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Envival : protection de l’environnement

Ecrit le 8 septembre 2010

 Le sable ... le coco ... les roseaux ?

L’assainissement des eaux usées, salies par l’activité humaine, est une nécessité vitale, si l’on veut conserver des eaux de bonne qualité, pour boire. Dans les villes et les villages de quelque importance, il existe un assainissement collectif (lagunes, stations d’épuration). Les maisons en habitat dispersdé, pendant longtemps, n’ont eu que des installations de fortune, souvent peu efficaces, contribuant ainsi à polluer les eaux de surface et les nappes phréatiques. La réglementation désormais est plus sévère et toutes les installations autonomes doivent être contrôlées d’ici le 31 décembre 2012. Les opérations de contrôle sont faites dans les Com’Com’   de Nozay et Derval, mais la Com’Com’   du Castelbriantais a à peine commencé à s’en occuper. Elle a confié ce travail à une grosse boîte, la société Veolia, depuis le 1er mars 2010, mais celle-ci, pour l’instant, n’a affecté qu’un seul technicien à ce poste : les quelque 5800 installations sont à contrôler en deux ans et demi.

Emmanuel J

Contrôler, c’est la première étape. Pour les installations neuves il y a un double contrôle : celui de l’étude de sol (contrôle de la faisabilité du projet), et celui de la mise en œuvre (si l’étude reçoit un avis favorable) Pour les installations existantes, il y a un contrôle du fonctionnement et notamment de la qualité des rejets. Il faut ensuite remédier aux dysfonctionnements. Ce n’est pas Veolia qui peut le faire. Ce ne sont pas les Com’Com’   non plus. Il faut donc s’adresser à des spécialistes pour analyser les sols, préconiser la meilleure installation et faire les travaux.

 Envival

A Châteaubriant, La Mée a rencontré une entreprise qui peut tout faire, de A à Z. « Envival » a été créée par Emmanuel Jolys, ingénieur-concepteur, qui emploie 5 salariés. Installé primitivement à Issé, puis Place de la Motte, le bureau se situe maintenant Rue du 11 novembre à Châteaubriant, face à l’entrée du poste de police municipale.

« Notre activité se partage en trois domaines » dit Emmanuel Jolys :
« le contrôle, voire l’entretien des installations existantes
L’étude des sols, pour déterminer le système le mieux adapté
Les travaux : démarches administratives, réalisation concrète, assistance technique ».

 Du sable … ?

« Il nous arrive de préconiser des filtres à sable, si c’est le mieux adapté au terrain, ou bien s’il y a contrainte des municipalités » explique-t-il, en ajoutant que cette filière de traitement est grosse consommatrice d’espace, difficilement contrôlable et que, au bout d’un certain temps, il faut remplacer les 40-50 tonnes de sable, et évacuer le sable pollué en décharge de classe 2. « Nous ne faisons pas d’installations de ce type, car tous les autres entrepreneurs en font, et nous ne souhaitons pas entrer dans la bagarre pour quelques euros »

« Surtout, nous préférons les installations de type : filière durable, soit des filières compactes, soit des micro-stations à roseaux ». Les filières compactes, il n’y a pas si longtemps, utilisaient de la tourbe en guise de filtre, tourbe venue du Canada. « C’est dommage d’utiliser un matériau noble que la nature a fabriqué en un millier d‘années et qui ne se renouvelle pas facilement ». La tourbe est donc peu à peu abandonnée.

 Le coco du Sri Lanka

Filtre à

« Les procédés modernes, novateurs, utilisent du coco, sous-produit de la noix de coco, matériau naturel qui pourrit très lentement. De plus le type d’installation permet un contrôle de l’ensemble. Lorsque nous avons fait une installation, nous revenons voir tous les 12 ou 18 mois. Le coco, en fin de vie, peut être recyclé en compost (c’est ainsi sa troisième vie) et du coco neuf peut être mis en place ».

Le filtre à coco prend deux fois moins de place qu’un filtre à sable. L’entreprise Envival est leader dans ce domaine, en France. Un responsable québécois est même venu cet été pour se renseigner sur les aspects techniques (1). Le coco utilisé en France vient du Sri-Lanka ! « J’ai fait le bilan carbone du coco venu de ce pays et des tonnes de sable utilisées traditionnellement : je n’ai pas trouvé de différence. En revanche les prix ne sont pas les mêmes : un renouvellement de coco coûte 1600 € environ tous les 10 ans. Un renouvellement de sable, outre l’ampleur des travaux, coûte entre 8 000 et 10 000 € : sable neuf, transport, évacuation du sable pollué, etc »

Depuis le 2 septembre 2010, le filtre à coco est déclaré réglementaire …. Heureusement ! Car il y a des collectivités rigides qui refusent tous les systèmes novateurs. Entre imprécisions et interprétations hasardeuses, certains dossiers se trouvent bloqués de manière abusive. Veolia, par exemple, donne systématiquement, un avis « non conforme à la règlementation », sans même instruire les demandes de dérogations, sans faire la moindre analyse du fonctionnement réel ! Il n’est pas rare de devoir expliquer, démontrer, en somme former le contrôleur (voire les élus) pour leur faire entendre raison. Les différents arrêtés, lois, décrets, normes, participent à la confusion. Difficile de comprendre par exemple pourquoi telle norme ignore l »un des systèmes réglementaires, alors que telle autre norme décrit l’installation d’un dispositif non autorisé !

