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Haîti, octobre 2010 : l’espoir et la foi

Ecrit le 3 novembre 2010

 Tremblement et choléra

« Je viens d’Haïti, de la ville de Jérémie, du département de La Grande Anse, à 285 km de la capitale, Port au Prince où, lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010, la mort a fauché 300 000 personnes
Et il y a 1 500 000 sans-abri. »

Oddy N

Trois départements ont été touchés directement, « Ouest », « Nippes » et « Sud-Est ». Les autres départements en ont subi les conséquences : « dans mon département, nous avons accueilli 120 000 réfugiés ».

Port au Prince regroupe la quasi-totalité des services du pays : les universités, les administrations, le ravitaillement. C’est là que convergent les habitants à la recherche d’un petit boulot. Au total 3 millions d’habitants, 30 % de la population de l’ile.

« Ici nous sommes habitués aux cyclones, entre juin et novembre. Les maisons autrefois étaient construites en bois et en chaume. Elles pouvaient résister. Seules les églises et les écoles étaient construites en dur, en béton. Quant un cyclone était annoncé, on avait le temps de se préparer ».

« Mais ce tremblement de terre a été brutal. Personne n’avait été prévenu. Les maisons en béton se sont effondrées, le palais présidentiel aussi, et la cathédrale de Port au Prince, les supermarchés, les grands hôtels, provoquant des dégâts matériels et emprisonnant des milliers de gens, c’est ce qui explique le grand nombre de morts ». Dix mois ont passé, on parle de reconstruction mais rien n’est encore fait.

« Les gens vivent sous des tentes qui ne parviennent pas à arrêter la pluie. Quand il pleut, ils se réfugient dans les maisons encore debout, mais fissurées : la tornade de septembre 2010 a provoqué de nouveaux décès ».

Les premiers bâtiments déblayés ont été les écoles, car les Haïtiens croient beaucoup aux vertus de l’enseignement. Pour les autres bâtiments, la tâche est énorme. « Il faudrait de nombreux bulldozers et un accompagnement de la communauté internationale. Beaucoup de rencontres   ont eu lieu. La planification des travaux a été faite mais trop peu de choses ont été commencées, en regard de l’immensité de la tâche » dit Oddy Naval.

« Les gens vivent au jour le jour. Ceux qui le peuvent s’embauchent dans les travaux à haute intensité de main d’œuvre, par exemple pour la reconstruction des routes et le déblaiement des rues. Mais, à la main, sans engins, c’est un travail de Titan ». De plus, on se demande si les travaux ne sont pas retardés …. en raison des élections présidentielles qui doivent avoir lieu le 28 novembre prochain.

 Elections et choléra

H

19 candidats. Résultats incertains. « Les candidats vont-ils réussir à convaincre les gens d’aller voter ? Et que va-t-il se passer pour les électeurs qui, à cause du tremblement de terre, ont perdu leur carte électorale ? ».

Et comme si les tornades et le tremblement de terre ne suffisaient pas, le pays connaît maintenant une épidémie de choléra : plus de 300 morts. La source de contamination est connue : c’est l’eau du fleuve Artibonite, et donc sa consommation par les habitants des zones environnantes, qui est la cause des milliers de cas. « Dans cette région, les conditions de vie sont infra-humaines. Les gens se soulagent à même le sol : l’absence de latrines favorise la diffusion des germes ».

Tout est fait pour empêcher l’épidémie de se propager à Port-au-Prince où le grand nombre de réfugiés en situation précaire, encore logés sous des tentes, augmenterait considérable la mortalité.

 L’association Elmita-Jérémie

Dans la région de Châteaubriant l’association Elmita-Jérémie, à laquelle participe notamment le Foyer du Jeune Travailleur, s’est mobilisée pour venir en aide aux communes « Les Abricots » et « Jérémie ». Oddy Naval remercie et dit que cette aide est très appréciée car elle va directement aux habitants et en particulier aux jeunes. « Il faut continuer à aider la génération qui prend le chemin de l’école. Il faut relancer l’éducation pour que les jeunes puissent prendre la relève, pour sortir Haïti de cette impasse ».

 L’espoir

A Haïti, Oddy Naval est coordonnateur pour « Médecins du Monde » qui a pris en charge les réfugiés venant de la capitale en instituant des soins gratuits.

« Je suis optimiste » dit-il, même si le pays a perdu beaucoup de cadres. Ici le peuple est très croyant et très solidaire. Chacun aide son voisin. Par exemple, quand il pleut, quand on annonce une tornade, on accueille le voisin dont la maison est mal protégée. Les Haïtiens ne sont pas déprimés, ils savent que malgré la misère le soleil paraîtra à l’horizon »

Et l’ouragan tomas : http://www.haitilibre.com/article-1607-haiti-tomas-reconnaissance-d-evaluation-des-dommages-sur-haiti.html