a dit le coordonnateur Jean-Jacques Catreux. Sans doute aussi peut-on noter le désintérêt des maires ! Lors de l’inauguration du 27 avril 2010, un seul maire (Mme Cochet du Petit-Auverné) sur les 14 concernés, s’est déplacée. On a noté cependant la présence de Jean-Pierre Juhel, maire d’Erbray (non concerné par les RRE), de Jacqueline Bombray de Châteaubriant et d’Yves Blais de St Vincent des Landes.

« La suppression des RRE nous désole beaucoup » a dit encore J.Jacques Catreux. « Ils ont développé la créativité, la culture artistique en lien avec la dimension humaniste, et l’ouverture sur le monde. De plus, ils ont contribué à tisser du lien social au niveau des écoles et des communes, entre petits et grands. Il va nous falloir maintenant chercher comment faire vivre encore cet esprit « réseau ». Nous avons pu mutualiser des actions, parce que nous nous connaissions. Ou bien est-ce la réalisation d’actions communes qui nous a permis de mieux nous connaître. Qu’importe. Nous cherchons comment ne pas perdre cette richesse ». Pour Mme Julien, inspectrice, les RRE vont être remplacés par des « réseaux pédagogiques » qui ne seront plus réservés aux enfants des écoles rurales mais ouverts à tous.

En fait, au delà des appellations pompeuses, il y a une réalité plus financière : les RRE s’arrêtent parce que l’Etat coupe les vivres.


Ecrit le 5 mai 2010

 Pays Sages : Exposition au Marché Couvert  

JPEG - 86.7 ko
Moulin-papi

Jusqu’au 11 mai au Marché Couvert   à Châteaubriant, il faut voir les « Pays Sages » : les moulins-papillons, la savane élémentaire, la foule, les paysages en boîte, les cerisiers en fleur, les couleurs de Soudan, la terre soufflée, trois fermes et un moulin, Smart ville et … Soulvache en 2034 ! Sans oublier le parterre de broderie, les fragments de Dali, le désert insolite, les ombres et la lumière….et « la ville de nos rêves avec des maisons et des immeubles déformés »

On ne peut qu’être étonné par la richesse d’imagination et de réalisation, et la qualité des textes accompagnant les dessins. Ce ne sont pas des « dessins d’enfant » au sens traditionnel du terme, ce sont des œuvres artistiques modernes révélant déjà une grande maîtrise.

Des photos ? ici :

http://chateaubriant-et-mee-daily-photo.blogspot.com/2010/05/pays-sages.html

http://chateaubriant-et-mee-daily-photo.blogspot.com/2010/05/souffle.html

http://chateaubriant-et-mee-daily-photo.blogspot.com/2010/05/le-village-de-nos-reves.html