 Phragmites et iris

filtre à ros

« Dans le filtre à roseaux, tout est accessible aussi, et en plus on a des plantes » dit Emmanuel Jolys. On peut en voir dans la région, planté de roseaux à phragmites (les seuls roseaux qui acceptent de ne pas toujours avoir les pieds dans l’eau !) : deux ou trois compartiments, alternativement inondés par les eaux usées. Les bactéries présentes en périphérie du
support (gravillons) et des racines des roseaux dégradent la pollution. Les racines améliorent l’apport en oxygène nécessaire à l’activité des bactéries épuratrices , Les tiges des roseaux, agitées par le vent, évitent le compactage en surface.

Les eaux passent ensuite, en système gravitaire, vers un bac planté d’iris. Efficacité en matière d’épuration, absence d’odeur, apparence « nature » avec roseaux et iris en fleurs. L’entretien demande peu de temps, tous les 10-15 ans, ,il y a seulement un compost à curer. Et quand, de plus, le bassin aux iris est délimité par des blocs de schiste, l’installation s’intègre bien dans le paysage local.

Il n’existe pas de solutions toutes faites !
Une installation pour une trentaine de personnes dans un village ne peut pas être la même que pour une maison de retraite d’une trentaine de résidents. Dans cette dernière, la charge des eaux usées n’est pas répartie dans la journée : elle est concentrée sur deux ou trois heures dans la matinée, le temps des toilettes. L’installation doit donc pouvoir faire face à un pic de pollution, faute de quoi l’épuration serait très aléatoire. De même, une installation comprenant une maison d’habitation et un élevage de chèvres avec fabrication de fromage, doit pouvoir être performante toute l’année, y compris à la période où le lait de chèvre est en pleine production.

 Une idée pour Rougé ...

Les filtres à roseaux, qui demandent peu de place, sont tout indiqués lorsqu’il y a des maisons voisines, dans un petit village en campagne. Ce pourrait être intéressant, par exemple, pour les habitants non agglomérés de Rougé. Encore faudrait-il qu’ils se renseignent ! « Envival manque de commerciaux capables de vendre nos prestations » reconnaît Emmanuel Jolys.

En effet, Envival se caractérise plutôt par ses techniciens. Et quels techniciens ! Capables de faire les études de sols (géologie, hydrologie, végétation naturelle), de concevoir le système le mieux adapté, d’apporter une aide juridique, et des solutions de financement. Capables aussi de faire les travaux par eux-mêmes : de conduire le tracto-pelle, de raccorder et placer les tuyaux, de manier la scie, si nécessaire. Le tout avec une grande exigence de qualité. L’entreprise a même conçu (et fabrique !) une gamme de dispositifs permettant de gérer une ou plusieurs pompes avec alarme signalant le mauvais fonctionnement d’une pompe.

Cette capacité multiple dérange les concurrents directs de l’entreprise, en particulier certains bureaux d’études pas au courant des récentes évolutions et certains entrepreneurs de travaux qui exécutent « par habitude » sans regarder les plans !

Et pourtant, quand il s’est agi de choisir le maître d’œuvre, chargé de faire le contrôle de ses 5800 installations, la Com’Com’   du Castelbriantais a choisi Veolia et pas Envival. On peut penser que Veolia (qui consacre un seul salarié à cette activité) a proposé des prix moins élevés que Envival (qui en proposait 4 ou 5). A signaler que Veolia, suite à son contrôle, ne peut que proposer des aménagements, la conception de ceux-ci étant toujours du ressort d’un Bureau d’Etudes qualifié.

Envival est alors tout indiqué. La qualité, et le plaisir en plus ! « Ce qui est bien, dans ce métier, c’est de pouvoir travailler à la campagne, de rencontrer les gens, de comprendre ce qu’ils veulent, d’impulser des solutions respectueuses de l’environnement » dit Emmanuel Jolys. Les 4-5 personnes qui travaillent avec lui partagent le même enthousiasme !

La Foire de Béré approche, Envival y sera au stand 408 (tout près de la Chambre d’Agriculture) et accueillera les personnes intéressées.

Envival - 02 40 07 93 57 - http://www.envival.com